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Relationships:
Characters:
Additional Tags:
Language:
Français
Series:
Part 6 of Izuna Week 2025
Collections:
IzunaWeek2025
Stats:
Published:
2025-02-19
Words:
1,516
Chapters:
1/1
Comments:
1
Kudos:
14
Bookmarks:
2
Hits:
120

Tel Épris qui Croyait Prendre

Summary:

Au départ, il s'agissait seulement d'un petit jeu d'acteur pour que sa famille cesse de vouloir le marier. Mais Tobirama s'est laissé prendre au jeu, un peu trop fort.

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Izuna Week 2025, jour 7 : Mangekyou acquisition | Tied together | Actor AU

Notes:

Cette fic, elle est dans mes brouillons depuis 2021. Je l'ai écrite et réécrite plusieurs fois avant d'en arriver là !

Work Text:

— Ne craque pas. Ne craque pas.

L’injonction n’était qu’un murmure et dérangea à peine le silence des toilettes dans lesquelles Tobirama s’était réfugié. C’était bien entendu inutile de se seriner un discours creux et vide de sens comme celui-ci. Évidemment que c’était trop tard. Qu’il avait déjà craqué. Et que son plan s’était retourné contre lui.

Pourtant, le plan était simple et sans accroc. Tobirama avait passé des mois à éplucher les catalogues d’acteurs qui n’avaient pas marché, à regarder leurs auditions et à pondérer ses choix. Il avait fini par faire une offre au meilleur d’entre eux, le seul du lot qui avait vraiment une carrière minable faute d’opportunité.

C’était simple : pendant plusieurs mois, quelques soirs et quelques jours, l’homme devait camper le rôle d’une idylle naissante entre lui et Tobirama, jusqu’au mariage de son frère aîné. Puis la rupture interviendrait peu de temps après.

« Un rôle de composition très simple, » avait reniflé Izuna Uchiha, plein de mépris. « J’accepte uniquement parce que vous ferez de moi un homme riche ».

Tout ce que Tobirama désirait était que sa famille le pense homosexuel et lui foute la paix, avec ces histoires de mariage et de gamins qu’il n’avait jamais voulus.

Tout s’était déroulé exactement comme il le souhaitait. Toute sa famille avait mordu à l’hameçon sans même questionner une seconde ce revirement soudain. À l’instant même où il s’était présenté en public avec Izuna, Hashirama était venu rôder autour de son bureau avec un sourire en coin, demandant quand il rencontrerait cette nouvelle personne.

Izuna était un acteur de génie, Tobirama devait bien le lui reconnaître. Il avait joué à merveille et campé un personnage crédible dans le rôle de compagnon de Tobirama.

Tellement crédible que Tobirama était stupidement tombé amoureux de ce rôle qu’il avait lui-même écrit.

Et plus ils s’étaient rendus ensemble dans des établissements gastronomiques, voir des films d’auteur, des expositions, des vernissages, plus Tobirama avait senti son cœur trébucher, jusqu’au moment où il avait cherché à faire sourire et rire Izuna Uchiha.

Et le jour du mariage était arrivé.

Comme Hashirama et Mito avaient vu les choses en grand, les festivités s’étalaient sur tout un week-end. Izuna et lui partageaient une suite dans un hôtel indécent de luxe. D’un même mouvement, Izuna et lui avaient froncé les sourcils, dépités par cet étalage.

C’était quelque chose que Tobirama avait appris sur le vrai Izuna. Il n’avait pas grandi dans le luxe, et les signes ostentatoires de richesse le mettaient particulièrement mal à l’aise. Tout ce qu’il voulait, lui, c’était pouvoir manger à sa faim et financer ses loisirs.

Pour autant, dès lors qu’il avait revêtu un costume valant six fois son salaire d’agent administratif, Tobirama avait vu sa posture et sa diction changer. Izuna avait adapté son attitude, son vocabulaire et ses passions en fonction du public auquel il s’adressait.

Et en ça, il se détestait encore plus. Il avait vu Izuna enfiler son rôle comme une veste taillée sur mesure. Il avait vu le vrai Izuna sous le rôle. Et il était quand même tombé sous le charme, comme un imbécile.

À quel point fallait-il être idiot pour tomber dans un piège qu’il avait lui-même tendu ?

Il avait fui les festivités dès qu’il avait pu, pour trouver un endroit où s’isoler. C’était de plus en plus difficile de contempler Izuna s’intégrer à sa famille sans se projeter dans un avenir proche ou lointain qui ne pourrait pas exister, parce que ce n’était pas leur accord.

Parce que, bien sûr, Tobirama avait très bien choisi l’acteur pour camper le rôle de son petit-ami, donc toute sa famille l’adorait. Hashirama avait été séduit par quelques touches d’un idéalisme aux projets fantasques, Mito avait été charmée par l’amour de l’art qu’elle décelait chez Izuna. Itama et Kawarama avaient été sensibles à la façon dont Izuna respectait les limites de Tobirama, la façon douce et tendre qu’il avait de lui parler.

Et bien sûr que Tobirama avait passé des dossiers entiers à Izuna pour qu’il les potasse et adapte son comportement en fonction de la personne qui se trouvait en face de lui, donc il savait parfaitement que ce n’était pas vrai.

Pourtant, chacun des rires qu’Izuna avait partagés à sa table lui avait volé un bout de son cœur.

Et c’était à se taper la tête contre les murs.

Au moins, le chagrin qui le dévasterait rendrait crédible la rupture. Et il atteindrait l’objectif qu’il visait.

Soufflant un grand coup, les yeux clos, il tenta de regrouper un peu de son calme. Dehors, dans son costume trois-pièces aux accents aubergine, Izuna servait d’arbre à chats à tous les gamins de la famille, alternant entre les moments de jeu avec eux et les discussions avec leurs parents, ses sourires éblouissants éclipsant même la mariée.

Pourtant, Mito resplendissait.

Et c’était étrange, cet effet. Tobirama ne voulait pas d’enfants, il n’en avait jamais voulu et n’en voudrait jamais. Il ne comprenait pas pourquoi voir Izuna jouer avec ceux de sa famille le bouleversait autant.

C’était à cause de ça qu’il avait fui. Son cœur avait tellement gonflé d’affection qu’il avait été obligé de s’isoler pour ne pas faire une énorme bêtise.

Ce n’était qu’un rôle.

Il finit par quitter la cabine de toilettes, n’oublia pas de se laver les mains puis il sortit pour rejoindre son prétendu conjoint sur la pelouse.

Izuna s’était installé à l’ombre, enfin libéré des enfants qui s’évertuaient à lui monter dessus, rappelés à l’ordre par leurs parents qui les avaient conduits ailleurs. L’ouverture du bal n’allait pas tarder.

L’acteur ne savait pas danser. Si, lors du recrutement, Tobirama avait grogné, un peu déçu, il était à présent ravi de ne pas avoir à partager un tel moment avec son employé. Ça lui éviterait d’autres souvenirs sur lesquels pleurer quand la rupture viendrait.

Il arriva finalement au niveau d’Izuna qui se tourna vers lui avec un sourire.

— Je ne te voyais plus, est-ce que tout va bien ?

— J’étais au petit coin, répondit Tobirama. Une envie pressante.

Donner le change était primordial. Ils étaient cernés par les membres de sa famille, il fallait absolument que tout le monde y croie. Tout le monde sauf lui. Mais il y croyait quand même.

Izuna leva la main, effleura son épaule, puis il baissa le bras pour frôler ses doigts. Un geste mesuré, une preuve d’affection, le maximum que Tobirama avait autorisé dans le contrat, lui qui aimait la pudeur des gestes tendres et qui préférait les garder pour l’intimité.

Mais intimité il n’y avait pas et il pourrait presque en pleurer que ces gestes ne se terminent jamais véritablement.

Il ne dit rien, se contentant de modifier ses appuis pour se rapprocher le plus discrètement possible.

La danse des mariés allait commencer.

Mito et Hashirama avaient choisi une valse.

— Ce n’est vraiment pas la danse que je préfère, bougonna Tobirama avec une moue.

Heureusement, il n’aurait pas à la danser. À ses côtés, Izuna se pencha légèrement pour observer un peu mieux la danse d’ouverture des mariés.

— Ça me paraît être une danse très romantique, commenta Izuna. J’imagine que c’est pour ça qu’ils l’ont choisie. Tu sais bien que je n’ai aucun talent pour la danse.

— Comment ça ? intervint Itama qui était assis tout près d’Izuna. Quel dommage, tu étais si près d’être parfait pour Tobirama. Il adore la samba.

— Je sais, regretta Izuna. J’ai pris des cours ces derniers mois pour essayer d’avoir quelques pas, mais rien n’y fait, je suis incapable de la moindre coordination rythmée.

Sous le choc, Tobirama sentit sa main tomber sur le genou d’Izuna pour attirer son attention.

— C’est vrai ? demanda-t-il avec une grande naïveté.

À l’instant même où il posa la question, il retira sa main d’Izuna et se fustigea d’être aussi bête. Bien sûr que non. Izuna tentait seulement de justifier pourquoi ils n’iraient pas sur la piste quand les mariés inviteront les autres à les rejoindre.

Pourtant, Izuna détourna les yeux, embarrassé, et son vrai sourire penaud surgit.

— Comme c’était important pour toi, j’ai voulu faire les choses bien.

Il passa une main sur sa nuque, mal à l’aise.

— J’imagine qu’on ne peut pas avoir tous les talents.

Tobirama ne sut pas quoi dire. C’était la première fois que quelqu’un faisait ça pour lui. Aucune de ses précédentes partenaires n’avait poussé l’effort à essayer d’apprendre à danser pour partager ce moment avec lui.

Presque malgré lui, le dos de sa main alla trouver la joue d’Izuna. Il traça le contour de son visage, le cœur battant de ce contact si intime, si public. Ses doigts trouvèrent la nuque de son partenaire puis leurs fronts se touchèrent.

— Je suis désolé, murmura Tobirama en fermant les paupières.

Mais il ne l’était pas assez pour se retenir. Il céda à son envie et ses lèvres glissèrent à la recherche de celles d’Izuna. Il l’embrassa à s’en couper le souffle, laissant son cœur s’emporter en constatant qu’Izuna lui répondait, faisant taire la voix qui lui rappelait que ce n’était qu’un rôle.

Tobirama laissa ce baiser lui voler les derniers morceaux de son cœur et il se résigna à souffrir quand la rupture viendrait.

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