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Characters:
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Language:
Français
Series:
Part 5 of Izuna Week 2025
Collections:
IzunaWeek2025
Stats:
Published:
2025-02-14
Words:
674
Chapters:
1/1
Kudos:
2
Hits:
28

D'Ocre et de Carmin

Summary:

Izuna est une déesse du foyer. Son rôle, dans la maison, c'est de s'assurer que le feu gronde toujours dans l'âtre et elle s'est exécutée pendant des siècles avec joie. Mais à présent, sa maison est vide et elle s'ennuie dans sa solitude.

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Izuna Week 2025, jour 4 : Kamui | Mission Gone Wrong | Eldritch AU

Notes:

Écrit d'après la déesse aïnoue du foyer, Kamuy-huci.

Work Text:

Un tour sur elle-même et Izuna étendit le bras gauche, portant son regard sur le bout de ses doigts. Elle compta un temps, deux temps et d’un claquement, elle fit ronronner le feu du foyer, tournoyant et virevoltant au gré des flammes qu’elle alimentait.

C’était plus amusant au début. Elle le faisait toujours avec un sourire, bien entendu, mais c’était plus amusant au début, quand les humains étaient encore des petites créatures curieuses qui sursautaient à chacun des crépitements ou des craquements qui provenaient de sa danse intemporelle.

Izuna était une déesse du foyer. Pendant des centaines d’années, fidèle au poste, elle avait revêtu les douze couches de kimono pour danser et réchauffer les humains de la maisonnée où elle avait élu domicile. Elle avait fait craquer le feu pour intriguer les plus jeunes, réchauffer les plus anciens et cuisiner leur nourriture.

Mais cela faisait bien longtemps que plus personne ne vivait dans cette maison et Izuna continuait de danser, entretenant l’espoir que quelqu’un finirait par revenir en voyant qu’ici, le foyer était alimenté et qu’elle n’avait pas quitté son poste.

Parfois, des gens venaient passer une nuit en sa compagnie, tendant les paumes de leurs immenses mains pour qu’elle puisse les réchauffer. Les visiteurs avaient des sacs, mais ils ne les déposaient jamais définitivement. Ils repartaient aussitôt que le jour se levait et elle revenait à sa solitude.

À force de voir les visiteurs aller et venir, Izuna s’était retrouvée à s’installer tout au bord du foyer, pour tenter d’écouter et de savoir où ils allaient et où ils passaient tout leur temps. Les crépitements et le ronron du feu masquaient beaucoup de leurs mots, mais la déesse avait fini par comprendre que le monde s’étendait presque à l'infini, dehors, et qu'elle n'en avait encore rien vu.

Mais si elle quittait la cheminée, le feu de la maison finirait par s’éteindre. Et sans feu, elle finirait par s’éteindre aussi.

Ses danses avaient changé quand elle avait compris que le monde était vaste et qu’elle voulait le voir. Attisé par ses désirs, le feu avait gonflé, gonflé et effrayé les visiteurs qui avaient fini par ne plus venir la voir, ne comprenant pas qu’elle s’enthousiasmait seulement de leurs aventures. Parce qu’ils ne pouvaient pas la voir.

Les déesses étaient invisibles aux yeux des hommes ordinaires.

Alors Izuna avait repris ses danses, rêvant d’un voyage qui la conduirait au bord du monde. Elle rêvait de voir le vert, le bleu, une autre couleur que l’ocre et le carmin qu’elle revêtait chaque jour, en douze couches et douze nuances, les plus foncées virevoltant sous ses mouvements et sa danse.

Il fallut encore des années avant que trois visiteurs se présentent devant elle.

Contrairement à tous ceux qui étaient venus avant, et ce fut ça qui attira son attention, leur premier réflexe ne fut pas de tendre les mains pour la laisser les réchauffer. Deux d’entre eux restèrent en arrière et celui qui s’approcha s’accroupit près d’elle, regardant les flammes directement.

Il avait des yeux rouges et, quand leurs regards se croisèrent, Izuna sut qu’elle était vue. Mal à l’aise, étonnée, elle se figea et l’humain sourit.

— Je te trouve enfin !

Pétrifiée, comme touchée en plein cœur, Izuna couina et le feu qu’elle contrôlait redoubla, léchant la joue de l’homme, mais il n’eut pas peur, il n’eut pas de blessure.

— Je m’appelle Madara, se présenta-t-il. Je suis un mage de feu. Et toi, comment tu t’appelles ?

— I… Izuna, répondit la déesse en s’approchant un peu plus près.

— Bonjour Izuna, sourit Madara.

En écho, derrière lui, les deux autres répétèrent ses deux mots et un fourmillement très agréable remonta le long du visage d’Izuna.

Il la voyait. Et il voulait parler avec elle. Elle allait pouvoir lui poser des questions sur le monde !

Sans pouvoir s’en empêcher, elle approcha encore, sautillant sur place.

— C’est comment, le monde ? Tu veux bien me raconter, Mage de feu ?

Le sourire de Madara s’accentua et il enfonça sa main dans le feu.

— Si tu viens avec moi, je pourrai te le montrer.

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