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Gigi s'étira en baillant, ses longues manches tombant le long de ses avant-bras. Elle se frotta les yeux pendant que Glisten lui préparait un café.
« Euh... du coup ? Qu’est-ce tu m'veux ? » demanda-t-elle d’un ton fatigué, et aussi un peu embêté. Il était très tôt après tout, mais cela ne semblait pas déranger Glisten.
« Allons, allons, laisse-moi te faire une petite boisson chaude et nous pourrons discuter. Tu seras plus réveillée avec, ça c’est sûr... » Il murmura la dernière partie de sa phrase dans sa barbe.
Enfin, il lui donna la tasse et s’appuya contre le comptoir de la salle à manger commune. Gigi inspecta le liquide noir pendant une seconde avant de hausser les épaules et de le boire cul-sec. Il ne lui fallait pas grand-chose pour être convaincue...
« Bien. Donc... je t’ai appelée ici à cette heure parce que Vee et moi avons commencé à remarquer que certaines de nos affaires ne sont plus dans nos chambres après avoir été sorties », expliqua-t-il tout en la fixant d’un air entre le mépris et la nonchalance.
Gigi arrêta de boire pendant une seconde, son corps se figea, et elle pouvait sentir ses organes fondre à l’intérieur d’elle. Elle faillit s’étouffer et claqua la tasse contre le comptoir en toussant, quelques gouttes de café atterrissant sur le peignoir de Glisten, et aussi sur son visage.
« Sale- ! » haleta-t-il en essayant de s’essuyer.
« Oh—merde, déso... »
« Ferme-la ! » lui cria-t-il en la pointant du doigt. « Je sais très bien que c’est toi qui nous vole nos affaires, espèce de malpolie ! Tu crois que t’es discrète ? Eh ben non ! Je veux récupérer mes parfums, mes nœuds, et tout mon putain de maquillage qui m’a coûté un bras, sale connasse ! »
Ses cris résonnèrent dans toute la salle à manger et la cuisine ; on pouvait l'entendre depuis les chambres tout au fond du couloir, à quelques mètres d’eux. Gigi, elle, était subjuguée par ce qu’elle venait d’entendre. Elle ? Une sale connasse ? C’était peut-être vrai, mais ce n’était pas une chose à dire !
« Mais—j’... j’t’ai jamais rien volé moi ! » déclara-t-elle en secouant la tête. « T’as complètement perdu la boule, frérot. Va te reposer, ça ira mieux demain, hehe. » Elle ricana en cachant son sourire narquois derrière une de ses manches.
Glisten la regarda avec des yeux ronds comme des boules de bowling. Elle se foutait vraiment de lui, sans aucune honte. Il commença à rigoler légèrement aussi, tout en attrapant la tasse de café que Gigi n’avait pas terminée.
« Ah, c’est drôle, pas vrai ? » demanda-t-il avec sarcasme. « Tu auras l’air très drôle avec des brûlures au troisième degré sur ton visage ! »
Il essaya de lui jeter la tasse en pleine figure, mais Gigi l’esquiva à la dernière minute. Elle fit quelques pas en arrière et avala sa salive tout en le fixant.
« Euh... h-haha... hé, calme-toi, vieux ! On rigole, c’est rien ! » Elle posa une main sur son épaule pour le calmer.
« J’vais t’enculer, on verra si on rigole, sale chienne ! » hurla-t-il en essayant de tirer sur son pull.
« Ah— ! Qu’est-ce tu fous ?! » brailla-t-elle.
Même avec tous les efforts du monde, Gigi n’arrivait simplement pas à le faire lâcher. Elle finit par complètement enlever son pull et commença à courir de toutes ses forces vers sa chambre, faisant tomber Glisten en arrière à cause de la force avec laquelle il tirait.
« Mwehehe... P’tite merde, va ! » lui cria-t-elle en rigolant. En regardant derrière elle, elle pouvait le voir tout rouge et hors de lui. Il lui hurlait des injures, mais elle n’en avait plus rien à cirer. De toute façon, elle était déjà trop loin pour qu’il puisse l’atteindre.
Gigi se rua vers sa chambre et se dépêcha de sortir ses clés pour ouvrir la porte. Même si Glisten était très probablement encore dans la cuisine, elle ne voulait pas que quelqu’un la surprenne aussi tôt le matin, en train de faire un boucan, et sans son pull en plus de ça. Elle réussit à ouvrir la porte et s’empressa de rentrer dans sa chambre avant de la refermer le plus silencieusement possible. Elle décida de laisser les clés sur la porte, au cas où quelqu’un, par exemple Glisten, essayerait de la crocheter.
« ...J’suis vraiment parano. » rigola-t-elle nerveusement. « B-bref ! T’façon, il se sera sûrement calmé d’ici quelques heures », se dit-elle en essayant de se rassurer, même si ses mains tremblantes montraient que cela ne marchait pas très bien.
Elle recula petit à petit de la porte avant de se retourner vers son lit. Tout en soupirant, Gigi s’installa dans son pageot et monta la couverture jusqu’au cou. Elle mit la main sous son oreiller et en sortit un des nœuds de Glisten. Il était d’un rose clair, avec des paillettes qui brillaient même dans l’obscurité. Pour Gigi, celui-là était de loin son préféré parmi tous les vêtements qu’elle lui avait volés.
Elle regarda le nœud pendant un moment. Il avait encore l’air propre, ce qui était rare pour quelque chose qui était passé entre les mains de Gigi.
Elle le serra contre sa poitrine avec un sourire. « J’lui rendrai ça demain... il arrêtera de me casser les oreilles. » Elle eut un petit rire silencieux avant de fermer les yeux et de s’endormir en gardant le si précieux nœud dans ses bras.
