Chapter Text
Le bruit rythmé de la vieille horloge de ma chambre était le seul bruit qui m'accompagnait la nuit. Remuant d'un côté comme de l'autre, le sommeil refusant de me trouver, je ne pouvais que réfléchir à ce que j'allais faire. Je détestais père pour avoir fait de moi un héritier de plus, la course, le pouvoir, devoir se faire bien voir...
J'ouvris les yeux observant le plafond richement décoré, les gravures représentant une petite histoire basique. Un garçon au bord d'une rivière qui pêche pour lui, mais à chaque fois qu'il trouve un poisson, quelqu'un lui demande son poisson. L'histoire vente sa gentillesse et son bon cœur, mais selon moi, ce garçon meurt de faim.
Alors que j'imaginais une suite pour ce petit garçon, le plancher de ma chambre grinça. Une sueur froide coula le long de ma nuque, le craquement était juste à côté de moi. Après une seconde de silence, je me levai brusquement, mais des bras musclés me retinrent et placèrent un tissu devant ma bouche et mon nez. Ma résistance fut brève alors que je tombais dans l'obscurité. Sans même voir le visage de mon agresseur. La dernière pensée qui traversa mon esprit fut "encore".
Le sommeil sans rêve qui suivit pris fin lorsque quelqu'un me secouait. Ma tête me faisait mal, sans ouvrir les yeux, je repoussais la personne, reprenant la couverture pour m'enterrer dans le lit. Pourquoi me réveiller, j'ai déjà abandonné la course, laissez tout ça aux autres. Soudain, de l'eau fut versée sur moi, sautant du lit pour frapper la personne ayant fait ça, je m'interrompis rapidement en voyant ma sœur. Celle-ci portait une drôle de tenue, bien différente des robes soignées qu'elle était habituée à porter. En regardant autour de moi, je me rappelais enfin ce qu'il s'était passé.
"Ah oui. Le kidnapping."
Ma propre voix semblait étrange, ma gorge était sèche, ma tête me faisait mal, je fermais les yeux, frottant mes tempes en m'asseyant sur le lit.
"Je parie que ce n'est pas le poison qui t'a fait dormir aussi longtemps."
J'ouvris de nouveau les yeux jetant un regard agacé à mon frère, celui-ci affichait un sourire narquois.
"Bon, d'ici quelques heures, on sera de nouveau à la maison."
Il n'avait pas tort, c'etait même étonnant que nous fussions encore ici. En observant les conditions de notre captivité, c'est... Étrange, nous n'étions pas attachés, il n'y pas de barreaux, ce n'était qu'une chambre avec une douzaine de lits, une bibliothèque et deux portes. Les murs blancs faisaient penser à un hôpital plus qu'à une prison. Je regardai de nouveau ma famille, Auren Thalen et moi-même... Nous étions tous habillés de la même manière. C'était très différent de d'habitude. Au fond de moi, je ne sentais qu'une angoisse, une sorte de peur. C'est Auren qui vint briser le silence, attachant ses longs cheveux dans un chignon décoiffé.
"Quelque chose me dit que cette fois-ci, on va rester un moment."
Elle n'avais pas tort. Oui, elle avait la même impression que moi, je ne pouvais que regarder notre environnement, méfiant. Thalen se leva brusquement et s'en alla vers la porte la plus proche, posant sa main sur le poignet, il y appuya légèrement et s'arrêta, nous regardant avec son sourire habituel.
"Vous venez ? C'est ouvert !"
Auren pouffa de rire et me tendit la main, m'aidant à me lever, nous rejoignirent Thalen devant la porte et il l'ouvrit d'un grand geste sec. A l'intérieur, les cristaux éclairaient une salle d'eau très classique, peu luxueuse, mais confortable, séparé en trois partis, deux endroit avec des bassines et des rigoles par terre pour évacuer l'eau sale et une troisième composé de toilettes basique séparer par des rideaux. Le blanc des murs, rideaux, du plafond et du sol n'étant coupé que par les bassines en bois et les ustensiles de nettoyage. Au fond, un gigantesque bac était en train de faire chauffer de l'eau. Huh, voilà quelque chose de très luxueux.
Thalen éclata de rire se tenant exagérément le ventre. Je sentais la tension sur mes épaules se calmer.
"Si vous voulez faire vos besoins avant qu'on ne s'échappe !"
Auren lui tapota doucement le dos du crâne et sortit ce dirigeant vers l'autre porte, Thalen et moi la suivîmes jusqu'à celle-ci et alors qu'elle portait la main vers la poignet, la porte s'ouvrit d'elle-même, laissant entrer une fille ayant l'air plus âgée que nous. Malgré ses cheveux bruns court et son regard sérieux donnait plus l'impression d'un soldat que d'une gamine de 13-14ans. L'inconnue posa ses mains sur ses hanches, nous regardant de haut en bas. Elle se décala de l'ouverture de la porte révélant un couloir aussi blanc que la chambre.
"Je vais vous guider jusqu'à la salle commune, je suis chargé du briefing."
Sans même vérifier que nous la suivions, elle se mit à marcher dans le couloir, s'éloignant tranquillement. Thalen choisit ce moment pour interrompre cette interaction anormale.
"Attend une minute, t'es qui ? On est où ?"
Sans même se retourner ni s'arrêter la fille répondit d'un ton neutre.
"Je vous expliquerez pendant le briefing. Dépêchez-vous."
Cette fois-ci, je pris la tête du groupe, suivant la fille suivie de prêt par Thalen et Auren. Le couloir d'un aspect neutre vide de toute personnalité, était éclairé par quelques cristaux, n'était interrompu que par quelques portes toutes semblables. Cette monotonie fut coupée par une grande ouverture menant à une salle chaleureuse, de longues tables en bois au centre de la pièce possédant un plancher basique et des murs décorer de dessins et peintures d'oiseaux. Dans le coin droit, une bibliothèque bien remplie accompagnée d'une cheminée éteinte et de fauteuil ayant l'air confortable. Du côté gauche, une cuisine ouverte don s'échappait une odeur de pain. Cette salle contrastant totalement avec le reste de ce complexe.
L'étrangère pris place sur l'une des longues tables et nous fis signe de s'asseoir en face d'elle. Je pris place directement en face, Thalen à ma gauche et Auren à ma droite. Alors que je comptais prendre la parole, l'étrangère me coupa le sifflet.
"Bienvenue au complexe de formation de Vaelorn. Je suis Thyrfal. Inutile de vous présentez et oubliez vos anciens noms et vos anciennes vies, elles n'existent plus. Vous n'êtes plus que les armes de Vaelorn, il a choisi vos noms alors inutiles de réfléchir. Quand il arrive, obéissez, ou subissez les conséquences."
Elle marqua une pause, nous laissant confus et bouche bée, puis elle pointa Thalen du doigt.
"Falcrest." Elle pointa ensuite Auren. "Elysten." Et elle me pointa à mon tour. "Corven."
Thyrfal se tue enfin, Nous laissant absorber les informations. Auren et Thalen ne savaient pas quoi dire, ils étaient tous deux trop choqué. Cependant, dans mon cas, la colère prit le dessus. Passer d'une vie sans choix à une autre vie absente de choix. Il en était hors de question. Me levant brusquement, j'attrapais le col de l'étrange fille me voulant menaçant.
"Rien à faire de qui est ce Vaelorn et je me fiche pas mal de toi aussi, mais je t'interdis de nous appeler par des noms bizarres ! Moi, c'est..."
Je fus coupé dans ma phrase par une forte douleur dans la joue gauche, Thyrfal venait de me gifler, elle attrapa mes mains tenant son col et les tordit avec une facilité déconcertante. Elle se leva et plaqua mes mains sur la table.
"Ne dis JAMAIS ton nom. Il n'existe plus."
