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Characters:
Language:
Français
Stats:
Published:
2025-08-12
Updated:
2026-01-04
Words:
88,983
Chapters:
24/57
Comments:
42
Kudos:
13
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1
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294

There will be birds ( an Osgate story )

Summary:

Un mystérieux groupe de siluriens qui prend pour cible des compagnies de carburant dans toute l'Angleterre.
A Londres, une classe entière retrouvée... endormie. Aucune trace de blessure ni de violence et pourtant, impossible d'en réveiller les élèves. Accident ou première attaque d'une nouvelle menace terroriste ?
En proie aux pressions de sa hiérarchie, Kate Stewart tente d'élucider ces mystères tandis qu'au milieu du Pacifique, les baleines montrent un changement de comportement inquiétant.
Au pied du mur, Kate et Osgood devront naviguer dans les eaux profondes de l'illégalité pour espérer sauver leur monde.

A mysterious group of Silurians targeting fuel companies across England.
In London, an entire class found... asleep. There's no sign of injury or violence, yet it's impossible to wake the students. Was this an accident or the first attack of a new terrorist threat?
Pressured by her superiors, Kate Stewart tries to unravel these mysteries while, in the middle of the Pacific, whales are exhibiting a worrying change in behavior.
With their backs to the wall, Kate and Osgood will have to navigate the deep waters of lawlessness if they hope to save their world.

Notes:

Hey !
I'm Sarah, and I'm finally joining the AO3 community as an author ! I'm in love with Dr. Who sincer forever and have a total crush on our two favorite scientists. I had a little idea several months ago, and now that it's finished, I wanted to share it.

I'm a frenchie, so is my story, but I hope you'll give it a try. French community, it's your time to show your strength and help this little guy to grow up.

57 chapters of intrigue, action, science, and love that I've finally found the courage to share with you. Give it a chance to surprise you and embark with Kate, Osgood, and others on their new adventure !

Is it really necessary to say that I LOVE comments ? Not that I'm desperate but you know, a girl needs a hobby and I do enjoy reading them, getting your feelings and theories about what's next. Generally speaking, I love chatting with you, so don't be shy, ask questions, tell me everything you want about this story ! Critics, as positive as negative are more than welcomed as long as it's respectfull towards everyone.

I want this to be a safe and sharing place where everybody can come to have good time and where we can discuss together.
I will post one chapter/week but the day may change ( you know, apparently, we need to work instead of just writing all day long ).

My god, I wasn't supposed to talk that much. One of my many flaws I'm affraid... Anyway, I hope we'll get to chat about this adventure soon, bye !

Hey !
Je m'appelle Sarah, je débarque enfin dans la commu AO3 en tant qu'autrice ! Je suis amoureuse de Dr Who depuis toujours et en crush total sur nos deux scientifiques préférées. J'ai eu une petite idée il y a plusieurs mois et maintenant qu'elle est terminée, j'avais envie de la partager.

Je suis une frenchie donc mon histoire l'est aussi mais j'espère qu'elle saura vous conquérir. Communauté française, c'est ton moment de montrer ta force pour aider ce petit bébé à grandir.

57 chapitres d'intrigue, d'action, de sciences et d'amour que je trouve enfin le courage de vous partager. Laissez-lui une chance de vous séduire et embarquez-vous avec Kate, Osgood et d'autres vers leur nouvelle aventure !

Est-il vraiment utile de dire que j'ADORE lire vos commentaires ? Je ne dirais pas que je suis désespérée mais ça m'amuse beaucoup d'avoir vos ressentis et de connaître vos théories sur la suite. De manière générale, j'adore discuter avec vous donc n'hésitez vraiment pas ! Posez des questions, dites-moi ce que vous voulez concernant cette histoire. Les critiques positives comme négatives sont largement appréciées, tant qu'elles restent respectueuses de tout le monde.

J'aimerais que cet endroit soit un lieu de partage où chacun peut s'exprimer librement, passer un bon moment et où nous pourrons discuter ensemble.
Je posterais un chapitre par semaine. Le jour pourra changer ( il paraît qu'il faut travailler au lieu de passer ses journées à écrire ).

Mazette, je ne pensais pas écrire autant. Un de mes nombreux défauts malheureusement. Bref, j'espère qu'on aura l'occasion de discuter ensemble bientôt !

Bye !
PS: désolée d'avance pour les fautes que j'aurais laissé passer. Après 700 pages et des dizaines de relecture, je crois bien que certaines m'ont encore échappé.

(See the end of the work for more notes.)

Chapter 1: Heal the world

Chapter Text

« Heal the world

Make it a better place

For you and for me and the entire human race

There are people dying

If you care enough for the living »

 

1

 

La fourmilière militaro-scientifique bouillonnait en cette fin d’année. Oscillant entre chaos et visages paniqués.

Tous avaient connus la sensation d’adrénaline à travers le corps, l’angoisse de l’échec, l’extase de la victoire. Bien sûr que la partition qui se jouait entre les murs de UNIT n’était jamais sans fausses notes. Une explosion par-ci, une incursion par là.

Cependant, la peur générée par une invasion alien n’égalerait jamais celle résultant d’un coup de fil à la responsable elle-même, en plein milieu de la nuit. La main du pauvre messager tremblait alors qu’il espérait secrètement qu’elle ne réponde pas. Mais Kate Stewart répondait toujours.

« J’espère, pour votre propre bien, que vous avez une excellente raison de me réveiller, en plein milieu de mon unique nuit complète en trois semaines, entendirent les autres scientifiques, bien heureux de ne pas être celui tenant le téléphone.

– C’est, c’est le colonel Karinski Madame… Il…

– Ne me dites pas qu’il est mort ! J’ai supporté sa prétention, son inutilité et son faible pour les meringues bon marché suffisamment longtemps pour avoir le privilège de mettre fin à sa misérable existence moi même.

– Hum, non Madame… Il… Il est passé outre vos ordres et a décidé d’attaquer le camp de mercenaires », avoua-t-il d’un seul souffle. 

Le jeune homme s’attendait sûrement à une crise de rage de sa supérieure puisqu’il écarta le téléphone de son oreille. A la place, le silence. Cela n’annonçait rien de bon.

A l’autre bout du fil, Kate se frottait nerveusement les yeux. Qu’avait-elle fait pour mériter un emmerdeur pareil ? Depuis que Karinski était arrivé un an auparavant, il n’avait eu de cesse d’opposer son autorité à la sienne.

Je ne serais pas contre quelques vacances. La prison n’est pas l’idéal, très mauvaise exposition au soleil. Mais je survivrais.

« Un hélico, le plus gros que nous ayons, QG, dans 15 minutes », déclara-t-elle simplement avant de raccrocher.

Kate maudit le militaire tout en s’habillant. Trois semaines. Trois semaines qu’ils avaient repéré ce camp de mercenaires siluriens. Un groupe isolé qui sévissait sur le territoire britannique depuis plusieurs mois. Leur cible, les entreprises de carburant. La question étant, pour qui travaillaient-ils ? Aucun des contacts de UNIT chez leurs homologues extra-terrestres n’avaient d’informations sur ce groupe. Mais trois semaines plus tôt, la chance leur avait sourit.

Grâce à son logiciel de simulations, Osgood avait pu dégager quatre cibles potentielles. Toutes parmi les entreprises les plus puissantes du Royaume Uni. L’affrontement avait fait des dégâts, 27 hommes de UNIT avaient péris, pas de victimes civiles mais d’importants frais de réparation. Ce qui, pour le PDG semblait bien plus dramatique.

Ils étaient lourdement armés, particulièrement bien entraînés. C’est pourquoi Kate avait préféré les suivre plutôt que de retenter l’expérience macabre. Il leur fallait plus de temps, plus d’informations. Mais ils avaient leur position et c’est ce qui avait conduit à l’impressionnante dispute entre la cheffe scientifique et l’homme au treillis. Lui voulait intervenir immédiatement, ne pas leur laisser le temps de comprendre ce qui les frappait. Tandis qu’elle, préférait attendre.

« Expliquez-moi en quoi cette rencontre sera différente de la boucherie précédente ?

– Ils ont battu en retraite.

– Mais à quel prix ?! Vingt-sept hommes sont morts pour l’Amour du Ciel !

– Vous ne connaissez rien à la guerre Kate. La victoire exige des sacrifices.

– De quelle victoire parlez-vous ? Ils sont toujours libres et nos hommes sont toujours morts, avait-elle craché.

– Écoutez, la guerre, c’est comme une épidémie. Si vous voulez évitez qu’elle ne se répande, vous devez éliminer le virus. C’est pour ça, que des hommes comme moi existent.

– Et pour éliminer le virus Colonel, il faut comprendre son fonctionnement et créer un vaccin. Et c’est parce que vous n’êtes pas foutu de le comprendre que des femmes comme moi existent. Si vous commenciez à réfléchir avec le peu de neurones que vous avez et pas avec ce qui vous sert d’entre jambe, vous verriez que ce que vous proposez est purement et simplement du suicide.

– Vous ne devriez pas dire ce genres de choses. Ça ne vous va pas du tout.

– J’utilise des termes dont je suis sûre que vous comprendrez le sens. Il est hors de question que j’autorise un tel massacre.

– Ce sont des soldats. Ils sont payés pour vous évitez d’avoir à vous salir les mains.

– Ce sont des hommes Colonel, pas des munitions ! Alors ne comptez pas sur moi pour les sacrifier si je peux l’éviter. Est-ce que je suis claire ? 

– … Parfaitement, Madame, lui répondit-il, ses yeux trahissant son envie de lui sauter à la gorge.

– Bien. Maintenant sortez de mon bureau. »

Elle laissa son ensemble habituel pour quelque chose de plus adapté. Sa journée avait suffisamment mal démarré pour ne pas en plus manquer de se fouler la cheville en talons. Bien que cela aurai été particulièrement efficace pour arracher les yeux de ce satané colonel. En chemin pour le QG, elle téléphona à Osgood. Aucune réponse. Idem pour Sam et Josh.

Aller à l’encontre d’un ordre direct était une chose, mais embarquer dans son délire mégalo-maniaque des membres de son équipe ? C’était de la provocation pure et simple.

 

2

 

Un quart d’heure plus tard, comme convenu, elle arriva au QG, là où un hélicoptère l’attendait déjà.

« Nous seront sur site d’ici une heure Madame, l’informa le pilote.

– Parfait. »

Elle réessaya une énième fois de contacter son équipe, sans succès. Son regard inquiet se perdit dans le décors qui se dessinait sous ses yeux. Elle ne savait pas ce qu’il se passait donc ne pouvait que l’imaginer. Et cela ne présageait rien de bon. Son esprit atterrit quand son téléphone vibra dans sa main.

« Madame ?

– Osgood ? Vous allez bien ?

– Ça va. Je crois. Je respire encore donc je suppose que ça va. Ravie de vous entendre. »

Sa voix était teintée de panique qu’elle voulait cacher. Kate pouvait entendre les nombreux coups de feu qui couvraient presque entièrement la voix de la scientifique.

« Où êtes-vous Madame ? J’entends –

– Je suis en chemin.

– Vraiment ?

– Qu’est-ce qui s’est passé ?

– Oui heum… Le colonel a débarqué peu de temps après que vous soyez partit. Il l’a probablement fait exprès maintenant que j’y pense… Quoi qu’il en soit, il a fait venir ses hommes, a expliqué qu’il comptait bien, je cite ‘faire la peau à ces lézards terroristes, malgré ce que peut en penser cette cul serré de laborantine’.

– Charmant.

– Il parlait de vous, précisa Osgood.

– Oui merci, j’avais comprit, fit-elle remarqué en laissant échapper un petit rire.

– Oh ! Bien sûr. Désolée…

– Et ensuite ?

– Hum.. il nous a menacé de tous nous faire virer si nous tentions de l’en empêcher. Sam était là, il a essayé de le faire changer d’avis, de vous appeler. Mais…

– Oui, j’imagine assez bien que ce qu’il a pu dire ne ressemblait pas vraiment à de la poésie. Comment ça se passe ? Où êtes-vous ?

– Dans une tente. J’essaye de récupérer les informations qui pourront nous être utiles. Autant utiliser le fait d’avoir été kidnappée.

– J’aime l’esprit.

– J’ai beau avoir toujours aimé les films de Rambo, c’est autre chose d’en faire partie. C’est un véritable massacre Madame, regretta-t-elle la gorge serrée.

– Où sont Sam et Josh ?

– Sam est partit rejoindre les soldats du colonel… Ça fait déjà une heure. J’ai demandé à Josh d’aller me chercher des échantillons de balles siluriennes et de tout ce qu’il pouvait trouver.

– Bien vu. Le colonel?

– Dans sa tente. Il a été touché au bras.

– Évidemment. Mais qu’est-ce qui lui a prit bon sang ! »

Une importante explosion retentit, suivie de cris. Beaucoup de cris. Trop de cris.

« Osgood ? Osgood ?! Merde ! Dans combien temps est-ce qu’on arrive ?

– Dix minutes Madame.

– Vous en avez cinq. »

Très vite, la fumée apparut aux yeux de Kate. Une partie de la forêt était en feu tandis que le reste baignait dans la poussière. Elle ordonna au pilote de se poser au plus près possible et de se tenir près pour une évacuation. Le H47 Chinook ER atterrit à quelques centaines de mètres de la confrontation. Les rangers étaient définitivement une excellente idée.

 

3

 

Deux cent mètres plus loin, c’était la panique générale. Une grenade à fragmentation avait fait exploser une bonne partie du camp, permettant à certains siluriens de l’envahir, exécutant chaque homme sur leur passage.

Osgood s’était réfugiée derrière une pile de caisse d’armement et serrait son inhalateur comme un talisman.

Sam et Josh sont dehors. Ils vont bien. Ils vont revenir. Kate est en chemin. Tout ira bien, se répétait-elle presque religieusement.

Quand les tirs se rapprochèrent, sa poitrine se comprima et l’impression que ses poumons allaient éclater l’envahit.

Elle devait faire quelque chose. Des hommes se faisaient massacrer dehors et elle restait cachée. Jamais elle ne pourrait se regarder en face en sachant qu’elle les avait abandonné. Après tout, ce n’était pas la première fois qu’elle se retrouvait dans ce genre de situation. Depuis qu’elle travaillait avec Kate, elle pouvait compter sur les doigts d’une main les jours où elle n’avait pas faillit mourir.

C’est assez excitant pour être honnête. Allez Osgood ! Elle se rappela qu’elle se trouvait derrière des caches d’armes.

« Je suppose qu’ils ne m’en voudront pas. Est-ce que je dois les ramener ensuite ? Mmhh, je les vois mal se plaindre pour un ou deux fusils en moins. »

Autant se servir. Desmitraillettes. Pas très élégant mais ça ferait l’affaire.

Comme Sam te l’a montré : relever le cran de sécurité, viser et tirer. Fastoche !

L’engin paraissait peser des tonnes dans ses bras mais quelque part, c’était rassurant. A défaut de tirer, elle pourrait le jeter à la figure d’un assaillant et courir comme si sa vie en dépendait. Ce n’est pas comme si ma vie en dépendait vraiment après tout.

Armée de sa mitraillette et de son courage, la jeune femme sortit de sa cachette et avança prudemment vers les coups de feu.

« Oh mon Dieu… », fut tout ce qu’elle réussit à dire en découvrant le spectacle sanglant qui se jouait sous ses yeux. Des corps, partout. Des deux camps. Aucun signe de Sam ni de Josh. Pas plus de chance avec le colonel.

Ça veut dire qu’ils sont toujours en vie.

La bataille se poursuivait plus loin dans la forêt. Elle hésita un temps puis s’y aventura. Au bout de quelques minutes de marche, un craquement la fit sursauter sur sa droite.

« Qui – Qui est là ? Je… Je suis armée et… je n’hésiterais pas à tirer. Montrez-vous », ordonna-t-elle plus fermement. 

Sa gorge se noua aussitôt que le silurien apparut. Des peintures de guerre ornaient son visage écailleux. Une ceinture de munitions traversait son torse, mais a priori pas d’arme.

Le plus effrayant restant ses yeux. Perçants et sanguinaires. Osgood n’avait aucun doute que ce mercenaire l’exécuterait sans aucune once de pitié dès qu’il en aurait l’occasion. Autant gagner du temps.

« Pour qui travaillez-vous ?

– Mon employeur, répondit-il en faisant siffler sa langue.

– Ah ! Très drôle. J’imagine qu’il vous paye bien, votre employeur. Vous êtes bien équipés. Bien qu’un peu classique. Grenade à fragmentation ? Un peu trop humain vous ne trouvez pas ? C’en est un ? Votre employeur ? C’est un humain ?

– Nous trouvions ççça amusant de tuer ces créatures avec leurs propres zzarmes. Les regarder se tortiller comme de tous petits et misérables insssectes. Déliccccieux. »

Elle réprima une expression de dégoût et se re-concentra sur ce qu’elle devait dire.

« Ça fait beaucoup de carburant. A quoi ça lui sert à votre chef ? Compagnie de transport ? Trafic de marchandises ?

– Votre essssprit est trop étriqué, humaine.

– Essayez pour voir ?

– Rraaaahhhh ! »

Sans qu’elle ne comprenne ce qu’il se passait, elle vit le silurien se jeter sur elle. Ses yeux se fermèrent par réflexe et un coup de feu partit. Elle comprit que la balle avait atteint sa cible quand elle entendit une masse s’écraser au sol. Elle ouvrit d’abord un œil, confirmant l’absence de danger puis un second. Son regard se posa alors sur sa main qui ne touchait pas la gâchette.

« Mais –

– Vous allez bien ? Osgood ? »

Kate. Son regard paniqué rencontra celui inquiet de sa collègue. Son esprit était brouillé. Tout ce qu’elle sentit fut les mains de la blonde sur son visage quand celle-ci tenta de la ramener sur terre. Elles sont tellement douces. Elle se laissa inconsciemment aller contre la paume de Kate. Si Kate est là, alors tout ira bien.

« Osgood, est-ce que vous m’entendez ?

– Mmmh ? Madame ? Qu’est-ce que…

– Vous êtes blessée », constata la responsable d’une voix anxieuse.

Osgood porta sa main à son front et remarqua la présence d’un liquide rouge. Son souffle se coupa.

« Oh… Je… Je saigne…

– Qu’est-ce qui s’est passé ? »

Kate tenait toujours le visage de la jeune femme à la recherche de signes d’une éventuelle commotion.

« J’ai dû… Quand ça a explosé. Mais ça va… Merci », lui assura-t-elle en lui offrant un léger sourire.

Kate le lui rendit mais insista pour qu’elle voit un médecin dès qu’ils seraient tous rentrés. Puis elle se recula et inspecta le cadavre. Ce n’est que là qu’Osgood réalisa ce qu’il venait de se passer et sentit le feu consumer ses joues. C’était sa cheffe et elle s’était inquiétée. Rien d’étonnant là dedans. Elle s’inquiète tout le temps.

Le coup qu’elle avait reçu à la tête devait être plus puissant qu’elle ne l’imaginait.

« Bien joué au fait.

– Mmhh ?

– C’était très malin, et courageux d’essayer de le faire parler, félicita Kate accroupie près du corps.

– Pour ce que ça a donné. Si vous n’aviez pas –

– Vous avez gagné du temps. »

Un autre craquement attira cette fois l’attention de Kate qui, moins scrupuleuse que la jeune femme, sortit immédiatement son pistolet et le pointa dans la direction du bruit.

« Je passe déjà une très mauvaise journée donc je vous conseille de ne pas l’aggraver.

– Rappelez-moi de ne jamais vous mettre en colère M’dame, plaisanta la voix en se révélant.

– Sam ! » s’exclama Osgood en se précipitant vers lui. 

Kate rangea son arme et rejoignit son collègue, blessé pour l’aider à s’asseoir.

« Vous êtes dans un sale état Lieutenant.

– Vous verriez le gars d’en face. Rraahh ! Merde...

– Doucement soldat, conseilla-t-elle avec humour. Laissez-moi voir. »

Une importante brûlure sur l’abdomen. C’était encore différent de ce qu’ils avaient utilisé lors de leur dernière rencontre. L’urgence faisant, elle préféra agir en fonction de ce qu’elle savait. C’était une brûlure et elle pouvait la soulager.

« Je vais vous faire un cataplasme. On est dans une forêt, on aura plus de chance avec du miel. Osgood, vous pouvez aller m’en chercher ?

– Je m’en occupe.

– Du miel ? interrogea Sam.

– Excellentes propriétés cicatrisantes, développa-t-elle en se levant pour chercher quelque chose.

– Rappelez moi votre spécialité ? Avec des mots que je comprend.

– Biologie. Études des êtres vivants, animaux et plantes.

– Passionnant.

– Ne soyez pas cynique Lieutenant. Je sais quoi utiliser pour vous soulager mais aussi ce qui peut vous faire faire dans votre pantalon. Ah te voilà !

– Qu’est-ce que c’est ?

– De l’eucalyptus.

– Et ça, ça appartient à quelle catégorie ?

– Ça dépend de vous. Je peux désinfecter votre plaie. Ou bloquer vos voies respiratoires. »

Le sourcil qu’elle levait en parlant ne laissait pas le doute possible au militaire.

« Le choix est difficile. Mais j’aime autant le désinfectant.

– Judicieux. Vous avez toujours votre gourde avec vous ?

– Toujours.

– Parfait. »

Une fois la quantité nécessaire recueillie, elle s’agenouilla à ses côtés et lava les feuilles. Au même moment, Osgood réapparut. Elle n’était pas seule.

« Miss Stewart ? Que faites-vous là ?

– Je pourrais vous poser la même question Colonel. Merci Osgood. Prenez un bout de tissu et mettez un maximum de miel dessus, commanda-t-elle en séchant les feuilles avec le tissu de sa chemise. Je pensais pourtant avoir été claire.

– Nous avons reçu des informations hier soir concernant une attaque imminente. L’occasion était trop belle.

– C’est vrai. Ça aurait été dommage de rater une telle opportunité de vous faire réduire en miettes. C’est aussi par faute de temps que vous ne m’avez pas prévenue ?

– Miss –

– Que vous refusiez de m’écouter, à la limite, ça colle avec votre personnage de cowboy prétentieux. Mais je ne pensais pas que vous soyez aussi stupide par dessus le marché. Une équipe médicale aurait pu limiter les dégâts. Vos dégâts. »

Ouch, pensa Osgood.

« Comment va votre bras au fait ? J’ai cru comprendre que vous aviez été gravement touché.

– Ce n’est pas si grave.

– Si, j’insiste. Pour vous retrouvez cloîtrer dans votre tente pendant que vos hommes se faisaient descendre, les uns après les autres, ça devait être sacrément grave. »

Son ton était ferme mais laissait transparaître une véritable colère. Elle se vengea sur les feuilles d’eucalyptus qu’elle écrasa dans ses mains pour en faire ressortir l’huile. Faute de matériel, il n’y avait pas grand chose mais cela suffirait.

« Je ne me laisserais pas insulter de lâche par une –

– Une quoi ? Cul serrée de laborantine ? Je le dis correctement ? »

Elle reporta son attention sur la plaie et appliqua la substance dessus. Sam réprima un sifflement de douleur puis sentit ses muscles se relâcher quand le cataplasme de miel fut posé.

« Ces hommes se sont fièrement battus. Ils ont servit leur pays, se défendit le colonel.

– Vous pouvez vous lever ? demanda Kate au soldat, ignorant la pitoyable excuse du militaire.

– Oui. Merci Madame. »

Il s’appuya sur les deux femmes pour se stabiliser puis reprit sa contenance, près à affronter la suite. Kate ressortit son arme et se dirigea vers le colonel.

« Allez dire ça à leur famille. Je suis sûre que ça leur fera beaucoup de bien. »

Si, dans un premier temps, elle songea à en rester là, elle décida finalement qu’il en méritait davantage.

« Que vous décidiez de sacrifier vos hommes vous regarde. Je vous mépriserais jusqu’à la fin de votre insignifiante existence pour ça, mais ça restera entre vous et votre conscience. En revanche – sa voix descendit davantage dans les graves – la prochaine fois que déciderez de sacrifier les miens, sachez que ces siluriens ne seront rien, comparé à l’enfer que je vous ferais vivre. »

Sa déclaration sonnait comme une promesse et un éclair flasha dans les yeux du colonel. Sam vit son poing se contracter et posa aussitôt sa main sur son arme.

« Madame ? interpella-t-il en fixant l’autre militaire, on ferait mieux d’y aller. »

Pas complètement aveugle face à l’état de colère dans lequel le colonel était, Kate prit sur elle et s’éloigna vers le sac qu’elle avait apporté quand le plus âgé l’attrapa par le bras.

« Et comment est-ce que vous comptez vous y prendre ? Sans vouloir vous vexer, Madame, je ne vois pas en quoi votre présence changera quoi que ce soit à une situation où une escouade entière a échoué. »

Lui, n’avait pas l’air d’en avoir finit avec elle et les menaces subliminales de Sam ne suffisaient plus.

« Lâchez moi », le somma-t-elle en soutenant son regard. 

Lorsqu’il la libéra enfin, Kate ouvrit le sac et en sortit ce qui s’apparentait à des grenades.

« Si c’est tout ce que vous avez, vous pouviez aussi bien –

– La ferme ! ordonnèrent Sam et Osgood en chœur.

– Ces grenades contiennent un gaz particulièrement chaud. La structure carbone de la grenade permet de le garder à une température avoisinant les 200 degrés, résuma Kate.

– Génial. Et donc ? On n’est pas là pour transformer cet endroit en sauna mais pour se débarrasser de ces parasites !

– Les siluriens sont des reptiles. Leur sang est froid. La chaleur est leur point faible, poursuivit très factuellement Sam, à la surprise de tous. Bah quoi ? Moi aussi j’ai étudié la biologie. Au lycée.

– Aussitôt que le gaz pénétrera leur organisme, leurs cellules vont se mettre à bouillir, conclu Kate.

– Et la dispersion par aérosol permet de faire un maximum de dégâts avec un minimum de ressources, précisa Osgood.

– Vous voyez Colonel, je ne sais peut-être pas grand-chose de la guerre, mais je sais au moins que tout ceci aurait pu être évité si vous m’aviez écoutée. »

Cet homme est exaspérant.

« Sachez que ce procédé est particulièrement douloureux et que si vous ne m’aviez pas forcée la main, nous n’aurions probablement jamais eu à utiliser une telle atrocité.

– C’est vous qui l’avez créé Kate. Pas moi.

– C’est vrai. Et je vais m’en vouloir. La question que je me pose, c’est si vous, vous êtes capable de ressentir ne serait-ce qu’une once de culpabilité ? »

 

4

 

L’affrontement aura eu raison de 15 siluriens et 18 humains. Les grenades étaient très efficaces. Trop, selon Kate. Osgood et elles avaient travaillé sur ce modèle au cours des trois dernières semaines, priant pour ne pas avoir à les utiliser.

Mais elles devaient être pragmatiques et penser à leurs hommes. Il n’y eu aucun survivant chez les adversaires et seuls cinq soldats purent rentrer à la maison. Ils avaient retrouvé Josh, sain et sauf si ce n’était quelques bleus dus à un combat au corps à corps avec un mercenaire.

Le voyage du retour fut tendu. Même le colonel, qui avait toujours quelque chose à dire, préféra se taire. Et Osgood, raffolant pourtant peu des trajets en hélicoptère, semblait trop sonnée pour être dérangée par les secousses.

Quant à Josh et Sam, fidèles à eux-mêmes, l’un parlait et l’autre faisait semblant d’écouter. C’eut le mérite de faire sourire Kate lorsque son regard croisa celui du lieutenant. Puis elle reporta son attention vers l’extérieur.

De retour au QG, Kate envoya tout le monde à l’infirmerie. Sam ne se fit pas prier. Malgré le cataplasme, sa blessure commençait à suinter. Osgood rechigna davantage et forcément, Josh suivit le pas.

« Je vais parfaitement bien Madame, j’aimerais vous faire mon rapport le plus vite possible pour pouvoir commencer mes analyses.

– Et moi j’aimerais avoir une nuit complète, vous pouvez faire ça ?

– Huh…

– C’est bien ce que je pensais. Donc vous allez me faire le plaisir d’aller vous faire soigner. Sinon, je vous banni du labo.

– Mais vous… Vous pouvez pas faire ça ? Elle peut faire ça ? s’inquiéta-t-elle en regardant Josh.

– Bah techniquement, c’est elle la boss donc…

– A l’infirmerie. Tous les deux. Maintenant. »

Sans leur laisser le temps de protester davantage, elle tourna les talons, ou plutôt les rangers et prit la direction de son bureau. Cette journée s’annonçait particulièrement longue.