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Le jour fatidique est arrivé… les bombes sont lancées. Le bruit strident des propulseurs se fait entendre dans le ciel. Orkys lève la tête pour les observer filer au loin, vers Impera. Le groupe s’était battu corps et âme pour empêcher les dirigeants d'anéantir la ville. Certe Impera était un désastre écologique, surtout après la catastrophe arrivée plus tôt, et oui la ville coupée du monde était menée telle une dictature. Mais tous ces innocents, ignorant de leur prison de béton qui vont être puni pour un crime dont ils ne sont même pas conscients d’avoir commis. Méritent-ils réellement de mourir ? C’est la question que se pose Orkys. Il y a peu, elle était aussi avec ses amis une habitante d’Impera. Malgré la suppression de leurs émotions, Orkys était tout de même attachée à cette ville. Elle y était née, elle y avait grandi et avait construit une grande partie de qui elle est aujourd’hui. Il en allait de même pour Clarence, Calista, Rebecca, Noxiahl.. et même Helix.
Un bruit retentissant sorti Orkys de ses pensées, les bombes, venaient de toucher Impera. Les secondes qui suivent l’impact parurent durer une éternité.
Une lumière aveuglante força Orkys à plisser les yeux et se protégea de sa main. Elle ne pouvait voir les autres mais entendait leur surprise et quelqu’un poussa un grognement mécontent face à la vive lumière. Une minute passa avant que Orkys n’ose jeter un coup d'œil. Elle fut prise d’un glassement d'effroi. La ville avait été entièrement rasée. Impossible pourtant, ils avaient convenu avec le dirigeant de Syra de seulement détruire une partie de l’intérieur. Mais là, même le gigantesque mur de béton était à terre. Ont-ils été trompés ? Ont-ils mal expliqué leur demande ? Non, c'est impossible. Tout avait été méticuleusement préparé et expliqué. Cela ne pouvait dire qu’une seule chose: l’Ordre Mondial ne les a pas écoutés. Ils avaient été manipulés pour leur donner un semblant d'espoir.
Des larmes de rage coulaient le long des joues d’Orkys. Elle ne pouvait y croire.
Clarence se sent pâlir. Les yeux fixés sur les restes de la ville, son esprit est vide. La scène semblait irréelle. Il détourna enfin le regard quand il entendit sur sa gauche du bruit. C'était Noxiahl qui était tombé sur ses genoux, le souffle court, se tenant le ventre. Elle avait la tête qui tournait comme une toupie. Elle se pencha en avant, respirant difficilement. Clarence accouru auprès d'elle pour la rassurer. Il passa sa main sur son dos et l'a senti trembler. Elle pleurait d'effroi. Noxiahl sanglote et se laisse faire à l'étreinte de son ami.
Clarence tentait de rassurer Noxiahl, mais il ne croyait pas à ses propres paroles. Son amie blottie contre lui, il tourna son regard de nouveau sur les ruines d’Impera avant de voir comment les autres se portaient. Orkys pleurait également, une expression de haine dans ses yeux. Calista ne pleurait pas mais elle émanait aussi un sentiment de rage face à la scène. Les poings serrés, les articulations étaient devenues blanches tant elle forçait dessus. Quant à Rev’, elle semblait être dans un état de transe. Le regard fixe, elle ne savait plus vraiment si elle regardait les restes de la ville ou bien l’horizon. Rebecca n’était sûre que d’une seule chose, ce massacre aurait pu être aussi celui de son fils. Et pourtant, ils avaient réussi à le sauver de justesse. Il aurait pu faire partie de ses corps carbonisés par l’explosion. Ou être asphyxié par les débris, mais non, il avait été protégé. Lui, contrairement à tous les autres. La seule chose qui le différencie du reste des Imperiens est qu’il est son fils. Alors, aurait-il dû mourir lui aussi ? Non, personne n'aurait dû. Mais les gouvernements ne les avaient pas écoutés et ils ne restaient que six survivants. Seuls eux étaient les héritiers d'un univers opprimé, dirigé par la technologie et les nano-robots. Les seuls à avoir la chance de changer. Tous ces morts ne l'ont pas eu, condamné à mourir ignorant de leur condition, sans pouvoir réellement profiter de ce qu'il reste de la Terre. Un sentiment amère traverse le corps de Rev’. 《Et maintenant ?》Rev’ se tourna vers l'origine de la voix. C'était Orkys. Son regard embrumé de larmes fixait l'horizon, sa lèvre inférieure tremblait sous l'effort de retenir ses sanglots. Orkys ne s'était pas rendue compte de ce qu'elle venait de demander. Et pourtant, c'était LA grande question que tout se posait.
Un silence de mort prit place. Personne ne savait quoi dire. Pourtant, ils allaient devoir y répondre.
L'avenir est incertain pour nos héros. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il est teinté du goût amère de la défaite et de la trahison.
