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Le ballet des feuilles mortes offrait un spectacle enchanteur aux deux hommes qui marchaient à pas lents dans le parc.
L'air frais et piquant de l'automne s'insinuait sous les vêtements, faisant naître des frissons sur les peaux exposées aux éléments.
Les joues rougies de Viktor cherchaient la chaleur de son écharpe, à moitié enfouies dans la laine réconfortante. Ses mains, elles, tremblaient imperceptiblement, sensibles au froid et forcées de l'affronter, ses doigts devant s'agripper à sa canne pour continuer sa marche.
Mais sa main gauche, libre, finit par trouver un écrin de chaleur. Ce fut Jayce qui franchit la limite entre leurs corps en poussant sa propre main à rencontrer la sienne. Leurs doigts se mêlèrent, et immédiatement, un feu naquit dans la poitrine de Viktor. Son regard dériva sur l'homme à ses côtés, au sourire renversant, charmeur et timide à la fois, comme s'il était inquiet à l'idée de briser ce moment.
Viktor lui répondit d'une légère pression des ses doigts pâles. La morsure du froid ne l'atteignait plus, il n'y avait plus que la chaleur de Jayce.
Regard ambré contre regard noisette. Les pupilles parsemées d'étincelles qui venaient se trouver. Le ciel n'était plus gris, les arbres n'étaient plus nus, les feuilles n'étaient plus oranges. Il n'y avait plus qu'eux deux sur ce chemin d'automne foulé avec la tranquillité de ceux qui savent que le temps n'a plus aucune importance.
Flottait encore entre eux les souvenirs du baiser échangé la veille, ce baiser furtif mais si évident qui avait fait vaciller leurs mondes respectifs. Ils avaient été collègues pendant un temps, puis amis, jusqu'à ce qu'un sentiment nouveau, inconnu, vienne s'immiscer dans leurs discussions enthousiastes, leurs œillades accidentelles, leurs bras qui se frôlaient lorsqu'ils se croisaient dans la salle des professeurs.
L'explosion avait eu lieu, et à présent, Jayce et Viktor respiraient l'air frais ensemble, l'un contre l'autre, les lèvres encore chaudes, écartelés entre le désir de recommencer et la peur d'avoir rêvé.
Les mots ne s'envolèrent pas. Seuls les cœurs battant à l'unisson semblaient résonner au creux des branches qui s'élevaient au-dessus de leur tête. Le silence bienvenu, solennel, pour penser, contempler les heures passer, réaliser que quelque chose avait changé.
Jayce et Viktor reportèrent leur attention devant eux, comme si s'observer avec une telle intensité allait raviver la flamme qui s'était allumée dans la salle de classe vide.
Et ils avaient raison. Parce que tout au fond, les braises crépitaient, les peaux se réchauffaient, et le début d'un amour timide et délicat sortait de son cocon pour les envelopper de son étreinte chaleureuse.
L'automne voyait la nature périr, elle ne connaissait pas la naissance. Pourtant, cette année-là, l'amour déployait ses ailes, et illuminait la vie de ces deux professeurs liés à jamais.
