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Il pose le chapeau sur sa tête et éloigne une mèche qui s’écrase sur son front, en gênant sa vue. Il prend quelques dernières minutes à se mirer dans son grand miroir à l’entrée en tournant pour être sûr que tout va bien.
Il reste encore une trace en bas du tissu blanc, mais impossible de la rattraper. En vain, comme si ce geste allait changer quelque chose, il frotte avec la paume de sa main.
Comme prévu, la tâche est toujours là.
Dépité, il laisse tomber et s’en va en prenant soin de prendre une veste et son sac de rechange.
Une fois arrivé devant la grande maison, il se gare et attend quelques secondes dans sa voiture.
Il doit souffler, respirer. Son anxiété se fait de plus en plus forte même s’il a hâte de rentrer à l’intérieur de cette demeure et de revoir tous les gens avec qui il a tissé des liens depuis des années.
Finalement il sort de sa voiture et s’apprête à rentrer.
La maison de Mina est grande. Il a déjà eu l’occasion de voir des photos qu’elle lui avait envoyées mais malgré tout, la voir en réalité est une toute autre chose. Les vitres sont ouvertes en oscillo battant, mais les lumières de toutes les couleurs transpercent l’épais tissu des rideaux tirés. De la musique se fait aussi entendre, comme si elle était loin.
Pourtant, il n’a à peine le temps de sonner que la porte s’ouvre sur son amie aux cheveux rose, déguisée en sorcière avec une robe noire moulante, le chapeau pointu descendant de ses cheveux.
– IZUKU TE VOILÀ !!!
– HEY SALUT !
– IL NE MANQUAIT PLUS QUE TOI !
Contre son gré, Izuku est obligé de hausser le ton pour se faire entendre, tant la musique est forte. Comme un flux qui s’est propagé d’un coup en ayant ouvert la porte.
Son amie le fait entrer en refermant la porte pour ne pas trop déranger le quartier entier. A l’intérieur la chaleur est étouffante et les odeurs se mélangent d’une manière très atroce. Izuku sait qu’il faut juste s’y habituer, de toute manière il n’avait qu'à arriver à l’heure.
S’il n’avait pas été en retard il n’aurait eu à saluer les dizaines d'invités un à un.
– TIENS, POSE TES AFFAIRES LA !
En suivant les indications de son hôte, le bouclé pose sa veste sur l’immense pile de vêtements, sur le rebord d’un canapé. Il n’a même pas le temps de s'asseoir que Mina lui prend le bras en l’emmenant dans la cuisine.
– TU VEUX QUOI ?!
Évidemment, de l’alcool. A croire que les restrictions lors des fêtes à l’internat l’ont poussé à consommer des grosses quantité d’alcool lorsqu’elle en est sortie.
Malheureusement, ou heureusement, Izuku n’y connait rien en alcool.
– CE QUE TU VEUX. MAIS PAS TROP FORT.
Il la regarde attentivement mélangé toutes sortes de bouteilles et de couleurs avant de lui tenir un verre absolument magnifique.
– C’EST SUPER JOLIE. C’EST QUOI ??
– UN RAINBOW PARADISE.
– J’ADORE L’ARC-EN-CIEL.
– CA TOMBE BIEN, C’EST LA PRIDE MONTH.
Contente de sa blague, elle s’en va en riant en lui faisant un clin d'œil. Midoriya est à présent seul dans la cuisine, son verre à la main. Il sirote la paille un instant avant de tousser, dû à l’alcool.
De là où il se trouve, il guette le salon ou des gens y dansent. Dans le lot, Mina à rejoint deux autres sorcières, Tsuyu et Ochako qui se déchaînent aux rythme de la musique. Non loin, Denki et Sero parlent -ou plutôt, crient- en se montrant à tour de rôle leur téléphone, déguisés en démon. De l’autre côté, proche de la porte d'entrée, Eijiro en chaperon rouge embrasse son homme avant de lui chuchoter à l’oreille. Katsuki ne prend pas le temps de lui répondre parce que son regard croise celui de son meilleur ami. Il fait signe à son homme et rejoint Izuku dans la cuisine.
– T’ES ENFIN LA IZUKU. VIENS.
Le concerné lui répond en le suivant dans une autre pièce ressemblant à un bureau. Le bruit est atténué et la musique semble plus lointaine. D’un coup, c’est comme si l’air y était plus respirable.
– Comment tu vas ?
– Ca va bien, pareil qu'hier. Et toi ?
– Je viens seulement d’arriver. C’est cool, tout le monde à prit soin de se déguiser.
– C’est Eiji’ qui m’a forcé à porter ce costume de loup ridicule.
– Je le sais bien. C’est admirable de sa part qu’il t’ait convaincu.
– Il m’a promis quelque chose en échange.
– Oh ? Et qu’est-ce que c’est ?
– C’est pas le sujet !
Izuku n’a pas besoin de poser plus de questions pour deviner que c’était là une requête sexuelle, sans aucun doute. Le blond fuit du regard et ses joues ont prit une couleur rougeâtre.
Le bouclé se met à rire avant de reprendre son sérieux lorsqu’il voit le visage de son ami taquin.
– Shoto est là.
Et ses paroles lui font l’effet d’une vague de chaleur. Midoriya ne sait pas vraiment si c’est agréable ou non.
– Mina l’a invité mais elle ne se doutait pas qu’il allait réellement venir.
Malgré tout, il acquiesce et essaye de garder son calme.
– Tu devrais aller lui parler Izuku.
Le loup lui tape l’épaule d’une façon amicale avant de repartir de la pièce, laissant de nouveau le bouclé seul, sens dessus-dessous.
Il se sent tout retourné, comme si son cœur courait un marathon et que son ventre criait famine après une semaine sans manger. Et il a affreusement chaud. Il n’est pas en nage à cause de la chaleur de la fête, non. Il est en nage parce que Shoto se trouve dans la même maison, dans la même fête que lui. Il est peut-être même plus proche que ça.
Et plus que ce soit, il doit aller lui parler. Même si ce n’est que quelques mots, il s’en contentera.
Il sirote de nouveau son verre et repart du bureau en allant vers le salon, là où se trouve la plupart des personnes et surtout là où le bruit se fait le plus entendre. Entre les conversations, les cris et la musique, c'est le chaos total.
Le vert tente de chercher Shoto du regard en parcourant chaque millimètres de la pièce, mais il semble ne pas être là. Est-ce qu’il se cache ?
Et si Shoto savait lui aussi la présence du vert, est-il parti ? Ou peut-être est-il resté mais il préfère se cacher ?
Mille et une questions se bousculent dans la tête du fantôme, mais impossible d’avoir la réponse. Ses pensées s'interrompent lorsque une sorcière au cheveux brun s'accroche à son cou en criant son prénom.
– IZUKUUUUUUUUUU !!
– JE T’AI DIT BONJOUR MAIS TU DANSAIS !
– JE SAIS. JE SUIS CONTENTE QUE TU SOIS LÀ, TU M’AS TELLEMENT MANQUÉ IZUKU !
– OCHAKO, ON S’EST VU HIER.
La brune ne répond pas, la tête contre l’épaule de son meilleur ami. Ses heures de danse intensive l’ont épuisé à tel point que son souffle a du mal à reprendre en régularité.
– T’AS BU COMBIEN DE VERRE ?
– AH, IL FALLAIT LES COMPTER ?
– Ok, laisse tomber.
Le vert ricane en redressant sa meilleure amie pour qu’elle se tienne face à lui, mais son visage a l’air de vouloir tomber encore une fois. Sûrement le manque de sommeil.
– JE PEUX ENVOYER UN MESSAGE À TOGA ?
– ELLE VIENDRA ME CHERCHER QUAND ÇA SERA FINI !
Il acquiesce et lui sourit en lui retirant son verre des mains. Ochako a tendance à boire lors de grandes fêtes comme celle-là, mais elle ne connaît jamais sa limite.
– SHOTO EST LÀ.
Évidemment. Sans se retenir, le bouclé sourit maladroitement, gêné qu’on pense à lui dès que Shoto entre dans un certain périmètre.
– KATSUKI M’A DIT.
– JE CROIS QU’IL EST DEHORS. N’AIE PAS PEUR IZUKU.
Sans réponse, ledit Izuku lui tapote l’épaule et la laisse seule en reprenant sa route vers le bar, là où se trouve de la nourriture en tout genre.
Alors qu’il croque dans j’en sorte de pâte feuilleté Au fromage, Tenya se pointe face à lui déguisé en monstre Frankenstein.
– SALUT TENYA ! COMMENT TU VAS ?
– SALUT IZUKU. JE VAIS TRÈS BIEN ET TOI ?
La bouche pleine, le plus jeune ne répond qu’en levant le pouce face à son ami pour lui faire signe que ça va. Tout en continuant de déguster son feuilleté.
– COMMENT VA TAKU ?
– IL VA BIEN. JE L’AI LAISSÉ AVEC MON FRÈRE POUR LA NUIT.
Le montre tout sourire commence à se lancer dans les récits de son quotidien avec son fils, Taku. Le petit n’a qu’un an mais est très attaché à son père. C’est assez curieux qu’il le laisse avec sa famille le temps d’une soirée, mais ce n’est pas vraiment surprenant en vu de la relation qu'entretient Tenya avec son frère Tensei.
– EN PARLANT DE TENSEI, IL VA MIEUX ?
Puis le plus grand contourne la discussion en parlant cette fois-ci de son super grand frère. Lors d’un accident survenu il y a des années, Tensei s’était retrouvé un fauteuil roulant avec peu d’espoir de remarcher un jour. Cependant, d’après ce que raconte Tenya, il s’est remis à marcher parfaitement mais toujours avec l’aide d’une canne lorsque sa jambe droite faiblit.
Heureux de l’entendre dire, Izuku lui sourit et le rassure. Ce dernier n’avait pas le souvenir d’un Tenya aussi bavard. Il faut dire que les relations sociales ne sont pas vraiment son fort au vert, il se souvient qu’avec son ami ça se passait bien mais à présent, il est presque fatigué de l’entendre autant parler. Sans savoir quoi répondre.
Izuku ne l’écoute que d’une oreille, distrait par le bruit et les gens. Son regard se penche ailleurs, sur un canapé qui a l’air très confortable de loin. Il l’aurait été encore plus si Shoto ne se trouvait pas assis dans celui-ci, sirotant un verre en regardant devant lui.
Lorsque le bouclé le remarque, il ne perçoit plus rien d’autre que Shoto.
Sans attendre, il fait signe et sourit à Iida en le laissant en plan. Il est soudainement prit d’une adrénaline folle puisque ses pieds avance d’eux même vers le bicolore qui ne l’a pas encore remarqué.
Au moment où Izuku se trouve proche de lui, le concerné a son regard posé sur son verre à l’étrange couleur verte. Le bouclé ne s’assoit finalement pas sur le canapé. Il reste là, debout, devant le bicolore.
– SALUT.
Le fantôme ne peut s’empêcher de l’admirer. Il aimerait ne pas trouver aussi beau Shoto, ne pas le trouver aussi attirant et aussi charmant. Il porte un déguisement de vampire et ça le encore plus séduisant qu’en temps normal.
Le susdit vampire sursaute face à la présence devant lui, mais son regard se fige lorsqu’il remarque que ce n’est autre que Izuku.
– SALUT…
Et un blanc s’installe. Une gêne plutôt, au milieu du bruit et de la chaleur, entouré de lumière aveuglantes qui jaillit de tous les côtés.
Ça faisait une éternité que ce regard heterochrome ne s’était pas posé sur lui, le bouclé se sent déséquilibré alors qu’une vague de chaleur le submerge. Finalement, il s'assit à côté de lui.
– TU VAS BIEN ?
– JE-…OUI. ET TOI ?
Le fantôme n’est pas mécontent qu’il lui réponde. Même s’il doit tirer l’oreille pour entendre ses mots.
– ÇA VA.
Est-ce qu’il doit continuer à forcer la conversation ? Ou bien simplement s’arrêter là ?
Avant même de se répondre soi-même mentalement, le bicolore se rapproche discrètement de lzuku en tournant la tête vers lui, mais pas le regard.
– J’ai un téléphone, Izuku.
Et c’est un violent frisson qui prend en otage le bouclé, le cœur battant beaucoup trop fort à l’intérieur de son corps. Ses mains se mettent à trembler alors il tient le tissu de son costume entre ses doigts, en essayant de répondre sans être trahi par les flageolements de sa voix.
– Ah oui ?
Mais le bicolore n’entend pas. Il fait signe de répéter et Izuku s’exécute.
– Il y a trop de bruit ici.
S’il continue ainsi, le bouclé ne passera pas le reste de la soirée indemne. Son corps entier tremble tel une feuille prise par le vent, il doit sûrement être aussi rouge qu’une tomate vu la chaleur qui l’étouffe depuis tout à l’heure. Le souffle du plus grand s’est échoué sur son oreille, et ça, Izuku l’a senti.
– Je connais un endroit plus calme.
Surpris lui-même par cette réponse aussi ambiguë, il détourne le regard en fixant la cuisine, comme si cette dernière allait la sortir de cette situation.
Shoto se lève subitement et le bouclé commence à être déçu de lui-même d’avoir lancé cette parole. Ils ne se sont pas parlé pendant deux ans et voilà qu’il lâche ces mots avec tant d’allusions sans aucune gêne. Forcément, cela fait fuir son ami.
– Il est où, cet endroit ?
*
Lorsque la porte du bureau se referme, un presque silence s’installe seulement troublé par le bruit de la musique qui semble lointain. Izuku s’appuie sur le rebord du bureau, les mains derrière son dos alors que Shoto reste devant la porte fermée, comme s’il semblait peureux d’avancer un peu plus.
Cette gêne s’installe et s’étire pendant de longues minutes. Aucun des deux jeunes hommes ne prend la parole. Tandis que le bouclé s’étouffe d’une chaleur mélangée à de la peur et de l’appréhension, Shoto lui, cherche ses mots.
– Si tu as un téléphone, pourquoi tu n’as pas essayé de me contacter ?
Midoriya prend finalement la parole, la tête baissée contre le tissu blanc descendant jusqu’à ses genoux, cachant ses chaussures.
– Je pensais que tu ne voulais plus de moi.
Le plus grand répond difficilement en le fixant.
– Tu n’aurais pas dû penser seul.
– Je sais, je suis dés-
– Ne t’excuse pas !
Lorsqu’il relève la tête, Izuku sent doucement des larmes se former aux bord de ses yeux. Il sait que Shoto l’a remarqué, puisque ce dernier s’avance lentement vers lui.
– Izuku je t’assure, je regrette de ne pas l’avoir fait. Mais avec tout ce qu’il s’est passé…
– Il ne s’est rien passé…C’est ce que tu as dit.
De nouveau, le silence bruyant s’installe et prend de la place.
– Je t’en supplie, écoute-moi.
Malgré le fait qu’il soit énervé au plus profond de lui, Midoriya prend le temps d’écouter les justifications du bicolore. Doucement, mais sûrement, les paroles glissent entre ses lèvres.
*
– Pourquoi tu ne te confesses pas Izuku ?
– Oh non ! Je ne peux pas faire ça. S’il s’avère que ce ne soit pas réciproque, ça briserait notre amitié.
Avachi contre la table de classe, Ochako rigole en soufflant du nez.
– Quelle amitié au juste ? Vous êtes sans arrêt en train de flirter.
Le jeune homme sait que sa meilleure amie à raison, mais son esprit se dit que ce n’est sans doute qu’une illusion. Shoto à du mal à percevoir l’intonation des gens, et il ne sait sans doute pas ce qu’est un flirt. Ou du moins que son ton est très provocateur.
– Fais-le Izuku.
Malheureusement, le bouclé n’avait pas suivi les conseils de sa meilleure amie. Les semaines passaient et les deux garçons continuaient de traîner ensemble, de manger et de rigoler. Les deux se sentaient sur leur petit nuage, réconfortant et doux. Une présence avec qui ils pouvaient être eux-même, sans avoir peur de se sentir juger.
La dernière heure de cours devrait bientôt sonner, mais au coin de la bibliothèque, entre deux étagères bien remplies, Izuku s’est endormi. La tête contre l’épaule de son meilleur ami, Shoto ne cesse de regarder la photo qu’il a prise avec le téléphone du plus jeune.
Il reste une minute avant l’ultime sonnerie. Le bicolore bouge tout doucement son épaule sans le réveiller et passe ses doigts entre les boucles vertes. Son cœur bat à tout rompre. Tendrement, ses doigts descendent le long de sa mâchoire avant de s’échouer sur son menton. Les lèvres entrouvertes l'appellent, mais Izuku est son ami. Il ne peut pas. Il n’a pas le droit.
– Izuku, réveilles-toi. Ça va sonner.
Et comme si la voix si posée du plus grand avait le don de le sortir de ses rêves, le bouclé se réveille en frottant ses yeux. Aussitôt, la sonnerie retentit et les deux garçons sortent de la bibliothèque. Dehors, le ciel est déjà sombre, annonçant bientôt la nuit.
– A demain Izuku.
– A demain Shoto, dors bien.
Ledit Shoto lui sourit et s’en va en premier, quittant l’établissement. Quelques minutes passent avant que Izuku ne prenne le chemin inverse, laissant le concierge fermer la grille.
Le lendemain, le plus jeune attend son ami au coin du couloir totalement impatient de le revoir. Comme Shoto n’a pas le droit d’avoir de téléphone, ils ne peuvent pas s’envoyer des messages ni même s’appeler. A cause de ça, le bouclé déteste presque les week-ends.
Cependant, ce jour-là Shoto n’est pas venu le voir. Lorsque Izuku est retourné en classe par peur d’être en retard, il a d’abord pensé que son ami était malade. Mais en ouvrant la porte de la classe, le bicolore était là ; assis à son bureau, la tête tournée vers les fenêtres. Comme pour l’ignorer.
Si le bouclé pensait à une simple impression au début, ça ne l'était pas le reste de la journée. Et c’est seulement lorsque leur journée fut terminée que le vert vu son meilleur ami se diriger vers la sortie de l’école. Quelque chose clochait.
Leur habitude était de rester jusqu’à la fin du tout dernier cours, pour passer du temps ensemble et fuir leur domicile. Surtout Shoto.
Alors il s’était mis à courir à travers les couloirs en criant son prénom pour le rattraper. Ce dernier ne s’était pas retourné une seule fois, mais la plus jeune lui avait happé le poignet pour le forcer à le regarder. Pour le forcer à parler, à lui faire comprendre ce qui ne tournait pas rond.
Le bicolore l’avait tiré à son tour hors du couloir, dans un coin reculé proche des escaliers menant au toit, pour être à l’abri des regards.
– Qu’est-ce que tu as Shoto ?
– Rien, ça va.
– Non ! Tu m’as ignoré toute la journée. Parle moi Shoto.
– Il n’y a rien Izuku. Tu t’inquiète pour rien.
– Alors dit moi combien de temps tu comptes m’ignorer. Si tu as besoin d’espace tu n’avais qu’à me le dire je t’aurais laissé et-
– Arrête !!
Un lourd silence s’était installé. Midoriya essayait de retenir ses larmes tant bien que mal, alors que le visage du jeune Todoroki restait impassible. Et ce visage; le bouclé le redoutait plus que tout. Son père lui avait donné une éducation violente et stricte, apprendre à contrôler ses émotions, ne pas paraître faible. C’étaient les règles qu’avait respecté Shoto toute sa vie.
Mais en compagnie de Izuku, rien n’était pareil. Il s'autorisait à faiblir, à avoir mal, à pleurer, à se plaindre. Il se sentait lui-même à ses côtés, libéré d’un poids qui le ralentissait sans arrêt.
– Shoto, toi et moi…on-
– Arrête Izuku, je t’en prie. Reste en là…
Mais il ne pouvait pas en rester là, c’était impossible. Il avait besoin de comprendre les choses, d’avoir des réponses à la tonne de questions qui tournait en boucle dans sa tête. Shoto devait le savoir, Izuku était quelqu’un d’anxieux qui ne cessait de remarquer les choses en y pensant beaucoup trop, pendant des jours voir plus. Parfois des années.
– Je tiens à toi, j’aime être avec toi et passer du temps en ta présence.
– Je le sais Izuku, je suis désolé.
– Désolé de quoi, je pensais que c’était réciproque. Je pensais que mes sentiments étaient réciproques !!
Il n’en fallait pas plus pour que les larmes s’échappent de ses yeux alors que ses mains tenaient le tissu de sa veste aussi fort que possible. Il avait vu un éclair de tristesse passé rapidement dans le regard hétérochrome en face de lui. Mais la seconde d’après, tout avait disparu. Il ne restait plus que ce regard coupable et fuyant en face de lui.
– Il ne s’est rien passé Izuku. Ce n’a jamais été réel entre toi et moi.
Midoriya ne s’est jamais fait poignardé, mais il était presque sûr que la sensation devait être la même qu’il ressentait à ce moment-là. Comme si une lame s’était plantée en plein milieu de son cœur, et peut-être même de son ventre. Sa gorge le brûlait si fort qu’il ne savait plus parler. Toutes ses pensées et ses paroles venaient de se faire balayer par ce qu’il venait d'entendre.
Un léger gémissement passait la barrière de ses lèvres. Puis ses larmes se mirent à couler de plus belle, telle une cascade qu’on ne pouvait arrêter. Sa vue se troubla et ses genoux tremblaient. Shoto n’osait pas le regarder, il n’osait pas voir l’état dans lequel son ami était à cause de lui, à cause des paroles.
La vérité c’est qu’il n’avait jamais voulu ça. Ce jour-là, le bicolore aurait aimé courir à la bibliothèque et se blottir contre lui jusqu’à la dernière heure. Il aurait rêvé s'enfuir de chez lui et dormir aux côtés de son meilleur ami pour qui il avait des sentiments. Il aurait voulu mille et une chose avec lui.
Mais son père en avait décidé autrement.
Son géniteur l’avait menacé et frappé la veille pour qu’il coupe tout contact avec son meilleur ami. Endeavor avait bien remarqué que ce n’était pas un simple ami à ses yeux, et il ne pouvait pas se permettre qu’un garçon lambda gâche le potentiel de son chef-d’œuvre.
Les deux jeunes hommes n’avaient échangé aucun mot de plus. Le bicolore étaient parti, et ils ne s’étaient plus jamais parlé.
*
– Je n’ai pas réussi à te dire la vérité, je suis désolé Izuku. Je suis tellement désolé.
Plus de deux ans après, Shoto s’explique enfin et lâche tout ce qui lui pesait sur le cœur. Maintenant, c’est à lui de pleurer pour récupérer le reste de sentiment qu’il reste auprès de Midoriya.
– Shoto je- tu aurais dû m’en parler…ou- m’en informer du moins. Tu sais que j’aurais tout fait pour trouver une solution…
– Je sais, je suis désolé. Désolé Izuku…
Les sanglots les plongent dans un chagrin sans fond, dans une nostalgie qu’ils n’avaient jamais oubliée. Les larmes de Shoto signifie aussi qu’il s’est libéré de son père, de tous les problèmes qui trainaient avec. Il se sent libre, et parler de nouveau au vert lui fait un bien fou.
Un écart les distance toujours, mais leurs sentiments se rapprochent plus que tout. Izuku fait le premier pas vers lui en essayant de sécher ses larmes.
– Je suis désolé aussi Shoto. Je suis terriblement désolé, pour tout…
– Tu n’as rien fait…cesse de t’excuser…
Les deux continuent de fondre en larme, brisé par leur confidence et satisfait que leur réconciliations ait enfin lieu, après tant de scénarios imaginés. Après tant de temps.
– Je t’aime Izuku. Je n’ai jamais cessé de t’aimer, même quand je t’ai menti en te disant le contraire. Je t’aime.
Izuku fond dans ses bras. Leurs corps se rapprochent et leur cœur se collent l’un à l’autre, leurs odeurs se mélangent et le contact se refait enfin. Izuku se sent complet, tout comme Shoto. Ils avaient perdu leur moitié depuis bien longtemps, mais ce soir plus que tout, ils se rapprochent en tentant d’effacer le passé.
– Je t’aime aussi Shoto. Je t’aime depuis le début, je n’ai jamais réussi à t’oublier. Je t’aime tellement…
Leur étreinte se resserre, comme pour sentir leurs sentiments un peu plus.
Mais après tant d’attente à réaliser ce qu’ils imaginaient chaque jour, un câlin ne suffit pas. Dans une douceur hors norme, Shoto pose ses lèvres sur celle d’Izuku. Un contact tendre et rapide qui les appelle à continuer. Leurs visage s’éloignent une seconde, puis celle d’après leurs lèvres se happent de nouveau. Dans un contact beaucoup moins doux cette fois.
Shoto entoure la taille de son fantôme tandis que ce dernier le tire vers lui en nouant ses mains derrière son cou. Rapidement, les baisers se font pressants et chaud, une chaleur qui les étouffe agréablement. Ils semblent tous deux avoir oublié la fête et la musique qui continue de retentir.
- But the place was well-guarded
The guiltiness that started
Soon as the other part had stopped
D is for delightful -
Leurs lèvres n’ont pas le temps de se détacher qu’elles se retrouvent aussitôt, toujours plus impatientes, une liaison toujours plus exquise.
Le vampire cherche toujours plus de cette chaleur auprès de son homme, alors il le contraint à reculer de quelques pas jusqu’à rencontrer le meuble. Izuku prend appuie dessus toujours en pressant ses lèvres, en continuant de mélanger leurs souffles si chaud.
S’arrêter ne semble pas dans leur projet.
Mais derrière la porte, la fête continue. Et la musique se poursuit.
- And try and keep your trousers on. -
