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Depuis, le bicolore ne peut plus vivre la journée, il ne peut plus prendre le soleil, il ne peut plus sentir Izuku se serrer contre lui lorsqu’il a froid, il ne peut plus manger avec lui. Il ne peut plus rien faire, il est privé d’une vie qu’il avait tant attendue.
*
C’est vers quatre heure du matin que Izuku se réveille de son lourd sommeil. Lorsqu’il émerge, il ne se lève pas de suite, il reste allongé en fixant le plafond pendant un moment.
Finalement, il s'assit sur le rebord du matelas et massa tendrement la zone à la naissance de son cou qui le brûla de douleur. Chaque soir, Izuku donne son sang à son homme pour l’aider à survivre. Shoto a besoin de sang frais puisqu’il est un vampire depuis moins d’un an, les poches de sang qu’ils peuvent acheter en supermarché spécialisé ne l'aideront pas à tenir ne serait-ce qu’une nuit.
Si au début le bouclé était d’accord, à présent ce n’était plus le cas. Il était exténué, donner son sang, la douleur et le lourd sommeil qui l’accable par la suite. Il se sent toujours fatigué, et ce toute la journée. Sans parler de sa cicatrice qui ne se refermera sûrement jamais, son cou est marqué et il le sera toujours. Mais la douleur sera la même chaque soir, à tel point qu’il ne sait désormais plus baisser sa tête d’un côté. Son cou le brûle et lui fait mal sans arrêt.
De plus, leur vie n’est plus du tout la même. Il sait pertinemment que ce n’est en aucun cas leur faute, mais à cause de cet inconnu qui à transformé son petit-ami, Izuku ne le voit presque plus. Lorsqu’il se réveille, Shoto rentre pour faire sa nuit. Et lorsque Shoto se réveille, Izuku rentre pour faire sa nuit. Ils ne se voient que quelques minutes par jour, et c'est pesant.
Izuku se sent seul et abandonné, il sait que Shoto ressent la même chose mais qu’il ne dira jamais rien sans qu’il ait fait lui-même le premier pas.
Il souffle de désespoir et finit par se lever pour aller prendre une bonne douche, avant d’accueillir son petit ami qui ne devrait plus tarder.
Une fois fini, le bouclé s’assoit dans le canapé et sort son téléphone pour répondre à ses messages, et regarder quelques vidéos que ses amis lui ont envoyées.
Il y a quelque temps, chaque vidéo que Ochako lui envoyait le faisait rire, c’était toujours très drôle ou juste amusant et les partager à Shoto l’était encore plus. Mais à présent, Izuku ne trouvait plus cela drôle. Il s’ennuyait devant son téléphone. Souvent, il ne prenait même plus la peine de répondre à son amie, qui était au courant de leur situation.
Dans un sentiment de culpabilité, le vert lui envoya un message.
Je suis fatigué Ochako. Je n'arrive pas à vivre normalement.
4:38
Malgré l’heure très matinale, la brune répondit à la seconde.
T’es dispo quand ? Cette après-midi je
ne travaille pas.
4h38
Si tu veux j’ai une pause d’une heure
vers 13h30, on peut se voir.
4h39
Question idiote. Bien sûr que je veux !
On se retrouve au café !!
4h39
Izuku n’avait pas précisé à son petit ami qu’il avait une longue pause dans sa journée de travail, parce qu’il jugé non nécessaire de le faire. Si jamais il rentrait chez lui pendant cette pause, il serait seul. Parce que Shoto dort, et ne se réveille que très peu avant le soir. Son sommeil est si profond et lourd, qu’aucune coupure ne le dérange dans sa nuit.
Dans un sursaut, le bouclé entend finalement la porte d’entrée s’ouvrir.
*
Ochako attendait sagement son ami, un milkshake à la main. La porte s’ouvrit et lorsqu’elle tourna la tête, vit le bouclé un peu essoufflé.
– Tu n’es pas en retard détend toi !!!
– Je pensais, désolé.
La brune chasse ses excuses avec un signe de la main avant de se réinstaller sur sa chaise. Le plat qu’elle avait commandé pour lui arrive dans les mains du serveur, qui dépose l’assiette doucement sur la table avant de repartir.
– Bon. C’est quoi cette histoire là !?
– J’aurai vraiment aimé que ce soit simplement une histoire. Mais je suis épuisé, je ne peux plus continuer comme ça…
La brune, qui avait pris son ton de la rigolade, se détend automatiquement et reprend son air sérieux. Plus que sérieux. Elle sait que Izuku est fatigué, elle le sait très bien parce qu’il lui a dit et elle sait à quel point il déteste “se plaindre”. Elle le sait aussi parce que son visage est pâle, ses cernes sont très marquées et ses yeux sont à deux doigts de se fermer pour s’endormir.
– Tu lui en as parlé ?
– Non. Mais ça changerait quoi au juste ? Shoto ressens la même chose je le sais. On ne se voit que quelques minutes par jour, on n’a même pas le temps de se raconter notre journée !!!
–Ok, c’est extrêmement dérangeant ça.
– Lui en parler ne changera rien. On va encore se dire que le temps nous changera, qu’on s’y habituera un jour ou l’autre. Je déteste ça Ochako, je déteste…
Ça aussi, la brune le sait. Toute leur relation depuis des années s’est basé sur le temps fera les choses, ou encore tout s’arrangera un jour. Puis, le jour où tout semblait s’être arrangé, Shoto est devenu un vampire.
– Concernant tes douleurs, vous devriez essayer les poches de sang artificielles. J’ai entendu des jeunes vampire que ça faisait l’affaire ! Ça t’épuiseras déjà moins.
Le vert soupire en avalant une bouchée de sa nourriture.
– On a consulté divers médecins, et ils disent que Shoto n’a pas un métabolisme assez fort pour survivre seulement avec des poches de sang. Et…je me suis inscrit sur un forum…
– C’est ton truc les forums.
– Ouais, figure toi qu’un homme a perdu sa femme devenue vampire parce qu’elle se nourrissait seulement de poche artificielles. Son compagnon était incapable de donner son sang à cause d’une maladie. Elle est morte, une vampire est morte. Je refuse que Shoto meurt pour mon propre bien-être.
Son amie souffla. Elle ne pourrait pas faire changer d’avis l’homme en face de lui, têtu au possible. Et c’était compréhensible, elle ne pouvait pas imaginer Izuku sans Shoto. L’un comme l’autre s’étaient sauvés mutuellement, ça avait pris du temps mais ils étaient ensemble plus que jamais. Et Izuku était encore moins du genre à penser à lui-même avant de penser aux autres, encore plus lorsqu’il s’agissait là de son fiancé.
– Bon, j’ai peut être une solution. Mais c'était la dernière solution à laquelle je voulais te parler. Pour te dire, elle n’était même pas en bas de la liste, elle était pas DU TOUT sur la liste !!!
Le bouclé reporta toute son attention sur sa copine, qui pour une fois semblait être angoissée. Si la brune avait une solution qui n’était pas dans sa liste mentale, c’est que c’était vraiment en dernier des derniers recours. Comme une solution miracle dans une situation de mort imminente.
– J’ai cherché, Toga m’a un peu aidé j’avoue. Tu peux aller voir un spécialiste, il se trouve un peu loin d’ici mais c’est possible. Et il peut te transformer en fantôme.
– En fantôme ? C’est une blague ?
– Non. En te transformant en fantôme tu pourras te faire mordre sans douleurs, vivre aux côtés de Shoto la nuit et continuer ta vie à ses côtés !!
– Pourquoi je n’ai jamais eu connaissance de ÇA ?!
Elle se racle la gorge et prends une pause de quelques secondes en avalant le reste de sa boisson
– Parce que, c’est assez cher. Et les vivants ne pourront plus te voir.
Un blanc s’installa entre eux deux, seulement coupé par le bruit des autres clients dans le restaurant.
– Qu’est ce que ça veut dire…?
– Ça veut dire que les humains lambda ne pourront plus voir ta présence. Tu seras toujours dans leurs mémoire, mais c’est comme si tu étais mort, impossible à voir, tu ne pourras plus leur parler.
– Mais alors…
– Oui, ta mère ne te verra plus jamais.
– C’est hors de question !!!
– Je te l’ai dit, cette solution n’est pas sur la liste.
Izuku comprit pourquoi c’était complètement exclu de sa liste. Invisible, effacé du monde, comme s’il mourrait du jour au lendemain.
– Ça veut dire qu’on ne se verra plus Ochako !
– Si. On pourra continuer à se voir parce que je suis lié de sang avec Toga.
– Oh.
Elle sourit tendrement. Désormais, ce n’était plus de son ressort. Quoi que son ami déciderait, elle resterait toujours derrière lui pour le soutenir. Elle savait qu’il était près à tout pour être heureux auprès de Shoto, mais est ce qu’il avait imaginé une seule seconde que cela incluait des sacrifices tel que dire adieu à sa mère ?
*
Lorsque Izuku rentra de sa journée de travail, il jeta ses chaussures dans l’entrée avant de s’effondrer contre la douceur du canapé qu’il n’avait jamais autant trouvé moelleux et confortable. Ou peut-être bien que si, le jour où il a emménagé ici avec son homme.
En pensant à lui, ce dernier sortit de la salle de bain, torse nu, le cou entouré d’une serviette pour absorber l’eau dégoulinante de ses cheveux. Izuku n’essayait pas de se cacher, il mattait ouvertement son bicolore qui était toujours aussi magnifique, même si le contraste de sa peau très pâle lui rappelait la situation actuelle.
Et de nouveau, la routine se mettait en place : manger, parler peu, se laver. Puis…
– Demain on ne se verra sûrement pas chat’, je dois finir mon dossier absolument.
– D’accord. Tu fais attention à toi alors, et ne t’épuise pas trop.
…donner son sang avant de s’écrouler de sommeil.
Lorsque Izuku se réveille, Shoto n’est pas encore rentré et aujourd’hui il ne le verra pas puisqu’il doit partir plus tôt. Hier soir, il n’avait pas vraiment menti à propos de son dossier à rendre, ça allait sûrement lui prendre du temps, mais pas autant jusqu’à faire des heures en plus.
*
Finalement, le bouclé était sorti du travail au même horaire que d’habitude. Il prit sa voiture et suivit l’adresse indiqué sur son GPS tout en mentionnant son départ à sa meilleure amie.
Ochako avait donné l’adresse à ce fameux médecin, qui pouvait sans doute résoudre les problèmes des deux garçons.
Une fois arrivé devant le grand bâtiment, le vert prit quelques secondes de répit tout en continuant de penser massivement. Honnêtement, il ne savait toujours pas si c’était une bonne idée, il pensait encore à sa mère, à son homme qui devait sans doute dormir sans savoir que son fiancé lui avait ouvertement menti.
Cependant, cette visite n’avait rien de définitif. Il allait simplement se renseigner, rien de bien méchant.
Alors il descendit de la voiture et poussa la porte du bâtiment dans une sonnerie aussi douce que angoissante. Il prit soin de s'asseoir sur les sièges alignés contre le mur, juste en face d’une porte en chêne sombre.
C’est seulement au bout d’une vingtaine de minute que la porte s’ouvrit, un homme salua et s’en alla en remerciant ce qui semblait être le médecin en question. Assez stressé, Izuku resserra l’emprise du tissu entre ses doigts tout en coupant son souffle lorsqu’il l’entendît lui parler.
– Monsieur ?
– Oh, je- oui. Je n’ai pas pris rendez-vous désolé. Et bonjour !!
– Pas de souci. Entrez.
Le bouclé entra dans la pièce d’un pas lourd. Quand le médecin l’invita à s'asseoir, il le fit sans un mot toujours dans un stresse immense qu’il n’arrivait pas à dissimuler.
– Alors Monsieur…?
– Midoriya. Enchanté !
– Enchanté. Qu’est ce qui vous amène vers moi aujourd’hui Monsieur Midoriya ?
– Hum, et bien, une amie m’a donné votre contact.
– Pour quelle raison exactement ?
Tout en posant les questions, le grand homme à la barbe brune prenait des notes sur son carnet lorsqu’il entendait la réponse. La discussion se fit, puis Izuku révéla les raisons de sa venue. Il raconta sa vie amoureuse dans les grandes lignes, puis l’incident qui a bouleversé son monde, avant de narrer son quotidien pesant et angoissant de tous les jours.
– Je vois. Votre amie vous a donc parlé du contrat fantôme ?
– Oui. Je ne connais pas encore ma décision, mais j’aimerai avoir des renseignements.
C’est ainsi que le professionnel lui révèle les informations touchant à ce fameux contrat. Si Izuku décide de passer par le contrat fantôme alors il sera lié à son homme toute sa vie, jusqu’à sa disparition. Son temps de vie sera longuement allongé, peu de gens pourront voir son existence mais la technologie qui avance peu à peu devrait l’aider à revoir ses proches d’ici quelques années si tout se passe bien. Shoto n’aura jamais besoin de se nourrir avec du sang artificiel.
– Si vous acceptez cela, en étant un fantôme vous pourrez conserver votre aspect humain, ou avoir un aspect un peu plus “fantomatique”, disons.
– Qu’est-ce que vous voulez dire par là ?
– Et bien, cet aspect vous donne un teint très pâle, on peut voir à travers vous parce que vous êtes transparents, et vous pouvez voltiger au-dessus du sol. Ces choses là prennent du temps à se contrôler, mais vous y arriverez très bien. Ça reste une question d’habitude.
Le bouclé continue de l’écouter. Du moins il essaye, mais il perd rapidement le fil. Tout ce qu’il retient c’est que Shoto ira mieux et qu’il n’aura pas besoin de prendre du faux sang pour survivre.
*
Shoto avait compris depuis quelques jours que quelque chose clochait dans la comportement de Izuku. Mais avec des horaires qui se croisent sans arrêt, impossible de lui parler. Surtout quand son petit-ami l’évite.
Il avait tout fait pour essayer de lui parler, mais à chaque fois c’était un échec. Mais aujourd’hui, il était sûr de lui parler, il allait enfin savoir ce qui clochait. Ce soir, le bicolore avait prévu de se réveiller bien plus tôt qu’à son habitude, quitte à sacrifier énormément d’énergie, lorsque son petit-ami rentrera, il pourra l’accueillir, et lui parler librement.
Le soleil commençait peu à peu à se lever, Todoroki poussa la porte d’entrée sans discrétion, pensant être seul. Mais lorsqu'il se retourna après avoir refermé la porte, Izuku était là. Assis devant la table de la salle à manger, son visage était sérieux, trop sérieux. Et ce silence pesant avait le don d’angoisser Shoto.
– Iz-
– Viens t'asseoir s’il te plaît Shoto.
Ça l'angoissait. A telle point qu’il lâcha son sac, ses clés et ne prit même pas le temps de retirer ses chaussures ni son blouson. Il alla directement s'asseoir sur une chaise, en face de son homme.
Les traits tirés, le bord de ses lèvres droites retroussé, la jambe légèrement tremblante…le bicolore reconnaît directement l’immense stress émanant de son homme.
Pourtant, même assis, le vert ne parle pas. Un long et lourd silence s’étend, presque à l’infini. Mais le plus grand décide de le rompre, il se sent perdu.
– Izuku, il se passe quelque chose ?
Mais aucune réponse. Pendant de longues secondes, le bicolore prend le temps de détailler le visage, les cheveux, les mains, les vêtements de son partenaire. Il a le temps de fixer et remarquer les moindre détails sur lui, un temps infini que Izuku ne brise pas pour s’expliquer.
– Je ne sais pas comment te le dire Shoto.
Le bouclé laisse finalement tomber le masque sérieux, ses yeux brillent et ses lèvres tremblent. Pas une seule fois son regard s’attarde sur celui de son homme, pas une seule fois les prunelles émeraude croisent leurs âmes-sœurs heterochrome.
Alors Shoto se met à penser au pire. Son esprit divague et son cœur se met à lui faire mal. Parce qu’à cet instant il est sûr que son fiancé va rompre avec lui.
Après tout, il ne devrait pas être choqué. Ce scénario s’est joué d’innombrable fois dans son esprit. Il est un vampire maintenant, ils n’ont plus le temps pour eux et c’est à peine s’ils se croisent de toute la journée. Izuku lui manque, encore plus lorsqu’il a besoin d’entendre ses mots doux qui ont le don de chasser ses mauvaises pensées et ses pires scénarios.
– Je suis désolé Izuku, je suis désolé d’être un vampire c’est normal que je te dég-
– NON !!! Ce n’est pas du tout ça Shoto. Je ne veux pas rompre avec toi, tu es fou. Bien au contraire.
Le plus jeune lâche un rire qui semble nerveux, il souffle un bon coup et relève son visage de sorte à ce que son regard croise celui de son homme. Et enfin, Shoto a l’impression de respirer.
– Je…je me suis renseigné pour devenir un fantôme.
Il marque une pause.
– Tu vas sans doute être en colère parce que je ne t’en ai pas parlé, mais je dois dire qu’on ne s’est pas vraiment croisé et encore moins eu le temps de parler calmement. Je me suis renseigné, et j’ai été voir un spécialiste pour ça.
Izuku continue son monologue, le regard fixé que son homme qui semble perdu. Son visage semble juste surpris, voire choqué. Mais ce n’était pas vraiment le genre de réaction à laquelle le vert s’attendait.
– Ce n’est que ça Shoto. On sera à deux pour toujours, et tu n’auras plus à supporter ce fardeaux seul. Je ne veux pas que notre routine continue telle qu’elle l’est maintenant…
Il s’arrête, voulant laisser parler son fiancé. Mais ce dernier ne daigne pas parler, pas un seul mot ne sort de sa bouche. Totalement outré, ou choqué, peut être même subjugué. Même lui, il ne sait pas vraiment.
Il savait très bien que cette routine était invivable sur le long terme, autant pour lui que pour Izuku. Mais il ne s’attendait certainement pas à ce qu’il prenne des mesures si drastiques.
– Tu t’entends parler ?!
Et Shoto se déteste à nouveau. Il ne sait pas réagir, son corps et ses sens s’embrouille alors que la colère noue son ventre dans une douleur immense. Il imagine Izuku disparaître aux yeux du monde, il l’imagine se sentir obligé de faire ça pour quelqu’un d’autre que lui-même. Et ça, ça le rend malade.
Le bicolore n’a jamais voulu être un poids pour les gens, il a toujours été traité comme un moins que rien, comme un poids difficile à traîner et qu’on laisse finalement à l’abandon quelque part dans un coin. Mais lorsqu’il a rencontré Izuku tous ces sentiments avaient disparu. Il se sentait aimé et respecté, compris et soutenu. Le bouclé lui apportait tout ce qu’il avait désiré toute sa vie.
Alors l’imaginer se plier à une décision rien que pour sa personne, ça l’insupporte.
– Bordel ! Tu t’entends parler Izuku ?!
Dans un élan brutal, Shoto se relève de sa chaise, faisant sursauter son homme. Il essaye de respirer comme il l’a toujours appris pour calmer cette colère, mais rien n’y fait. Ses pensées s'accumulent et l'étouffent intérieurement.
– IZUKU TU NE PEUX PAS FAIRE ÇA ! Je sais que c’est difficile pour toi d’être avec moi, mais on va trouver un compromis !!! Ça ne sert à rien de devenir mort aux yeux des gens, tu ne peux pas abandonner ta vie pour moi ! Je refuse que tu fasses ça ! JE REFUSE !
La colère fait monter le ton, et les mots jaillissent de sa bouche sans qu’il ne puisse les arrêter. Son corps est tendu et ses dents serrées, il tourne en rond pour tenter d’atténuer toutes ses émotions.
– PUTAIN.
– Shoto ! Je t’en supplie calme toi !
Ce dernier se retourna vers son amant, les yeux remplis de larmes. Il se calma aussitôt, le cœur lourd d’avoir fait peur à son homme. Izuku avait peur et il le savait, mais pas une seule fois ça n’avait traversé son esprit. Izuku détestait crier, il détestait les disputes, il détestait la colère que les gens avaient. Il en avait peur. Il en était terrifié.
– D-..je suis désolé Izuku ! Excuse moi !
Comme pour se rassurer, Shoto le prit dans ses bras et caressa tendrement ses cheveux. Le bouclé se calma tout doucement. Ses jambes se firent moins tremblantes, ses yeux ravalèrent les quelques larmes qui menaçaient de tomber.
– Je le fais pour moi. Tout ça, c’est pour moi que je le fais… Je ne peux plus profiter de rien, je me sens seul et abandonné, je ne peux pas te parler parce qu’on ne se croise jamais. Et je n’en peux plus de souffrir lorsque tu me mords. Je n’en peux plus Shoto…
Ses yeux restaient encore brillants mais le plus grand comprenait qu’il avait tout faux. Izuku avait pris cette décision en toutes connaissances de cause, il avait pris cette décision parce qu’il est tout aussi fatigué de tout ce bazarre, voire plus que quiconque. Son corps le fait souffrir autant que son esprit.
– Je me laisse mordre parce que c’est le seul moyen pour que tu survives, mais je déteste ça. C’est une douleur qui commence à m’handicaper. Je suis épuisé Shoto…
Ce dernier resserra son étreinte autour du corps du vert.
– Désolé de m’être emporté chaton.
– C’est rien, ne t’en fais pas. Allons voir le médecin à deux, s’il te plaît.
– Bien sûr. Allons-y ensemble.
Le vert décolla son visage du corps robuste sur lequel il s’appuyait légèrement et desserra son étreinte par la même occasion.
Shoto fit de même, leurs nez se frôlèrent tendrement.
– Je t’aime Izuku.
– Moi aussi chat’, je t’aime fort.
Le plus grand pressa ses lèvres froides contre les lips chaudes du bouclé qui savoura ce baiser si tendre et doux, comme la promesse d’un avenir meilleur.
Même si Izuku devenait un fantôme, il le savait très bien ; les progrès technologiques et humains continuaient sans cesse de croître. D’ici quelques temps, sa mère le reverra, et tous ses amis pourront de nouveau le voir. Pendant ce temps-là, il pourra se retrouver avec son homme, savourer la vie à deux comme ils l’ont toujours rêvé.
