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Summary:

Katsuki Bakugo sans aucun doute n’aurait pas, et ne sera jamais, ami avec le destin version humaine. Mais Midoriya Izuku, lui, si. Deku a toujours eu foi en les mauvaises personnes de toute façon.

Notes:

(See the end of the work for notes.)

Chapter 1: Prologue

Chapter Text

Wildflower, Billie Eilish.

 


Dix ans, pile aujourd’hui. 

 

   Katsuki Bakugo, héros numéro un du Japon, pose aussi doucement qu’il lui est possible la main sur son téléphone portable et coupe le son horripilant qu’il a décidé, comme un con, de mettre en sonnerie. Sans réfléchir, il se laisse aussitôt retomber contre son matelas, sa tête s’enfonçant dans ses nombreux oreillers. 

Le soleil commence déjà son ascension dans le ciel et lui brûle les rétines lorsqu’il pose son regard dessus. Un jour, il pensera à tirer les rideaux de sa baie vitrée pour ne pas être emmerdé par cet astre trop lumineux. Ce soir, il essaiera. 

Finalement, après quelques minutes à laisser ses yeux se promener sur le paysage qui s’étend au-delà de ses vitres, le jeune homme trouve enfin le courage de s’étirer comme une étoile de mer dans son lit. De toute façon, il va bien falloir qu’il se mette en mouvement, sous peine d’arriver encore en retard. Et, même s’il est le héros le plus prisé du moment, être en retard est contraire à l’image qu’il cherche à renvoyer, est contradictoire aux principes qu’il s’impose, qu’il s’emmerde à mettre en lumière. 

Son corps atteint la salle de bain, trouve la force de se glisser dans la douche. L’eau glacée achève de le réveiller pour de bon, mais elle est bien vite remplacée par de l’eau bouillante, calmant les battements effrénés de son cœur. Pendant que sa tête rejoint le carrelage noir, sa main tente d’attraper le pommeau de douche pour régler son inclinaison. 

 

Dix ans, pile aujourd’hui. 

 

   Au fond de lui, il le sent. Aujourd’hui, quelque chose de différent rythme déjà cette journée. Katsuki ne peut pas encore affirmer quoi, mais un truc lui remue d’une manière désagréable le cœur et son estomac est noué, douloureusement. Une part de lui a envie d’espérer qu’il se trompe, qu’il s’agit là d’une journée presque banale et que la date lui donne simplement la nausée. Mais une autre, plus vicieuse, plus tordue s’amuse à lui chuchoter que cette situation est cocasse. 

Le destin. Certains le voient comme une puissance qui fixerait de façon irrévocable le cours des événements, l’ensemble des moments qui composent la vie d’un être humain. Quelqu’un ou quelque chose qui tirerait les ficelles de la vie de chaque être. Cette chose qui, silencieusement, s’évertue à tout orchestrer minutieusement pour maintenir sa douleur à flot. Katsuki lui, l’emmerde avec vulgarité, avec grâce, avec haine. 

S’il devait prendre le temps de le personnifier, le jeune homme lui donnerait l’apparence d’une femme, extravagante, trop tape à l’œil, trop lumineuse, pour lui et pour autrui. Une voix criarde, qui porterait pour se faire entendre, pour être le centre de l’attention. De long cheveux, noir qui rappelleraient une partie de son âme. Un caractère bien trempé et une langue pendue, qui provoquerait sans cesse les pauvres mortels qu’ils sont parce que que pouvez-vous bien faire contre moi, moi qui supervise tout, moi qui vous contrôle et vous façonne ? Et puis surtout, l’arme maîtresse, un sourire solaire, presque chaleureux, qui lui prendrait la moitié du visage, qui vous ferait oublier la manipulatrice qu’elle est, les horreurs qu’elle inflige, la peine qu’elle fait subir. 

Katsuki Bakugo sans aucun doute n’aurait pas, et ne sera jamais, ami avec le destin version humaine. Mais Midoriya Izuku, lui, si. 

 

Dix ans, pile aujourd’hui. 

 

   L’eau cesse de couler et il tâtonne pour attraper une serviette, dans laquelle il s’empresse de s’enrouler. Fixant son reflet dans le miroir de son lavabo, il esquisse un sourire tordu. Deku a toujours eu foi en les mauvaises personnes de toute façon.