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La fille du DRACO CM
La fille du DRACO CM
Le murmure des voix dans le bureau s’atténua progressivement jusqu’à ce que le silence soit complet. Le silence s’était répandu comme une vague depuis la porte. Je ne levai pas les yeux ; je n’en avais pas besoin. C’était vendredi, la fin de ma troisième semaine à mon nouveau poste — mon tout premier travail — et j’étais déjà habituée à l’agitation silencieuse que mes amis provoquaient simplement en entrant dans le département dans lequel je travaillais.
« C’est l’heure du dîner, Hermione », lança Ron depuis l’autre côté de la pièce. « Allez, pose cette plume et viens prendre l’air. Il fait beau. On peut pique-niquer dans le parc. »
Discuter était complètement inutile. Le tout premier jour, Harry et Ron étaient arrivés dans mon bureau et m’avaient traînée dehors pour dîner. Ce jour-là, leur arrivée avait laissé le bureau bouche bée d’étonnement et d’admiration. Harry avait évidemment détesté ça. Malgré cela, l’un, l’autre ou les deux m’accompagnaient pour le dîner chaque jour depuis. On pourrait penser que les autres jeunes employés du Département pour la Régulation Accrue et le Contrôle Optimal des Créatures Magiques s’y seraient habitués, mais ce n’était visiblement pas le cas.
Le D.R.A.C.O.C.M (ou « DRACO CM », comme Ron a insisté pour l’appeler depuis qu’il a vu l’abréviation sur mes dossiers) était un petit département. Je travaillais dans la division des Êtres, une section à peine plus grande que le Bureau des Aurors. D’après mes premières impressions, nous avions plus de personnel et moins de travail que les Aurors.
Je commençais en bas de l’échelle, ou presque. La recommandation du Ministre avait été que, suite à mes résultats aux ASPICs (huit mentions Optimales), je commence en tant que Responsable Administrative Séniore. Cependant, ce conseil n’avait pas été accepté par le Responsable de la Division des Êtres, Magnus Hodges. Il avait voulu que je commence en tant qu’Assistante Administrative, un poste en bas de l’échelle habituellement rempli par des personnes n’ayant que peu (voir même aucune) BUSE. Ils avaient cherché un compromis et je m’étais retrouvée à commencer ma carrière en tant que Responsable Administrative. Je devrais mériter une promotion. Cela s’annonçait compliqué vu la détermination de Ron et Harry à m’empêcher de travailler pendant mes pauses de midi.
J’étais ravie d’avoir l’occasion de retrouver mes amis pour le dîner. Nous avions cette habitude depuis des années (à l’exception de l’année dernière, quand j’étais retournée à l’école). Ils m’avaient tellement manqué l’an dernier. Pouvoir voir Ron presque tous les midis était merveilleux, même si cela empiétait sur mon travail.
Il y avait tant à faire, mais Hodges ne voulait rien entendre de mes suggestions de réorganisation ou sur la législation sur les elfes de maison.
« Vous devez apprendre comment les choses fonctionnent au Ministère avant de proposer des changements », m’avait-il dit à la fin de ma première semaine. Hodges refusait même d’aborder la question de la reclassification des loups-garous. « Cette question a déjà été abordée bien trop souvent, et de toute façon, cela relève du Département des Créatures, pas de nous », avait-il déclaré.
J’avais été voir la cheffe du Département des Créatures le lundi suivant. Elle avait bien évidement affirmé que c’était notre problème.
Harry m’avait suggéré d’écrire les rapports malgré tout. C’est ce qu’il fait au Bureau des Aurors ; il rédige ses propositions et les envoie à Robards, le chef du Bureau des Aurors, avec le Ministre en copie. Cela agace Chef Robards, mais cela fonctionne. Mais de son côté, Hodges m’accablait de travail, et comme Harry et Ron me traînaient dîner dehors tous les jours et que Ron refusait que je reste travailler tard, il m’était difficile de trouver le temps d’écrire quoi que ce soit d’autre que ce que Hodges voulait. J’envisageai de discuter avec les garçons (je me demandais si, dans dix ans encore, je les appellerais toujours les garçons). Si j’avais ne serait-ce qu’un jour par semaine pour travailler sur l’heure de midi et rattraper mon retard, ce serait déjà utile. Mais je savais que je ne gagnerais jamais cette discussion avec Ron, alors je pris mon sac et allai dîner avec mon petit ami et mon meilleur ami.
À mon retour au bureau après le dîner, un dossier supplémentaire et une enveloppe sans adresse m’attendaient sur mon bureau. Hodges m’avait encore refilé de la paperasse supplémentaire. Je n’avais aucun doute sur le fait qu’il voulait m’occuper suffisamment pour que je ne m’intéresse à rien d’autre. L’une des autres employées, Helen, m’avait avertie que Hodges ne m’aimait pas.
« Il pense que tu veux changer les choses », m’avait-elle confié.
« Il a raison », lui avais-je répondu.
« La seule façon de réussir à faire bouger quoi que ce soit ici, serait de faire sauter tout le bureau et la moitié du personnel », m’avait-elle dit. « Le plus simple, c’est encore de faire ton travail et de garder le silence. »
Je n’en avais rien fait, bien sûr. Hier, j’avais rédigé une courte note interne demandant à Hodges de m’autoriser à consacrer du temps à la rédaction d’un rapport complet sur les changements législatifs nécessaires pour protéger les droits et libertés de nos semblables doués de conscience. Il avait selon toute vraisemblance décidé de plutôt me donner encore davantage de travail.
Le dossier comprenait une note de M. Hodges me demandant de réexaminer une correspondance. Il s’agissait d’un ancien dossier de plaintes concernant les odeurs émanant d’un refuge pour trolls approuvé par le Ministère. La plainte, qui faisait état « d’odeurs nauséabondes », venait d’un sorcier vivant à plus de quinze kilomètres de là. Je lus les documents et compris rapidement que la plainte datait de cinq ans, qu’elle avait été examinée, rejetée, puis avait suivi toutes les procédures d’appel ministérielles possibles. Et voilà que, apparemment, on attendait de moi que je reprenne aujourd’hui toute l’enquête.
Ce réexamen était une perte de temps totale. Il n’y avait absolument aucune raison de rouvrir ce dossier. Je posai le dossier, ouvrit l’enveloppe et regardai à l’intérieur. Elle ne contenait qu’une simple carte de visite. Je n’arrivais pas à la lire, alors je la fis glisser dans ma main. À l’instant où elle toucha ma paume, une lumière bleue jaillit et je me sentis transportée par Portoloin. J’essayai d’attraper la carte pour inverser le sort, mais j’étais trop lente. Le sort me tirait déjà à travers l’espace vers une destination inconnue. Heureusement, je garde toujours ma baguette dans ma poche : je la saisis et me préparai à atterrir dans un environnement potentiellement hostile.
Ils furent sur moi en quelques secondes.
Heureusement (en rétrospective), le premier à m’atteindre m’envoya un coup de pied avec un membre difforme et poilu. Je parvins à amortir partiellement le choc. Il me fractura quelques côtes, mais me projeta également hors de la mêlée de créatures enragées. Elles étaient rapides, bien plus rapides que je ce à quoi je m’attendais, et bien que mon sortilège de feu les ralentît, il ne les arrêta pas.
J’essayai d’ignorer la douleur de mes côtes fêlées et me concentrai sur ma survie, ce qui n’était pas chose aisée. Ma respiration était laborieuse et saccadée, et je n’avais que quelques secondes pour m’échapper. Je fis apparaître deux murs de feu, l’un à l’intérieur de l’autre. Après ça, je Transfigurai un rocher plat en une table d’acier que j’agrandis ensuite. Je fixai alors la table au sol à l’aide d’un sortilège d’adhésion permanente. À ce moment-là, elles avaient déjà traversé mon second mur de feu, et je fus forcée d’en conjurer un troisième dans la précipitation. Cela les ralentit un peu. Je m’assis sur la table carrée de six mètres de côté et en allongeai les quatre pieds d’acier massif jusqu’à atteindre une hauteur de neuf mètres. Juste à temps. Elles avaient franchi mon troisième mur de feu et martelaient à présent les pieds de mon refuge.
Quatre heures plus tard, j’avais soigné mes blessures et nettoyé mes vêtements. J’étais en sécurité, à l’abri, et prête à partir. Le seul problème était : comment ?
Je savais exactement où je me trouvais. J’étais sur une île Incartable, protégée en outre par un Sortilège de Fidelitas placé sous contrôle du Ministère. L’endroit tout entier était également couvert par un enchantement anti-Transplanage installé par le Ministère. Même si le professeur Dumbledore donnait l’impression que la création de Portoloins était chose aisée, il n’en est rien. Et dès l’instant où j’avais compris où j’étais, j’avais su que je ne pourrais de toute façon pas créer un Portoloin pour m’échapper.
Le Bureau des Portoloins, à la demande de mon supérieur, avait apposé un sortilège de prévention des Portoloins sur cet endroit à peine une semaine plus tôt. Cela avait été accompli au prix d’un effort et d’un coût considérables, « afin de prévenir toute fuite accidentelle de créatures dangereuses ». Cela, alors qu’aucune créature ne s’était jamais échappée de cette île. Magnus Hodges avait rendu toute évasion impossible. J’étais piégée.
Je baissai les yeux vers les bêtes grondantes plus bas. D’immenses monstres velus en forme d’étoiles de mer allaient et venaient frénétiquement en levant vers moi des regards avides. Elles avaient tenté, sans succès, de grimper jusqu’à la plateforme que j’avais conjurée. J’avais essayé des dizaines de sorts pour les éloigner, mais sans succès. La plupart des sorts ne faisaient que ricocher sur elles.
Je ne pouvais pas rester ici indéfiniment. Je finirais par mourir de faim. Quelque chose semblait également bloquer mon Patronus-messager. Qui que ce fût qui m’avait piégée ici, son travail était de bonne qualité, et il ou elle devait probablement déjà me penser morte.
Ron et Harry tenteraient de me retrouver. J’en étais certaine. Mais comment ? Je m’assis sur la large plateforme plate que j’avais créée et éclatai en sanglots de frustration. J’aurais tant voulu que Ron soit là ; au moins pour me réconforter. Je me demandai s’il savait que j’avais disparu et, si oui, ce qu’il faisait. Le Portoloin devait être non autorisé, donc le Bureau des Portoloins l’aurait détecté et aurait envoyé quelqu’un enquêter, mais il serait impossible d’en détecter la destination, puisque l’île était protégée par le Sortilège de Fidelitas. J’essuyai mes larmes et tentai de me reconcentrer.
« Oh, Ron, que devrais-je faire ? » me demandai-je à haute voix, simplement pour entendre autre chose que les grognements et les râles des créatures en contrebas. Ron ne me répondit pas, bien sûr.
Pas tout de suite, en tout cas ; il lui fallut presque une minute pour apparaître dans un éclat de lumière bleue.
« Ce n’est pas trop tôt ! » lança-t-il d’un ton grognon tandis que je me relevais en titubant avant courir me jeter dans ses bras. « Je commençais vraiment à m’inquiéter pour toi, Herm… mmm… »
Je l’embrassai, et mon prénom se transforma en un gémissement nasal de plaisir.
« Mais comment as-tu fait pour me retrouver ? » demandai-je alors qu’il me serrait contre lui. Ses longs bras m’enveloppèrent et s’enroulèrent autour de moi. Je m’étais accrochée à lui, moi aussi, les bras autour de son torse et mes mains posées dans son dos, me blottissant contre sa poitrine. Je me nichai tout contre lui pour entendre le battement réconfortant de son cœur à travers sa chemise. Il était toujours là quand j’avais besoin de lui.
« Grâce au Déluminateur, évidemment ! Ça fait depuis ta disparition que j’attends que tu prononces mon nom. Je commençais vraiment à m’inquiéter ; j’ai cru que tu pouvais être… » Il s’interrompit, incapable de prononcer le mot. Je sentis qu’il tremblait ; je réalisai qu’il avait été profondément inquiet pour moi.
Le Déluminateur ! Bien sûr ! J’aurais dû m’en souvenir, et réaliser qu’il fonctionnerait parce que nous avions été séparés.
« Enfin bref, où est-ce qu’on est, et pourquoi est-ce que tu es encore là ? » demanda-t-il.
« Nous sommes sur l’île de Drear », lui dis-je en indiquant le bord de la plateforme.
« Wow, des Quintapèdes ! Cool ! » s’exclama Ron. « J’ai toujours cru que c’était une légende. Mais… elles sont censées être super dangereuses. Comment t’es-tu échappée ? »
« Le Portoloin m’a emmenée en plein cœur de leur nid, et la plupart de mes sorts avaient l’air de ricocher sur elles. Elles sont rapides et féroces, mais j’ai… j’ai réussi à leur échapper. Je les ai tenues à distance et j’ai conjuré cette plateforme comme refuge. Elles ne peuvent pas grimper. Elles sont constituées de cinq pieds massifs et d’une bouche, c’est à peu près tout. Je suis ici depuis ce moment-là », lui expliquai-je.
« Je suis étonné que tu ne les aies pas déjà re-transfigurées en êtres humains, Hermione », plaisanta-t-il.
« J’ai essayé. Il m’a fallu deux heures pour Transfigurer la plus petite, parce qu’elles ne voulaient vraiment pas être changées », avouai-je en frissonnant. « Mais j’ai annulé la Transfiguration aussitôt. »
« Pourquoi ? »
« Tu te souviens de ce que Harry nous avait dit à propos des Gaunt, à propos de… de leur apparence… consanguine, dégénérée ? Eh bien, ceux-là se sont… »
« … reproduits entre eux sur cette île depuis au moins deux siècles », termina Ron à ma place. Il frissonna. Je me contentai d’acquiescer tout en le serrant dans mes bras.
« Je t’avais bien dit que tu aurais dû rejoindre le Bureau des Aurors, Hermione. Travailler pour une division qui s’appelle Draco MC, c’est complètement absurde et dangereux. Notre sécurité est bien meilleure que la leur. » Il me fit un clin d’œil en souriant.
« En parlant de Draco… ces MacBoons, ils étaient encore plus moches et stupides que Malefoy ? » demanda-t-il avec un air malicieux.
Je souris et hochai la tête. « Ce ne sont plus vraiment des humains, Ron, pas après tous ces siècles. »
« Au moins, les Weasley ne finiront jamais comme ça : des Sang-Purs dégénérés et consanguins ! On dirait bien que Percy sera le seul à maintenir la lignée Weasley “pure” », observa Ron.
« Tu veux qu’on s’entraîne ? » ajouta-t-il avec espoir.
« Ron, on est sur une plateforme magique et entourés de monstres dangereux. Ce n’est ni le moment ni l’endroit. Il faut qu’on planifie notre fuite et qu’on découvre qui m’a piégée ici. »
« C’est déjà fait. C’est ton chef de section, Hodges. Il ne supportait pas l’idée d’avoir une… » Il hésita.
« Sale Sang-de-Bourbe ? » suggérai-je.
« … travaillant pour lui, » compléta Ron. « C’est ce qu’il a dit — pas moi — mais oui. C’est pour ça qu’il a résisté quand le Ministre a suggéré de te confier un poste plus élevé. Il t’a donné des tâches absurdes. Une enquête avait été menée sur lui après la Bataille, mais il n’avait pas participé aux purges anti nés-Moldus d’Ombrage. Il semble qu’il n’en ait pas eu besoin : il a toujours gardé sa division exclusivement Sang-Pur et personne ne s’était jamais donné la peine de vérifier. »
« Comment as-tu découvert tout ça ? » demandai-je. Il me relâcha enfin de son étreinte.
« C’était l’idée de Harry. Tu savais que ces petites lignes-là », dit-il en me lâchant pour montrer du doigt le bout de ses doigts, « étaient différentes chez chaque personne dans le monde ? » Il avait l’air sincèrement émerveillé d’avoir appris ça.
« Les empreintes digitales », lui dis-je. « Tout le monde sait ça. »
« Harry le savait, mais c’était le seul. Les Moldus connaissent des trucs vraiment bizarres, n’est-ce pas ? Bref, Harry a fait quelque chose avec cette enveloppe vide sur ton bureau et a vérifié les doigts de tout le monde dans ton service. Il a prouvé que Hodges était le seul à l’avoir touchée, en dehors de toi. On a pris tes empreintes-de-doigts sur cette photo de vacances de nous que tu as sur ton bureau », ajouta-t-il. Un sourire se dessina sur ses lèvres.
« On a aussi trouvé une empreinte de lèvres dessus », dit-il avec un air satisfait.
« Pourquoi n’avez-vous pas utilisé la carte-Portoloin pour me retrouver ? » demandai-je, en tentant d’ignorer son sourire suffisant.
« Hodges l’avait fait disparaître. L’une des autres employées, une petite fille ronde… Helen, je crois qu’elle s’appelait… me l’a dit après qu’on l’a arrêté », répondit-il.
« Tu devrais peut-être comparer ses lèvres à la photo sur mon bureau », dis-je. « Je crois qu’elle a un faible pour toi. »
Il rit et secoua la tête. « Bien essayé, mais je ne te crois pas. Il y avait du rouge à lèvres, et c’était ta couleur. »
Ron devient observateur et c’est inquiétant. « Où est Hodges, maintenant ? » demandai-je, changeant de sujet.
« Il est dans une salle d’interrogatoire du Bureau des Aurors en train de se faire interroger par Harry et Chef des Aurors Robards. J’aurais voulu mener l’interrogatoire, mais Harry n’a pas voulu », ajouta Ron, un grognement rancunier dans la voix.
En voyant la colère violente dans ses magnifiques yeux bleus, je compris pourquoi. Harry pouvait se détacher émotionnellement… sauf évidement si Ginny était concernée. Ron, lui, aurait fait quelque chose de stupide, de désespéré.
« Quand j’ai entendu que tu m’appelais, je suis parti immédiatement. Et ce crétin ne leur avait toujours pas dit où il t’avait envoyée », conclut-il.
« J’espère qu’ils vont lui faire cracher le morceau vite, Ron. Sinon, on sera tous les deux coincés ici », dis-je. Il se contenta de sourire.
« Non. Pourquoi tu penses que Harry n’est pas venu avec moi ? » Ron sortit sa montre de sa poche et consulta l’heure. « Ça devrait être maintenant », dit-il.
« Ron, j’espère que tu l’as retrouvée », dit la voix de Harry depuis la poche de Ron, presque aussitôt qu’il eut fini de parler. Ron me fit un clin d’œil, sortit le Déluminateur et cliqua dessus. Je regardai la sphère de lumière bleue qui flottait devant nous.
« C’est génial, Ron ! » m’écriai-je.
« J’ai mes moments, tu sais », répondit-il d’un ton prétentieux. Il est insupportablement suffisant quand il a raison.
« Mais les Portoloins ne fonctionnent pas, j’ai essayé. Le Bureau des Portoloins a rendu cette île imperméable aux Portoloins… parce que Hodges le leur a demandé », expliquai-je.
« Sale ordure », trancha Ron. « Mais tu oublies un détail. Ce n’est pas un Portoloin, pas exactement. C’est une spécialité de Dumbledore qui agit un peu comme un Portoloin. On va voir tout de suite qui est le plus malin : le Bureau des Portoloins ou Dumbledore. Moi, je parie sur Dumbledore. »
« Tu pourras me remercier comme il se doit quand on sera rentrés. Ah, et Harry veut qu’on parle de cette carte-Portoloin que Hodges a utilisée sur toi. On se demandait si on pourrait adapter la magie du Déluminateur à nos cartes d’identité d’Auror pour créer une sorte de système de Portocartes permettant d’envoyer des dizaines d’Aurors au même endroit… une espèce d’embuscade instantanée. » Il baissa les yeux vers moi avec espoir.
« Tu nous aideras, hein ? » demanda-t-il.
« Bien sûr, mais on ferait mieux d’y aller, sinon Harry va s’inquiéter », lui répondis-je. Je me demandai si l’idée de la Portocarte venait de lui, ou de Harry.
Il passa un bras autour de ma taille, me serra fort, et, côte à côte, nous nous avançâmes vers la lumière bleue.
