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Aventurier(s)

Summary:

Dans la mémoire de Danaël, les tous premiers instants des Légendaires étaient très flous. Ceux d'après, où il apprit à connaître et à voyager avec sa nouvelle co-équipère, moins.

(pour le jour 8 du légentobre 2025, "apprendre à se connaître") (en retard, oui)

Notes:

Comme j'ai écris ça vite pour éviter d'être trop en retard, je m'excuse d'avance pour les fautes et tout le tralala
C'est un sujet de fic que j'avais en tête depuis un moment, et le thème du légentobre était parfait pour ça, donc ta-da !

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Danaël ne se rappelait pas avec clarté les premiers instants des Légendaires. Les premières secondes, minutes, heures, où Jadina et lui avaient décidé, conjointement mais sans se parler, qu’Alysia avait besoin d’autres héros. De gens qui combattraient Darkhell, directement. Il ne s’en rappelait pas parce que, à ce moment, il était à genoux, ensanglanté au sol, en vie sans comprendre comment, à tenir dans ses mains les derniers restes de Saryn, qui lui coulaient entre les doigts. Quelques mètres plus loin, la princesse qu’il avait voulu sauver, au prix de sa place dans l’armée, tenait son bâton-aigle encore fumant dans sa main tremblante. Elle pleurait, elle aussi.

Danaël ne sut pas dire combien de temps iels restèrent au bord de cette rivière, entourés par le cadavre de Raptor, de celui d’un Darkhellion, et surtout par les restes visqueux d’ombre du chaos. Le temps ne passait plus vraiment. Il avait connu Saryn toute sa vie, il lui était impossible d’imaginer son futur sans elle. Le liquide que fut son corps s’évaporait petit à petit, et Danaël déplora de n’avoir ne serait-ce qu’un doigt à enterrer. Il tentait de supprimer ses derniers instants de vie de sa mémoire. Cette pâle imitation, maléfique et creuse n’était pas Saryn et ne le serait jamais. Elle avait été tuée avant, par le dard qui l’avait transformée. Et il n’y avait plus aucune trace de celle qu’elle avait été.

Le temps reprit son cours quand il réalisa qu’il avait froid. Le soleil disparaissait derrière les arbres, donnant à la rivière et à la forêt une teinte rosée qu’il aurait trouvé magnifique s’il n’avait pas été d’humeur si sinistre. Malgré la baisse de luminosité, il remarqua avec amertume qu’il ne restait quasiment plus rien de Saryn. Dans quelques minutes à peine, elle n’existerait plus jamais, à part dans ses souvenirs.

Il frissonna, et comme s’il avait reçu un signal, son corps se remit à ressentir la douleur de laquelle il avait été déconnecté. Les muscles fatigués de la bataille, de sa cavalcade effrénée après Raptor, les coupures dont le sang avait séché… Il trembla à nouveau, et sentit un tissu se poser sur ses épaules. Pour la première fois depuis des heures il leva la tête, et vit la princesse Jadina lui recouvrant le corps de sa cape. Elle était restée, elle aussi. Assise, genoux repliés contre sa poitrine, bâton-aigle toujours serré dans une main. Mais elle avait arrêté de pleurer avant lui. Ses joues portaient des traces de mascara, sèches.

Il serra la cape dans son poing pour la rajuster, et la remercia. Les mots s’étranglèrent dans sa gorge sèche, mais la princesse lui sourit.

Danaël imaginait qu’elle ne savait pas forcément quoi faire. Après tout, sur le chemin de son mariage, elle venait de se faire enlever puis délivrer, et parallèlement, abandonner par l’armée censée la protéger. Il se sentait responsable d’elle, maintenant. Certainement, même sans Saryn, il devrait achever la mission qu’il s’était donnée. Sa première mission en tant que chevalier, avant de couper les ponts avec tout ce qui le raccrochait aux Faucons d’Argent. Il tenta de regagner une posture convenable, devant la princesse qui ne lui paraissait plus si hautaine.

- Je… je suis navré pour ce…, hésita-t-il. Mais il remarqua qu’il n’avait pas réellement envie de s’excuser, sécha ses larmes, et reprit d’une voix plus claire. Je vais vous escorter jusqu’en Sabledoray. Nous ne devons plus en être loin, et votre fiancé doit s’inquiéter.

- Non. Son regard était décidé, et Danaël reconnut là la manière qu’avaient les grands de ce monde d’assener leur choix sans considérer un désaccord. Ce ne sera pas la peine.

- Vous allez trouver votre chemin toute seule ? Avec Darkhell qui est après vous, je ne sais pas si c’est très raisonnable. Certes, nous avons – le “nous” sonnait amer dans sa bouche désormais – déjoué une de ses attaques, mais…

- Je n’irai pas en Sabledoray.

- Mais, et votre mariage ? Elle soupira, et leva les yeux au ciel.

- Ce mariage est une vaste blague. Il a été arrangé par nos parents mais ni lui ni moi n’avons l’intention de le faire.

Danaël se permettait d’émettre des doutes, étant donné le dispositif que le prince Halan avait mis en place pour faire venir sa future épouse. Mais bon, vu ce qu’il y connaissait en mariage royaux… Comme si elle lisait dans son esprit, elle ajouta, avant qu’il ne puisse lui demander comment elle comptait rentrer chez elle :

- Et je ne rentrerai pas à Orchidia non plus.

La surprise dut se lire sur le visage de Danaël, mais elle continua.

- Tous ces hommes… - elle se corrigea - tous ces gens, étaient là simplement pour me protéger. Et que reste-t-il d’eux maintenant ?

Elle regarda le sol, où Saryn n’était plus, et Danaël sentit sa gorge se nouer à nouveau. Il préféra éviter de lui préciser que tous les soldats de l’escorte n’étaient pas morts, mais avaient préféré retourner à Larbos sur ordre du roi.  Jadina secoua la tête, les yeux mouillés.

- Ça ne peut plus durer. Le sorcier noir doit être arrêté, et tous ses généraux avec. Et cette fois c’est moi qui viendrais à lui.

Elle le fixa en disant cela, et Danaël ne vit plus rien de la princesse capricieuse et dédaigneuse qu’il avait cru rencontrer. En revanche, il entendit un “nous” dans son “moi”. Il la regarda de plus belle, droite, debout, main tendue vers lui. Ironique, quand on savait qu’il était celui qui venait de la sauver. Quoique, finalement, il lui devait la vie aussi. Iels étaient peut-être plus égaux que ce qu’il pensait. Il saisit sa main et elle l’aida à se relever. Oui, Darkhell devait disparaitre. Pour Saryn. Pour que plus personne ne souffre comme elle. Ou comme lui.

Il pourrait dire que les Légendaires étaient nés à ce moment-là. En réalité, il supposait qu’iels étaient nés avant. Quand le dégout des calculs politiques et l’idée de quitter l’armée avait germé dans sa tête. Et probablement quand, au même moment à des kilomètres de là, Jadina avait décidé de ne pas se marier et d’aller régler son compte à Darkhell « pour lui faire passer l’envie de la kidnapper », comme elle lui avait raconté plus tard.

Le tout début de leur voyage s’était fait dans le silence et dans l’action. Avant que la nuit ne tombe totalement, Danaël les avait raccompagnés au camp, ou à ce qu’il en restait. Iels allaient avoir besoin de matériel et de provisions, si vraiment iels voulaient partir à l’aventure. Il n’était pas encore tout à fait convaincu par la princesse Jadina. Il ne mettait pas en doute sa détermination. Ni ses pouvoirs. Mais il était dubitatif quant à ses capacités de survie dans la nature, et de son tempérament d’aventurière. Tout serait différent des livres qu’elle avait probablement lus au chaud dans son château. Il n’eut pas le cœur à lui annoncer, cependant. Il préférait lui laisser le bénéfice du doute. Après tout, il lui devait la vie. Et refuser de se marier au prince Halan la rendait immédiatement plus sympathique à ses yeux.

Il sentit son cœur se retourner en arrivant sur les ruines de leur escorte. Quelques bouts de tente brûlaient encore, et l’odeur métallique du sang mélangée à celle de la chair en feu lui firent grincer des dents. Derrière lui, la princesse s’exclama, et mit une main devant sa bouche en réprimant un haut-le-cœur. Danaël imaginait qu’elle ne devait pas avoir l’habitude de voir de tels spectacles. Malheureusement, il n’en était pas à son premier. Le sort d’un soldat était de voir ses compagnons à terre et de continuer malgré tout, disait son frère. Peut-être une des raisons pour lesquelles il ne tolérait plus l’armée. Peut-être qu’il avait vu un soldat de trop à terre, et qu’il ne pouvait plus continuer comme ça. Saryn et lui avaient l’habitude, après les batailles, quand le calme revenait, de se serrer la main quand iels constataient les morts. Une sorte de rituel, une manière de se réconforter, qui tirait son origine à leur enfance, après la mort de son père, quand iels voyaient revenir Ikaël et Alghar avec appréhension.

Mais Saryn n’était plus là, alors il serra sa propre main et enjamba un soldat tellement défiguré qu’il ne pouvait même pas reconnaître.

Il avait demandé à Jadina de faire vite. Il ne souhaitait pas plus qu’elle s’éterniser sur cette herbe rouge. Elle se dirigea dans ce qui restait de sa tente, et Danaël arpenta le site à la recherche de ce qui pourrait leur être utile. Il trouva de rares vivres intacts, et considéra qu’iels pourraient s’en satisfaire. De toute façon, il ne savait pas pour la princesse, mais lui n’avait pas faim. Et tout ici était fait pour lui couper l’appétit. Il observa le sol à la recherche d’une arme et grinça des dents. A part des épées en morceaux, il n’y avait pas grand-chose. Son frère avait donc réellement abandonné. Il était retourné à Larbos avec les soldats restant, faisant fi de leur mission, de leur honneur ou de l’héroïsme. Quelle lâcheté. Il frappa un caillou en une tentative puérile de faire passer sa frustration. Derrière, il aperçut un éclat de métal et ramassa une épée encore en bon état. Elle était pleine de sang, et Danaël espérait que c’était celui d’un dragonite, et pas d’un camarade qu’il connaîtrait et qui serait soit mort soit déshonorant.

Jadina revint à ce moment-là, changée, avec un sac apparemment lourd dans les mains.

- Vous ne vous changez pas ?

Il se regarda, et se rappela qu’il n’avait qu’une cape et un reste d’uniforme sur lui. Si cette tenue était trop offensante pour les yeux de la princesse, tant pis. Son armure était brisée, et il n’irait pas en chercher une autre sur le cadavre de ses collègues. D’ailleurs, il n’était plus Faucon, il ne pouvait plus porter cet emblème. Et tant mieux, parce qu’actuellement, il le dégoutait.

- Je ne préfère pas me servir sur les cadavres. Elle acquiesça avec une moue compatissante.

- Vous pourrez certainement vous changer avec ça, de toute façon. Elle pointa le sac qu’elle trainait difficilement.

- Et qu’est-ce que c’est ?

- De l’argent. Et une grosse partie de ma dote. Toute ma dote en fait. Sauf quelques objets trop difficiles à transporter. Ou trop… brûlés.

- Vous comptez vraiment emporter tout ça ?

- On va avoir besoin de kishus, non ? Si on doit s’équiper !

- Certes, mais… il évalua d’un regard ce qui se trouvait dans le sac. On en a pour plusieurs milliers là.

- Ce n’est pas assez ? Je me disais qu’entre la nourriture, et puis des montures, sans compter les tentes et tout ça… Et puis s’il faut acheter des vêtements aussi.

- … Par curiosité, vous pensez que ça coûte combien une tente ?

- Je ne sais pas, dans les 900 kishus ? 1000 peut-être ?

La tente la plus chère que Danaël avait jamais vu avoisinait difficilement les 100 kishus. Et c’était un sacré modèle de luxe. Mais il supposait qu’il était normal pour une princesse de n’avoir aucune idée de la valeur des choses.

- C’est un peu moins… Écoutez princesse, croyez-moi quand je vous dis qu’on n’aura pas besoin de tout ça.

- Je garde quoi alors ? Les trois-quarts ?

- Plutôt la moitié.

Jadina tria les bijoux et autres objets de valeur avec une moult hésitation, en jetant certains, en laissant d’autres dans le sac. Danaël préféra accélérer le processus.

- En fait, gardez uniquement les pièces. Et éventuellement quelques trucs faciles à transporter et surtout à échanger. Il faut qu’on y aille.

- Soit, soupira-t-elle, probablement déçue de tout cet or laissé à l’abandon dans la forêt. Quel gâchis…

Il la vit malgré tout garder une sorte de tiare, dont elle déchira le voile, et se demanda si c’était sa couronne. Si c’était le cas, elle allait être difficile à vendre sans se faire repérer.

- Euh, est-ce que vous êtes sûre de…

- C’est bon, on y va !

Elle embarqua le sac plus léger sur son épaule, une bourse autour de sa taille, et le bâton-aigle dans une main. Danaël acquiesça. Il fallait partir d’abord. Il expliquerait à la princesse pourquoi ce n’était pas une bonne idée de trimballer sa couronne partout plus tard.

Leur route hors de la forêt fut, heureusement, plus courte que prévue. Jadina n’était pas particulièrement à l’aise avec ce qui l’entourait dans le noir, et donnait des coups de bâton à tout va. Lui, il était simplement épuisé. Et accessoirement, torse nu. Il ne pensait pas que ça lui poserait problème dans le climat chaud et sec de Sabledoray, mais les nuits étaient étonnement froides, et il commençait à avoir la chair de kotkot.

Iels sortirent de la jungle et arrivèrent à un petit village, où Danaël fut surpris de voir de la lumière. Malgré l’heure qu’il imaginait tardive, des commerces semblaient encore ouverts. Jadina mit fin à son incompréhension.

- Ce n’est pas inhabituel en Sabledoray. La température est souvent trop élevée en journée, alors les gens vivent davantage le soir. C’est assez différent de Larbos…

- Tant mieux, ça nous arrange.

Les quelques villageois dehors les observaient avec doute, probablement peu habitués à voir des visiteurs à cette heure. La princesse le toisa à son tour.

- Il faut vraiment que vous trouviez des vêtements, on nous regarde bizarrement…

- Vous pensez pas plutôt que c’est la fiancée de leur futur souverain qui se balade dans un village qu’ils regardent bizarrement ?

- Pff bien sûr que non… Je serai étonnée que ces villageois connaissent mon nom, alors mon visage… En plus j’ai mis une tenue sobre.

Danaël doutait de la sobriété d’une tenue pleine de dorure. En même temps, il était à moitié à poil, alors forcément, on pouvait difficilement faire plus sobre que ça.

Il accepta cependant d’aller dans une boutique de vêtements encore ouverte. Il pensait que la princesse l’accompagnerait, mais elle « avait quelque chose à faire d’abord ». Il dût donc affronter le regard jugeant du vendeur seul. Après quelques essayages et deux tentatives de lui faire acheter ce dont il n’avait pas besoin, il ressortit avec une tenue appropriée pour un chevalier qui n’était plus un Faucon d’Argent.

Il retrouva Jadina, tenant une monture par les rênes, un papier froissé dans l’autre.

- J’ai acheté ça pour vous. Ce n’est pas un culbutar, mais ça fera l’affaire ?

Danaël sentit une pointe d’insécurité dans sa question, et sourit. La monture qu’elle avait prise était rapide, mais peu endurante sur les longues distances. Tant pis. Iels s’en iraient de ce royaume maudit, et il l’échangerait plus tard.

- C’est très bien. On y va ?

Iels quittèrent ce village et s’aventurèrent dans le désert avoisinant, Jadina en tête. Danaël espérait qu’iels pourraient quitter Sabledoray le plus vite, et réfléchir à la suite – ou plutôt au début – de leur aventure ailleurs que dans ce pays. Peut-être pourraient-iels rejoindre Larbos par bateau ? Mais avait-il réellement envie d’y retourner… Orchidia était exclu aussi, sauf si ce royaume acceptait facilement les fugues de princesse… Soudainement, Jadina s’arrêta au milieu de ruines, et se tourna vers lui.

- Hum… Je… Avant qu’on continue, je dois faire quelque chose. Ses yeux tombèrent sur le papier qu’elle tenait fermement dans sa main depuis leur départ du village.

- Qu’est-ce que c’est ?

- Une lettre pour Halan. Je dois la lui donner.

- Quoi ?? il n’avait pas prévu d’hausser la voix et se reprit. Vous comptez nous amener au château maintenant ? Mais vous êtes inconsciente !

Au-delà du fait que c’était risqué pour elle, et qu’il n’avait pas particulièrement envie de revoir le prince, c’était surtout dangereux ! Les Faucons d’Argent avaient abandonné la mission confiée par Halan, si le prince l’apprenait, il était bon pour le cachot ! Et il pourrait dire adieu à son aventure. Et Jadina aussi, d’ailleurs, parce que Danaël doutait que le prince la laisserait partir tranquillement avec sa lettre.

- Je ne suis pas folle, merci bien ! Je vais juste lui donner la lettre, je repartirais immédiatement.

- Princesse, si le prince nous voit ensemble… il déglutit difficilement, et décida que Jadina devait savoir la vérité. Votre fiancé a fait appel à nous pour vous escorter, mais quand vous vous êtes faite capturer… Je suis désolé, les ordres de Larbosa étaient de revenir à Larbos et d’abandonner la mission. Saryn et moi avons décidé de quitter l’armée mais… Si nous allons voir le prince, je crains que…

- Je sais bien.

- Vous savez ?

- C’est une décision militaire logique. Un roi serait stupide de laisser toute son armée mourir pour protéger une alliance entre deux pays étrangers, quand bien même ils seraient alliés.

Certes, expliqué comme ça… Mais quel manque d’humanité. Danaël ne pouvait cependant pas s’empêcher de penser que son frère était un lâche sans considération pour autre chose que les ordres du roi, même lorsque l’honneur des chevalier et des vies étaient en jeu.

- Je vous suis reconnaissante malgré tout. À toi et à Saryn, ajouta-t-elle d’un air triste, et Danaël nota qu’elle avait arrêté de le vouvoyer. Sans vous, je serai certainement à Casthell à l’heure qu’il est. Ne t’en fais pas pour Halan. Je vais poser la lettre directement dans sa chambre, il ne me verra même pas.

- Sauf s’il est dans sa chambre…

- Et bien dans ce cas j’improviserai.

- Bon, ok, soupira-t-il.

Elle monta à nouveau sur son aile volante, et s’étonna de ne pas le voir bouger. En réalité, Danaël regardait les ruines autour de lui, illuminées par les deux lunes, et eut une idée. Accompagner Jadina ne servirait de toute façon à rien, à part à les faire repérer.

- Tu ne viens pas ?

- Non, je vais vous… t’attendre ici. Je crois que… je vais faire une tombe pour Saryn.

Jadina sourit, émue. Par rapport à son tutoiement ou à la tombe, il ne savait pas. Peut-être les deux.

- C’est vrai que c’est un bel endroit.

Elle fouilla son sac et en tira la couronne voilée dévoilée qu’elle tendit timidement à Danaël.

- Est-ce que tu penses que tu pourrais… Si tu veux bien sûr… Ajouter ça à sa tombe ?

- Ta couronne ?

- Ce n’est pas ma couronne, s’amusa Jadina. Ça faisait partie de ma tenue de mariage. Mais… ça lui allait bien.

Danaël prit l’objet sans tout à fait comprendre, et Jadina fila dans le sable sur son aile. Décidemment, sa coéquipière était pleine de surprises. Pas si hautaine, déterminée, avec le même sens de la justice que lui, et visiblement son propre attachement à Saryn. Oui, c’était certainement une bonne chose qu’elle ait décidé de l’accompagner. Ensemble, iels pourraient mettre fin au règne de terreur de Darkhell. Et éviter que d’autres subissent le sort de Saryn.

 

Notes:

Oui j'ai réalisé que j'avais l'HC que Danaël a acheté sa demie armure en Sabledoray, puisque tous les soldats ont des demies armures là-bas. C'est la mode locale sans doute...

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