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One billion lives, but only You

Summary:

“Je sais que tu ne vas pas changer d’avis maintenant,” murmure Chris, les yeux embués de larmes. “Mais j’ai besoin de te rappeler que c’est peut-être la mort pure et simple qui t’attend, Ji. Peut-être qu’elle sera instantanée… ou peut-être qu’elle sera lente et que tu vas connaître les pires souffrances possibles.”

Jisung ne sait comment il parvient à lui offrir un sourire. Un sourire sans joie, néanmoins.

“… Je ne vois pas comment je pourrais plus souffrir que c’est actuellement le cas, Chris.”

☢⛭☢

Han Jisung, 22 ans, se réveille un matin avec la sensation que son crâne va s'ouvrir en deux et que quelque chose prend lentement possession de lui.

Malheureusement, il n'est qu'un Jisung parmi tant d'autres qui va vivre cet enfer.

Notes:

Bonjour. C'est le MINHO DAYYYYYYYYYY~ 🐇🐇🐇

Ce n'était pas prévu, mais comme ce bébé ici présent arrive bientôt à sa fin niveau écriture et que je n'avais rien d'autre pour l'anniversaire de Lee Know... Eh bien, vu que cette histoire est littéralement une ode à sa personne, j'ai pensé que c'était de bonne guerre d'entamer sa publication aujourd'hui. (Et puis, ma première Minsung quoi !! Quelle émotion ! 😭)

Un (long) mot sur cette histoire :

Je l'ai écrite avec toutes mes tripes. Le scénario ne vole pas bien haut, mais je m’étonne quand même de l’avoir trouvé et mené à bien. C'est très éloigné de ce que j'écris d'habitude - même si on patauge quand même dans la romance dramatique bien angsty -, il y a de l'action, un peu de mystèrehan, une sorte d'enquête nulle, et surtout, une déclaration d'amour à la S-F et au monde de la fanfiction.

Je ne sais pas comment taguer, parce que je suis déchirée entre l’envie d’être transparente et que les gens sachent à quoi s’attendre ; et une certaine pudeur vis-à-vis des spoilers parce que, putain, pour une fois que j’ai réussi à écrire une histoire un peu tordue et mystérieuse, est-ce que j'ai vraiment envie de tout gâcher avec des tags ??

Je vous préviens aussi que cette histoire va être très frustrante. Je lance beaucoup d’intrigues scénaristiques qui n’auront pas de dénouement : c’est voulu. C'est probablement une idée horrible quand on se met du point de vue des lecteurs, mais tant pis. C'est un choix que j'assume.

On ne verra pas beaucoup certains membres, même si ce fait me brise le cœur, n’en doutez pas un seul instant. L’histoire tourne principalement autour de Jisung et de Minho, même si Minho sait bieeeeeeeeeeen se faire attendre parfois...

Et EN-JOY. o/

Chapter 1: Prologue

Chapter Text

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Le vent siffle à travers les fenêtres brisées, pareille à une plainte d’outre-monde. Les encadrements rouillés tremblent sous sa fureur et laissent s’infiltrer des rafales de poussière et de pluie brûlante. Des milliers de filets ruissellent le long des murs du hangar, rongeant le béton, affaiblissant encore la carcasse en ruines.

Encore une soirée d’été mortelle et Jisung se demande vaguement combien de temps le bâtiment tiendra encore debout. C’est déjà un miracle que le toit soit toujours entier, protégeant juste assez le matériel électrique pour leur permettre d’achever le travail.

C’est une sensation étrange, presque irréelle, de se dire que tout cela ne sera bientôt plus son problème. Il observe la vaste pièce comme s’il la découvrait pour la première fois, cherchant à rassembler les souvenirs éparpillés entre ces murs : amers, déchirants, saturés de cris et de larmes. Des miettes d’espoir mêlées à trop de désespoir. Il s’est consumé ici, lentement. Il a hurlé, prié aussi — même s’il ne croit plus en Dieu depuis longtemps.

Si Dieu existait, il n’aurait sans doute jamais permis que son dernier espoir prenne forme. Cet espoir trône là, sur l’immense plateforme qu’ils ont aménagée, Chris et lui, pour le préserver des inondations : une capsule cylindrique de deux mètres quatre-vingt-seize sur un mètre soixante-cinq, dont il connaît chaque mesure par cœur, à force de la monter, la démonter, la perfectionner. Pendant ce temps, Chris s’était perdu dans sa programmation tentaculaire, englouti par des milliers de lignes de code et des articles scientifiques toujours plus absurdes dans leur complexité. Il avait sans doute peiné davantage que lui – des nuits entières à s’arracher les cheveux, à s’injecter du café pour tenir. Jusqu’à s’y brûler la raison.

Aujourd’hui, toute cette fatigue semble lui retomber violemment dessus. Il ne sourit même pas à Jisung lorsqu’il se tourne vers lui. Il paraît plus misérable que jamais, avec ses vêtements déchirés, ses cheveux gras, sa peau tannée par le soleil barbouillée de cambouis.

“Tout est prêt.”

L'estomac de Jisung se tord. D’appréhension, de peur, d’espoir, de soulagement : un mélange de toutes ces sensations contradictoires qui le hantent depuis trop longtemps. 

Il prend une grande inspiration et avance pourtant d’un pas résolu. Il s’arrête devant Chris, sa gorge se serre en voyant son regard malheureux.

“Je sais que tu ne vas pas changer d’avis maintenant,” murmure Chris, les yeux embués de larmes. “Mais j’ai besoin de te rappeler que c’est peut-être la mort pure et simple qui t’attend, Ji. Peut-être qu’elle sera instantanée… ou peut-être qu’elle sera lente et que tu vas connaître les pires souffrances possibles.”

Jisung ne sait comment il parvient à lui offrir un sourire. Un sourire sans joie, néanmoins.

“… Je ne vois pas comment je pourrais plus souffrir que c’est actuellement le cas, Chris.”

Son ami lui renvoie une expression désolée. Abattue. Sans espoir. D’une impulsion, il enferme violemment Jisung dans ses bras.

“Tu vas me manquer, Ji.

— Tu vas me manquer terriblement aussi, Chris… Prends soin de toi. J’espère que tu survivras le plus longtemps possible et que tu arriveras à trouver le bonheur dans toute cette merde…”

La prise de Chris se resserre une seconde, puis ils se séparent tout aussi sèchement, sans un regard. Jisung sait que son meilleur ami pleure, maintenant. Et il mesure trop bien la cruauté de son geste envers lui : il refuse d’en rajouter et de prolonger ces horribles adieux.

D’un pas qui ne souffre d’aucune hésitation, il grimpe dans la capsule ouverte et s’installe à l’intérieur. Chris referme derrière lui sans ciller, même si l’amertume lui barre désormais le front. Jisung le voit rejoindre le moniteur relié à la capsule, et une bouffée de stress le submerge, brutale. Ses paumes deviennent moites, ses jambes tremblent, son cœur s’emballe — trop fort, trop vite.

Mais l’espoir avale la peur. Il la recouvre d’un voile protecteur, presque doux. Quoi qu’il advienne dans les minutes à venir… la libération l’attend au bout du chemin.

Alors, lorsque la machine infernale s’éveille, lorsque son bourdonnement emplit tout l’espace, lorsque les éclairs bleus déchirent l’air autour de lui ; Jisung ferme les yeux.

Ses lèvres bougent toutes seules, articulant une dernière prière silencieuse.

 

“J’arrive, Minho.”

 

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