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Chasseurs et Proies

Summary:

Février 2000

Harry Potter, Auror fraîchement qualifié (et ce en un temps record), reste obsédé par « La Liste ». Les dix personnes encore recherchées pour leur rôle dans la bataille de Poudlard. Leur capture est essentielle: elle apportera une forme de clôture aux événements des dernières années.

Harry s’est fixé un objectif : il veut voir « Le Dernier Mangemort » et les neuf autres arrêtés avant le deuxième anniversaire de la Bataille. Ses tentatives pour atteindre ce but apporteront chagrin, danger, douleur, et une blessure qui changera à jamais la vie d’un ancien membre de l’Armée de Dumbledore.

Notes:

Chapter 1: Introduction : Traque Acharnée

Summary:

NDT : Cette histoire s'inscrit dans une suite d'histoires plus grande construite autour du Canon que je suis en train de traduire petit à petit :) . Plus de détails sur la chronologie ici

Notes:

(See the end of the chapter for notes.)

Chapter Text

Introduction : Traque Acharnée

Ron Weasley leva les yeux de sa place au bureau des Aurors. À côté de lui, Harry Potter, silencieux, fixait le paravent derrière son propre bureau. Il était plongé dans ses pensées.

Ron regarda son propre paravent et sourit. Une photographie d’Hermione, bronzée et détendue dans la vieille ville de Rhodes, lui sourit en retour. Le cliché avait été pris deux jours avant la fin de leurs vacances d’été. Hermione portait un short et un débardeur court. Ron contempla ses bras, ses jambes et son ventre hâlés, et jeta un regard désabusé à sa propre peau pâle et constellée de taches de rousseur. Hermione et Harry étaient revenus de ces vacances bien bronzés. Lui et sa sœur, en revanche, étaient revenus rosés et encore plus couverts de taches de rousseur que d’habitude.

Il jeta un coup d’œil aux deux autres photos punaisées sur son paravent. La première était la dernière photo de famille de Noël des Weasley. On y voyait une douzaine de personnes : ses parents ; Bill et Fleur (enceinte de cinq mois au moment de la photo) ; Charlie ; Percy ; George, accompagné de la cousine de Fleur — comment s’appelait-elle déjà ? Claudine (cette relation avait duré neuf semaines, un record pour George) ; puis lui-même avec Hermione et Harry avec Ginny. Audrey Midgen avait accepté avec plaisir de prendre le cliché, puisqu’elle refusait d’apparaître devant l’objectif. Ron n’avait aucune idée de ce que Percy lui trouvait.

La deuxième photo représentait l’équipe des Canons de Chudley 1999/2000—celle qui, le mois précédent, avait enfin réussi à gagner un match à l’extérieur, une première depuis cinq saisons. Ginny s’était beaucoup moquée des célébrations de Ron, mais, fidèle supporter des Canons qu’il était, Ron savait combien il fallait savourer chaque petite victoire. La voix de sa sœur résonnait encore dans son esprit : « Parce que tu sais très bien que tu ne vivras jamais assez longtemps pour voir une grande victoire. »

Ron s’ennuyait. Il n’avait pas réalisé à quel point le travail d’Auror pouvait être monotone : rester assis à lire des rapports et vérifier, de temps en temps, des signalements de suspects en fuite qui, presque invariablement, ne menaient à rien. Harry semblait y prendre goût, mais Ron avait souvent l’esprit ailleurs. Il fallait convaincre George de diversifier à nouveau leurs affaires.

En parcourant le stick alors qu’il aidait son frère à ranger la boutique, Ron avait réalisé que Weasley Farces pour Sorciers Facétieux n’avait jamais été une simple boutique de farces et attrapes. George n’aimait pas l’entendre, mais même l’année de l’ouverture, ils avaient également vendu d’autres choses : des Chapeaux Boucliers, des capes, des gants et des Détonateurs leurres. Du matériel magique et des contrats ministériels, voilà où se trouvait l’argent.

Lorsqu’il avait trouvé le Portolivre malicieux sur lequel Fred et George travaillaient juste avant la bataille, Ron l’avait ouvert dans la boutique et s’était aussitôt retrouvé dehors dans la rue, en sous-vêtements. Le Bureau des Portoloins n’avait guère apprécié qu’un Auror stagiaire active un Portoloin non autorisé, mais cette mésaventure avait donné une idée à Ron : l’usage pratique de Portoloins déclenchés par une ouverture ou une fermeture, plutôt que par un délai ou un simple contact.

Il leur avait fallu des mois pour perfectionner le sortilège, mais le résultat fut les Portomenottes Weasley. Ce qui, à l’origine, n’était qu’une idée de blague de Fred, s’était transformé en un contrat ministériel lucratif, qui avait sauvé l’entreprise de George alors au bord de la faillite.

Ron savait que les affaires allaient mal depuis la guerre, mais George refusait de l’admettre. La semaine précédente, après vingt mois de travail et de formation au bureau des Aurors, Ron avait enfin fini de rembourser auprès de Harry ses gains du Tournoi des Trois Sorciers. Harry n’en avait pas besoin, et il l’avait dit clairement. Mais cet argent avait une autre importance. Quoi qu’en dise Harry, l’argent qu’il avait donné à Fred et George pour lancer leur boutique était une dette. Maintenant, Ron l’avait remboursée. Et cela signifiait que désormais, ce n’était plus à Harry que George devait de l’argent, mais à Ron.

Pendant des mois, Ron avait aidé son frère à maintenir à flot l’entreprise qui était en grandes difficultés. Il avait été le conseiller et l’assistant non rémunéré de George, mais celui-ci refusait de le reconnaître. « Ça ne me gêne pas que tu m’aides, petit Ronnie, mais rappelle-toi que je suis dorénavant l’unique propriétaire de Weasley Farces pour Sorciers Facétieux, » lui avait dit George des mois plus tôt, juste après le lancement des Portomenottes. Depuis ce moment-là, Ron savait qu’il devrait forcer son frère à l’accepter comme associé.

« Tu comptes un jour rembourser l’emprunt de départ que tu as eu de Harry ? » avait-il demandé à George le week-end précédent.

« Il ne l’a jamais demandé, » avait répliqué George.

« Il ne le ferait jamais, tu le sais bien, » lui avait répondu Ron avec dédain. « Mais ne t’inquiète pas, je l’ai remboursé à ta place. Maintenant, c’est à moi que tu dois cet argent, George. »

George avait vu le regard dans les yeux de son frère et compris, trop tard, ce qui s’était passé. Il s’était insurgé et avait protesté, mais sans effet. Ron avait revérifié les comptes, trouvé ce qu’il cherchait, et demandé une majorité des parts de l’affaire. George avait contesté, rouspété, tempêté, marchandé, et même fini par en appeler à leurs parents. Après de longues négociations, Ron avait fini par accepter une répartition à parts égales des parts et une association — ce qu’il voulait depuis le début.

Sortant de ses rêveries pleines d’auto-satisfaction, Ron observa de nouveau Harry. Celui-ci fixait toujours le paravent derrière son bureau, le regard dans le vague. Ron ferma les yeux et visualisa le paravent de son ami. Il savait qu’il était beaucoup plus encombré que le sien.

En haut à gauche se trouvait la première photo officielle de Ginny en tant que joueuse des Harpies, prise le jour de sa signature de contrat. Ginny la détestait : elle trouvait qu’elle avait l’air nerveuse. Harry l’adorait : il trouvait qu’elle avait l’air adorable. Ron ne l’aurait jamais admis, mais il savait qu’ils avaient tous les deux raison. Cette photo était l’un des rares sujets de désaccord entre Harry et Ginny.

À côté se trouvait un grand cliché pris lors de la dernière réunion de l’Armée de Dumbledore en octobre passé. L’AD s’était retrouvée dans une salle privée à l’étage du Chaudron Baveur. Harry avait même réussi à convaincre le professeur McGonagall d’autoriser le plus jeune membre, Dennis Creevey, qui était maintenant en sixième année, à quitter l’école pour la journée.

Venait ensuite la photo de Noël des Weasley, la seule que Harry et Ron avaient en commun. En dessous, une seconde photo de Noël, cette fois de Ginny. La sœur de Ron, passablement éméchée, brandissait fièrement une figurine articulée à son effigie. Encore plus bas se trouvait une photo de Ginny à Rhodes. Elle portait un chapeau de paille à large bord, un petit haut à bretelles et une jupe très courte.

Ron réalisa alors que Harry ne regardait pas les photos. Il regardait en dessous, “La Liste”. Comme son ami, Ron connaissait “La Liste” par cœur :

RECHERCHÉS

Par le Bureau des Aurors

En lien avec des événements de la bataille de Poudlard


MANGEMORT

Rabastan Lestrange

ATTENTION : extrêmement dangereux, ne pas approcher.

Contactez immédiatement le Bureau des Aurors.


RAFLEURS CONNUS

Carl Caldecott, Igor Ibbotson, Gordon Payne, Sigbert Scabior, Zachary Youen

ATTENTION : dangereux, ne pas approcher.

Contactez immédiatement le Bureau des Aurors.


AUTRES COMBATTANTS

Miles Bletchley, Millicent Bullstrode, Marcus Flint, Gregory Goyle

ATTENTION : dangereux, ne pas approcher.

Contactez immédiatement le Bureau des Aurors.

 

Près de deux ans s’étaient écoulés depuis la bataille, et il restait encore dix personnes à retrouver. Harry fixait toujours la liste, mais un sourire sombre apparaissait désormais sur son visage. En voyant l’expression sur le visage de son ami, Ron était certain d’une chose : Harry avait une idée.

Notes:

NDT : Les deux premiers chapitres sont un peu courts, mais les suivants sont parfois très longs. Je ferai de mon mieux pour essayer de garder un rythme hebdomadaire mais à voir si c'est tenable sur le long terme ^^
En tout cas j'espère que ce début vous donnera envie de voir ce qui vient ensuite!