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not a lot, just forever

Summary:

"Comme pour tant d'autres de leurs vidéos, il n’y avait aucun but précis en lançant l’enregistrement. Alors il n’y a rien d’autre de notifiable sur ce qui suit.

Tout est dans ce serpent enroulé au poignet de ce garçon. Et Sidjil qui se retourne régulièrement pour y jeter un œil."

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maxime et sidjil dans le hp world. maxime est un peu très stylé, sidjil est un peu très admiratif, et la caméra de manas est la parfaite témointe. pure fluff tbh

Notes:

coucouuuuuuuuu tout le monde (est-ce que y'a encore du monde même dans ce fandom? coucouuuu à ceux qui sont encore là)

dans le contexte d'un secret santa, voici un petit os mimi tout plein pour prolonger l'ambiance des fêtes :3

ce secret santa, pour mon plus graaaand plaisir, est adressé à Pomme, qui je l'espèèèère va kiffer voilà erm

 

comme tjs :

- la FANfic c'est pour les FANS, tout ça ça reste entre nous

- TRES important: tout cela est évidemment de la FICTION, gardons nos délires de fans et de ships dans nos petits coins privés

 

et aussi :

- FUCK J K ROWLING genre de bz, svp ne consommez pas de hp sous des formes qui lui rapportent de l'argent parce que cette meuf c'est catastrophique

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Des exclamations émerveillées, des cris d’effroi, un flash de blanc au centre de l'attention de la table des Serpentards, et la caméra zoome sur un petit serpent enroulé autour d’une main - blanc et presque iridescent, minuscule pour une bête de cette espèce.

 

Quand la caméra dézoome, le garçon qui le tient apparaît - un petit gringalet au nez prononcé, une tache blanche dans l'œil gauche, ses sourcils froncés face au vacarme de ses camarades. Il semble les enguirlander alors que la caméra dézoome encore un peu.

 

Sidjil apparaît à l'écran, alors presque aussi gringalet que le petit gars précédent, sa tête aux cheveux bouclés tournée vers la scène inhabituelle. “C’est quoi ça?”

 

Sa propre voix se fait entendre, fluette, déjà malicieuse, “Un serpent, Sidjil…”

 

“Hin-hin. Très drôle.” fait-il en lui lançant un petit pois. “Je veux dire, c'était pas dans la liste des animaux autorisés.”

 

“Je sais pas, peut-être qu’ils ont dit oui parce qu’il est tout petit.”

 

“Qui ça? Le serpent ou le gars?”

 

Ils ricanent, puis Manas en rajoute une couche, “Les deux.”

 

Quelques instants plus tard, Sidjil est de nouveau tourné vers le garçon au serpent, alors qu’il conclut, “Mh. Bizarre.”

 

La caméra se focus ensuite sur la table des Gryffondor, sur leurs camarades, leur repas.

 

Comme pour tant d'autres de leurs vidéos, il n’y avait aucun but précis en lançant l’enregistrement. Alors il n’y a rien d’autre de notifiable sur ce qui suit.

 

Tout est dans ce serpent enroulé au poignet de ce garçon. Et Sidjil qui se retourne régulièrement pour y jeter un œil.









Il y a peu de contenu à retrouver dans les rushs de leur première année, et même de la seconde. Maxime apparaît parfois en arrière-plan. Simple figurant qu’il était alors.

 

Manas retrouve tout de même un petit quelque chose, qu’il avait oublié jusqu’ici.

 

Sidjil et lui près du lac, idiots et surexcités, entre essais de saltos et de Mobili Corpus, et de saltos améliorés par des Mobili Corpus. Leurs rires éclatent, imposés dans le calme de l’endroit.

 

Puis, quand Sidjil rattrape son salto raté avec une roulade exagérée qui l’emporte plus loin, Manas le suit de la caméra, et Maxime apparaît, assis en tailleur derrière un arbre, un livre devant lui, son serpent sur l’épaule. Un de ses sourcils se hausse avec dédain quand Sidjil atterrit juste à côté de lui.

 

Celui-ci se redresse subitement quand il réalise. Même à travers la mauvaise qualité de la caméra, on le voit s’empourprer, bégayer alors qu’il recoiffe ses boucles.

 

“Ouhla, euh- pardon-”

 

Maxime ne fait que le fixer, peu impressionné.

 

“Je-” Sidjil fait un pas en arrière. “On t’avait pas vu.”

 

L’éclat de blanc dans l’oeil gauche de Maxime le regarde un instant de plus, passe sur Manas et sa caméra en fronçant les sourcils de confusion.

 

Puis, sur la défensive, il les met en garde, “Si vous êtes venus m’emmerder, je vous préviens, j’ai appris un tas de maléfices dernièrement.”

 

“Non, non!” Manas proteste, l’angle de caméra devenant plus instable, “Pas du tout-”

 

“Vraiment pas!” ajoute Sidjil.

 

“On savait pas que t’étais là, on faisait juste-”

 

“On faisait juste les cons, c’est tout.”

 

Maxime semble être rassuré, et Sidjil, encore penaud, ajoute faiblement, “On est pas… on ferait pas comme… comme ceux qui s’en prennent à toi.”

 

Parce qu’en effet, il arrivait régulièrement qu’ils aperçoivent certains élèves regarder Maxime avec insistance, se moquer de lui ouvertement, agir comme s’il était dangereux.

 

La plupart du temps, le petit brun était seul avec son serpent.

 

L’air impassible de Maxime se défait quelque peu, l’ombre d’un sourire s’installant sur ses lèvres.

 

“Ok. Merci.” fait-il doucement, alors que ses grands yeux se baissent vers le petit serpent qui s’enroule désormais autour de son poignet.

 

“Bon, ben… on te laisse tranquille.” fait Manas, commençant à s’éloigner.

 

Sidjil reste planté là un instant, ses yeux observant toujours Maxime et son reptile, avant de le rejoindre précipitamment quand Manas chuchote, ‘Sid!’. Impossible de voir la réaction de Maxime à leur départ, car la caméra s’est déjà détachée de lui.

 

Quand ils se sont assez éloignés pour parler sans que Maxime ne les entende, Manas taquine l’agitation de Sidjil, gloussant sans retenue, “T’aurais vu ta tête!”

 

“La ferme!”

 

“Une grosse tomate! Avec une touffe de cheveux!”

 

“Manas-!”

 

“Et après, euh- je- je- euh- euuuh-

 

Soudainement la caméra est bousculée, avant qu’on ne voit Sidjil lui arracher des mains, pestant, “La ferme, j’ai dit! Pourquoi t’as continué de filmer, d’abord? T’effaceras ça, hein!”

 

“Jamais de la vie! Je vais garder la preuve sur image de toi qui te décompose parce que t’as peur de Maxime Biaggi.”

 

“N’importe quoi! Pourquoi il me ferait peur? Il est tout petit, et tout- tout-”

 

“Tout quoi?”

 

“Je sais pas! Rien! Bon, comment ça s’éteint, ce truc?!”

 

Quelques bruits alors que les doigts de Sidjil s’activent sur l’appareil, et l’enregistrement se coupe.








L’évènement majeur de leur troisième année, dans cette histoire, est immortalisé ainsi :

 

D’abord, un passage dans lequel Manas a placé la caméra face à eux pendant une de leurs parties d'échiquier sorcier, et eux qui lève la tête vers une personne qui les interpelle, au-dessus de la caméra.

 

En écoutant bien, Manas reconnaît la voix juvénile de Léna.

 

“Les gars, où que vous y alliez dans le château ce week-end, gardez l'œil ouvert. Maxime a perdu son serpent.”

 

A l’écran, leurs yeux s’écarquillent.

 

“Hein?” fait Sidjil, peu loquace, “Maxime?”

 

“Son serpent? Genre son mini serpent qu’il a toujours avec lui?”

 

“Oui, oui, le petit blanc. Apparemment il a filé après avoir pris un sort qu’un abruti lançait à Maxime.”

 

Sidjil fronce les sourcils. “Il se fait encore emmerder?”

 

“Je croyais qu’avec Elian dans les parages ça allait mieux.” ajoute Manas, confus.

 

“Ça va mieux, mais ça fait pas tout non plus… et ils en profitent quand il est pas là.”

 

Ça se passait entre les cours, certainement. Quand Elian, étant un Serpentard également mais en quatrième année, ne pouvait pas être avec Maxime.

 

“Bref, soyez juste aux aguets, s’il-vous-plaît. On le trouvera probablement pas dans notre salle commune, mais si vous sortez… pauvre Maxime. Il est super inquiet.”

 

Ils opinent tous deux, coupent la caméra peu après, et Manas se souvient très bien que, suite à cela, ils avaient fini par faire un tour volontairement dans certaines zones du château.

 

Le prochain enregistrement démarre sur Sidjil qui arrive vers lui au pas de course, l’air extasié, ses cheveux trop longs rebondissant sur son front.

 

“Je l’ai!” fait-il gaiement.

 

“Sérieux?!”

 

“Oui.” confirme-t-il, le sourire aux lèvres, essoufflé quand il s’arrête devant lui et sort sa main de sa poche pour lui présenter.

 

Autour de son poignet, le petit serpent blanc de Maxime s’est enroulé et semble les regarder de ses deux minuscules yeux, sa minuscule langue tressotant.

 

“Bien joué!”

 

“On l’emmène à Maxime.” Sidjil se met immédiatement en route, drôlement hâtif.

 

“Oh non, merde.” Manas se plaint soudainement, pris d’une réalisation, “J’avais pas pensé à ça. Ça veut dire qu’on doit aller dans les cachots.”

 

“Ouaip’.”

 

“Fait chier.”

 

La caméra coupe. Et reprend dans la salle commune de Serpentard.

 

A l’époque, comme il le voit à l’image, il découvrait avec une certaine appréhension cet espace qui n’était pas le leur. La caméra est posée sur une table et tournée vers eux, et il se voit regarder autour de lui - les tableaux pimpants, les tons verts et sombres, les quelques Serpentards qui les regardent d’un air méfiant.

 

A côté, Sidjil tend sa main vers celle de Maxime pour que son serpent revienne tranquillement à lui, alors qu’il lui parle avec animation. Le petit brun semble tout ému.

 

“Il était un peu perdu, le pauvre. Mais il a rien, il va bien. Je l’ai trouvé dans les-” Sidjil jette un oeil autour de lui, baisse le ton quand il indique, “Dans les toilettes des filles… du deuxième étage…”

 

“Oh.” Maxime lève des yeux ronds sur lui, avant de rire un peu jaune, “Ok. Merci de pas le dire trop fort - c’est pas bon pour moi, ça. T’aides vraiment pas mon cas, toi, hein?”

 

Manas éclate de rire. “C’est clair que c’est pas la meilleure façon de se donner l’air inoffensif.”

 

Le serpent ne fait que s’enrouler soigneusement autour de son poignet, de ses doigts. Le regard de Maxime reste doux, clairement soulagé de le retrouver.

 

A côté, Manas et Sidjil sont tous souriants. Et Sidjil observe avidement Maxime et son petit reptile - comme désireux, curieux.

 

“Il a juste suivi le chemin vers un endroit humide. Rien de mal.” dit-il.

 

Et ses joues s’empourprent quand Maxime relève les yeux vers lui quelques instants, avant de lui sourire, et de répondre simplement, “Je sais, oui. Merci, en tout cas. Sidjil, c’est ça? Et Nicolas?”

 

Ils hochent la tête.

 

Puis Sidjil demande, hésitant, comme timide dans ce qui sert clairement à prolonger la conversation, “Et- et lui comment il s’appelle? Je lui ai même pas demandé.”

 

Maxime penche la tête. Manas glousse un peu, relève directement, “Comment ça tu lui as pas demandé?”

 

“Ben, oui, je lui ai pas demandé, pardon-” Sidjil fronce les sourcils, sur la défensive, “J’ai préféré m’assurer qu’il allait bien, d’abord, et le ramener à Maxime-”

 

“Attends, attends.” Manas le ralentit, une suspicion dans la voix, “Tu lui as demandé s’il allait bien?”

 

“...oui?”

 

“Et… et il t’a répondu, alors?”

 

“Et ben...” Sidjil s’agite, comprenant que ce qu’il s’apprête à confirmer n’est pas quelque chose de bien commun. “Et ben… oui.”

 

La bouche de Maxime s’entrouvre alors qu’il fixe Sidjil.

 

Manas est tout aussi abasourdi, sur le coup. Mais très vite, un grand sourire s’étale sur ses lèvres.

 

“Tu parles Fourchelangue.” fait-il, avant d’affirmer, “Trop stylé.”

 

Perturbé, presque paniqué, Sidjil coupe l’enregistrement peu après, entrecoupé par l’excitation de Manas et les réassurances de Maxime.








Cet évènement marque un tournant dans leur relation à Maxime. Au cours de leur quatrième année, il apparaît bien plus régulièrement dans leurs vlogs, bien que de façon encore ponctuelle et réservée.

 

C’est assez, cependant, pour assembler quelques moments très simples et pourtant très significatifs.

 

Les moments d’échange avec Maxime durant lesquels Sidjil ne le quitte pas des yeux un instant, comme s’il avait peur qu’il disparaisse et qu’il ne puisse plus l’admirer. Ceux où Maxime n’est présent que par le regard de Sidjil fixé au loin, hors champ, avide et épris. Et les instants furtifs où l’on peut apercevoir Maxime passer près d’eux, leur sourire très légèrement, et Sidjil se liquéfier très visiblement sur place, rouge au possible.

 

C’est d’ailleurs cette année-là que la caméra est adressée directement.

 

“C’est quoi ça, en fait?” fait Elian, un jour où ils se trouvent être à la même table pour réviser à la bibliothèque.

 

La caméra est au bout de la table, Maxime à la gauche de Manas, Elian à la droite de Sidjil. On peut apercevoir Maxime relever la tête vers eux, tomber sur les yeux de Sidjil déjà posés sur lui, et celui-ci qui se hâte de détourner le regard.

 

“Une caméra.” répond Manas, confus. “Je sais que c’est pas exactement les mêmes que les magiques, mais quand même, ça se voit.”

 

“Oui, bah, merci.” Elian roule des yeux, provoquant des rires chez chacun d’entre eux, “Je veux dire, pourquoi tu l’as tout le temps avec toi? Tu fais quoi avec, au juste?”

 

“Je filme un maximum de trucs.” Manas savait déjà, à ce moment, que filmer n’était pas une pratique courante dans le monde magique, alors il enchaîne, “Je pourrais prendre des photos, mais filmer ça permet vraiment de se replonger dans les souvenirs, tu vois?”

 

“Tu pourrais juste utiliser une pensine.”

 

“Ah oui, parce qu’on a tous des pensines et que c’est tellement simple comme méthode…” Sidjil ironise, fier quand ça fait ricaner Maxime.

 

“Les vidéos, ça rajoute tellement un truc! C’est un autre angle de vue, que j’apprends à travailler, et y’a un début et une fin nets, et puis oui, c’est beaucoup plus facile à utiliser et à regarder…”

 

“Mouais, ouais. Ok, je vois.” Elian hoche la tête. “Mais tu filmes vraiment tout et n’importe quoi, non?”

 

“Un peu, ouais.” Manas confirme, l’air amusé, “Parce qu’on sait jamais, un petit moment ça peut vite devenir un super souvenir. Et ce sera drôle de tout revoir quand on quittera Poudlard. J’ai prévu de faire un tri seulement à ce moment-là.”

 

Maxime le regarde pensivement, acquiesçant alors qu’il dit, “C’est une super idée. Vous aurez tellement de souvenirs de tellement de détails. Les gens, les lieux, les petites habitudes qu’on oublie vite…”

 

“...l’énorme touffe de cheveux de Sidjil.” ricane Manas, et Sidjil lui donne de toute évidence un coup de pied sous la table.

 

“La ferme!” fait-il en rougissant à nouveau, touchant ses cheveux désormais bien plus courts, “T’es jaloux parce que ta mère te force à les garder hyper courts.”

 

Maxime est amusé quand il commente, l’air de rien, “Ils sont très bien, vos cheveux. Courts ou pas courts, d’ailleurs.”

 

Le regard qu’il adresse à Sidjil met en évidence que c’est de lui qu’il parle sur cette dernière phrase. Et le sourire de Sidjil, en guise de réponse, est si extasié que même à l’écran, Elian hausse un sourcil et Manas secoue la tête discrètement, blasé.

 

Eira apparaît sur l’épaule de Maxime, petite tache blanche bien repérable. L’année précédente, ils avaient appris que son petit serpent était une femelle au nom d’Eira, serpent des blés dont la mutation magique la garde bien plus petite que l’espèce moldue.

 

Maxime leur avait également expliqué que la tache blanche dans son œil était le vestige d’une lésion, traitée magicalement, qui l’avait laissé malvoyant. Eira était née dans un refuge, et il l’avait choisie car il s’était vu en elle - dans sa couleur, sa mutation, sa vision fragile. 

 

“Eh!” Elian s’exclame en la voyant, “Max, t’es pas censé l’avoir ici! Pick va te trucider.”

 

“Pick va rien faire du tout.” fait Maxime, s’activant tout de même pour cacher Eira dans sa poche à nouveau. “Elle est sage comme une image, alors qu’est-ce que ça peut lui faire, hein?”

 

Et personne ne trouve rien à redire à ça.








Les enregistrements qu’il trouve ensuite sont du même acabit, mais Maxime est de plus en plus présent ; Elian également. C’est au cours de leur cinquième année que leur amitié devient plus officielle.

 

Et c’est une situation désespérée qui les lie encore davantage.

 

Ses parents lui offrent une nouvelle caméra, cette année-là. De meilleure qualité, et aussi  bien plus petite, plus discrète. Cette fois-ci il l’a donc attachée à sa veste pendant que Sidjil et lui traînent dans la tour d’astronomie.

 

Ils s’arrêtent net quand Elian arrive, en panique, essoufflé.

 

“Les gars! Je vous cherche depuis des plombes. Faut que vous veniez. Surtout toi, Sid.”

 

Dans l’agitation, la caméra reste allumée, filme leur course alors qu’ils suivent Elian jusqu’à la salle commune de Serpentard, puis jusqu’à un dortoir où ils retrouvent Maxime, courbé sur son lit, Eira au creux de ses mains.

 

Sa petite tête inquiète se lève vers eux. Eira ne semble pas très vive.

 

“Y’a quelque chose qui va pas, je crois.” dit-il doucement, et ses yeux s’embuent. “Elle est toute faible, elle a pas mangé depuis avant-hier.”

 

Sidjil s’avance vers lui. Et Maxime le regarde, s’adresse à lui sans attendre, “Tu peux essayer de lui parler? Lui demander ce qu’elle a? S’il-te-plaît.”

 

Bien sûr, Sidjil hoche la tête. Il prend de suite sa tâche au sérieux, s'assoit à côté de Maxime. Dans une preuve évidente de confiance, Maxime lui donne Eira, et Sidjil la tient le plus délicatement possible.

 

Maxime relève les jambes, les entoure de ses bras, pose sa tête sur ses genoux en regardant la scène de ses grands yeux larmoyants. Elian s'assoit à côté de lui, pose une main sur son épaule, tandis que Sidjil le regarde avec peine.

 

Ensuite, il s’adresse à Eira, sa voix basse émettant les sons sifflants du Fourchelangue. Faiblement, le petit reptile semble lui répondre.

 

Tous les observent, entre impatience et fascination.

 

“C’est sa bouche, qui lui fait mal.” dit gentiment Sidjil, “Elle s’est blessé en mangeant sa proie, avant-hier.”

 

Maxime se redresse, demande précipitamment, “Mais- mais ça lui fait mal comment? Faut que je lui donne des proies déjà mortes, maintenant qu’elle vieillit, c’est ça? Est-ce qu’elle va s’en remettre?”

 

Plein de doutes, Sidjil s’adresse de nouveau à Eira, avant de confirmer, “Je pense qu’elle devient plus fragile maintenant, oui. Et- et ça devrait aller, c’est sûrement juste un abcès, mais on devrait l’emmener à Delort. Elle saura sûrement comment aider, c’est son domaine.”

 

Maxime hoche la tête, essuyant quelques larmes. L’atmosphère se détend quelque peu.

 

“Manas,” fait Sidjil, “Ta caméra…”

 

“Oh!” sa propre voix s’élève, alors qu’il commence à toucher la caméra et que le point de vue s’agite, “J’ai oublié, pardon! Je peux supprimer ça tout de suite.”

 

“Non, c’est pas grave.” Maxime secoue la tête. “Maintenant qu’on sait que ça ira. Pas vrai?”

 

La question est adressée à Sidjil, comme une demande de réassurance. Celui-ci lui offre immédiatement.

 

“Oui, oui. Ça va aller.”

 

Maxime l’observe un instant de plus, avant de le prendre dans ses bras, le serrant en se cachant dans son cou.

 

“Merci, Sidjil.” chuchote-t-il.

 

Sidjil se contente de passer un bras autour de lui, abasourdi et ravi. Dans son autre main, Eira s’est roulée en boule, confortable et fatiguée.








La suite des vidéos de cette cinquième année met bien en évidence leur rapprochement.

 

Leur duo est toujours fort, omniprésent. Mais la majorité du temps, quand ils sont hors des dortoirs et de la salle commune de Gryffondor, ils retrouvent les deux Serpentards - pour traîner, discuter, et surtout faire les idiots, ravis de se découvrir davantage.

 

Apprendre à se connaître cette année-là ne leur permet pas de se concentrer entièrement sur leurs B.U.S.E., mais ils parviennent tout de même à en obtenir suffisamment pour être satisfaits. Elian, lui, s’était bien amusé de leur panique à l’approche des examens, étant donné qu’il en avait été libéré l’année précédente. Bien sûr, c’est Maxime qui brille parmi eux, avec ses 8 BUSE et ses deux Effort Exceptionnel.

 

Sidjil passe son temps à chanter ses louanges. Même des années après, Manas en lève les yeux au ciel.








Leur sixième année ne fait que renforcer cette nouvelle amitié. Les enregistrements sont constamment animés d’éclats de rire, de mises en scène douteuses, d’utilisations inadaptées de leur savoir magique. Leurs discussions oscillent entre taquineries au sujet de leurs maisons respectives, échanges autour du monde moldu qu’Elian et Maxime ne connaissent que très peu, et partage de leurs vécus respectifs. Ils passent aussi, bien sûr, beaucoup de temps à s’attirer des ennuis ; mais ils le font avec plaisir et dignité.

 

Dans sa sélection, Manas se concentre davantage sur tous ces instants volés où Maxime et Sidjil continuent de se rapprocher, de former un lien qui leur est propre. Les regards appuyés, les cachotteries qui ne font rire qu’eux deux, leur complicité évidente. Maxime qui aide Sidjil en sortilèges, Sidjil qui lui apprend un peu de Fourchelangue. Maxime déjà appliqué à le faire craquer de bien des manières, Sidjil déjà dévoué corps et âme à son bien-être.

 

Elian et lui-même qui s’adressent secrètement à la caméra pour former leurs paris sur le futur de leur relation - le premier baiser, la vie à deux, le mariage.

 

Manas s’amuse également à enregistrer Sidjil quand il ne fait que de geindre à propos de Maxime - parce qu’il est adorable, et qu’il ne sait pas quoi faire, ni pourquoi Maxime s’amuse autant à le taquiner, ni ce que signifie vraiment leur flirt subtil et constant. Et parce qu’il-

 

“-l’aimes beaucoup, beaucoup, beaucoup, mais t’es pas amoureux.” complète Manas avec une ironie évidente, “Bien sûr, Sidjil.”








Tout le monde sait ce qu’il en est vraiment, sauf eux peut-être.

 

Leur ambiguïté s’installe dans le temps, tant et tellement qu’au cours de leur septième année même leurs camarades savent ce qui se trame.

 

Alors sur les vidéos, ce sont également les autres Gryffondor qui les regardent du coin de l’oeil en souriant, ou qui roulent des yeux, exaspérés.

 

Avec le temps, Maxime a pu davantage trouver sa place parmi les autres élèves, qui ont appris à calmer leur méfiance envers celui qu’ils avaient jugé comme trop réminiscent des travers passés de sa maison. Mais certains restent fiers et durs, et il se sent toujours plus à l’aise près d’eux, ou des quelques amis qu’il a pu se faire chez les Serpentards et les Serdaigles.

 

Il a bien eu besoin de cela, sans Elian aux alentours.

 

Revenir pour une dernière année sans sa compagnie a été synonyme de beaucoup de peine, surtout chez Maxime. Bien sûr, Sidjil s’est tellement appliqué à égayer ses journées et à reprendre le rôle protecteur d’Elian que cela l’a forcément aidé.

 

Puis ils ont appris à rester liés à lui autrement, et à s’habituer à son absence.

 

Manas doit porter un peu la chandelle, mais ça ne le dérange pas tellement. Il en profite, à l’écran, pour briser le quatrième mur avec des regards appuyés et s’amuser de sa propre situation.

 

Et puis, toute cette patience finit par payer.

 

Le programme des vacances de Noël lui met déjà la puce à l’oreille. Ils rentrent tous chez eux pour la première semaine, pour Noël. Mais Maxime et Sidjil, eux, retournent à Poudlard pour la deuxième. De fait, ils passeront le nouvel an ensemble.

 

Et, globalement, seuls. Dans l’ambiance douce du château pratiquement vide. Dans le décor enchanteur et apaisant de Poudlard enneigé.

 

“Intéressant…” murmure-t-il près de la caméra, quand ils en parlent.

 

“Quoi?”

 

“Nan, rien.”

 

Il prend soin de ne pas prévenir, quand il doit finalement revenir un jour plus tôt que tout le monde.

 

C’est là qu’est sa meilleure séquence, encore à ce jour. Il en a le préssentiment en arrivant. Et ne se trompe pas.

 

La vidéo débute quand il rejoint la salle commune des Gryffondors. On le voit poser ses affaires, saluer quelques jeunes élèves déjà de retour. Puis faire son chemin, discret au possible, jusqu’au dortoir qu’il partage avec Sidjil, Jordan et Théodort.

 

Quand il ouvre la porte, l’angle de caméra ne permet pas de voir ce qui le fait immédiatement réagir dans un cri chuchoté.

 

“Putain, j’en étais sûr! J’en étais sûr!”

 

Faisant le moins de bruit possible, on le voit placer la caméra sur le bureau qui longe le lit de Sidjil.

 

Et qui permet de le voir dormir enchevêtré à Maxime sous ses draps. La pauvre Eira s’est enroulée près de la tête de Maxime, mais le lit simple n’est clairement pas adapté pour les accueillir tous les trois, aussi petits soient les invités.

 

“Trop mignon…” chuchote Manas à la caméra, avant de se placer face à eux, bras croisés, dans un effort de mise en scène.

 

Puis il se racle la gorge bruyamment.

 

Maxime ouvre les yeux. Les écarquille, même, en le voyant là. Il se redresse rapidement, tapote le bras de Sidjil jusqu’à ce qu’il se réveille.

 

“Putain!” fait-il en se redressant à son tour et en devenant rouge pivoine, “Manas!”

 

“Lui-même.”

 

“Qu’est-ce que tu fous là, bordel?”

 

Maxime est caché dans ses mains, et malgré son envie pressante d’éclater de rire, Manas se doit d’assurer son rôle accusateur et outré.

 

“Nan, vous, qu’est-ce que vous foutez? Ça va, on vous dérange pas, les petits cachotiers? Z’avez pas honte?”

 

“C’est… on est juste…”

 

“Tut-tut-tut. Pas d’excuse à la con. Tout est très clair. Limpide, même. Et cette pauvre Eira qui doit assister à ça… vous pourriez au moins squatter le dortoir de Maxime, qu’elle ait son terrarium.”

 

Les regards se tournent vers elle, éveillée mais immobile. Comme à l’écoute de ce qui se dit.

 

“Ça la dérange pas…” fait Sidjil, faiblard, “Je crois.”

 

“Et puis on- on faisait que dormir.” se justifie Maxime.

 

“Et il y a Seb, dans son dortoir.”

 

“Mh-mh. Bref. Epargnez-moi vos histoires dont je n’ai que faire…”

 

Sidjil semble commencer à perdre patience face au personnage qu’emprunte Manas, alors que Maxime réprime un sourire.

 

“Manas.”

 

“Ramener un Serpentard, ici, dans nos lieux… quelle indignité… quand les autres sauront, tu seras jugé-”

 

Manas.”

 

“-et mis aux cachots… enfin non, pas aux cachots, ça te rapprocherait de ton amant. Mais tu seras jugé, et crois-moi, je leur apporterai toutes les preuves que j’ai en ma possession…”

 

La formulation semble faire réaliser l’entourloupe à Sidjil, qui jette un oeil autour de lui jusqu’à trouver la caméra.

 

“Enfoiré!” s’exclame-t-il en se levant, Manas éclatant enfin de rire et l’empêchant d’attraper la caméra, “T’as filmé ça!”

 

“Oui!” Manas confirme alors qu’ils luttent, “Oui, j’ai filmé ça! Les gens doivent savoir!”

 

Il glousse à n’en plus finir alors que Sidjil ne parvient plus à retenir ses propres rires, qu’il étouffe au plus vite en le rejetant. “Bon, casse-toi, Manas, c’est bon.”

 

Derrière eux, Maxime les regarde comme il regarderait une vidéo divertissante, le sourire aux lèvres, Eira désormais nichée sur ses genoux.

 

Ne se doutant aucunement que c’est cette même scène qui deviendrait une vidéo divertissante, un jour.

 

Sidjil se rassoit près de lui alors que Manas récupère sa caméra, qu’il pointe sur Maxime. “Et toi, le serpent. Toi, pas elle. Et ben toi… ben j’ai rien à dire, en fait. Franchement, bien joué.”

 

Maxime sourit, son oeil taché de blanc brillant de malice. “Merci.”

 

Sidjil le regarde, secoue la tête avec affection.

 

“Allez, je m’en vais de ce pas prévenir Elian de votre méfait.”

 

“Ah bon?” Sidjil hausse un sourcil. “Et comment?”

 

“Par feu parlant, bien sûr.”

 

“Tu détestes faire ça.”

 

“Aux grands maux les grands remèdes.”

 

“Ca a rien à voir avec la situation.”

 

“Oui. Bref.” écourte-t-il. “Avant de partir, les amoureux… un petit bisou, pour la caméra?”

 

Sidjil s’insurge. “Ah parce que c’est normal, ça, comme demande! C’est pas pervers du tout.”

 

“Rien de pervers. Juste de la documentation. Tout le monde l’attend, le bisou.”

 

“Personne a jamais vu nos vidéos.”

 

“Ça viendra. Et ils voudront voir-”

 

Simple et efficace, Maxime tire un peu sur le t-shirt de Sidjil, pose un baiser rapide sur ses lèvres.

 

“Allez.” dit-il ensuite, “Casse-toi, Manas.”

 

Manas ne peut que glousser à nouveau - face à l’attitude de Maxime, sa propre victoire, et l’air énamouré de Sidjil.

 

“Ridicule…” fait-il, en zoomant sur le visage de Sidjil.

 

Celui-ci atteint enfin ses limites, et la vidéo prend fin après que Sidjil l’ait poussé jusqu’à la sortie et lui ait claqué la porte à la figure.









Le reste de l'année permet de documenter de nombreuses preuves de leurs méfaits amoureux. Manas en inclue quelques unes. L'affection débridée qu'ils partagent, les calins, les bisous, les sorties à Pré-au-Lard durant lesquelles Manas s'assure de leur laisser du temps à deux. La façon dont Sidjil ne cache plus, en aucun cas, son admiration débordante, et la façon dont Maxime ne cache plus, en aucun cas, le plaisir qu'il prend dans cette relation spéciale qui les lie.

 

Globalement, il a tout ce qu’il lui fallait. Bien sûr, il ne peut pourvoir d’enregistrements sur tout ce qui a fait suite à Poudlard. Il ne peut inclure les rendez-vous, les introductions aux familles respectives, l’emménagement et les promesses.

 

Mais il a bien assez pour que le résultat ait son petit effet.

 

Il enregistre sous un nouveau nom. L'icône s’actualise.

 

mariage.mov

 

Il ne manque plus que les effets et les musiques.

 

“Elian va péter son crâne.” se chuchote-t-il à lui-même. “C’est pas sa foutue pensine qui va faire chialer tout le monde le jour J.”

 

Notes:

BONNE ANNEEEEEE !!!!

j'espère que ce petit os sans prétention aura pu plaire

et surtout @ Pomme j'espère qu'il te plait mv <3 merci pour tout tout tout enfin on se sait...

à très bientôt for more fun, sur bad idea ou sur d'autres djilsime aventures!

 

EDIT très important parce que j'ai oublié comme une bolosse !!!! : tout cet OS part d'idées qu'on a échangées toutes les deux et non pas que de mes idées !!! donc Pomme aussi a du mérite ici :3

 

(le titre vient de : not a lot, just forever - adrianne lenker)