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Summary:

Neji est alité, encore convalescent d'avoir frôlé la mort durant la Quatrième Grande Guerre Ninja.

Le pire, ce sont les dégâts psychologiques qu'ont fait l'illusion de Madara. Le pire, c'est le réveil, après avoir mené la vie idéale.

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February Ficlet Challenge – Jour 3 : Camp | Canon Divergence

Work Text:

L’ensemble du corps de Neji était douloureux. Les pieux qui l’avaient transpercé avait causé suffisamment de dommages pour le laisser à l’article de la mort et il n’avait dû sa survie qu’à la chance, une fois de plus.

Quand il était devenu shinobi, il s’était préparé à l’idée qu’il mourrait sûrement en protégeant son village, mais il n’aurait jamais imaginé que, par deux fois, il aurait été mortellement blessé par quelque chose de long et pointu.

Cela faisait maintenant des semaines entières qu’il était hospitalisé dans la chambre à côté de celle de Naruto. La convalescence était longue et son moral n’était pas toujours au fixe.

C’était la chance qui lui avait permis de réchapper à la mort et Maître Gai avait eu raison sur toute la ligne en prétendant que la chance aussi était à prendre en compte dans son entraînement de shinobi.

Et cette fois-ci, il pensait sincèrement qu’il avait épuisé tous les stocks disponibles. Il n’y aurait pas de troisième fois, avait dit Tsunade.

Elle aussi était au bout du rouleau. Madara Uchiha avait fait des ravages. Et ils étaient au-delà du physique.

Parfois, Neji se demandait si le vieux fou n’avait pas eu raison et s’il n’aurait pas mieux valu vivre dans le rêve jusqu’à en mourir. L’aperçu qu’il avait eu de cette existence idéale l’avait laissé songeur, presque soucieux.

Quand il en avait émergé, il avait dû encaisser une nouvelle fois le choc de la mort de son père et la distance qu’Hinata mettait dans leurs rapports. Il avait dû faire avec l’idée qu’il n’était pas réputé pour être le plus grand utilisateur de dojutsu et il avait dû faire le deuil de cette équipe de genins qui n’existait pas.

Il soupira et tenta de se déplacer un peu, pour que la couverture rêche frotte moins sur ses plaies qui cicatrisaient.

Pire encore que tout ce qu’il avait énuméré en silence, Neji devait à présent faire le deuil d’une relation amoureuse avec Naruto. Il n’avait même pas conscience, avant Madara, qu’il éprouvait ce genre de sentiments pour lui.

Mais ces quelques minutes, quelques heures dans le monde réel, avait duré des années pour lui et il avait vécu les débuts balbutiants de cette relation, l’ensemble de leurs premières fois et l’avènement du Septième Hokage.

Au réveil, on lui avait annoncé que rien n’était vrai et qu’il devrait apprendre à vivre avec l’idée que ce qu’il avait ressenti, tout ce bonheur, n’était qu’une illusion.

— Je vous envie, grommela Naruto qui était là depuis un moment, plongé dans ses pensées. Vous qui avez vécu l’illusion de Madara.

Neji n’avait pas vraiment la force de mener une discussion et d’ordinaire, il laissait Naruto parler seul. C’était réconfortant et familier. Le fruit d’une illusion.

— Vraiment ? grommela-t-il sans croiser le regard de Naruto. Nous avons vécu la vie idéale et elle nous a été prise. Que peux-tu trouver d’enviable dans une telle situation ?

— Tu sais ce que tu dois poursuivre pour être véritablement heureux, répondit Naruto avec un sourire palot qui ne lui ressemblait pas.

C’était son sourire de doute, celui qu’il avait quand il n’était pas sûr de la voie qu’il empruntait. Et ça aussi, Neji l’avait appris dans le rêve. Il ne répliqua pas, lissant la couverture du bout des doigts.

— Quel était ton rêve, Neji ?

La question était innocente et curieuse, mais elle mit Neji mal à l’aise.

— Les trucs habituels, esquiva-t-il.

— J’ai du mal à croire que tu coures après l’argent et la gloire, soupira Naruto. Kiba était devenu Hokage dans son rêve. Il croit encore un peu qu’il a l’autorité qui va avec, donc il essaie de convaincre tout le monde que les chiens sont sacrés par décret du Hokage. C’est bizarre, non ?

Neji baissa les yeux et croisa les mains pour les empêcher de se lever par réflexe pour caresser les cheveux blonds qui luisaient au soleil. Il finit par secouer la tête.

— Moi-même, je peine quelquefois à bien définir les limites entre ce qui était de l’ordre de l’illusion et ce qui est. Je surprends à me dire que mon père attend mon retour.

Sa voix s’étrangla un peu et Naruto détourna le regard, gêné.

— Ah… Je…

Le grand vainqueur de Madara ne prolongea pas sa phrase et passa une main dans ses cheveux, attirant de nouveau le regard de Neji dessus.

— Mais ce n’est pas le pire, confessa l’alité. Ça, je sais que ce n’est pas vrai. Je sais que mon père est mort et qu’il ne reviendra pas. C’est le reste, le problème. Les incertitudes. J’avais… J’étais avec quelqu’un dans le rêve. Une personne partageait ma vie depuis des années. Et c’est difficile de démêler l’illusion du reste.

Naruto fronça les sourcils et examina le visage de Neji avec attention.

— Alors fais en sorte que cette personne t’aime ? demanda-t-il. Ça ne devrait pas être compliqué, si ?

Neji haussa les épaules, refusant d’y réfléchir. Arriver à se frayer un chemin dans le cœur de Naruto, à présent que Sasuke était de retour, lui paraissait insurmontable. Naruto ne parut pas noter le trouble de Neji et il se trémoussa sur son siège.

— Avant, je rêvais que les villageois me reconnaissent à ma juste valeur… Puis j’ai voulu que Sakura m’aime bien… Puis j’ai souhaité de toutes mes forces que Sasuke rentre à Konoha. Maintenant que j’ai tout ça, je ne sais pas quoi rêver de plus. Je me demande si le rêve de Madara aurait pu être un grand voile noir, pour moi.

— Tu cherches de l’inspiration, alors ? comprit Neji. De quoi rêvent donc tous ces gens qui pourraient t’indiquer le chemin ?

Le blond hocha la tête, l’autre sourit.

— D’accord… Dans mon rêve, Hinata et Hanabi étaient comme des sœurs pour moi. Nos pères dirigeaient le clan Hyuuga ensemble et je formais une équipe de genins. J’avais épousé la personne que j’aime et…

Il hésita, puis se jeta à l’eau.

— Lui et moi, on dirigeait Konoha ensemble, dans une ère de paix prospère.

— Je ne savais pas que tu voulais devenir Hokage !

Évidemment, c’était la seule chose que notait Naruto. Peu importait le masculin, à ses yeux, peu importait le désir profond de Neji de former la prochaine génération pour leur éviter les erreurs qu’il avait commises.

— Je ne le souhaite pas. J’étais l’époux du Septième Hokage.

Naruto inclina la tête, pensif.

— Donc si je deviens le Septième Hokage, tu m’épouseras ?

Finalement, Naruto repoussa sa chaise et se leva.

— Je dois y aller, j’ai encore beaucoup de travail pour devenir Hokage. Merci d’avoir redonné du sens à mon but !

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