Work Text:
C’était la quatrième semaine d’affilée que Shisui se retrouvait coincé à l’école à cause de Yahiko. En tant que représentant des élèves et délégué des dortoirs Sud, c’était sa responsabilité de surveiller les élèves-ingénieurs collés. Et d’ordinaire, ça ne lui posait aucun problème.
Mais c’était la quatrième fois que Yahiko trouvait le moyen de se faire réprimander par les enseignants et c’était inhabituel, pour le 5e Année. Shisui était deux années en-dessous, délégué depuis sa deuxième année, mais il n’avait jamais vu Yahiko passer autant de temps en retenue.
Ça l’inquiétait un peu. Yahiko était un peu turbulent, mais il ne franchissait jamais les limites de l’acceptable. Ça lui donnait une aura de rebelle au cœur tendre qui faisait fondre le cœur de toutes les femmes partageant leurs cursus.
(Et le tien, précisa une voix dans sa tête qui ressemblait suspicieusement à celle d’Itachi).
Yahiko ne travaillait pas pendant les retenues. Il passait tout son temps tête basse, ou à regarder par la fenêtre. Sans un mot.
Vraiment pas comme d’habitude.
Prenant le taureau, par les cordes, Shisui se leva pour se placer devant le bureau qu’occupait Yahiko, s’accroupissant pour que leurs regards se croisent. Pour tenter de briser la glace, Shisui s’essaya à la plaisanterie :
— Tu sais, c’est pas la peine de te faire coller si tu veux passer du temps avec moi, il suffit de me demander.
Au lieu de faire sourire Yahiko, cette plaisanterie le fit se tendre, alors qu’il voûtait son dos.
— T’es pas très accessible, faut dire, marmonna Yahiko. Je me disais que si on était que tous les deux, ce serait plus facile.
Confus, Shisui papillonna des cils, ne comprenant pas vraiment ce que le 5e Année disait. Il sentait que c’était totalement sérieux, parce qu’il connaissait Yahiko après toutes ces années à l’observer et l’admirer. Mais il était incapable de concevoir le lien entre sa plaisanterie et ce que disait son aîné.
— Et nous voilà, quatre semaines après, et je suis toujours incapable de te demander, grogna Yahiko, visiblement furieux contre lui-même.
— De demander quoi ?
— De sortir, répondit le rouquin en enfouissant son visage dans ses bras. Avec moi. Pour le bal de promo, la semaine prochaine. Parce que tu me plais.
Ah. Shisui sentit sa bouche s’ouvrir sous le choc. Il tenta d’avaler une grande goulée d’air pour donner une réponse, mais, au lieu de dire « Évidemment que je vais aller au bal avec toi, arrête d’être collé tous les samedis, je suis censée aller au handball à ce moment », il ne put que baragouiner quelque chose qui ressemblait à « mesheshe » et il souffla un grand coup pour pouvoir fournir une réponse intelligible.
— Demande, insista-t-il. Arrête d’être collé tous les samedis. J’ai mon entraînement de handball le samedi et le rater toutes les semaines ne me met pas dans de bonnes conditions pour dire oui. Mais la réponse sera oui.
Quand la cloche résonna, Shisui se releva et se dirigea vers le bureau près duquel il avait posé son sac et il y fourra toutes ses affaires avec précipitation. Avec un peu de chance, il pourrait encore assister à une partie de l’entraînement.
Il ouvrit la porte de la salle et se jeta presque à l’extérieur :
— J’attends ta demande, lança-t-il au vol.
