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Trébuchons ensemble

Summary:

C'était juste tous les deux, rien que tous les deux. Il était temps de parler d'avenir. Le problème, c'est qu'ils ne pensaient pas au même.

Notes:

Par un enchaînement que je peinerais à raconter, je suis retombé pour le fandom Naruto. Et, la KKOB Valentine !

Je vais tenter d'écrire aussi sur les autres thèmes, mais je devais au moins en placer un à la bonne date.

On passe en +12 parce qu'Obito perd patience.

Disclaimer : L'univers de Naruto appartient à Masashi Kishimoto.

Bonne lecture !

Thème : knees (genoux)

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Un étrange pressentiment ne lâchait plus Kakashi depuis des jours.

Au travers de sa carrière de shinobi, il avait appris à les trier selon leur degré d'urgence et, surtout, à leur faire confiance.

Mais il n'était actuellement pas en mission.

D'ailleurs, il ne l'avait pas été depuis des jours, maintenant qu'il y pensait… Mais il était loin de s'en plaindre.

Du coup, il se retrouvait harcelé par ses instincts alors que la situation la plus aventureuse des derniers jours avait été d'accepter l'invitation de Rin à dîner.

Heureusement qu'elle avait opté pour une carrière de médic-nin. Avec elle, les intoxications alimentaires ne duraient pas longtemps…

Soupirant à ce triste souvenir, il se frotta le ventre pour chasser l'inconfort fantôme, poussant la porte de leur appartement.

Il eut la surprise de reconnaître les chaussures d'Obito dans l'entrée, alors qu'il y déposait les siennes.

— Je suis rentré ?

Arrivant dans le salon, il l'aperçut affalé, la tête sur le bras, observant quelque chose dans sa main.

— Obi ?

Sursautant, celui-ci se redressa brusquement, l'objet de son attention disparaissant de sa vue, alors qu'il affichait l'air innocent le plus factice qu'il n'avait jamais vu.

Même Naruto contrôlait mieux ses expressions faciales !

Fronçant les sourcils, Kakashi s'approcha de lui, tenaillé par son pressentiment.

— Tu es déjà là…

— Oui, c'est une journée calme, répondit Obito. Je me suis dit que je pouvais rentrer plus tôt…?

Méfiant, il se rapprocha tout de même, l'embrassant sur le front avant de ranger les courses dans la cuisine.

Obito, lui se retourna sur sa chaise, l'observant se déplacer entre les placards, se mordillant les lèvres sous les poids du doute.

Invoquant rapidement Kamui, il y enfouit le sachet qu'il camouflait dans sa poche, offrant un grand sourire crispé lorsque Kakashi se retourna à la fluctuation de chakra.

Il alla le rejoindre une fois fait, l'embrassant sur sa joue masquée, l'enlaçant d'un bras.

— On pourrait manger dehors, pour l'occasion ?

— Tu proposes ça uniquement parce que c'est ton tour de cuisiner, ce soir.

— Mmh, oui, aussi.

Malgré ses mouvements, Obito appuya sa tête contre son épaule, souriant affectueusement, pour rien de particulier, juste heureux d'être là, avec lui.

— Mais j'ai quand même envie de passer une soirée en amoureux, avec toi.

— On peut aussi la passer ici.

Habitué à son boulet, le jōnin s'était dirigé vers l'évier, lavant les légumes malgré la demi étreinte, désintéressé.

— Tu n'es pas drôle, bouda-t-il.

De sa main libre, il enfonça son index dans la joue masquée, à plusieurs reprises, gonflant les siennes.

— Maa, ce n'est pas ce que tu dis, d'habitude.

Il cessa de le taquiner, dégonflant les joues et observant placidement le ballet de ses mains sous l'eau, savourant simplement leur proximité.


Anxieux, Obito se vérifiait dans le miroir avec un excès de précautions auquel il n'était pas habitué, mais il était incapable de s'en empêcher, luttant avec une mèche rebelle qui avait décidé que c'était le bon moment pour attirer l'attention. Il passa ensuite à son cache-œil qui glissait, puis ce fut au tour de son haori qui était de travers…

— … On ne va pas manger des ramen ?

Figé dans l'entrebâillement de la porte de la salle de bain, Kakashi fixait son partenaire d'un œil rond. Ou, plutôt, il fixait son choix de tenue.

— C'est nouveau ? Je n'ai pas le souvenir de l'avoir vu avant…

Il se rapprocha, tandis qu'Obito se retournait pour lui faire face, nerveux.

Un peu déçu, il constata que Kakashi avait une fois de plus revêtu son uniforme, bien que sans le gilet de protection, et son bandeau frontal remplacé par son propre cache-œil.

— Euh, oui, je suis allé le récupérer à l'enceinte Uchiwa, la semaine dernière.

— On fête quelque chose ?

Tendu, Obito n'osa plus respirer alors que Kakashi pinçait les bords du col afin de l'équilibrer correctement. Il passa le plat de la main sur le tissu coûteux, appréciant la sensation contre sa peau nue.

— J'avais pensé à ce super restaurant, de l'autre côté de la ville, bafouilla son compagnon.

— Il va falloir être un peu plus précis.

Les sourcils froncés, il continua de redresser le vêtement.

En général, Obito savait compenser son angle mort, mais l'ensemble iro-montsuki-bakama devait être trop éloigné de sa routine, étant donné le déséquilibrage de chaque élément.

Sous les touchers légers de ses doigts, Kakashi pouvait sentir les muscles et les tendons tendus, traduisant une nervosité qui n'avait aucune raison d'être.

Cette réalisation ne fit qu'accroître sa propre fébrilité, et tout juste perçut-il le marmonnement de son partenaire, désignant une enseigne dont le plat le moins cher sur la carte équivalait à presque un an de son meilleur salaire.

Ses sourcils plongèrent plus encore, au contraire de son anxiété.

— On fête quelque chose ? Répéta-t-il.

Mais Obito se fit un devoir d'éviter un regard alors qu'il se reculait, satisfait de son travail.

— J'en ai trop fait, je suis ridicule, grogna-t-il en tirant sur son himo.

Saisissant ses mains des siennes, Kakashi les en écarta.

— Tu n'es pas ridicule, tu es magnifique. Tu portes toujours très bien les tenues de cérémonies.

— Flatteur.

Ils partagèrent un baiser rapide, avant que le jōnin ne recule.

— Je doute qu'ils me laissent entrer comme ça, reprit-il. Mais je n'ai rien de mieux…

— Et dans les affaires de ton père ?

Sakumo était généralement un sujet tabou, mais Obito n'avait pas l'intention d'annuler ou modifier ses plans pour un détail vestimentaire.

Déjà qu'il avait dû pratiquement se battre avec Fugaku pour obtenir sa permission, puis cette foutue tenue…

Mais merde, il était le cinquième Hokage, plus un genin de dix ans !

— Oui, sans doute. Mais il va falloir fouiller, on va être en retard.

— C'est bien la première fois que ça te pose problème…

Ne pouvant s'en défendre, Kakashi se contenta d'attraper une poignée de cheveux noirs pour tirer dessus.

Giflant sa main, Obito s'écarta de sa prise et se recoiffa, se dirigeant vers l'entrée.

— Partons maintenant. Plus tôt on s'y met, plus tôt on aura fini !

Peu convaincu, son compagnon lui emboîta le pas, les mains dans les poches.

Cette soirée lui plaisait de moins en moins…


Entre le suicide de son père et son propre départ de la maison familiale, les affaires étaient restées là où elles avaient été rangées à l'époque.

Cette rangée d'habits n'attendaient qu'à être portée était semblable à un mur infranchissable, une barrière interdisant à Kakashi de la briser.

Plus pragmatique, Obito fouillait dans la commode, ouvrant les tiroirs un à un.

— Trouvé ! S'exclama-t-il.

Arraché de ses pensées sombres, il se détourna du placard pour les pochettes brodées extirpées du meuble.

— Tu devrais y trouver ton bonheur !

Il quitta la chambre sur ces mots, lui donnant un semblant d'intimité. Le laissant au milieu de la poussière et des fantômes…

Retournant à sa charge, Kakashi ouvrit quelques pochettes, y jetant un œil, sans conviction.

Il avait peu de souvenirs de l'époque où il avait encore de la famille, et encore moins de son père portant autre chose que son uniforme. Les aperçus ne lui disaient rien, et il s'y connaissait trop peu pour se sentir à l'aise.

Sélectionnant un ensemble au hasard, il rangea les autres et entreprit de se changer.

Lorsqu'il croisa enfin son reflet, son expression prit une teinte amère alors que c'était son père qui l'y fixait.

Afin de briser la ressemblance, il retourna le cache-œil, révélant la cicatrice barrant verticalement son visage, sa paupière se relevant pour afficher le Sharingan.

Satisfait de cette parade, il se pencha pour soigner les derniers détails.

Le haori était d'un tissage beige et marron assez simple, et sa doublure en soie représentait des éléments de jardin dans des tons ivoires.

Le kimono et l'obi étaient plus sobres, et ce fut en les refermant qu'il se rendit compte que le haori d'Obito arborait les éventails de son clan, mais lui ne possédait rien avec les kamon Hatake…

Ce détail, associé à tous les autres collectés patiemment depuis le retour de sa dernière mission, ne lui faisaient que craindre le pire.

Évidemment, Obito n'organiserait pas quelque chose clinquant pour rompre avec lui ou lui avouer un adultère, surtout en étant une figure aussi connue, au restaurant le plus luxueux de Konoha, si proche géographiquement du clan Uchiwa.

Par contre, on lui refusait une nouvelle mission, il avait reçu plusieurs convocations à l'hôpital et Obito semblait l'esquiver, surtout quand il voulait lui poser des questions à ce sujet…

Autant il ignorait les raisons de ce dîner, autant son partenaire n'aurait pas réalisé autant de frais sans une bonne raison.

Et tout ça en public, avec la possibilité d'appeler des renforts, au cas où Kakashi déciderait de lui botter le cul jusqu'à lui éjecter son projet stupide de la tête !

Signer des papiers toute la journée semblait l'avoir rendu sournois…

Recouvrant méthodiquement son visage, Kakashi alla rejoindre ce crétin dehors, refermant l'ancienne demeure jusqu'à la prochaine décennie.


Lorsque son partenaire le rejoignit, Obito en avait pratiquement les yeux brillants.

Certes, il n'avait pas fait beaucoup d'efforts et de nombreuses autres couleurs le mettraient bien plus en valeur, mais les habits avaient bien souvent comme unique fonction de décorer le sol de la chambre.

Ou n'importe où d'autre, il n'était pas très regardant !

À partir du moment où il ne finirait pas la soirée au poste, entouré des membres du clan, pour exhibitionnisme…

— Ça te va bien, le complimenta-t-il.

— Je déteste déjà mes zori, répliqua-t-il d'un ton morne.

Amusé, Obito se contenta de lui tendre la main, dont il se saisit, et d'ouvrir la marche, incapable d'empêcher le sourire ravi de tirer sur ses vieilles cicatrices.

Bien sûr, la nervosité bouillonnait dans son ventre, tel un tigre en colère, mais il restait capable de savourer le moment pour ce qu'il était, paradant fièrement au milieu des rues de Konoha avec son amant et une tenue qui criait ses intentions, plus fort que n'en serait capable Gaï.

Il était si plongé dans ses rêveries qu'il manqua de rater l'établissement, sans Kakashi pour le secouer.

L'intérieur était si guindé qu'il ne put s'empêcher de se demander si les clients étaient des êtres humains ou des marionnettes, mais il parvint à garder sa réflexion pour lui, suivant le maître d'hôtel à la salle qu'il avait privatisé pour l'occasion.

Le jōnin en eut l'œil rond à la découverte, et attendit d'être seuls pour chuchoter sa surprise.

— Mais, ça fait combien de temps que tu avais cette idée derrière la tête ? Kurenaï m'a dit qu'il faut réserver des années en avance, et juste pour une table !

— Kashi. Je suis le Hokage. Crois-tu vraiment qu'ils ont pu refuser ma demande ?

Il ouvrit son menu pour esquiver cette fois le regard courroucé.

— Même bondé, ils gardent toujours une ou deux de ces pièces pour ce genre d'imprévu.

— « Ce genre d'imprévu », répéta-t-il en, reniflant. Tout à fait toi, en effet.

Heureusement qu'il avait examiné le menu avant ce jour, Obito se trouvait incapable de se concentrer sur sa lecture, les kanji se brouillant devant son œil.

Le début du repas mêla surtout des silences et des sujets anodins, restant léger.

Mais en tant que shinobi tous les deux, en plus de se connaître depuis leur âge le plus tendre, la tension devenait de plus en plus évidente, au point de leur faire reposer leurs baguettes, l'appétit relégué au second plan.

— Qu'est-ce que tu me caches ?

Fidèle à ses habitudes, Kakashi attaqua le premier, l'air sombre.

— Le dernier budget alloué l'Académie ? Louvoya-t-il.

Mais, encore une fois, ils se connaissaient trop bien que ça passe.

— Ça, on en reparle juste après, balaya-t-il.

Croisant les doigts sous son menton, Kakashi se pencha un peu au-dessus de la table.

Il avait retiré son masque, ne le redressant qu'au passage des employés, et Obito avait du mal à se concentrer sur autre chose que la lippe boudeuse et l'éclat rapide de ses dents affûtées.

Bien plus que le grain de beauté sur le côté du menton, la dentition canine de son partenaire était une des cibles de son obsession.

Les légères pointes des incisives et des canines étaient visibles par intermittence, en un ballet vaguement menaçant mais globalement inoffensif.

À moins qu'il ne le lui demande, bien sûr…

Il ne quitta ses pensées que grâce à ses instincts, alors que Kakashi avait tendu un bras par-dessus la table, agitant la main devant son œil droit.

— Continue de dériver et je t'enfonce mes baguettes sous les ongles, le prévint-il.

Tenant un peu à son intégrité, Obito déglutit et se redressa, soudainement très attentif.

Il avait raison, de toute façon, c'était une soirée importante ! Il aura d'autres moments pour penser aux qualités de son partenaire, il pouvait bien se concentrer pour quelques heures !

— Mais, si je dérive sur toi, est-ce que j'ai droit ? Le taquina-t-il, pour la forme.

Il n'avait pas non plus prévu leur soirée heure par heure, permettant aux imprévus et à l'improvisation de se faire une place si nécessaire, mais il savait tout au moins que le dessert était le meilleur moment.

Soit l'homme de sa vie lui disait « oui » et ça aura un goût incomparable !

Soit il essuyait un refus et le plat sera plus salé que toutes les umoboshi du monde…

— Obito… le rappela la voix grondante de Kakashi.

De tendre, l'ambiance devenait graduellement menaçante.

Il était évident que les cachotteries de ces dernières semaines avaient lentement pesées sur eux et qu'il était temps de se débarrasser de ce fardeau…

Déglutissant nerveusement, Obito se redressa à nouveau et carra les épaules, tentant d'exprimer tout le sérieux qu'il mettait dans l'affaire, mais il était incapable de croiser son regard, alors il l'esquiva au profit du reflet imparfait sur la table cirée.

Quel dommage qu'il fronçait les sourcils ! Il était toujours beau, malgré tout, mais lui aurait préféré que, pour cette occasion, il soit plus détendu, aussi lumineux qu'il savait l'être pour lui…

Depuis le début de sa carrière de Hokage, Obito avait dû entraîner sa mémoire pour tous les discours obligatoires liés à sa fonction – c'est faux, il utilisait son Sharingan – et il avait préparé un texte, une déclaration, pour l'occasion.

Et, évidemment, il ne se rappelait d'aucun mot, actuellement.

S'il le pouvait, il se cognerait la tête contre le premier meuble venu…

— Kakashi, démarra-t-il.

Il leva rapidement l'œil pour évaluer sa situation et le rabaissa aussitôt, trop fébrile.

— Bien que j'aurais aimé que ça soit une journée comme les autres, une soirée comme les autres… C'est aussi un jour très spécial. Ou, en tout cas, je souhaite qu'il le devienne.

S'emparant de son éventail décoratif, il le tourna et retourna dans ses mains, tandis qu'il réfléchissait à la suite.

Il était bien parti, non ? Ce n'était pas aussi grandiloquent ou romantique qu'il l'aurait souhaité, mais c'était correct.

Comment Minato-senseï avait été capable de demander sa main à Kushina ?

Ah oui, c'était elle qui s'en était chargée, c'est vrai…

— Avant tout, je souhaite te rappeler que tu peux refuser et que ça ne changera rien entre nous, bien que j'espère sincèrement que tu acceptes…

Au fur et à mesure que les mots coulaient de ses lèvres, le reflet de Kakashi devenait plus sombre. Les traits se crispaient, le sourcil s'abaissait toujours plus.

Obito pouvait encore désamorcer la situation, faire une blague, prétendre qu'il parlait d'autre chose et s'en sortir ! Effacer le côté cérémonial de la situation et réprimer la grandeur de ses sentiments !

Mais il n'était pas devenu un shinobi, et survécu à ses premières missions, pour être un lâche.

Il ira jusqu'au bout.

Plongeant la main dans la manche ample, il invoqua Kamui rapidement.

C'était un peu ridicule, car non seulement Kakashi pouvait sentir la fluctuation du chakra, mais il avait en plus la pleine visibilité de son Mangekyō Sharingan.

Pour la discrétion, on repassera…


La nourriture était objectivement bonne.

Pour son palais de néophyte, Kakashi ne pouvait rien dire de plus.

Enfin si, il aurait largement préféré passer la soirée à discuter avec Teuchi et Ayame tout en dégustant des ramen.

La pièce était isolée phoniquement, pas que la salle était bruyante, et décorée avec goût.

Il se sentait si peu à sa place qu'il se fit la réflexion que le cimetière aurait peut-être été un décor plus chaleureux.

Bien sûr, il n'était pas seul et Obito occupait la majorité de son champ de vision, mais il exsudait de nervosité par tous les pores, ne faisant qu'empirer son propre état.

Les éventails jumeaux sur le col le troublait, attirant régulièrement son œil.

En-dehors de leurs symbolisations claniques, ils devaient se trouver là pour une bonne raison, non ? Il avait déjà assisté à des réunions de kunoichi se disputant à ce sujet, lors de préparations pour des missions sous couverture.

Tout était détail, et les détails étaient tout.

Un truc du genre…

Obito était rarement élégant, hormis les occasions spéciales exigeant sa présence de Hokage, et il portait chapeau et robe à ce moment.

Il ignorait donc à quel point cet idiot pouvait exsuder un charme quasi magnétique dans une tenue formelle aux marques de son clan, les traits génétiques ressortant avec netteté.

Enfin, quand il gardait un air sérieux, car il perdait tout ça quand il se mettait à sourire comme l'imbécile qu'il était…

Au moins, lorsqu'il le faisait, Kakashi était rassuré malgré lui : c'était bien son amant et non un clone bizarre !

Les plats avaient des noms impossibles à enregistrer, et les minutes qui s'écoulaient à parler de la météo des derniers jours commençaient à détruire le peu de patience qu'il lui restait.

Alors, il prit les devants, et accula Obito.

Sans surprise, celui-ci chercha à esquiver, ce qui ne fit qu'accroître ses inquiétudes.

En-dehors de son poste, le gars était un livre ouvert, facile à lire et à cerner, mentant aussi mal qu'un pré-genin.

Pour qu'il y mette autant d'efforts…

Finalement, il eut l'air de se ressaisir et de cracher le morceau. Par réflexe, Kakashi retourna les baguettes dans ses mains, prêt à les utiliser comme armes au besoin.

Quand Kamui fut invoqué et qu'Obito fouilla faussement dans sa manche, il n'attendit plus longtemps et sauta par-dessus la table, plaquant ce crétin contre le mur, son propre Sharingan au clair, le bout émoussé des couverts contre la carotide découverte par le kimono coûteux.

— Je t'interdis de me mettre au rebut, siffla-t-il.

Avec cette proximité, il put le voir déglutir.

Ils savaient tous les deux qu'il lui suffirait d'une seconde pour se rendre intangible ou pour quitter la pièce. Mais il ne le fit pas, plongeant plutôt son œil dans le sien, rosissant légèrement.

— Je crois qu'il y a un malentendu. Tu permets ?

Maladroitement, il agita son poing droit dans son champ de vision, tentant d'attirer son attention.

Kakashi y jeta un œil mais revint aussitôt au visage de son amant, à peine détendu.

— Un malentendu ? On me refuse des missions, l'hôpital m'a fait subir un check-up complet, j'ai bientôt vingt-cinq ans, tu m'évites quand je te demande la raison, et tu parles d'un malentendu ?

Il resserra sa prise sur ses armes de fortune et sa prise sur le vêtement, dénudant ses crocs sous l'émotion.

Il n'était plus inquiet ou nerveux. Il était furieux.

Un grondement animal retentit dans la pièce, et il se rendit compte avec retard qu'il en était l'émetteur.

Mais Obito ne semblait pas se sentir en danger. Il était nerveux, oui, mais comme il l'était depuis son retour à la résidence Hokage.

Il le connaissait depuis assez longtemps pour savoir que cet idiot dépourvu d'instinct de survie était actuellement excité par la situation actuelle.

Bizarrement, au lieu de s'en vexer ou de renforcer son énervement, cette conclusion l'apaisa en partie.

— J'ai littéralement ta vie au bout de mes doigts, chuchota-t-il. Et toi, tu bandes ? Sérieusement ?

Ne se sentant absolument pas coupable, Obito lui répondit d'un sourire canaille.

— Ça me rappelle un peu ton époque ANBU. Tu as gardé le masque, au fait ?

— Crétin.

Kakashi soupira, incapable de camoufler son attendrissement, et se redressa, jetant les baguettes sur la table derrière lui.

Il alla aider son partenaire à se redresser, mais celui-ci avait préféré glisser jusqu'au sol, un genou à terre, ouvrant son poing pour y dévoiler un sachet en tissu.

Le sachet qu'il avait caché à son retour, plus tôt dans la journée.

Avec des gestes lents – autant parce que ce foutu Uchiwa avait le sens de la mise en scène, comme tout son foutu clan – que pour ne pas irriter ses sens encore à l'affût, il l'ouvrit pour en révéler un anneau simple.

C'était juste une bande argentée, jusqu'à ce qu'il la tourne, dévoilant leurs blasons respectifs gravés dans le métal.

— Hatake Kakashi, acceptes-tu de m'épouser ?

Confus, celui-ci passa du bijou au visage attentif et désireux de son amant.

— Comme je te le disais : ça ne t'engage à rien. Tu peux refuser, tu peux accepter. Aucune pression.

« Aucune pression », hein ? Et il voudrait lui faire croire ça avec tous les efforts mis dans cette scène.

— Si j'accepte, commença-t-il avant de s'éclaircir la voix. Si j'accepte, ça ne change rien ? Je peux retourner sur le terrain, prendre des missions…?

— Évidemment ! Tu seras juste le mari du Hokage, une broutille.

Ils reniflèrent en chœur à la plaisanterie. Bien sûr que c'était plus qu'une bague et que les conséquences seront visibles, mais bon…

— Tu promets que je pourrai toujours…

— Oh mais merde Bakashi ! S'emporta-t-il. C'est juste une foutue bague ! Qu'est-ce que tu préfères, ta vie de shinobi ou moi ?!

Ils échangèrent un regard sans mot. Mais ils n'en avaient pas besoin.

— Réfléchis bien avant de répondre, siffla-t-il, étrécissant l'œil.

Kakashi se sentit sourire malgré lui, ému.

C'était leur dynamique de couple.

Tendant le bras, il s'empara du bijou, le glissant à son annulaire.

— Je te préviens : même la mort ne nous séparera pas. Je te hanterai jusqu'à la fin du temps.

Roulant les yeux, Obito le repoussa :

— Rends-moi la bague, j'ai changé d'avis !

Sautant hors de sa porté, le jōnin lui tira puérilement la langue, le défiant de venir chercher son bien.

— Attends pour voir ! Le menaça-t-il.

Il allait pour se lever, dégageant son iro-montsuki-bakama du passage et…

Rien.

Il réessaya.

Toujours rien.

— Kakashi ?

Le ton incertain et légèrement paniqué effaça tout amusement, son compagnon – son fiancé – surgit à ses côtés, attentif et inquiet.

— Je… ne te moque pas, d'accord ?

Fronçant les sourcils à cette demande, il hocha la tête.

— Je suis coincé, avoua Obito en s'embrasant d'embarras. Aide-moi à me relever, s'il te plaît.


— Laisse-moi voir ! Chuchota avec excitation Rin.

Complaisamment, Kakashi obéit, tendant le bras pour permettre à son amie d'examiner la bague sous tous les angles qu'elle jugerait nécessaire.

Elle émit un sifflement d'admiration alors qu'elle s'extasiait sur le jeu de lumière sur le kamon Uchiwa.

— Il s'est pas moqué de toi !

— Merci du vote de confiance, râla Obito en croisant les bras. Je suis juste là, au fait.

L'ignorant, Rin continua de s'adresser à son nouveau fiancé.

— Il t'a sorti le grand jeu, alors ? Beaux vêtements, restaurant chic, genou à terre ?

— Ah ça, pour l'avoir mis à terre, il l'a bien mis à terre.

Il observa son voisin du coin de l'œil, ricanant alors que celui-ci fulminait bruyamment.

Notes:

Si vous êtes curieux : Obito est dans l'équivalent de notre smoking et Kakashi en costard cravate. Y'en a un en pingouin et l'autre qui va en entretien d'embauche.