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Sous le ciel de ton regard

Summary:

Ç'aurait dû être une journée des plus basiques. Mais il en fut tout autre lorsqu'un inconnu aux grandes ailes noires se présenta aux portes des Hatake…

Notes:

Hier, c'était pour la KKOB Saint Valentine's Day 2026, cette fois c'est pour l'Obito-week !

Disclaimer : L'univers de Naruto appartient à Masashi Kishimoto.

Je me suis inspiré en partie de Black Bird (manga que je conseille si vous aimez les yōkai et, plus particulièrement, les Tengu), mais c'est surtout "Moon in the Day" d'Anjelle qui m'a donné l'impulsion !

Y'a des fautes, je me suis encore moins relu que pour hier, achevez-moi…

Bonne lecture !

Thème : yōkai

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Lorsque Kakashi s'était réveillé, ce matin-là, il ne s'attendait pas à grand-chose. C'était un journée comme les autres, comme toutes les autres qu'il avait vécu ces vingt-deux dernières années, et comme il en vivra toutes les suivantes.

Il n'eut pas de pressentiment particulier, pas de rêve prémonitoire, de signe…

Non. Il accompagna ses parents à la rizière, où ils passèrent la journée à désherber soigneusement les parcelles familiales, s'arrêtèrent pour grignoter les boulettes de riz préparées la veille, avant de reprendre la tâche essentielle, jusqu'au soir, où ils rentreraient pour les corvées domestiques.

Accompagnés des voisins ayant travaillé sur leurs propres terres, le trio Hatake rentrait trempé, boueux et endolori, mais c'était une étape nécessaire s'ils voulaient avoir une récolte digne de ce nom.

Rejoint par ceux de son âge, Kakashi les écouta pensivement, plus intéressé par son chien que leurs murmures, mais il était important d'entretenir de bonnes relations entre membres d'une même communauté, de ce que lui répétaient ses parents.

Alors, il tenta de participer, mais il s'était toujours senti en décalage avec eux, ou plutôt par leurs centres d'intérêts.

Ebisu rêvait d'aller à la capitale, Kurenaï et Asuma s'étaient mariés il y a deux ans, Iroha voulait devenir riche…

Sa mère répétait qu'il était une vieille âme, depuis qu'il était enfant, mais encore aujourd'hui, il ne comprenait pas pourquoi, à leur âge, ils croyaient encore à ces sujets impossibles ni ne comprenait l'intérêt du mariage ou de l'amour.

Alors, à la place, il se concentrait sur Pakkun en prétendant les écouter.

Quand le village apparut au loin, rien encore ne sortait de l' moins, jusqu'à ce qu'une silhouette n'en sorte, semblant courir en leur direction.

Aussitôt, tout le monde se mit sur ses gardes, les instruments agricoles au clair.

Ce ne serait pas la première fois que leur village soit la proie de pillage, hélas…

— Iruka ? Que se passe-t-il.

À bout de souffle et épuisé, le jeune homme agrippa la manche de Sakumo, tirant dessus alors qu'il essayait de parler, mais en vain.

— Nous sommes attaqués ?!

Gaku s'était avancé pour le saisir à son tour, le secouant, avant que son épouse ne l'apaise.

— Ha… Hatake-san, vous devez rentrer tout de suite !

Le trio échangea un regard avant d'obtempérer, partant au pas de course, abandonnant voisins et amis sur place, réclamant des réponses à un Iruka épuisé.

Quand ils dépassèrent les premières maisons, ils se rendirent compte que l'attention de tous était sur eux, amplifiant leur angoisse, avant que la raison ne leur fut révélée, par la présence d'un homme inconnu aux larges ailes noires et portant les habits les plus luxueux que personne n'avait vu dans le coin.

Surpris et fascinés, Sakumo et son épouse ralentirent avant de s'arrêter à quelques mètres de l'homme. Ne s'y attendant pas, leur fils leur rentra dedans et recula en se tenant le visage, endolori.

Une fois que la famille eut repris ses esprits, elle plongea dans un salut respectueux, ignorant leurs muscles douloureux d'avoir déjà passé la journée pliée en deux.

— Relevez-vous, les invita le yōkai.

Il les accueillit d'un sourire chaleureux et s'approcha, avant qu'un enfant doté des mêmes ailes ne surgisse et ne lui coupe la route, les bras tendus et les sourcils froncés.

— Écarte-toi du chemin, Itachi, soupira son aîné.

— Les anciens nous interdisent d'approcher des humains, et tu le sais !

— J'aimerais bien savoir comment je suis censé accueillir mon fiancé, sans l'approcher !

Oublieux de leur public, les deux Tengus commencèrent à s'invectiver, le plus grand baissant la tête en direction de son cadet.

Mais ses mots furent bien entendus et il ne fut compliqué pour personne d'additionner deux et deux, et que Kakashi s'empourpre sous l'attention conjointe de ses parents.

— Je… ça doit être une erreur, je n'ai jamais rencontré de Tengu de ma vie !

Son éclat de voix attira l'attention des deux yōkai, même s'il semblait que l'aîné ait eu gain de cause, au vu de l'expression boudeuse d'Itachi.

— Tu ne t'en souviens pas ? L'interpela l'inconnu.

Dans ses mains, l'éventail tournait et retournait, en signe de son agitation, avant qu'il n'en lève une pour tapoter sur le cache-œil ornementé barrant son visage.

Un réplique miroir de celui, plus modeste, de Kakashi.

— Tu ne t'en souviens vraiment pas ?

Par réflexe, il couvrit le chiffon de sa paume et détourna le regard un instant, avant de le regarder par en-dessous.

— J'ai bien conscience d'ignorer comment fonctionne la temporalité humaine, comparé à la nôtre, mais je n'ai aucun doute sur le fait de t'avoir déjà rencontre, il y a plusieurs de vos années.

La confiance qu'exsudait le Tengu aurait convaincu l'empereur lui-même.

Pas qu'il y ait une personne dans le pays qui aurait eu l'idée de se mettre au travers du plan d'un yōkai !

Celui-ci se rapprocha d'ailleurs d'eux, sans que ses lourdes ailes ou le tissu coûteux de son kimono ne bouge, jusqu'à ce qu'il se fende à son tour d'une profonde salutation et ne déclare d'une voix forte qui surprit toute oreille à la ronde :

— Hatake, permettez-moi d'épouser votre fils, Hatake Kakashi !

Les concernés échangèrent un regard paniqué.

La situation les dépassait, et ce à plus d'un niveau !

— Vous… voudriez-vous joindre à nous pour le dîner ? S'avança Akane.

Elle estimait que, même si tout le voisinage était maintenant au courant de toute l'affaire, il serait préférable de poursuivre cette conversation – et sa conclusion – entre les murs de leur foyer.

Le Tengu se redressa aussitôt, l'œil brillant.

— De la nourriture humaine ? Avec grand plaisir !

— Non ! Rattaqua Itachi. C'est contraire aux règles !

— Oh, fais-moi plaisir, cousin, va voler ailleurs, balaya-t-il.

Son expression renfrognée remplaça instantanément celle enthousiaste, tirant sur les cicatrices marquant la partie visible de son visage.

Malgré toute prudence, Kakashi les fixait, sourcils froncés. Sa mémoire le harcelait alors qu'il la fouillait, à la recherche de l'élément déclencheur de la situation actuelle, mais pour le moment, rien de concret.

Le Tengu attrapa son regard et lui offrit un sourire rayonnant qui le troubla tandis qu'il piquait un nouveau fard.

Assez perturbée par tout ça, la famille entra dans leur petite maison, suivie de leur invité improbable.

L'envergure de ses ailes était trop importante pour entrer de face, et il lutta contre l'obstacle, avant que son promis n'intervienne pour l'aider.

— Désolé, tout va bien ?

Les mains étrangères sur ses plumes le troubla et Obito dut prendre sur lui pour ne pas réagir violemment, serrant les dents et les poings.

Inconscient de son trouble, Kakashi lissa quelques plumes à sa porté, sans y penser, alors que le Tengu était enfin à l'intérieur, observant le logement étroit et sobre.

Du point de vue du village, c'était une grande maison assez confortable, dû au fait que la famille Hatake était pourvue de nombreux membres, mais une épidémie en avait réduit le nombre, ne laissant plus que Sakumo, son époux et leur fils, pour l'entretenir.

Mais du point de vue d'un yōkai dont la tenue devait coûter plus que tous les trésors de tout un royaume…

Kakashi prit soudainement conscience de son apparence actuelle, couvert de boue et de sueur, les habits sales et trempés d'une journée de travail, et sentit la honte l'envahir, le rougissement s'étalant comme un de forêt.

Cette dispersion fut suivi avec intérêt par son voisin. Celui-ci se demanda jusqu'où elle s'étendait et si la peau pâle était al raison pour laquelle la rougeur ressortait aussi agréablement…

Ses réflexions furent interrompues par l'invitation à s'asseoir à leur table et à partager le thé.

Il prit place où il lui fut indiqué, observant la famille se déplaçant et interagir entre eux, chuchotant et lui jetant des coups d'œil en coin, pensant être discret.

Ils étaient amusants, à marcher sur la pointe des pieds devant lui, à peser leurs mots quand ils s'adressaient à lui…

Mais, des trois, Kakashi était celui qui l'intéressait le plus.

Le thé était bon, bien qu'il en ait bu des biens meilleurs et plus élaborés sur sa montagne natale, mais il était capable d'apprécier l'offre et l'attention portée sur sa tasse.

Plus que la nourriture et les boissons sur la table, c'était la dynamique familiale qu'il goûtait.

Les parents échangèrent de nouveau un regard, avant que le père ne s'éclaircisse la gorge et ne se redresse, repoussant sa fatigue pour s'adresser à lui :

— Pourquoi voulez-vous mon fils ?

S'y attendant, Obito imita sa posture, ses plumes se gonflant sous l'excitation. Il avait bien préparé son discours !

— Je souhaiterais épouser Hatake Kakashi, répondit-il de sa voix la plus posée. L'emmener sur la montagne de mon clan et vivre ensemble les années que le temps nous prêtera.

Un nouveau rougissement s'étala sur les joues du concerné, qui fixa alors la table, tandis que ses parents fronçaient les sourcils.

— Mais, pourquoi lui ? Vous connaissez son nom, vous étiez devant chez nous…

— Il y a… des années. Quand j'étais encore trop jeune pour voler convenablement, j'ai rencontre votre fils.

Mais Kakashi ne s'en souvenait toujours pas, fronçant les sourcils sous l'effort. L'absence de résultat le frustrait plus que tout, surtout avec ce qu'il y avait en jeu.

— Nous n'étions que des enfants, à l'époque. Nous… nous nous sommes mis en danger. Votre fils m'a protégé alors qu'il ne me connaissait pas et a perdu son œil dans le processus.

Mécaniquement, Kakashi couvrit celui-ci de sa main.

— Vous devez vous tromper, osa courageusement Sakumo. Malgré les apparences, notre fils a bien ses deux yeux. Il a simplement décidé d'en couvrir un.

Les parents jetèrent un regard en direction du concerné, traduisant leur incompréhension pour ce geste, dont ils n'avaient jamais eu l'explication.

Mais ils disaient vrai : Kakashi était le propriétaire de deux yeux fonctionnels, merci.

Obito leva une main griffue, attirant leur attention à tous les trois. Il se saisit du cache-œil et le retourna, dévoilant une paupière close sur une orbite vide.

Puis, son œil restant vira au rouge, la forme d'un moulinet noir se dessinant au travers.

— En guise de remerciement, je lui ai offert mon œil.

Les trois humains se figèrent, retenant leur souffle, avant que, d'un même geste, les parents se tournèrent vers Kakashi, le suppliant sans un mot de démentir ou de valider les propos du yōkai.

Pour toute réponse, le concerné ôta son cache-œil à son tour, révélant cette fois une cicatrice barrant la paupière, avant de relever cette dernière, mettant en lumière le jumeau exact de l'œil restant du Tengu.

— Je… n'ai aucun souvenir de ce moment. Ni de comment j'ai obtenu votre œil. Ne vous en prenez pas à ma famille, le supplia-t-il.

Il serrait entre ses mains le chiffon ayant couvert une partie de son visage pendant plus d'une décennie.

— Je n'ai aucune intention guerrière, les apaisa le yōkai. Seulement d'épouser mon fiancé, avec la bénédiction de ses parents.

Ceux-ci s'étaient pétrifiés sous toutes ces révélations, peinant à réaliser tout ce qui venait de se dérouler.

La journée s'était pourtant passée de la même manière que les autres… Qu'est-ce qui les avait fait basculer dans cette réalité ?

— Kakashi est notre unique enfant, bégaya enfin Akane. Nous… nous avons besoin de lui, ici… Et si il part, quand reviendra-t-il ?

— C'est un mariage, pas une prison, soupira bruyamment leur invité. Rien ne le contraindra chez nous. Juste… Ma montagne est loin et il ne peut pas voler, comme nous.

La tasse était vide et Obito avait le pressentiment que personne ne refera de thé avant un moment.

Dommage. Il était bon.

— Soit Kakashi sera tributaire de mon clan pour vous rendre visite… soit vous vous installez dans le village humain au pied de la montagne.

Il n'avait pas réfléchi aussi loin dans ce plan. Il avait déjà dû batailler avec les anciens pour chaque détail, ruant dans les brancards et hurlant à en perdre la voix pour obtenir enfin – enfin ! – la permission de voler auprès de son fiancé pour le récupérer et l'épouser selon les rites.

Les humains étaient tolérés, tant qu'ils ne fouinaient pas sur leurs terres et ne cherchaient pas à entrer en contact avec eux, au-delà de ce qui était nécessaire.

Le clan les protégeait des agressions extérieures, repoussant les autres yōkai et en échange, eux produisaient de la nourriture.

Le projet d'Obito avait été donc plus que mal vu. Il fut considéré comme un blasphème envers tout ce qu'ils étaient, une trahison de la pire espèce.

À vrai dire, il était passé très près d'être banni, s'il n'avait pas développé cet œil si particulier, et les pouvoirs qui l'accompagnaient.

Tout revenait impitoyablement à Kakashi, il était son débiteur le plus dévoué pour la chance qui avait découlé de leur rencontre fortuite.

Distraitement, il lissa les pans de son haori, y essuyant ses paumes moites.

— Pourquoi ?

Inattendue, la question de Kakashi attira leur attention à tous les trois, ce qui le troubla visiblement.

Sans doute ne s'était-il pas rendu compte l'avoir prononcé à voix haute.

— Pourquoi nous voulons te voir ? Proposa faiblement sa mère.

— Pourquoi parler de mariage ? Comment pouvez-vous surgir de nulle part, parler de choses dont seul vous vous souvenez et dire que nous sommes fiancés ?! Tout ça… tout ça est absurde !

Le silence qui vint ne fut troublé que par la respiration du jeune homme, alors qu'elle s'apaisait.

Un autre son surgit, ensuite. Celui des serres pianotant sur la table, tandis que leur propriétaire arborait une expression perdue.

— Tu as bien pris soin de mon œil, finit-il par déclarer.

Il s'empara de nouveau de sa tasse vide, l'inclinant sans y faire attention.

— C'est… fâcheux, que tu ne t'en rappelles pas… Mais j'imagine que c'était une décision du clan, de t'effacer la mémoire.

Diligemment, Akane le resservit, tremblant légèrement.

— Lorsque… tu as perdu ton œil, quand tu m'as sauvé… Je t'ai cédé le mien, en promettant de revenir te chercher, qu'on se marie tous les deux. Mais, je ne m'attendais pas à être le seul à m'en souvenir. Je me sens un peu bête…

Il prit une gorgée, cachant sa grimace alors que le thé froid et trop infusé emplissait sa bouche.

— Vous le savez sans doute, mais nous autre yōkai, sommes assez… attachés à notre intégrité physique. Il n'y a bien que trois raisons pour lesquelles nous nous séparons de parties de nous.

Il leva un doigt à chaque élément qu'il listait :

— Un accident. L'avidité d'un homme. Un gage d'amour. Est-il nécessaire que j'explicite laquelle nous concerne ?

Non. Ce n'était pas nécessaire.

— Y a-t-il… y a-t-il un moyen de refuser ? D'annuler cette alliance ?

Obito avait espéré que la question ne serait pas posée. Il grimaça alors que les mots pesaient lourdement sur sa langue.

— Oui, c'est possible, répondit-il lentement. Il pour ça rendre le gage. Me rendre mon œil.

Le silence revint, alors que le trio Hatake assimilait douloureusement les informations. Lorsque cela fut fait, Sakumo soupira bruyamment, se tournant vers son fils :

— Je ne peux pas prendre cette décision à ta place, Kakashi. Ta mère et moi te soutiendrons selon ce que tu choisiras, c'est tout ce que nous pouvons faire.

Pour souligner cette déclaration, Akane posa les mains sur celles de son mari, souriant à son fils.

Ils n'auraient jamais souhaité cette vie pour lui et se sentaient démunis. Mais, comme Sakumo l'avait dit, ils ne pouvaient pas décider pour lui. À moins qu'il ne le souhaite.

Centre de l'attention, Kakashi examina les trois visages l'observant.

Il n'osait pas ouvrir la bouche trop vite, réfléchissant aux alternatives qui lui étaient présentées.

Quand il fut à peu près sûr, il s'éclaircit la gorge et prit la parole.

L'air était plus rare à cette altitude, le forçant à surveiller sa respiration.

Obito lui avait promis qu'il s'y ferait rapidement. Il n'avait pas d'autres choix que de le croire.

« Chaleureux » n'était clairement pas ce qui qualifierait l'accueil que le clan de Tengu lui avait montré.

Par la force des choses, il se retrouvait donc isolé, loin de tous ceux qu'il connaissait, à préparer un mariage avec un inconnu qu'il aurait rencontré à six ans.

Une fois son souffle stabilisé, Kakashi reprit sa promenade, sous l'œil aiguisé de son garde du corps, un Itachi grognon mais fidèle à son devoir.

Ils n'avaient pas sympathisé, à proprement parler, mais le jeune Tengu n'appréciait clairement pas les moqueries sur Obito et donc sur son futur époux, par ricochet.

En acceptant la demande en mariage, Kakashi ne s'était pas projeté plus que ça, préférant découvrir en temps et en heure, mais rien ne l'aurait préparé à la froideur et à la quasi indifférence exprimé par pratiquement chaque Tengu en son encontre.

De prime abord, il l'avait mis sur le compte de son humanité. Jusqu'à ce que des commérages ne trouvent malencontreusement ses oreilles et qu'il aille en vérifier la véracité auprès du concerné.

— En effet, je suis un paria parmi les miens.

Obito le reconnut sans difficulté, posant le meuble qu'il transportait. Kakashi, lui, en resta agité, mais pas pour les raisons auxquelles on aurait pu s'attendre.

Il ne chercha pas à entrer dans les bonnes grâces de leur dirigeant. Il n'afficha pas d'attitude servile face aux anciens. Il ne tentait pas de gagner des points auprès des plus jeunes.

Non, rien qui se traduisait par des tentatives (inutiles) pour les brosser dans le sens du poil… des plumes ?

Déstabilisé, Itachi lui avait réclamé des comptes. Pour ce jeune qui n'avait jamais connu que la déférence ou la vilenie des humains, l'attitude fière du fiancé de son cousin était une nouveauté qu'il n'était pas sûr d'apprécier ou non.

— Si, en l'espace de son temps de vie, Obito n'est pas parvenu à se faire bien voir par son propre clan, je ne vois pas comment, avec ma durée de vie limitée, j'accomplirais ce miracle, avait-il répliqué.

La logique avait étourdi Itachi qui avait exceptionnellement quitté les côtés de sa charge pour réfléchir à tête reposée.

Ce n'était pas comme si Kakashi pouvait quitter la montagne de lui-même, ou qu'il irait s'en prendre à l'un d'entre eux.

Les deux futurs mariés étaient principalement occupés à réorganiser le logement d'Obito et de préparer le trousseau de l'humain, les faisant rarement quitter la maisonnette.

Lorsqu'il revint, son regard sur sa charge avait changé et il n'hésitait pas à faire preuve de zèle, prenant sa défense et haussant le ton auprès de quiconque osait siffler à leur encontre.

Si Kakashi fut principalement surpris de cette métamorphose, Obito s'était contenté de rire bruyamment puis de décoiffer le catogan impeccable de son cousin, le remerciant.

Au travers de leur installation, les deux promis avaient pu faire plus ample connaissance, ce qui avait permis au nouveau venu… de découvrir à quel point Obito pouvait être d'une naïveté sans limite et d'une gentillesse qui confinait à la bêtise.

Et si, peut-être, se sentait-il parfois attendri dans ces moments-là… C'était entre lui-même et sa conscience, dans ce cas !

Vêtu des tissus les plus beaux et les plus coûteux de toute sa vie, Kakashi prit place auprès de son futur mari.

Ce n'était plus qu'une question de minutes, maintenant.

Avec un pincement au cœur, il regretta que ses parents n'avaient pu être présents, dûment refusés par les anciens lorsqu'ils en avaient fait la requête.

Semblant lire dans ses pensées, Obito se saisit de sa main, la serrant ostensiblement. Et peu importe si c'était contraire aux traditions !

Épaule contre épaule, ils s'étaient fait un plaisir et un devoir de rabattre le caquet de tous ces donneurs de leçon lorsqu'ils se permettaient de donner un avis non sollicité.

Lorsque ça arrivait et qu'il se permettait d'être un peu incisif, il tombait invariablement sur l'expression attendrie de son fiancé, ce qui lui faisait faire volte-face, embarrassé.

Itachi leur répétait souvent qu'ils étaient dégoûtants, à jouer les vieux couples mariés, mais est-ce que son avis comptait ?

La pression sur ses doigts se raffirma.

Ils y étaient presque.

Affectueusement, Kakashi rendit la pression, se permettant de lui caresser la paume du bout des doigts.

Il n'avait pas besoin de patience. Il n'avait pas besoin de courage.

Il n'avait même pas besoin de ce clan froid et malpoli !

La bénédiction coula sur eux comme une chaleur liquide, s'infiltrant dans leurs os, alors que leurs marques de mariage se tatouaient autour de leurs poignets respectifs.

Ils se relevèrent de concert, saluant et remerciant leurs témoins d'une profonde courbette, puis quittèrent l'espace dédié aux rituels, le cœur en fête et nimbés de cette aura dorée typique aux nouvelles alliances.

Arrivés chez eux, ils s'empressèrent d'en verrouiller la porte et de s'embrasser, euphoriques.

Tout ce dont avait besoin Kakashi, c'était de son idiot de mari.

Notes:

J'ai pas su finir…

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