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Bonus Heartfixer

Summary:

Adrien se sent mal de laisser Marinette après l'après-midi qu'ils ont tous les deux passée. Il décide donc de venir voir comment elle va en tant que Chat Noir le soir-même et découvre une personne bien plus vulnérable qu'il ne l'aurait cru...

Notes:

Hello Miraculous fandom !!

Première fanfic Miraculous et sur ce site (j'en faisais il y a fort fort longtemps sur d'autres fandoms et sites hehe). Enchantée donc. Et bonne lecture !

Work Text:

Marinette avait eu beau insister et lui répéter qu’elle allait bien, Adrien ne s’en sentait pas plus rassuré. La journée avait été rude pour eux deux, mais particulièrement pour elle. Par sa propre faute… il n’arrivait pas à croire qu’il s’était fait avoir aussi facilement, et le sentiment de culpabilité qu’il ressentait ne le quittait pas.

Son amoureuse, sa merveilleuse amoureuse, avait été akumatisée. Et cela n’était jamais arrivée auparavant. La jeune fille faisait parties des rares personnes qui n’avaient pas encore été touchées par le pouvoir du Papillon. Elle était si positive chaque jour, si motivée à partager sa lumière avec absolument tous les gens qu’elle croisait qu’Adrien la croyait même intouchable.

Elle avait été touchée à cause de lui.

Quand il fermait les yeux et se remémorait l’après-midi, il avait encore envie de frissonner. La vision de la forme akumatisée de sa petite-amie l’avait remué. Mais ce qu’il l’avait le plus secoué, c’était l’absence de vie dans ses yeux, qui avaient été deux trous béants de lumière. Sa voix, qui lui parlait froidement.

La scène entière qui s’était passé lui donnait envie de se flageller. Il avait causé tout ça.

Ce n’était pas lui, se corrigea-t-il, c’était le trio infernal. Mais tout de même.

Il avait senti son propre cœur se briser en voyant ce baiser entre Nino et Marinette et avait bêtement cru, emporté par sa propre peine, camouflée en colère, à la scène sans la remettre en question une seule seconde.

Quand il y repensait, Marinette avait eu l’air sincèrement bouleversée et dans l’incompréhension la plus totale lors de leur confrontation.

Cela n’avait pas suffi à lui faire comprendre qu’il se trompait totalement.

Resserrant sa prise sur la taille de la brunette, en train de conduire son scooter, Adrien s’efforça de sortir de ses pensées. Culpabiliser ne servirait à rien. Le mieux qu’il pouvait faire à présent, c’était d’être là pour sa petite-amie.

« Et voilà ! s’exclama-t-elle alors en garant son scooter devant chez lui, on est arrivés ! »

La voix aiguë et pleine d’enthousiasme, Marinette était l’image même de l’enthousiasme. S’il ne la connaissait pas, Adrien aurait pu y croire. Cependant, il peinait à croire qu’elle allait aussi bien alors que seulement deux heures avant, la jeune fille était à genoux en train d’émettre des sanglots à fendre le cœur de n’importe qui.

Il descendit du scooter et lui planta un bisou sur la joue.

« Merci Marinette. »

Il se força à lui sourire.

« Tu es sûre que tu ne veux pas un peu de compagnie ce soir ? Je pourrais peut-être venir manger chez toi ? »

Marinette ne refusait jamais ce genre de demandes, elle était même la personne qui les initiait. Et pourtant, ce coup-ci, il essuya son premier refus :

« Oh, c’est gentil, répondit-elle, mais je suis… fatiguée. Je pense que je vais manger rapidement et me coucher. J’ai juste hâte d’être à demain. Mais demain, avec plaisir ! »

Il hocha la tête, ne voulant pas s’imposer. Marinette avait un sourire collé sur le visage qui ne semblait pas vouloir disparaître. Il était certain qu’il était factice.

« Pas de souci, je comprends, fit-il, rentre bien. »

Il l’embrassa doucement une dernière fois. Marinette lui fit une petite caresse sur la joue, puis monta de nouveau sur son scooter.

« À demain ! »

Elle alluma son scooter, puis s’éloigna.

Adrien rentra chez lui, les sourcils froncés. Cela ne lui plaisait vraiment pas de la laisser toute seule ce soir, après tout ce qui s’était passé. Il aurait vraiment aimé l’accompagner chez elle.

Ils avaient brièvement discuté après sa désakumatisation des événements. Marinette avait paru juste un peu fatiguée. Quand elle avait réalisé ce qu’il s’était passé, elle avait pâli et Adrien aurait cru jurer la voir vaciller. Ils s’étaient donc assis et il avait réitéré à quel point il était désolé de tout ce qui s’était passé. Marinette l’avait pardonné en une demi-seconde, comme si lui en vouloir n’était pas une option.

Elle avait petit à petit retrouvé des couleurs, et la vie avait repris son cours, comme si rien ne s’était passé.

Mais Adrien n’arrivait pas à se débarrasser du sentiment que tout n’était pas encore fini. Et il y avait aussi cette histoire d’akumatisé : rien ne faisait sens. Pourquoi avoir libéré les trois imbéciles de l’akumatisation ? La seule chose qu’ils avaient accomplie, c’était casser leurs couples et non de s’emparer des Miraculous, comme à l’accoutumée.

Il avait le sentiment que le tout n’avait été qu’un piège cruel dirigé vers… Marinette.

Car à peine une seconde après la désakumatisation du trio, c’était cette dernière qui avait été visée.

La situation était troublante. Pourquoi le nouveau Papillon avait voulu akumatiser la brunette ?

Il ne se sentait pas tranquille de savoir que Marinette était dans le viseur d’une personne aussi malfaisante.

C’est pourquoi une fois le soir venu, il se transforma en Chat Noir.

Il irait veiller sur Marinette cette nuit, pour être sûr que tout irait bien. Juste pour cette fois.

Il fit donc le chemin, parcourut plusieurs toits de Paris. Il connaissait le trajet par cœur, il l’avait déjà fait tant de fois en tant que Chat Noir…

Quand le balcon fut cependant à sa vue, il s’arrêta dans son mouvement. Marinette s’y trouvait déjà, alors qu’il était minuit. Pourquoi ne dormait-elle pas encore ?

Il s’approcha discrètement, tâchant de ne pas se faire voir puis plissa les yeux. La brunette était debout, les mains serrées sur la clôture du balcon, les yeux fermés, en train d’essayer de respirer. Son cœur rata un battement et il ne lui en fallut pas plus pour débarquer sur le dit-balcon.

Marinette sursauta, et leva un regard effrayé vers lui.

« Chat Noir ?

— Tu vas bien ? » s’alarma-t-il en la scannant du regard.

Elle n’eut pas besoin de répondre.

Son apparence entière criait « non ». Les yeux rougis, les mains tremblantes, la respiration précipitée, tout en elle criait une crise de panique. Avant qu’elle ne puisse former des mots, il la saisit par la main, et la fit s’assoir.

« Concentre-toi sur quatre choses vertes. »

Marinette avait la tête baissée vers le sol, tentant de retrouver son souffle. Il lui leva doucement le menton vers lui, et lui fit un sourire rassurant.

« Quatre choses vertes, Princesse. »

Elle lâcha un soupir tremblant, puis observa autour d’elle, ce qui était exactement l’objectif d’Adrien. Sa psy lui avait confié plusieurs solutions à tester contre les crises de panique. Il n’en faisait que rarement mais il savait que Marinette y était sujette… quand elle n’allait pas bien.

Son cœur se serra. Son instinct avait eu raison.

« Mes… mes plantes, juste ici, articula-t-elle difficilement.

— C’est bien, oui, approuva-t-il, quoi d’autre ? »

Elle chercha du regard un autre objet vert. Ce n’était pas forcément facile dans la nuit, mais elle y parvint :

« Les arbres, en dessous du balcon. »

Il hocha la tête.

« Ceux du square des Vosges. »

Concentrée, Marinette semblait retrouver légèrement plus de contenance. Toujours pas assez à son goût, cependant. Il lui prit les mains, mais le geste la fit sursauter et elle les dégagea sèchement. Son cœur se serra face au rejet. Il ne fallait pas le prendre personnellement. Il n’était pas Adrien, ici, mais Chat Noir, uniquement.

« Pourquoi tu es ici Chat ? » lui demanda-t-elle, mal à l’aise.

Elle avait arrêté de chercher du vert, semblant réaliser que sa présence n’était pas habituelle.

« Tu avais besoin d’aide, répondit-il.

— Non, je… je maîtrise très bien la situation. »

Il haussa un sourcil, sceptique.

«  J’en doute. Mais si tu veux vraiment le savoir, j’ai… j’ai entendu parler de ton akumatisation et j’ai décidé de venir… voir si tu allais bien.

— Tu repasses voir tous les akumatisés comme ça tout le temps ? lui demanda-t-elle d’un ton peu convaincu.

— Seulement ceux que je n’ai pas sauvés moi-même. Pour être sûr que tout va bien. »

Marinette était si salée, parfois. Jamais avec Adrien. Beaucoup avec Chat Noir. Cela le faisait d’ordinaire rire, mais pas cette fois. Elle avait clairement besoin d’aide.

« Est-ce que tu veux que j’appelle ton… ton copain, Adrien, c’est ça ? demanda-t-il d’un ton faussement détaché.

— Non ! s’écria-t-elle paniquée, surtout pas ! »

Le coup fut dur à encaisser.

« Pourquoi pas ? Il n’est pas… censé être ton amoureux ? Il est là pour ça, non ? »

Elle ferma brièvement les yeux avant de les rouvrir. Ils lui parurent plus brillants qu’avant.

« Je ne veux pas l’embêter. Et puis, ça va passer… »

Le cœur d’Adrien se serra.

« Je suis sûr qu’il ne serait pas…

— J’ai dit « non » Chat Noir », claqua-t-elle. 

Elle enfouit alors sa tête dans ses mains.

« Pardon, souffla-t-elle, je… je suis juste fatiguée. »

Inquiet, il lui posa une main sur l’épaule.

« Est-ce que c’est par rapport à ce qui s’est passé cet après-midi ? Tu peux me parler, tu sais. »

Mais la respiration de Marinette s’accéléra. Les tremblements qui la secouaient redoublèrent, et Adrien eut sa réponse.

« Tout est fini, tu vas bien. Tout va bien », ajouta-t-il prudemment.

Mais Marinette secoua la tête.

« Non, rien ne va. J’ai failli… non… je me suis FAITE akumatisée. Je… je ne peux pas me faire akumatisée !

— Cela peut arriver à tout le monde, répondit-il.

— Non, pas à moi ! répliqua-t-elle, moi je… je ne suis pas censée l’être.

— Tu étais triste, non ? C’est… c’était une aubaine pour le nouveau Papillon. Cela aurait pu arriver à n’importe qui, insista-t-il.

— Mais je n’aurais pas dû me laisser faire comme ça, j’aurais dû, j’aurais dû… »

Elle s’interrompit, bouleversée et retint un nouveau sanglot. Adrien aurait voulu la prendre dans ses bras, mais se retint de le faire, se doutant que le geste ne serait pas bien accueilli dans l’immédiat.

« J’aurais dû résister ! continua-t-elle, j’aurais dû comprendre, j’aurais dû dire non, j’aurais dû… me reprendre. »

Elle passa sa main, toujours tremblotante, dans ses cheveux. Ses yeux semblaient hantés par les événements.

« J’ai été si… pathétique ! »

Il attrapa son poignet pour interrompre le flot de ses pensées.

« Non, déclara-t-il, non, sauf si bien sûr tu penses cela de tous les akumatisés ? »

Marinette lui lança un regard troublé.

« Non, bien sûr que non… mais…

— Pas de « mais » Marinette, la coupa-t-il fermement, tu n’as pas à t’en vouloir pour quelque chose qui t’est arrivé. Tu n’es pas responsable. »

Mais la jeune fille ferma les yeux, comme s’il y avait quelque chose qu’il ne savait pas, peu convaincue.

« Qu’est-ce qui te tracasse tant ? » lui demanda-t-il.

Elle baissa les yeux vers le sol.

« L’akumatisation… je ne me souviens pas de grand-chose, mais je me souviens de tout ce qu’on m’a dit juste avant. Et cette personne… elle est… elle est redoutable, Chat. Elle… ce n’est pas comme l’autre Papillon. Elle… elle a trouvé les mots pour que je cède. Elle savait comment m’atteindre.

— Par la rupture avec Adrien ? demanda-t-il.

Marinette hocha la tête.

« Elle m’a dit qu’elle m’avait entendue, et… elle a essayé de me réconforter à sa manière tordue, et m’a suggéré un pouvoir pour… renverser les cœurs. Elle m’a assuré que ça ne blesserait personne… j’ai été si stupide !

— Arrête de te dévaloriser de la sorte ! s’écria-t-il, la bienveillance, tu connais pourtant, que je sache ! Pourquoi tu ne peux pas l’appliquer à toi-même ?

Il se sentait exaspéré de l’entendre parler d’elle de cette manière. Il avait été si absorbé par ses propres soucis ces derniers mois que jamais il n’avait remarqué à quel point Marinette pouvait être dure avec elle-même. Il avait pensé qu’elle allait mieux, qu’elle avait pris en assurance, que ses troubles anxieux avaient diminué.

Visiblement, ils n’étaient jamais partis.

« N’importe qui à ta place aurait cédé, Marinette, conclut-il de manière sombre, et puis… tu étais sous le choc. Ton copain venait de…

— Comment est-ce que tu as entendu parler de ça ?

— Les nouvelles vont vite, répondit-il mystérieusement, et puis, je garde toujours un œil sur ma princesse préférée. »

Il se rendit compte que la dernière phrase pouvait paraître creepy, surtout au regard de ce qu’il s’était passé entre eux deux.

« Enfin, non pas que je te surveille, rajouta-t-il d’un ton précipité, je… j’ai une vie, aussi, mais… enfin… je voulais juste m’assurer ce soir que tu allais bien après tout ce qui s’était passé. Je… je sais que c’est compliqué. »

Le souvenir de la dernière fois le fit se rendre compte qu’il avait aussi été responsable de presque akumatisation à ce moment-là. On ne pouvait pas dire qu’il réussissait à la jeune fille.

« Chat Noir… imagine si je me fais réakumatiser ? demanda finalement Marinette d’un ton hésitant.

— C’est ça qui te tracasse ? demanda-t-il.

Elle hocha la tête.

« Eh bien déjà, je ne vois pas pourquoi cela arriverait de nouveau, puisqu’il n’y a pas de problème réel entre ton copain et toi au final si j’ai bien compris ? Tout roule, non ? »

L’air hanté de Marinette ne le rassura absolument pas.

« Oui, répondit-elle d’un air mal assuré, bien sûr… »

Il se demanda d’où lui venait son hésitation et se promit d’enquêter un peu plus quand il serait de nouveau Adrien.

« Et… même si cela arrivait de nouveau, si ton copain est assez idiot pour te refair…

— Il n’est pas idiot ! le coupa-t-elle sur un ton de reproche.

Il retint un sourire.

« Je pense qu’il a été sacrément idiot, moi, mais ce n’est que moi bien sûr. Si jamais tu te fais réakumatiser dans le futur, ce qui m’étonnerait absolument, il y a toujours moi, Ladybug et les autres super-héros. Un petit « Je te libère du mal » et « Miraculous Ladybug » de Ladybug et hop, tout est réglé ! »

Il s’efforça de paraître enjoué, mais cela ne contamina pas Marinette, qui ne paraissait toujours pas très convaincue.

« Tu n’as pas foi en nous ? lui demanda-t-il d’un ton faussement vexé.

— Si, bien sûr que si, répondit-elle, mais… »

Elle laissa sa phrase en suspens.

« Mais ?

— Rien. Tu as raison. Tu pourras… toujours intervenir avec les autres, c’est vrai. »

Elle lui cachait quelque chose, c’était visible comme le nez au milieu de la figure. Toutefois, aussi frustré en était-il, il ne pouvait pas vraiment lui arracher la vérité de force. Si elle ne voulait pas lui avouer ce qu’il clochait réellement… il n’avait pas d’autre choix que de l’accepter.

« Je t’assure que ça va aller », tenta-t-il de la rassurer.

Marinette, il le vit, se força à afficher un maigre sourire, comme pour le rassurer. Il n’aima pas ça.

« Tu… tu penses que tu as des raisons de te faire réakumatiser ? lui demanda-t-il d’un air détaché.

— Non. Non, bien sûr que non. »

Il y avait un « non » en trop dans cette réponse, mais elle n’était visiblement pas disposée à lui en dire plus. Il se promit de faire attention à elle dans les prochaines semaines, en tant qu’Adrien. Il avait un peu trop oublié que Marinette aussi, parfois, avait besoin d’aide, tant elle donnait le change tous les jours. Mais ce soir, il avait pu voir sous son sourire apparent. Et s’il avait pu le voir, nul doute que le nouveau Papillon aussi…