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Jalousie

Summary:

Tout compte fait, Vox aurait peut-être plus à gagner en faisant assassiner cette putain d'Angel Dust.

Notes:

Disclaimer : Vivienne "Vivziepop" Medrano.
Chronologie : Pendant la Saison 1, Épisode 2: Radio Killed the Video Star.
Notes : P'tite réécriture de la scène d'introduction de Vox (comprenez : j'ai conservé le dialogue et brodé autour). C'est pas explicitement shippy mais le ship est quand même important et présent dans les pensées de Vox, donc je l'ai mis dans les tags. J'espère que ça collera bien aux voix des personnages, je m'amuse beaucoup avec cette petite série. Bonne lecture. ::)

Avertissements :

* Vox est un connard qui songe à commanditer le viol et le meurtre d'Angel.

Work Text:

Jalousie

 

Pour la soixante-huitième fois depuis le début de la semaine, Vox se demanda ce qu'il lui coûterait véritablement d'engager des assassins sous le manteau pour se débarrasser définitivement de cette salope d'Angel Dust.

Sur le papier, il pouvait largement se le permettre. VoxTek, avec ses chaînes de diffusion en continu et ses multiples produits dérivés était l'une des compagnies les plus profitables de tout le Pentagramme ; rien que la fortune personnelle de Vox était suffisante pour racheter la moitié du Cercle de l'Orgueil si l'envie lui en prenait. A sa connaissance, les seuls capitaux qui dépassaient le sien en Enfer se comptaient sur les doigts de deux mains — et c'étaient pour la majorité une bande de connards nantis qui étaient nés avec une cuillère d'argent dans le cul. On pouvait penser ce qu'on voulait de Vox (et on pensait beaucoup de choses de lui, merci bien) mais il avait bossé nuit et jour pour arriver là où il en était, lui.

Même si, à la minute actuelle, il avait tout sauf envie d'y être.

Sa conversation avec Velvette ne lui avait appris rien d'utile mais il n'avait pas besoin des lumières de sa collègue pour deviner ce qui avait provoqué la dernière crise en date du proxénète. Val avait de multiples défauts – c'était aussi ce que Vox appréciait chez lui – et son tempérament volatile en faisait partie mais il n'y avait vraiment qu'Angel Dust pour lui faire perdre le contrôle d'une manière aussi… abrupte.

Vox fit grincer ses dents virtuelles avant de prendre une profonde inspiration. Il n'avait pas encore atteint sa destination, à savoir la loge dans laquelle son partenaire était certainement en train de refaire la décoration à coup de balles de pistolet dans le mur. Il était encore temps de faire demi-tour, de chopper un téléphone intraçable en repassant par son bureau et d'appeler une bande de mercenaires anonymes depuis l'autre bout du Pentagramme, histoire d'être enfin débarrassé de l'insupportable épine qui lui piquait le flanc. Peut-être même qu'il parviendrait éventuellement à ses fins s'il mettait sur la table la possibilité de faire joujou avec le corps du démon araignée avant de le tuer. La promesse de violer une star du porno aussi en vogue qu'Angel Dust en toute impunité en plus d'un paquet de fric indécent, c'était peut-être la carotte qu'il manquait à la racaille pour leur donner le courage de se frotter au Seigneur Suprême du Porno.

D'un autre côté… Val serait probablement furieux lorsqu'il apprendrait la nouvelle. Furieux et inconsolable.

Ah, par les cornes de Lilith !

Vox se força à expirer, remettant ses idées en place. Il fallait qu'il réfléchisse ; il ne pouvait pas se permettre d'agir sur un coup de tête, aussi gratifiant lui semblât-il sur le moment. Si on s'en tenait strictement aux affaires, perdre Angel s'apparentait à une petite catastrophe. La star figurait dans les plus gros titres de Val, se produisait sur de multiples scènes sans broncher ni réclamer davantage que sa dose quotidienne de drogue et de temps en temps un soin privatif au spa, n'hésitait pas à faire son apparition pour la moindre occasion mondaine au bras de vieux pervers libidineux à séduire. VoxTek se remettrait d'une telle perte, certes — c'était l'Enfer, des bouches à pipes qui se faisaient allumer au détour d'une ruelle sombre pour ne plus jamais réapparaître, c'était ce que Vox appelait un lundi matin — mais avec la date de la prochaine extermination avancée de six mois et la population infernale déjà à deux doigts de sombrer dans le chaos pur, le magnat des médias n'était vraiment pas d'humeur à parier le reste de sa carrière sur un mouvement aussi risqué.

VoxTek avait besoin de stabilité, bordel de Diable, de prouver au reste de l’Enfer que ses gérants contrôlaient la situation malgré le chaos ambiant et la panique montante. Personne ne voulait voir le PDG d'une des boîtes les plus lucratives de tout le Pentagramme se tirer une balle dans le pied en éliminant l'une de ses sources de revenus les plus rentables.

Tout ça pourquoi ? Parce que les incessantes crises de Val l'insupportaient ? Parce qu'il en avait marre de devoir gérer les états d'âme du papillon de nuit lorsque ce dernier laissait les frasques de la putain la plus célèbre de l'Enfer lui monter à la tête ? Parce que l'existence même du nom Angel Dust dans la bouche de son partenaire lui faisait l'effet d'une craie crissant sur un tableau noir ?!

(Soixante-neuvième envie de meurtre. Et on était que mercredi. Par les couilles de Satan, il ne tiendrait pas la semaine sans faire une connerie.)

Un parfum aussi sucré qu'écœurant arracha le magnat des médias à ses ruminations. Il leva un sourcil dubitatif tandis que deux démons s'empressèrent de lui ouvrir les portes de la loge privée de Valentino, inclinant respectueusement la tête au passage. A en juger par la quantité de brume rougeâtre qui avait envahi le studio, cela devait déjà faire un moment que le Démon du Porno cherchait à noyer sa colère dans l'alcool et le tabac.

Cette pétasse de Velvette avait bien pris son temps avant de le mettre au parfum, songea Vox en plissant les yeux.

— Enfin, putain, t'es là ! se lamenta Valentino en se levant précipitamment du canapé, commandant un autre verre de liqueur dans la foulée.

Le Démon de la TV souffla et se décala d'un pas sur le côté. Comme attendu, le verre rempli se brisa contre la porte, la recouvrant de son contenu rouge et poisseux. Il faudrait qu'il pense à appeler l'équipe de nettoyage en urgence une fois que Val serait calmé... ce qui à en juger par ses cris et ses plaintes concernant « cette salope égoïste » n'était pas gagné.

— Et... de quelle salope tu parles exactement ? demanda Vox, plus pour la forme qu'autre chose. Il n'avait guère d'espoir quant à la réponse et ça ne trompa pas lorsque le nom d'Angel Dust sortit comme une fleur au milieu des jurons et autres insultes imprononçables en espagnol. Vox aurait adoré se tromper mais il connaissait son partenaire par cœur : Valentino ne se mettrait pas dans des états pareils pour n'importe quelle pute.

— De qui d'autre j'pourrais parler ?! Réfléchis deux secondes ! s'emporta le papillon de nuit.

Le magnat des médias plissa les lèvres avec ennui et reporta son attention sur l’écran de son téléphone. Au fond de lui, l’agacement commençait à poindre. Qu'est-ce que tout le monde trouvait à cette pétasse d'Angel Dust, bordel ?! Le type était un camé trouvé au bord de la route qui avait tout juste la chance d'avoir un trou de balle un peu plus sexy que le pécheur moyen - et encore ! Si ça ne tenait qu'à Vox, il y aurait longtemps que cette suceuse de bas étage aurait fini ses jours à faire des passes dans un bordel sordide des bas-fonds du Pentagramme, une intraveineuse de drogue attachée à son bras. Loin des projecteurs, des strass, de la célébrité et surtout loin de Val...

Val qui avait continué sa tirade enragée à laquelle Vox n'avait prêté aucune attention, d'ailleurs. Fais chier.

— ... puis tranquillement passer son temps libre ailleurs ! Tu peux croire un truc pareil, toi ?!

Oh ?! Croire qu'Angel Dust était en train d'essayer de se faire la malle ?! Mais c'était un rêve devenu réalité ! Bordel, Vox était prêt à se faire curé pour que cela ait une chance d'arriver !

— Angel a démissionné ? demanda-t-il, incapable de réfréner complètement la bouffée d'espoir qui venait de gonfler sa poitrine.

— Pire ! Il a déménagé ! hurla Valentino en attrapant le portable de Vox avant de le balancer contre le mur.

... Merde, seulement déménagé ? Bon, on ne pouvait pas tout avoir non plus.

Au moins, le reste de l'histoire s'avérait prometteur : il était vaguement question d'un hôtel, de la princesse de l'Enfer et de ses tentatives misérables pour prouver le potentiel de la rédemption. Personne n'en avait rien à foutre de ce que pouvait bien trafiquer la morveuse de Lucifer dans son petit coin miteux du Pentagramme mais si cette petite arriviste avait envie de rameuter les pécheurs les plus désespérés du lot pour se lancer dans une croisade suicidaire contre le Paradis, grand bien lui fasse ! Vox n'allait certainement pas la retenir !

Et puis, qui savait ? Avec un peu de chance, ces salopards d'exorcistes le débarrasseraient définitivement d'Angel Dust à la prochaine extermination et là, il aurait une occasion toute rêvée pour sortir le caviar et le champagne. Restait juste à empêcher Valentino de sortir ses flingues et de foncer dans le tas entretemps - et Vox avait justement ce qu'il fallait pour ça.

— Eh bien, je vais appeler les moins rentables de ce mois-ci, annonça-t-il d'un ton cajoleur en allumant la cigarette de son partenaire du bout d'une griffe.

— Tu me connais si bien, marmonna ce dernier, son humeur massacrante visiblement retombée.

Catastrophe évitée, donc.

Vox se fendit d'un sourire satisfait et se dirigea vers l'une des coiffeuses de la loge, en quête d'un téléphone de rechange. Occupé à fouiller dans les tiroirs - et à célébrer dans sa tête la mort prochaine de cette putain à peine baisable - Vox mit quelques secondes à se rendre compte que Val lui avait de nouveau adressé la parole, ses yeux plissés dans un regard malveillant.

— ... Angel n'est pas le seul à traîner dans cet hôtel miteux, avec cette princesa diablesa, conclut-il entre deux bouffées de fumée.

— Hmm, répondit Vox, indifférent. Et qui d'autre est là-bas ? Quelqu'un qui te doit de l'argent ?

Une autre des putes de Val ? Un ancien ennemi décidé à prendre une revanche ? Peu importait, au final. Dans quelques mois, le Paradis leur règlerait leur compte à tous et personne ne viendrait plus jamais se mettre entre Val et lui.

Personne.

— Le Démon de la Radio y est aussi.

... Ou presque.

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