Work Text:
"Ici la Marque Jaune !! Habitants de Londres, j'ai emprunté la longueur d'onde de la BBC à la seule fin de vous annoncer qu'à l'occasion de Christmas, et pour vous donner un exemple salutaire, le professeur Mortimer, qui se trouve entre mes mains, a été condamné par moi à la peine capitale…"
L'annonce lui tournait dans la tête depuis qu'il l'avait entendu. Les mots 'peine capitale' y raisonnait depuis une bonne heure. Le chef du gouvernement leur avait autorisé à fouiller le quartier maison par maison. Les citoyens protestaient, bien sûr, ralentissant les recherches. Sur le chemin vers le quartier de Bloomsbury, Blake reçu par radio la nouvelle de sept autres personnes enlevées. Des médecins sur Harley Street, des sommités de la profession, tous capturés par La Marque Jaune. Le µ jaune était inscrit sur des cartes dans les boîtes aux lettres des victimes. Le Capitaine tremblait tellement qu'il du arrêter la voiture.
"Bon sang, mon vieux, ce n'est pas le moment. Reprenez-vous !"
Il mit un moment avant de se calmer. Les tremblements restaient minimes mais la panique ne partait pas. Il sentait son cœur vouloir sauter de sa poitrine. S'il ne trouvait pas le professeur bientôt, son corps allait lâcher à cause de la pression. Il fallait continuer, il ne fallait pas abandonner. Blake redémarra la voiture.
Onze heure du soir sonnèrent à Big Ben. Plus qu'une heure. Ses mains tremblaient de nouveau, Blake pouvait blâmer le froid. Sa vision se troublait de temps à autre, à chaque fois que son esprit repensait à l'annonce de La Marque Jaune. Heavens, un moment de panique comme celui-ci ne lui était pas arrivé depuis Oxford. Le Capitaine sortit prendre l'air, accompagné par Kendall. Les deux hommes étaient épuisés par la recherche.
" - Cette fois-ci, je crois que tout est perdu… Je suis à bout ! Dit l'Inspecteur.
- Il nous reste encore une heure et qui sait ce qui peut se produire ?"
Blake ne pouvait pas dire celui qu'il essayait de rassurer. Au détour de Cannon Road, ils récupérèrent au vol une conversation entre d'autres policiers.
" - Hello ! Clover, que voulait votre homme en pyjama ?
- C'était un taximan, complètement saoul, qui divaguait au sujet du professeur et de son bouquin… Il est au poste en face.
- Kendall, nous n'avons rien à perdre… Si nous allions interroger cet homme ?
- Si vous y tenez."
A cette heure-ci, il prendrait toute l'aide qu'il pouvait trouver. Pitié que cet homme l'ai vraiment vu…
Le taximan avait l'air assez remonté lorsqu'ils le virent. Blake du mettre la main à la poche pour le faire parler. Ils écoutèrent avec patience son aventure avec le professeur, tout en gardant un œil sur l'horloge.
" - … Et le plus fort, c'est que je suis sûr d'être venu avec son livre.
- Vous l'avez ici ? Demanda le Capitaine.
- Je l'avais trouvé sur la banquette arrière de mon taxi. Je l'avais mis dans la poche de mon pardessus ! Il a du glisser…
- Sergent, donnez-moi ce vêtement.
- Volontiers monsieur, mais je vous assure qu'il est vide. Nous l'avons fouillé."
Le pardessus fut apporté et effectivement, rien dans les poches.
" - Hé, une seconde ! Il y a quelque chose entre la doublure et l'étoffe… Enfin ! Le voilà ! Annonça Blake triomphant.
- Bon Dieu ! S'il faut lire tout ça pour apprendre le nom du coupable, il sera trop tard.
- Une dédicace… Ciel ! Kendall, voyez ça !"
En haut de la page de garde se trouvait un court mot manuscrit qui ressemble à s'y méprendre à l'écriture du docteur Septimus. Les pièces du puzzle étaient enfin remise dans l'ordre. Il habite bien dans le quartier et personne n'accuserait une victime d'être le coupable. Le Capitaine donna le livre à l'Inspecteur pour faire un chèque au taximan. Par miracle, ses mains ne tremblaient plus pour écrire.
"Merci monsieur, vos informations ont été très utiles. Vite ! A Tavistock Square !"
Les voitures étaient une dizaine à arriver devant la maison de Septimus. Ils n'avaient plus que quelques minutes avant minuit.
"Allons-y ! Défoncez la porte si c'est nécessaire ! Fouillez tout ! Sondez les murs et les planchers ! Quant à nous Inspecteur, occupons-nous du bureau !" Ordonna Blake.
Le bureau de Septimus était rempli de livres. Un bruit attira les deux hommes vers l'une des bibliothèques. Derrière une rangée de livre factices se trouvait un écran.
" - Bon sang ! S'exclama Kendall.
- Mortimer ! Il essaye de communiquer avec nous. Il doit être tout près de nous…
- Attendez donc ! Je me rappelle… Pendant la guerre, on avait établit une ambulance de secours dans un vaste abri dans le quartier. Il est peut-être sous la maison, proposa l'Inspecteur.
- Ce doit être ça ! Courez à la cave et trouver l'entrée. Pendant ce temps, je vais essayer d'entrer en communication avec lui."
Kendall quitta la pièce. Les boutons sous l'écran ne semblaient rien faire, Mortimer ne réagissait pas. A l'idée d'être à nouveau démuni face à la mort de son ami manqua de peu de le faire s'évanouir. Soudain, le professeur se retourna. Deux personnes étaient rentrées dans la pièce, le docteur Septimus et derrière lui…
"OLRIK !?!"
La communication se coupa l'instant d'après. Il regarda sa montre : 23h56. Le Capitaine prit quelques secondes pour reprendre son calme puis se précipita à la cave.
"Pourvu que Kendall ait trouvé le passage…"
Le passage en question avait été caché derrière un placard. Malheureusement, ce n'était pas la seule protection du repère de La Marque Jaune.
" - Rien à faire ! Blindage épais, pas de serrure… Remarqua l'Inspecteur. Il va falloir l'attaquer au chalumeau ou démolir le mur à la foreuse.
- Alors que chaque seconde compte ! Amenez des pioches ! Cela vaut le coup d'essayer !"
Mais la porte ne bougeait pas, malgré l'acharnement des policiers.
23h57…
23h58…
Toujours rien… Au loin, Blake entendit une explosion. La porte s'ouvrit comme par miracle peu après. Le Capitaine s'y engouffra en premier. Avec Kendall, ils tirèrent une salve de balle dans le laboratoire, essayant d'atteindre Olrik qui prenait la fuite. Ce dernier disparu en un clin d’œil derrière une porte blindée.
" - Diable ! Jura l'Inspecteur.
- Trop tard… Mortimer !"
En descendant les escaliers quatre par quatre, Blake est en bas aux côtés de son ami.
" - Hello Blake !
- Mortimer ! Que je suis heureux de vous retrouver !"
S'ils avaient été seuls, Blake l'aurait tiré vers lui pour l'embrasser. Le stress de la recherche retombant, le Capitaine vacilla et fut rattrapé par son ami. Mais l'heure n'était pas à l'affection, ils avaient une affaire à boucler.
" - Et Septimus, où est-il ?
- Ce filet de fumée bleue, là-bas. Une fin scientifique digne de lui. Allez vous bien, mon cher ? S'inquiéta Mortimer.
- Où mène cette satanée porte ? Coupa Kendall. Impossible de la forcer…
- Sous les égouts de Londres, Inspecteur. Mais ne vous tracassez pas pour Olrik et voyez plutôt ceci. Un petit cadeau de Noël pour le gouverneur de la Tour de Londres."
Kendall prit le carton à chapeau que tendait le professeur. Sous le regard ébloui de l'assistance, il en tira la couronne impériale d'Angleterre.
"God save the Queen !"
Une fois dehors, Blake tendit les clés de la voiture à son ami.
" - Vous m'offrez cette virée nocturne ? C'est bien aimable.
- Mon cher, si je prends le volant, nous allons percuter le premier arbre sur la route.
- Effectivement, ce serait fâcheux. Très beau discours, tout à l'heure.
- Je n'en ai aucun souvenir. Rentrons, s'il vous plaît."
L'ouverture de la portière passager réveilla Blake. Il se redressa d'un coup, puis se calma à l'instant d'après en voyant Mortimer.
" - Bon sang Francis, qu'est-ce qui s'est passé lorsque je n'étais pas là ?
- Vous n'étiez pas là, justement.
- Accrochez-vous à moi, je vais vous aider à monter."
Le Capitaine se laissa guider à l'étage jusqu'à sa chambre. Le professeur l'aida à se changer. Les contacts avec son ami le rassuraient. Bon Dieu qu'il avait besoin de dormir…
" - Essayer de vous reposer, vous en avez besoin, conseilla Mortimer.
- Au vu de notre situation, on dirait que c'est moi que La Marque Jaune a kidnappé…
- De nous deux, c'est vous qui ressemblez à un mort-vivant, et je parle d'expérience. Allongez-vous, vous en avez bien besoin. Je vais prendre une douche et je reviens, d'accord ?"
Blake acquiesça et regarda son ami sortir de sa chambre, puis entendit l'eau couler dans la salle de bain. Il voulait dormir, évidemment, mais la panique ne voulait pas le quitter. Son cœur battait bien trop vite et ses mains tremblaient de nouveau. Mortimer était en sécurité pourtant… Il récupéra sa robe de chambre et son oreiller et déménagea dans la chambre de son ami. Ils l'avaient déjà fait, 'envahir' l'autre. Le Capitaine s'installa de son côté habituel et écoutait. L'eau se coupa, la porte de la salle de bain claqua comme toujours, puis celle de sa chambre s'ouvrit.
" - Francis ?
- Déjà chez vous.
- Le contraire m'aurait étonné."
Mortimer le rejoignit sous les draps et le serra contre lui.
" - Panique ? Demanda-t-il.
- Depuis que vous avez disparu…
- Je suis maintenant là, avec vous. Je n'irais nulle part ailleurs. Merci beaucoup de m'avoir sauvé, mon cher.
- Ce n'est que mon métier.
- Que vous avez fait avec bravoure malgré tout. By Jove, votre cœur bat vite ! S'étonna le professeur.
- C'est le principe de la panique. Restez là, vous aidez énormément.
- Bien sur. Essayer de dormir, je resterais avec vous.
- Je crains de ne pas pouvoir actuellement. Mon esprit tourne à vive allure.
- Malgré l'affaire terminée ?"
Blake hocha la tête et se rapprocha un peu plus de son amant.
" - Cela vous est déjà arrivé d'être dans cet état aussi longtemps ?
- Deux fois.
- Comment vous en êtes sorti ?
- Avec de l'alcool et de la compagnie. Mais ce n'est pas vraiment le moment pour un verre…
- Quel genre de compagnie ?
- Mes amis, c'est ce qui a marché à chaque fois. La première fois, vous étiez là, vous savez ?
- Lorsque nous nous sommes rencontrés ?
- Exactement. Le voyage en bateau avait été un calvaire, mais votre compagnie m'avait beaucoup aidé, expliqua le Capitaine.
- Mais le voyage Londres-Bombay, c'est six semaines !
- Plus ou moins, oui. Un calvaire, je vous dis.
- Oh Francis… Si j'avais su, j'aurais pu vous aider mieux que ça.
- Philip, c'est du passé. Ne vous en voulez pas, j'ai fais exprès de le cacher. Vous en avez fait beaucoup pour moi à l'époque et vous en faites encore bien plus aujourd'hui. Au début, je pensais que me rapprocher de vous était une erreur car vous pourriez devenir un point faible que d'autres pourrait exploiter. Mais j'ai aussi vite compris que vous êtes mon meilleur atout et qu'en vous sachant à mes côtés, je pourrais tout accomplir. Ne partez pas, ne m'abandonnez pas, je ne suis pas sûr de pouvoir m'en remettre.
- Francis, jamais je ne partirais. Rien ne pourra me détourner de vous, je vous le promets."
Il ne tremblait plus, son cœur battait à une vitesse convenable. Enfin.
" - Mieux ? Demanda le professeur.
- Bien mieux. Merci mon cher.
- Vous avez un talent pour les déclarations romantiques."
La remarque les fit rire tous les deux.
" - Je crois que c'est la panique qui fait cet effet. Je ne réfléchis pas donc je dis ce qui me passe par la tête, raisonna Blake.
- Le sens du théâtre serait donc inné chez vous ? Intéressant…
- Je sens que vous allez m'étudiez demain matin.
- Non, demain, qui est théoriquement aujourd'hui, nous restons à la maison pour célébrer Noël, pour prendre une pause et pour pouvoir vous gardez contre moi.
- Avez-vous prévu quelque chose ?
- Non, rien. Et je ne compte pas changer mes plans. Dormez, ce sera un problème pour plus tard.
- Joyeux Noël, mon cher Philip.
- Joyeux Noël, mon cher Francis."
