Chapter Text
Zoro oubliait toujours les dates d'anniversaires de ses compagnons, même la sienne d'ailleurs. Tout comme les jours de fête comme Noël ou le jour de l'an. Et pour la simple et bonne raison que de toute façon il ne savait même pas quel jour on était. Parce que ça n'avait aucune importance. Le soleil se levait et se couchait toujours. Le monde continuait de tourner. Les ennemis continuaient d'affluer. Et lui continuait de s'entraîner. Heureusement il n'avait pas encore besoin que ses compagnons d'équipages ne lui rappelle l'âge qu'il avait, Dieu soit loué.
Alors quand il sortit de la vigie ce matin là après une nuit de garde à s'entraîner entre deux siestes, et qu'il pénétra dans la cuisine, il fut d'abord surpris de voir plus de monde que le cuisinier aux sourcils bouclés aussi matinales. Le soleil venait de se lever, ce qui voulait dire qu'il était entre 5h et 6h approximativement, c'est Nami qui lui avait dit ça un jour. Alors voir non pas que le cuisinier pervers dans la cuisine, mais aussi le petit médecin, l'archéologue sinistre et le musicien visiblement bâillonné dans un coin le laissant perplexe, le dérouta un peu. Et le pire, c'était la situation, Sanji entre l'archéologue et le médecin au dessus d'un plat dont il n'avait pas la visibilité, Robin avec un tablier rose autour d'elle et Chopper le visage couvert de crème et de chocolat. Et le musicien bâillonné dans un quart de la cuisine semblait clamer sa libération. Quand il était entré les regards de ses compagnons s'étaient tournés vers lui, puis l'avait instantanément oublié. L'ignorant totalement. Pas même un « Bonjour ». Pas même une assiette jetée à la figure. Et il avait faim. Il jeta un regard à Brook qui le supplia du regard, enfin, c'est ce qu'il imaginait, vu qu'il n'en avait pas (Yohohoho !) de le libérer. Il fit à peine un pas en sa direction que Chopper lui sauta dessus, essayant littéralement de croquer son crâne. Conclusion, le médecin était enragé, et le squelette une victime. Et ses cheveux étaient couverts de crème à présent. Génial. Il allait être obligé de prendre sa douche de la semaine en plus. Ce qui n'était pas prévu dans ses plans.
- Qu'est ce que tu fais Chopper ? Grogna Zoro en le tirant de sa tête, le saisissant par son vêtement et l'éloignant de lui.
- Ne libère pas Brook ! On est là depuis 2 heures du matin ! Hors de question qu'il commence à chanter maintenant.
- Quoi ? Il est bâillonné depuis 2 heures du matin ?
- Oui ! Ne le libère pas ! Si Nami l'entend ! On est grillé ! Paniqua Chopper.
- Nami ?
- Oui !
- Qu'est ce que vous lui cachez ? Tu sais bien que ça ne sert à rien avec elle, quoi que vous lui cachez, elle le saura.
Chopper le regarda avec insistance, puis il cligna des yeux plusieurs fois. Zoro fronça les sourcils.
- Quoi ? J'ai un truc sur le visage ?
- T'as oublié Zoro ?...
- Oublié quoi ?
- Tu sais quel jour on est ?
- Non, et alors ? Qu'est ce que ça change ?
- C'est l'anniversaire de Nami, idiot ! S'exclama Chopper.
- Ah...
Sous le choc, Zoro relâcha Chopper qui atterrit tant bien que mal sur le sol de la cuisine. Donc... résumons, anniversaire de Nami. Aujourd'hui... aujourd'hui... le jour où on est là... ce jour là... merde. Anniversaire de Nami = cadeau. Un cadeau ? Il faut qu'il lui achète un truc. Et aujourd'hui. Il regarda ses compagnons tour à tour. Chopper à ses pieds qui le regardait comme s'il était le plus gros des crétins. Puis Brook bâillonné, qui même bâillonné essayait de lui transmettre des informations. Puis Robin, qui s'était détournée de sa tâche pour le regarder avec ce regard amusé, celui qu'elle accordait aux personnes qui allaient mourir sous peu. Puis, le cuistot, rien d'anormal, toujours aussi méprisant. Maintenant revenons au problème, le cadeau. Il n'en avait pas. Bien sûr qu'il n'en avait pas... c'est pas grave, il était tôt, il pouvait encore aller acheter un truc. Oui. Voilà.
- On accoste à quelle heure ?
Chopper tomba sur les fesses. Brook se cogna la tête contre le plancher. Sanji explosa de rire en le pointant du doigt. Et Robin... toujours ce même regard.
- On accoste pas Zoro-San, Nami nous l'a déjà dit, c'est pour ça que nous avons fait des provisions il y a deux jours, expliqua Robin.
- On... accoste pas ?.. répéta Zoro.
- Il a le cerveau lent le marimo ? se moqua Sanji
Il aurait aimé répliquer au cuisinier, mais là son cerveau cherchait en vain une échappatoire. Pas de cadeau. Pas d'île = pas de cadeau. Mais il ne devait pas être le seul, non ?.. si... il était sûr d'être le seul. Le seul dans la merde. Il se tourna vers Robin désemparé.
- Comment je fais ?
- Ahah ! Va prendre une douche ça sera un bon cadeau déjà ! Arroser ta tête de marimo ! Rit Sanji.
Personne d'autre ne lui répondit. Il aurait dû préserver sa fierté et son honneur face au cuistot. Mais le problème qui le tracassait était bien plus imposant. L'année dernière, il avait déjà oublié, mais il avait réussit à acheter quelque chose dans la journée, une bonne bouteille de vin. Certes, ce n'était pas très originale, mais Nami appréciait le vin, et elle l'avait remercié avec un sourire contemplant son effort. L'année encore d'avant il avait aussi oublié, mais personne ne l'avait prévenu avant que le soir Sanji arrive avec un gâteau dans les mains, et à ce moment là, il avait compris pourquoi le Polar Tang II était amarré à côté de leur navire. Et même avec un second équipage à leur côté dans la journée, personne de censé n'avait eu la décence de le prévenir. Et le pire de cet anniversaire là, il y a deux ans, même Sanji l'avait mal vécu, avait été le chirurgien qui avait offert une parure de bijoux hors de prix, évinçant ainsi tous les autres cadeaux, au moins, elle n'avait pas remarqué qu'il avait oublié. Oh non... et si encore cette année l'équipage du Heart se pointait ?.. un frisson le parcourut. Premièrement il n'avait pas de cadeau. Deuxièmement si il se retrouvait encore avec d'autre équipage allié, pire celui du chirurgien... alors la question lui échappa.
- Tora-o va encore se pointer ?
Sanji écrasa nerveusement sa cigarette dans le cendrier, visiblement pas du tout à l'aise avec cette idée. Robin rit doucement, puis prit la parole.
- Pas cette année, mais il ne manquera pas de l'appeler, dit-elle avec un sourire sinistre.
- Pardon ?! S'exclama Sanji le devançant.
- Il l'appelle ? Répéta Zoro.
- Régulièrement, acquiesça Robin.
Même bâillonner Brook réussit à lâcher un « Yohohoho » étouffé. Chopper acquiesça visiblement au courant. Sanji s'effondra dramatiquement, priant le dieu de l'amour où un truc débile du genre. Et Zoro songea à jeter les Dendenmushi du navire par dessus bord. Puis se rappela qu'il n'avait pas de cadeau. Puis revint au fait que Nami entretenait des conversations téléphoniques avec le chirurgien.
- Mais pourquoi ? Demanda-t-il après un silence.
- Parce qu'ils s'entendent bien, répondit Robin naturellement en haussant les épaules.
- Oui, parfois ça dure des heures, acquiesça Chopper.
- Je suis le seul à ne pas être au courant ? S'interloqua Zoro comme si on avait omis de lui donner une information capitale pour la survie de leur navire.
- Peut-être, répondit Robin.
- Mais pourquoi ?! Répéta-t-il un peu plus fort que la première fois.
- Parce qu'il essaie de s'en emparer ! S'exclama Sanji en s'embrasant. Tu es trop idiot pour faire le rapprochement ?!
- Euh... bégaya Chopper pendant que l'information montait au cerveau de Zoro. Ce n'est pas vraiment ça...
Trop tard. Maintenant le cuisinier et le bretteur avait choisi la direction de « Il veut nous voler Nami ». Et Robin trouva ça très intéressant, refusant de démentir cette hypothèse, bien qu’insensée. Et ça lui donna l'idée de rajouter quelque chose... que tout le monde semblait avoir oublié.
- Vous vous souvenez de Cavendish ? Demanda-t-elle sournoisement.
- Qui ? Demanda Zoro encore tourmenté.
- Ce salopard qui joue au prince charmant devant ma Nami-Swan ?! S'exclama Sanji.
- Oui, il le fait, acquiesça Robin.
- Vous ne vous rappelez pas qu'il vient ce soir en suivant la vivre card de Luffy ?.. murmura Chopper avec hésitation.
Et voilà. Nouveau problème qui s'ajoute aux autres après une nuit blanche dans la vigie. 1. C'est l'anniversaire de Nami. 2. Il n'a pas de cadeau. 3. Il ne pourra pas en acheter. 4. Law entretient une relation à distance avec Nami. 5. Quelqu'un d'autre s'invite à la fête d'anniversaire de la navigatrice. 6. Ce quelqu'un d'autre est un prince charmant. Solutions : aucunes. Attends prince charmant, vivre card de Luffy, Cavendish.. ? Ah... le blond avec son trouble de la personnalité ? Celui qui se transforme en tueur sanguinaire après s'être endormi ? Le danger public ?
- Je vais devoir cuisiner pour cet ahurit qui drague Nami comme si je n'existait pas ?! S'enflamma Sanji.
- Oui, acquiesça Robin. Et vous savez ce qu'il pense de Nami ?
Un nouveau « Yohohoho ! » étouffé se fit entendre. Chopper s'éloigna un peu du comptoir, se rapprochant de la porte, au cas où Sanji déciderai de mettre le feu à la cuisine... Zoro eut du mal à percuter. Comment ça il drague Nami ? Depuis quand ? Robin semblait avoir la réponse cependant.
- Non. Répondit sèchement Zoro. Qu'est ce qu'il veut lui aussi ?
Robin lâcha totalement ce qu'elle était en train de faire, se tourna face au bretteur avec toujours ce sourire mauvais.
- Il a dit, et ce sont ces mots, qu'après avoir fait le tour des mers, aucune femme n'était assez belle pour devenir sa Reine, sauf notre navigatrice.
- Je vais le tuer ! S'exclama Sanji.
Ce monde était fou. Il ne voyait pas d'autres explications. Comment Luffy avait-il fait pour dégoter des types tous plus cinglés les uns que les autres ? Et qui, manifestement décidait de graviter autour de leur navigatrice. Et le pire ? C'est qu'il ne savait même pas ce que Nami en pensait. Il estimait pourtant passer assez de temps avec elle pour ne pas apprendre un beau matin qu'elle entretenait d'étroites relations avec leurs alliés et armada. Et pas de la bouche de quelqu'un d'autre. Et visiblement le cuisinier aussi. Bien que ça, il s'en fichait un peu. Et connaissant l'autre énergumène égocentrique, il allait se pavaner dans une tenue royale, ramener bouquet de roses, champagne, et bijoux. L’évinçant littéralement de ces histoires de cadeau. Et Nami dans tout ça ?
- Qu'est ce qu'elle en pense ? Demanda Zoro.
- Elle dit que c'est un dégénéré... hmpf...
Chopper ne put finir sa phrase que Robin fit fleurir un bras pour lui couvrir la bouche avant de répondre avec un grand sourire.
- Qu'il est charmant.
- Charmant ? Répéta Zoro surpris.
- C'est impossible ! S'écria le cuisinier
Robin gloussa. Brook avait l'air de rire aussi. Chopper fronçait les sourcils en se débattant avec la main de Robin sur sa bouche. Zoro y réfléchit tout de même longuement. L'abrutit blond avec un ego surdimensionné qui apparemment faisait des courbettes à leur navigatrice, non, ce n'était clairement pas le style de Nami. C'était impossible. Il partageait pour une fois le même avis que le cuisinier. Donc le problème de Caven-machin était éliminé. Le chirurgien ne viendrait pas, donc problème éliminé aussi. Donc on en revenait au problème principal, le cadeau.
- Il me faut un cadeau... grommela-t-il.
- Oui, acquiesça Robin.
- Mais je n'en ai pas.
- Elle doit être habituée depuis le temps, souffla Sanji en recrachant la fumée de sa cigarette avec un sourire suffisant.
- Ça ne m'aide pas LoveCook !
- Tu ne crois quand même pas que j'allais t'aider ? rit Sanji.
Non. C'est sûr. Bien sûr que non, la dernière personne sur qui il pouvait compter était bien Sanji. Assurément. Il fallait le remettre à sa place le cuistot.
- Où est le petit-déjeuner ?
- Dans le frigo. Tu connais le chemin marimo.
- Tsss.
Il se dirigea vers le frigo. Sanji, Robin et Chopper étaient repartis dans le dressage de ce qu'il pouvait voir à présent être un gâteau. Toujours obligé d'en faire des caisses pour un truc que personne n'aurait le temps de goûter. Peut-être même qu'il aura disparu du frigo avant la fête et on n'a pas besoin de nommer le coupable. Il ouvrit le frigo rempli de multiples préparations sucrés et salés et attrapa le plateau d'onigiri avant de se rendre à table. Il croisa à nouveau le musicien bâillonné.
- Et pourquoi Brook est bâillonné en faite ? Demanda Zoro tout en portant une boulette de riz à sa bouche.
- Il voulait s'entraîner à chanter une chanson d'anniversaire pour Nami, répondit Chopper.
Zoro haussa les épaules et reporta son attention sur son petit-déjeuner. Tout en réfléchissant au cadeau... il pourrait peut-être demander à Usopp ou Franky de lui fabriquer un truc. Oui. Voilà. La solution était trouvée. Il finit son petit déjeuner et repartit sur le pont où il trouva un coin ensoleillé pour faire une sieste en attendant qu'un des deux inventeurs ne se réveillent.
Finalement, il ne se réveilla que quand quelque chose lui tomba sur la tête alors qu'il rêvait qu'il offrait un katana au fourreau orange avec des dessins de mandarine à Nami et à cause de ce truc qui lui était tombé sur la tête il n'a pas pu voir sa réaction. Il pesta en se redressant de l'arbre sur lequel il était appuyé oubliant en même temps la moitié de son rêve. Il ouvrit un œil et observa ce qui lui était tombé dessus que son corps avait réceptionné dans sa main cause de réflexe. Une mandarine. Il se frotta la tête et releva les yeux sur l'ombre au dessus de lui. Perché sur la dernière marche d'un escabeau, Nami.
- T'en as fait exprès ? Grogna Zoro.
- Quoi ? Demanda Nami en baissant la tête vers lui.
- J'ai reçu ça sur la tête. Se plaignit-il en ouvrant et en levant la main vers elle.
- Tu t'attentais à quoi en dormant sous un arbre à fruit idiot ? Soupira Nami.
- Je suis sûr que c'est toi qui me l'a lancé.
- Elle a l'air mûre, elle a dû tomber toute seule, franchement, tu devrais savoir que je préfère quand tu dors.
Zoro pesta entre ses dents. Son regard retomba sur la mandarine. Et l'image du katana lui revînt. C'était idiot. Comme si Nami avait besoin d'un katana. Subconscient débile. N'empêche, il aurait bien aimé voir sa réaction. Même si ce n'était pas réel. Puis son regard remonta sur Nami, un panier coincé sur un coude pendant qu'elle ramassait des mandarines dans l'arbre au dessus de lui. Il devrait s'échapper avant qu'une autre tombe « toute seule » sur sa tête. N'empêche qu'il n'avait toujours pas de cadeau. Ni d'idée. Il observa Nami d'en bas. Vêtu aujourd'hui d'une salopette short orange. Son regard tomba ensuite sur sa cuisse, là où se tenait la ceinture en cuir qui maintenait son arme. Ça ne l'aidait pas. Il devrait demander à Usopp une idée. Usopp saurait. Il avait toujours plein d'idées et était probablement la personne la plus proche de Nami sur ce navire après lui. Ou avant lui même.
- Tu devrais aller te laver avant le déjeuner Zoro, on dirait qu'une dizaine de mouettes t'ont déféqué sur la tête.
Hein ? Il porta sa main à ses cheveux. Ses cheveux étaient collant et collés. Ah oui... Chopper et sa bouche pleine de crème ce matin. Il se leva non sans maugréer et rejoignit la salle de bain. Qu'elle heure était-il en faîte ?
Alors qu'il venait de s'endormir dans son bain, le bruit d'un Dendenmushi le réveilla. Il sursauta presque avant de se rendre compte qu'un mini Dendenmushi était posé sur le rebord de la baignoire. Mais qui posait ça là ? Qui téléphonait dans son bain ?! Il décida finalement de répondre, parce que le bruit était franchement agaçant. Il attendit tout de même que l'autre personne parle derrière l'appareil.
- Nami-ya ?
Le chirurgien. Alors c'était vrai ? Il l'appelait souvent ?
- Non. Qu'est ce que tu veux Tora-o ?
Il l'entendit soupirer à l'autre bout du fil.
- Je rappellerais plus tard.
- Oï ! Qu'est ce que tu veux à Nami ?
Il soupira à nouveau. À deux doigts de lui demander si il le faisait chier quand même.
- Lui souhaiter son anniversaire. souffla Law.
- Je lui dirais pas la peine de rappeler.
- Écoute Zoro-ya si Bepo ne lui souhaite pas son anniversaire lui même, on va passer une journée à la dérive.
- Bepo ?
- Oui. Bepo.
- Alors pourquoi ce n'est pas lui qui appelle ?
- Il est à côté de moi. Tu as du lui faire peur.
- Écoute bien Tora-o, va falloir que t'arrête d'appeler Nami tout le temps. Ce n'est pas parce que Luffy est devenu le Roi des Pirates que Nami va te rejoindre dans ton sous-marin.
- Tu te fais des films Zoro-ya.
- Lâche la et arrête de l'appeler.
- Je t'ai dit que c'était Bepo !
- Et arrête de prendre ton ours comme excuse.
Il lui raccrocha immédiatement au nez. Voilà. Au moins un problème de réglé. Plus qu'à jeter à l'eau le blond bizarre ce soir et ça ferait un autre problème de réglé. Il ne restait plus que... il se redressa d'un coup dans la baignoire. Merde le cadeau. Il sortit expressément de la baignoire, se sécha vite fait, se rhabilla à la hâte et quand il sortit de la salle de bain, le cuisinier interféra dans ses plans en annonçant que le déjeuner était prêt... ils se réunirent tous alors dans la cuisine. Il se dit qu'il devrait au moins mener l'enquête. Jinbe était à côté de lui. Commençons par lui.
- Qu'est ce que tu offres à Nami ? Chuchota Zoro.
Jinbe lui sourit franchement, une certaine fierté se reflétant dans ses yeux et son sourire, avant de chuchoter à son tour.
- J'ai réussi à écumer les océans pour trouver assez de perles marines pour en faire un bracelet.
Ah oui... des bijoux à base de perles trouvées dans l'océan... il aurait dû y penser... peut-être aurait-il un peu de temps cet après-midi pour faire un petit plongeon. Quoi que... tout dépend d'à combien de mettre se trouvait le fond... bon, c'était une mauvaise idée. Et heureusement Jinbe ne lui demanda pas ce que lui avait prévu. Il se tourna ensuite vers Robin en face de lui. Robin était la plus intelligente, il ne pourrait certainement pas rivaliser avec elle.
- Et toi ? Chuchota-t-il.
- Il y avait cette plume, ce papier et cet outil de navigation hors de prix sur lesquels elle avait flashé, chuchota doucement Robin.
Ouais. Voilà, il ne pourrait pas rivaliser avec Robin, ni avec Jinbe en faite... Il tourna ensuite la tête vers Brook sur son autre côté.
- Et toi ? Chuchota-t-il à nouveau.
Brook posa sa main sur le côté de sa bouche avant de se rapprocher de l'oreille de Zoro.
- J'ai trouvé dans une boutique de lingerie un ensemble tout à fait convenable, yohohoho. Comme c'est moi qui l'ai acheté, elle acceptera enfin de me les montrer porté, yohohoho...
Zoro sentit ses oreilles chauffées pour une raison inconnue. Mais une chose était sûre... le squelette allait re-mourir ce soir. Il secoua la tête de droite à gauche, souhaitant effacer ceci de sa mémoire et se tourna vers Chopper assis à côté de Robin.
- Et toi ?
- Je lui ai acheté une peluche en forme de mandarine, chuchota Chopper.
Ah oui. Bon. Bijoux. Outils. Lingerie. Peluche. Ce qui lui laissait comme possibilité... ? Rien. Il pouvait encore demander au cuisinier, mais il n'avait pas envie de savoir. Quant à Luffy et Usopp, ils étaient installés à l'autre bout de la table, de part et d'autre de Nami. Il aurait fallu parler plus fort, et Franky serait capable de répondre avec un « SUUUUPER ! » suffisamment puissant pour prévenir tout le navire. Hors de question que Nami sache qu'il n'avait pas de cadeau. Pire encore, qu'il en cherchait un. Après, elle allait croire qu'il l'aimait bien.
Quelques minutes plus tard, une fois le repas terminé, il suivit discrètement Usopp jusqu'à son atelier. Peut-être un peu trop discrètement, car lorsque celui-ci franchit la porte, Zoro entra juste derrière lui. Usopp poussa un cri.
- Tu m'as fait peur ! S'exclama Usopp.
- C'est parce que tu n'es pas assez sur tes gardes brave guerrier des mers, répondit Zoro avec un sourire provocateur.
- Ou peut-être parce que tu ressembles à un démon !
- Ça me va, répondit Zoro en haussant les épaules.
Zoro referma la porte derrière lui, puis s'adossa sur cette dernière avant de croiser les bras.
- Et donc ? Qu'est ce que tu fais là ? Demanda Usopp.
- Tu offres quoi à Nami ?
- Le plus beau feu d'artifice qu'elle n'ait jamais vu voyons ! Ça m'a coûté une petite fortune toute cette poudre...
- Tsss. Vous avez tous des cadeaux qui coûtent cher.
- Sauf Luffy, corrigea Usopp.
- Luffy a acheté quelque chose ? S'étonna Zoro.
- Non, il a dit qu'il faisait un truc lui-même... répondit Usopp tout en se mettant à remplir de différentes poudres colorées de grands tubes.
- Lui-même ? Répéta Zoro en levant un sourcil.
- Ouais, il a refusé de nous montrer ce que c'était, on ne sait même pas où il l'a caché. Mais venant de Luffy, Nami sera contente.
- Ouais. Souffla-t-il.
- Et toi ? T'as acheté un truc ?
- C'est ça le problème. Il me faut un cadeau.
- Ah... répondit Usopp alors que ses mains s'immobilisèrent avant de reprendre.
- T'as une idée ?
- Tu sais, elle ne t'en voudra pas, elle sait très bien que tu oublies tous les anniversaires.
- Ce n'était pas ma question.
Usopp s'arrêta dans ses mouvements et se tourna vers Zoro, sentant probablement la conversation sérieuse arrivée. Zoro détourna le regard sentant l'analyse de celui d'Usopp.
- Hm... venant de toi, si tu lui décrochais une mandarine de son propre arbre elle serait contente.
- C'est nul.
- Okay, okay, tu veux quoi comme réaction ?
- Comment ça ?
- Tu veux qu'elle soit contente ? Très contente ? Très très contente ? Impressionnée ? Subjuguée ?
- Je m'en fiche de ça.
- Je vois... tu veux qu'elle soit tout cela à la fois...
- Je n'ai pas dit ça ! S'offusqua Zoro en sentant ses oreilles chauffées.
- Ne t'énerves pas, pose ses katanas, répondit Usopp à moitié paniqué.
- Mais je n'y ai pas touché !
- Pas encore... répondit Usopp en plissant les yeux de façon suspicieuse.
- Si tu ne peux pas m'aider je me casse.
- Bon, bon, alors réfléchissons, qu'est ce que tu pourrais offrir à Nami... il faut que ce soit personnel, tu vois ?
- Non.
- Qu'est ce que t'as offert Nami à ton dernier anniversaire par exemple ?
- Des boucles d'oreilles, les mêmes, mais elle a dit que c'était de l'or rose ou je ne sais quoi.
- Et les autres ? Ils t'ont offert quoi ?
- Je m'en rappelle pas.
- Je vois... Et est ce qu'il y a quelque chose que tu voudrais lui offrir ?
- J'ai pensé à un truc... répondit-il en se frottant la nuque nerveusement.
- Et c'est quoi ?
- Mais je ne suis pas sûr qu'elle en ait besoin.
- Tu crois qu'elle a besoin de feux d'artifices, de bijoux, de matériel pour ses cartes, de lingerie fine, ou même d'une robe de soirée ?
- Une robe de soirée ?
- C'est Sanji.
- Tsss. C'est nul.
- Alors ? C'est quoi ?
- Un truc pour ranger son bâton magique.
- Parfait ! Alors, comment ? Je peux te faire ça si tu me trouves du cuir, il me faut la couleur que tu veux, si tu veux des petits dessins ou des inscriptions, etc, et je te ferais une note.
- Tsss. Je ne sais pas moi.
- Réfléchis, et reviens avec du cuir et ton idée.
- C'est forcément du cuir ?
- T'avais imaginé quoi ?
- Bah tu sais, un peu comme le sageo d'un katana
- Il me faut du coton ou de la soie alors.
- Je peux trouver ça où ?
Usopp posa une main sous son menton, semblant réfléchir un instant.
- Demande à Franky, ou sinon prends une de tes étoffes je me débrouillerais avec, tarde pas trop, je vais faire ça entre deux. Par contre, quelle couleur ? Il faut que je prépare des colorants.
Quelle couleur ? Qu'est ce qu'il en savait lui ? Orange ? Rouge ? Bleu ? Vert ? Non... doré. Ça lui rappellerait l'argent.
- Or.
- Je vais voir ce que je peux faire, mais essaie de me trouver un tissu clair que je n'ai pas à le décolorer.
Zoro acquiesça et sortit de la pièce. Bon. Direction l'atelier de Franky. Comme ça il connaitrait son cadeau aussi, et son enquête serait terminée. Il longea le navire avec un mince sourire satisfait, enfin le poids du cadeau qui s'enlevait. Il ne manquait plus que l'étoffe et il pourrait retourner à sa sieste et se saouler ce soir.
Il se retrouva, alors même qu'il savait que l'atelier de Franky était à l'avant du navire, au bar aquarium. Forcément Franky avait changé l'emplacement du navire. Encore. L'autre coup il avait échangé la salle de bain et la chambre des filles. Ça lui avait coûté cher. Heureusement il n'y avait personne dans le bar aquarium. Il remonta et trouva enfin l'avant du navire, où se trouvait comme d'habitude, Luffy sur la tête de proue, Jinbe à la barre et Nami à ses côtés. Normalement il devrait faire sa sieste là, juste derrière eux. Il ne fallait pas qu'il se fasse repérer. Il ouvrit avec précaution la trappe derrière eux, mais elle grinça, l'obligeant à sauter dedans avant d'être repéré. Il referma avec rapidité et dextérité la trappe derrière lui. Aussitôt que Franky sentit une présence derrière lui, il arrêta ce qu'il était en train de faire et étendit une grande bâche sur ce qu'il bricolait avant de se retourner vers lui les épaules tendues. En le voyant ses épaules se relâchèrent d'un coup dans un long soupire.
- Ce n'est que toi, souffla Franky.
- De qui as-tu peur ?
- De Nami voyons, répondit-il avant de se retourner sur son travail et de soulever la bâche pour reprendre là où il en était.
- Ouais, tu m'étonnes, souffla Zoro.
- Tu veux voir ? Demanda Franky en tournant la tête d'un quart vers lui un sourire fier aux lèvres.
Zoro haussa les épaules et s'approcha. Il y découvrit le vieux Waver de Nami. Bon il avait changé d'apparence depuis la dernière fois qu'il l'avait vu. Maintenant il ressemblait presque à un véhicule blindé et scintillant.
- Le Waver ? Ça fait des années que je ne l'ai pas vu.
- C'est normal, en arrivant sur le Sunny je l'avais transformé en suuuper poney, ça m'avais valu de perdre 4 dents...
- Ah... c'était lui le cheval blanc alors ?
- Ouais, mon suuuuper poney blanc, mais ça, ça devrait plaire à Nami et me permettre de garder mes prothèses dentaires !
- J'imagine.
- C'est rare de te voir ici, besoin d'un super cola ?
- Non merci. J'ai besoin d'un autre truc, Usopp a dit que tu en aurais peut-être.
- Quoi donc ?
- Un... tissu genre en coton ou en soie ? Demanda-t-il en se frottant la nuque.
- Hm... Franky réfléchit un instant. Je ne crois pas avoir ça... mais ce que tu portes autour de toi c'est de la super soie frangin.
Zoro regarda sa ceinture. Puis Franky. Puis sa ceinture. Comme s'il la découvrait pour la première fois.
- Quoi ? Ma ceinture ?
- Ouais.
Ah... il en avait de plusieurs couleurs, ça tombait bien. Il lui semblait même en avoir une blanche. Elle devrait être dans son casier, dans les quartiers des hommes. Bon, c'était reparti. La mission n'était pas encore finie. Il salua Franky et sortit discrètement de son atelier. Il regarda le pont avant supérieur, personne ne l'avait remarqué. Mais Nami avait disparu. Peu importe. Il rentra dans le quartier des hommes en le trouvant du premier coup. Mais ce qu'il vit dedans lui donna une certaine animosité envers leur navigatrice. Nami, en train de fouiller dans son casier, visiblement avec des affaires en mains. Ceux de Luffy et les siens. Il referma la porte un peu brusquement signalant sa présence. Nami se retourna vers lui. Puis retourna fouiller dans son casier comme si de rien était.
- Je peux savoir ce que tu fais ? Grogna Zoro.
- La lessive.
- Dans mon casier ?
- Je récupère tes vêtements sales idiot, je sais que tu n'es pas au courant mais ça se lave même quand il n'y a pas de sang dessus.
Zoro sentit une veine palpiter sur son front. Comment ça ? Techniquement si ses vêtements n'étaient pas couverts de sang, de boue, ou qu'ils ne tenaient pas debout tout seul, ils n'étaient pas sales.
- Tu ne pouvais pas demander ? Grogna-t-il.
- Ah si je pourrais, mais ta notion de la propreté diverge de la mienne.
- Ah ouais ? Et comment tu estimes que mes vêtements pas sales dans tes bras sont sales ?
- À l'odeur, répondit-elle en amenant un tee-shirt à son nez avant de le renifler puis de se boucher le nez.
- T'en fais trop, grogna Zoro. Ils ne sont pas sales !
Elle haussa les épaules, puis se retourna pour sortir de la pièce des vêtements couvrant ses bras. Zoro pesta à nouveau mais elle l'ignora. Il s'empressa de rejoindre son casier. Il vida presque entièrement son casier... et constata que sa ceinture avait disparu. Il pesta à nouveau et sortit en courant des quartiers. Il tourna la tête plusieurs fois autour de lui. Pas de Nami sur le pont. Où était-elle allée ? Un peu plus loin il vit Robin siroter un thé avec un livre en main. Il se rapprocha d'elle.
- Où elle est ?
- Buanderie, répondit Robin sans lever les yeux de son livre.
- Qu'est ce que c'est ? demanda-t-il un sourcil levé devant ce mot inconnu.
- L'endroit où on lave le linge.
- C'est où ?
- Attenant à la salle de bain.
Salle de bain ? Bon, ça il savait où c'était, il y était aller ce matin... ou ce midi, peu importe. Il courut presque jusqu'à la salle de bain avant de l'ouvrir d'un coup sec. Personne. C'était où la buanderie ? Il ne vit aucune porte cachée. Il ne restait qu'une solution.
- Nami ?! Où t'es ?!
- Là !
Là ? Il essaya de suivre le son de la voix. Et trouva une entrée derrière un rideau. Il franchit le rideau et tomba sur la buanderie pour la première fois de sa vie. Il baissa les yeux sur Nami, à genoux devant une machine étrange, visiblement en train de retourner le linge. Pourquoi elle les retournait ? Ce n'était pas la question.
- Où tu as mis mes affaires ?
Nami tourna la tête vers lui, un soupire d'exaspération lui échappa.
- Si tu veux te changer, je t'ai laissé des affaires propres, souffla-t-elle.
- J'ai besoin d'un truc !
- Quoi ?
- Une...
Il sentit ses oreilles chauffées à nouveau. Pas la peine d'être gêné, pensa-t-il. Ce n'est qu'une ceinture et elle n'avait pas besoin de savoir pourquoi il en avait besoin.
- Une ceinture blanche.
- Hm... murmura-t-elle semblant réfléchir un instant en fermant les yeux. Là dedans. Désigna-t-elle un panier.
Il s'empressa de fouiller le panier. Après l'avoir à moitié vidé il tomba enfin sur la ceinture. Il remit les autres vêtements dans le panier et s'apprêta à sortir, mais...
- J'ai eu Tora-o au téléphone tout à l'heure, dit Nami en reprenant sa tâche.
Zoro inspira profondément, il sentait encore ses oreilles chauffées. Il lui avait pourtant dit d'arrêter de l'appeler. Et au lieu de ça il avait dû tout balancer. Tachons de garder son calme.
- Et alors ? Grogna-t-il.
- Il m'a dit que tu lui avais dit d'arrêter de m'appeler, et un truc comme quoi tu pensais qu'il voulait que je rejoigne son équipage.
- Et alors ?
- Je me demandais qui t'avais mis cette idée dans la tête.
Qui ? Techniquement personne. Mais techniquement aussi Robin, Chopper, et Sanji. Enfin, on s'en fichait de ça.
- Pourquoi vous vous appelez tout le temps ?
Nami ne répondit pas tout de suite. L'obligeant à se détourner du rideau pour lui faire face. Elle s'était arrêtée dans ce qu'elle faisait et le regardait surprise.
- On ne s'appelle pas tout le temps, souffla Nami.
- Ce n'est pas une réponse.
- Tora-o m'appelle pour deux trois trucs concernant les catastrophes naturelles, mais c'est avec Bepo qu'on a de longues conversations sur la navigation, les cartes, l'astrologie. Mais... pourquoi ça t'intéresse ?
- On n'a pas que ça à faire de chercher un nouveau navigateur.
- Mais je ne compte pas partir idiot ! Je fais partie des murs.
- Très bien. Répondit Zoro en se retournant vers le rideau.
Il commença à le tirer pour s'en aller mais reçu un truc petit mais lourd à l'arrière de sa tête qui retomba dans un bruit sourd sur le parquet. Il se retourna, baissa la tête sur le sol pour y découvrir une de ses pierres à aiguiser. Il la ramassa avant de fusiller Nami du regard.
- Tu es folle ?!
- Apprends à vider tes poches, ça pourrait casser la machine. Répondit-elle sans le regarder.
- Tu ne pouvais pas me la donner normalement ?! Après ça tu veux que je te crois quand tu me dis que la mandarine de ce matin est tombée toute seule ?!
Nami tourna la tête vers lui un sourcil levé. Puis cligna des yeux plusieurs fois, avant de reprendre la parole.
- Bien que je dois avouer que c'est particulièrement amusant de tester le rebondi de ton crâne vide je n'ai pas lancé de mandarine sur ta tête ce matin.
- Amusant ? répéta Zoro, un sourire crispé aux lèvres tandis qu'une veine palpitait sur son front.
- C'est ce que j'ai dit, acquiesça Nami un sourire provocateur aux lèvres.
Il mit la pierre dans sa poche, posa l'étoffe blanche sur un coin pas trop loin, avant de se saisir de la panière de linge où il avait trouvé sa ceinture et de lui lancer la totalité de son contenu sur la tête. Un sourire satisfait apparu sur ses lèvres en voyant Nami ensevelit sous les vêtements. Après quelques minces secondes de victoire, Nami sortit la tête des vêtements, avant de les regrouper en une grosse boule et de se lever la boule dans les mains.
- Zoro... minauda-t-elle en s'approchant lentement comme un félin qui essaie de rassurer sa proie.
Zoro ne bougea pas. Une histoire de fierté l'en empêchait. Mais bon...
- Ne t'approches pas, la prévint-il.
Elle se jeta sur lui en un bond. Il bascula en arrière et tomba sur les fesses sous le choc. Nami au dessus de lui, les bras au dessus de sa tête regroupant une boule de vêtements le regardait avec un sourire terrifiant.
- Je vais te montrer pourquoi ses vêtements sont sales... dit-elle avant d'essayer de l'étouffer avec la boule de vêtements.
Zoro essaya de respirer en vain là dessous. Bon, d'accord, ils sentaient un peu la sueur, mais franchement rien de terrible. Elle abusait. Il réussit à saisir à l'aveugle ses avant-bras avant de les soulever relevant par la même occasion la boule de vêtements qui essayaient de l'étouffer. Il put enfin reprendre son souffle.
- T'abuses, ils ne sentent pas si mauvais que ça. Conclut-il.
- Je devrais essayer avec tes caleçons que tu portes plusieurs jours d'affilés aussi.
- Tu sens mes caleçons ?! Mais t'es malade ?!
- Ah non, je ne voudrais pas mourir asphyxiée, j'ai un instinct de survie moi. J'ai investi dans une pince qui fait trois mètres de long pour pouvoir les manipuler.
- T'es complètement cinglée !
- Rappelle-toi que grâce à moi tu ne chopes pas de maladie bizarre à cause de ton hygiène déplorable.
- Je ne vais pas te remercier alors que tu enlèves mes vêtements !
- Grâce à moi, on vous accepte encore autour de la même table que nous toi et Luffy.
- On ne sent pas si fort ! Et Luffy tombe à l'eau au moins une fois tous les deux jours, techniquement ça compte comme un bain !
- C'est n'importe quoi ! De l'eau salée pleine d'écume et de reste de cadavres ne compte pas comme un bain !
- C'est de l'eau !
- Ce n'est pas possible d'être aussi débile !
- Toujours moins que toi !
Même pas une seconde après sa réponse ne passa, qu'elle ré-appuya sur sa tête avec le tas de linge soi-disant sales.
- Répète un peu pour voir ?! S'écria-t-elle.
- Hmph
- Je n'ai pas compris.
- Hmph !
- Articule quand tu parles.
Il réussit à nouveau à soulever ses bras au dessus de lui.
- Tu essaies de me tuer ! S'écria-t-il essoufflé.
- Tu admets que tes vêtements sales ont failli te tuer ?
- C'est toi qui a failli me tuer ! Avec mes vêtements en plus !
- Et tu serais mort de quoi ?
- Étouffement !
- Asphyxie !
- Je m'en fiche ! Laisse moi tranquille !
Elle leva les yeux au ciel et se releva avant de laisser retomber ses vêtements sur lui.
- Remets les dans la panière avant de sortir sinon je les jette par dessus bord.
Il pesta en se relevant et se retrouva dans l'obligation de ramasser ses vêtements et de les remettre dans la panière. Pas parce qu'elle lui avait dit de le faire, non. Parce qu'il savait qu'elle était capable de jeter ses vêtements par dessus bord, et il se retrouverait soit à nager derrière pour essayer de les récupérer, soit à devoir lui emprunter de l'argent avec un taux d'intérêt de trois cent pourcent pour en racheter. Il récupéra enfin cette foutue étoffe blanche avant de quitter la pièce et de retrouver l'atelier d'Usopp. Avant de l'atteindre, il dut d'abord se battre avec Sanji. Non pas parce qu'ils avaient quelque chose à se reprocher, mais simplement parce qu'ils s'étaient croisés dans le couloir. Et après quelques coups et joutes verbales, il pénétra enfin dans l'atelier d'Usopp. Le sniper se retourna immédiatement vers lui.
- Pourquoi on dirait que tu as fait la guerre ? Demanda Usopp en voyant l'état de Zoro.
- Comment ça ?
- T'as le visage rouge, les cheveux dans tous les sens, et tes vêtements sont un peu défaits.
- Tsss. Nami a essayé de me tuer et après j'ai salué Sanji.
Usopp rit, puis porta son attention à la ceinture dans les mains de Zoro, il l'attrapa sans lui demander et l'analysa longuement.
- Parfait, souffla-t-il.
Puis il releva la tête vers Zoro. Ce dernier arborait un sourire satisfait, visiblement agréablement surpris que le matériau trouvé soit « parfait », ne nécessitant pas de futur quête secondaire à travers le Sunny.
- Alors du coup, reprit Usopp. Est ce que je dessine des motifs dessus ? Ou alors j'écris ton nom ?
- Mon nom ?! S'étonna Zoro les oreilles rougissantes. Ça ne va pas ?!
- Pourquoi pas, souffla Usopp en haussant les épaules.
- Non ! Surtout pas ! Après elle va s'imaginer des trucs !
- Ah oui ? Gloussa Usopp. Comme quoi ?
- Je ne sais pas. Mais je ne le sens pas.
- D'accord, donc je mets quoi dessus ?
Zoro croisa les bras, puis détourna la tête sur le côté. Et après quelques secondes de silence, retourna la tête vers Usopp.
- Notre emblème, et... je ne sais pas des mandarines, ou ce que tu veux, je m'en fiche.
- J'ai l'impression que ça risque d'être son cadeau préféré, murmura Usopp.
- Parfait. Acquiesça Zoro. Ça va leur faire les pieds au sourcil en vrille et au cavalier.
Usopp sembla tiqué, et un sourire amusé se dessina sur son visage. Zoro lui fronça les sourcils ne voyant pas du tout ce que ce sourire signifiait, mais il sentait que ça n'allait pas lui plaire.
- T'es jaloux ? Demanda Usopp.
- Quoi ? De quoi ? Pourquoi ? N'importe quoi !
- Okay, okay. Je vais répondre à toutes tes questions, donc quoi ? T'es jaloux j'ai dit. De quoi ? La jalousie. Et pourquoi ? Ça c'est à toi de me le dire.
- Tsss. Je ne suis pas jaloux, répondit Zoro en détournant le regard.
- Oui, c'est pour ça que tu n'arrives pas à me le dire en me regardant dans les yeux.
Zoro s'offusqua, ses oreilles se remirent à chauffer encore, il avait du prendre un coup de soleil ce matin. Il fixa Usopp dans les yeux.
- Je ne suis pas ja...
Le reste de la phrase refusa tout simplement de sortir. Usopp leva un sourcil, ses joues se gonflèrent démontrant qu'il retenait un rire.
- Je le savais, t'es incapable de mentir en me regardant dans les yeux.
- Tsss. Je ne mens pas. Fais moi le truc et puis c'est tout. Grogna-t-il avant de sortir de l'atelier visiblement remonté.
Après avoir claqué la porte de l'atelier, il rejoignit le pont avant supérieur enfin l'esprit tranquille pour faire une sieste. Il commença à s'installer contre la rambarde et ferma les yeux. Le sommeil ne tarda pas à arriver. Il repartit dans un nouveau rêve. Encore ce foutu anniversaire de Nami. Le pont était décoré, Chopper, Usopp et Luffy s'amusaient avec des pistolets à confettis, Brook et Franky faisaient un concert, Robin et Nami riaient dans un coin, Sanji tournait autour d'elle avec des cocktails, lui était assis à côté de Jinbe partageant un toast avec lui. Puis vînt le moment d'offrir les cadeaux. Il ne vit pas celui des autres, mais quand il lui offrit le sien, il lui balança un sac à la figure sans un mot. Il fit mine de ne pas regarder sa réaction, et l'observa du coin de l’œil sortir le tissu blanc transformé en sageo tressé doré avec l'emblème des chapeaux de paille et des mandarines se succédant, une encoche servait à maintenir son bâton, et des nœuds à serrés en tirant dessus permettaient une fixation autour du bâton et de sa jambe. Elle sourit en le levant devant ses yeux. Puis elle replongea sa main dans le sac pour en sortir un de ses bandanas verts. Attends... il n'avait pas prévu de lui donner ça... elle se leva. Puis s'approcha de lui. Il sentit une certaine angoisse monter en lui. Puis une vague les enseveli et il se réveilla en un bond. Merde. La vague était réelle et il était trempé maintenant. Il se releva en maugréant pendant que Nami donnait des instructions à Jinbe. Le ciel était dégagé mais la mer agitée. Même après des années à naviguer dans le nouveau monde, il ne se ferait jamais à cette mer. Il soupira et s'approcha de Jinbe et Nami.
- Il faut faire un truc avec les voiles ?
- Non, c'est fini, répondit Nami.
Il soupira à nouveau et retourna s'asseoir contre la rambarde. Il ferma les yeux. Puis repensa à cette histoire de bandana. Il en avait plusieurs il pourrait lui en donner un. Après tout avec ses orages et ses tempêtes, elle avait toujours les cheveux qui volaient dans tous les sens, se serait utile pour sa sécurité. Pourquoi le vert ? C'était soit vert ou noir de toute façon, il n'en avait pas d'autres. Le vert lui rappellerait les branches et les feuilles de ses arbres. Oui, voilà. C'était pour ça. Bon, d'accord, il lui en donnerait un. Impossible de se rendormir après ça. Il se releva alors en pestant et partit dans la vigie pour une séance d'entraînement. Après ce qui lui semblait être plusieurs heures, il redescendit dans l'atelier d'Usopp. Usopp se retourna vers lui.
- Tu tombes bien. J'ai fini.
Il lui tendit un sac en papier, Zoro le prit et en sortit le contenu. Étrange. Ça ressemblait drôlement à celui qu'il avait imaginé dans son rêve. Son cœur se mit à battre plus fort. Il avait hâte et pas hâte en même temps de voir la réaction de Nami. Il le remit dans le sac et releva la tête vers Usopp.
- Merci. Je lui dirais que c'était ton idée.
- Quoi ? S'offusqua Usopp. Pourquoi ?
- Parce qu'elle va s'imaginer des trucs.
- Laisses la s'imaginer des trucs !
- Elle va être encore plus chiante après.
- Ou encore moins.
- Ça, ça m'étonnerait.
- T'as pas fini d'être étonné Zoro.
- Ah ouais ? Par Nami ?
- Plutôt par toi.
- N'importe quoi, souffla Zoro. Bref, combien je te dois ?
- Je n'ai pas encore décidé, on n'en reparlera plus tard.
Zoro haussa les épaules. Salua Usopp et ressortit en cachant son sac en papier dans son kimono. Bon. Plus qu'à y mettre son bandana dedans et ce serait fini. Il repartit alors dans les quartiers des hommes. Cette fois-ci vide à son grand soulagement. Retourna dans son casier, et récupéra le bandana le plus vert clair qu'il trouva avant de le mettre dans le sac. Puis il cacha le sac sous une planche devant son casier, là où se trouvait sa cachette avec quelques pièces d'or. Oui, caché. Car si Nami n'était pas au courant qu'il en avait, elle ne pouvait pas lui réclamer. Il ressortit ensuite les mains dans les poches, en regardant autour de lui, comme un homme qui n'avait rien à cacher. Et se dirigea vers la cuisine, parce que l'entraînement, ça donnait faim. Il réclama de la nourriture au cuisinier, qui lui donna en lui ordonnant de ne pas en mettre partout avant de lui dire qu'une fois qu'il aurait fini il faudrait qu'il vienne l'aider à installer « la fête » de Nami. Il mangea tranquillement en se demandant d'ailleurs quel âge avait Nami ? Si elle avait un an de moins que lui et que lui en avait 24, elle devrait en avoir 23 ? Mais comme elle fêtait son anniversaire avant lui, elle en prendrait... 24 ? Et lui 25 quelques mois plus tard ? Oui. Ça devait être ça. Il ne pouvait pas être née tous le même jours pour faciliter les mathématiques ? Non, déjà un cadeau c'était compliqué alors neuf...
