Chapter Text
— C'est pour ça que tu m'as fait me lever au petit matin ? Pour regarder la télévision toute la journée ?
Sa lassitude était sans bornes. L'aube se levait à peine derrière les larges baies vitrées du salon, éclairant la pièce d'un faible halo orangé, ses ombres transparentes valsant sur les murs, et, tandis que le dieu trainait des pieds, le génie, lui, s'activait déjà d'un bout à autre de leur appartement. Le canapé était recouvert de couvertures, d'oreillers, de coussins, d'une couette et de plaids tous plus moelleux les uns que les autres. Loki soupira théâtralement.
— Et en plus, tu espères vraiment que je ne me rendorme pas au milieu de tout ça, ruchonna-t-il en s'installant malgré tout en plein cœur de cet océan de douceur.
— Oui, mais pas pour regarder n'importe quoi, clama son amant.
Tony le rejoignit au même instant et lui présenta un plateau sur lequel trônait fièrement deux immenses tasses de chocolat chaud surmonté de chantilly ainsi que des petits pains au chocolat. Plongeant son nez dans la mousse blanche, Loki consentit à l'écouter jusqu'au bout avant d'émettre le moindre commentaire.
— Aujourd'hui, on va regarder des Disney !
Au-dessus de sa tasse, un sourcil interrogateur se haussa.
— Des dessins-animés, expliqua rapidement le génie en s'emparant de la télécommande.
— Je ne suis pas certain de mieux comprendre ton engouement.
— Pour la plupart des gens, c'est une institution. On est nombreux à avoir grandis devant ces films. Et, continua-t-il plus bas, au moins, tu arrêteras de me ficher la honte quand tu ne comprends pas une référence.
— Je te ferais dire que tu me fiches la honte aussi quand tu ne comprends pas mes références, se défendit le dieu, un trait de crème vanillée sur sa lèvre supérieure.
— Oui, mais la différence entre toi et moi, amour, c'est que personne ne comprend tes références. À part ton frère. Mais du coup ça compte pas.
Sur quoi, Tony ne laissa pas le temps au métamorphe de répondre et déposa un baiser sur sa bouche.
— Tu as le goût de chocolat, remarqua Loki en se léchant les lèvres.
— C'est toi qui as le goût de chocolat, andouille.
Le film se lança et les deux hommes se turent, soudain absorbés par l'écran. Derrière eux, l'aurore laissa sa place à un large soleil qui grimpa jusqu'à la cime des nuages avant de redescendre paisiblement. La soirée, puis la nuit tomba et aucun des deux n'avait bougé, sauf pour se réapprovisionner en friandises à grignoter. Les dessins-animés défilèrent jusqu'à très tard, jusqu'à ce que, sans s'en rendre compte, ils finissent par s'endormir l'un contre l'autre, bercés par des musiques qu'ils ne manqueraient pas de chanter à tue-tête le lendemain matin.
Le marathon dura quatre jours complets.
Autant dire que, après cela, les références Disney fusèrent sous le toit des Avengers.
