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Wylan n’était pas sûr de savoir comment ça allait se passer.
Depuis la dernière fois qu’il avait vu sa mère, cette mère qu’il croyait pourtant morte depuis des années, il était encore Kuwei, pas Wylan, et il n’avait pas la moindre idée de comment Marya avait supporté son séjour à l’asile par la suite.
L’avait-elle reconnu alors, malgré son changement de visage, son cœur de mère avait-il senti que la chair de sa chair se trouvait en face d’elle, le son de sa voix avait-il été suffisant, malgré les années passées, à lui faire réaliser qui était là ?
Se souvenait-elle seulement de lui ?
Tous ses doutes s’étaient évanouis en un instant lorsqu’elle l’avait serré dans ses bras.
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« Ton père… Avait-elle dit une fois qu’il lui avait tout expliqué dans les grandes lignes, l’expédition pour le palais de glace, le jurda parem, son façonnement par Nina, puis sa vraie apparence rendue plus tard.
- Mon père est en prison maintenant, avait-il répondu d’une voix glaciale qui avait presque surpris Jesper lui-même, et il va y rester pour un bon moment maintenant, enfin je l’espère, et ses poings étaient serrés par la rage, aussi, il ne fut aucunement surpris en sentant Jesper prendre sa main dans la sienne pour le calmer.
Marya ne manqua pas le geste, et un léger sourire apparut sur son visage, et Wylan se détendit, comprenant alors que toutes les craintes de rejet qu’il avait pu avoir étaient complètement injustifiées.
- Voici… voici Jesper, osa-t-il alors dire, c’est… C’est mon petit-ami.
Marya souriait toujours, avant de finalement dire.
- C’était déjà le cas la dernière fois que tu es venu me voir ?
- Non, fit son fils.
- C’était en cours, rétorqua Jesper exactement au même moment, avec son arrogance habituelle, et Marya éclata de rire, tandis que Wylan levait les yeux au ciel, faussement exaspéré, avant de lui adresser un sourire amusé.
- Je vais te ramener à la maison maman, fit-il en retrouvant son sérieux, je ne sais pas encore quand ou comment, mais je le ferai un jour… C’est une promesse. »
Et sa mère s’autorisa alors à sourire.
Son fils avait définitivement bien grandi depuis la dernière fois, c’était une évidence.
