Chapter Text
Inej aimait bien Wylan, et ce, depuis le début, et ce sentiment n’avait fait que se renforcer lors de leur expédition au palais de glace.
Il était assez rafraîchissant, dans leur petit groupe de criminels, d’être confronté à quelqu’un qui n’était pas un voleur ou un meurtrier, ou du moins qui n’était pas réellement aguerri sur ce point, mais qui n’était pas non plus totalement réprobateur comme pouvait l’être quelqu’un comme Matthias Helvar.
Au début, elle avait cru que Wylan Van Eck n’était pas comme eux, n’était qu’un enfant issu d’une famille riche qui avait envie d’un peu de frisson et d’aventure, ou du moins c’était l’image qu’il renvoyait, et elle se doutait bien qu’il devait y avoir plus derrière cela.
Mais même si il n’était effectivement qu’un gosse de riche, peu importe, il était gentil et il s’était révélé être plus qu’utile durant leur mission suicide, et puis…
Et puis elle avait commencé à en apprendre plus sur lui, et plus particulièrement sur son père, sur ce que ce dernier avait pu faire à son fils, les moqueries constantes, la façon dont il le rabaissait encore et toujours tout ça parce qu’il ne savait pas lire, la tentative de meurtre sur son propre enfant, l’internement de la mère de ce dernier, de sa propre épouse.
En permettant à Wylan de s’approprier la fortune de son père, qui lui revenait de droit, Kaz lui avait déjà permis d’en partie se venger, et en se souvenant de la rage qu’elle éprouvait encore vis-à-vis de Tante Heleen, elle ne pouvait que se dire que peut-être, il aurait souhaité pouvoir se venger lui-même de son père.
Le tuer de ses propres mains.
Mais Wylan n’était pas un tueur, et cela, elle le savait bien, et Van Eck lui avait fait suffisamment de mal, à elle, à Kaz, et à toute l’équipe pour que cela devienne réellement personnel pour elle.
Elle n’avait fait qu’effrayer Pekka Rollins, lui donner la peur de sa vie, parce qu’elle laissait à Kaz le soin de dispenser lui-même la justice et la vengeance pour Jordie, pour les deux gosses du Barrel à l’enfance et à l’innocence volées par celui en qui ils avaient confiance.
Parce qu’elle savait qu’il saurait le détruire, le briser, le ruiner, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de lui.
Brique par brique.
Mais lui, elle s’en chargerait elle-même.
Entrer dans cette prison, surtout après le palais de glace, avait été un jeu d’enfant, elle était le Spectre après tout, rien, absolument rien ne lui résistait, surtout alors qu’elle avait ses dagues avec elle.
Un coup sec, vif et rapide porté à sa gorge suffit pour qu’elle accomplisse la mission qu’elle s’est donnée.
La dernière chose que voit Jan Van Eck avant de mourir est le sourire d’Inej Ghafa.
