Actions

Work Header

Rating:
Archive Warning:
Category:
Fandom:
Additional Tags:
Language:
Français
Series:
Part 14 of Elayan's Bradbury Project 2021
Stats:
Published:
2021-04-09
Completed:
2021-04-09
Words:
4,785
Chapters:
4/4
Hits:
10

L'Express d'Iron Well

Summary:

L'équipage du Voyageur, en les personnes du capitaine Freyd, Colt et Val, attaquent un train.

Notes:

[Projet Bradbury #14] Cette nouvelle a été écrite en une semaine seulement, et relue une seule fois avant publication.
Semaine difficile, mais ça m'a fait tellement plaisir de revenir sur Iron Well que je l'ai plutôt bien vécu <3 J'ai voulu faire quelque chose que je fais peu : de l'action. C'est sans doute pas AUTANT actif que j'aurais voulu que ce le soit, mais de là à dire que je déteste...

Chapter 1: Nick

Chapter Text

Le soleil tapait fort à cette heure de la journée. Le sol sec et aride, fissuré par l'absence d'eau, semblait demander au ciel d'avoir pitié et d'apporter au moins un peu d'ombre sur lui. Mais le ciel restait désespérément vide de tout nuage. Seuls le soleil blanc et l'immense rondeur rouge de PAX étaient autorisés à prendre place dans le bleu infini. Le vent n'était pas prêt lui non plus à apporter la moindre tempête. Son souffle léger était cependant suffisant pour lever des volutes de sable argenté qui s'envolaient au-delà du rebord abrupt du plateau, vers les puits sans fond des mines d'Iron Well.

Le véhicule qui longeait la falaise levait un nuage de poussière plus dense. C'était un monoplace qui filait au-dessus du sol dans un frémissement semblable au battement d'ailes d'un gros coléoptère. Son pilote se dirigeait vers l'extrémité est du plateau. Il coupa la propulsion plusieurs centaines de mètres avant d'atteindre sa destination, laissant son véhicule ralentir lentement - et lever de moins en moins de sable.

Lorsqu'il freina complètement, trois pieds se déployèrent d'eux-mêmes sous le monoplace. Le pilote démonta et retira ses gants, qu'il jeta dans le coffre derrière le siège avec un agacement palpable. De la même manière, il retira son casque et les tissus qui l'enveloppaient et le protégeaient de la poussière. Il conserva ses grosses lunettes qui semblaient adaptée à la fois à la plongée, à la vision nocturne et à l'analyse microscopique. Il gratta son crâne majoritairement dégarni en reniflant avec un déplaisir certain.

- Dépêche-toi, Nick ! mima-t-il avec humeur. On a besoin de toi, Nick !

Il secoua son manteau couvert de poussière grise.

- Evidemment que vous avez besoin de moi, grogna-t-il en reprenant sa voix rauque habituelle. Vous avez toujours besoin de moi.

Nick contourna son monoplace pour atteindre le gros coffre placé à l'avant. Son pas était lourd et maladroit, mais il s'en accommodait. Sous les pans de son manteau brillaient les armatures métalliques qui entouraient ses jambes depuis les chevilles jusqu'aux hanches. Il ouvrit le coffre et en tira la crosse sombre de son outil du jour. Du coin de l'œil, il avisa une noirceur à l'horizon. Il grimaça.

- Ben voyons, manquait plus que ça, marmonna-t-il. Si cette tempête me passe au-dessus de la tête, je demande une prime ! Quelle idée de venir sur cette lune…

Sans cesse de protester entre ses dents, il assembla le canon de son fusil, prenant et vissant les tubes un par un, jusqu'à ce que son sniper de près de deux mètres de long soit enfin complet. Il jeta un regard vers l'horizon assombri et fit claquer sa langue.

- Tu verras, Nick ! minauda-t-il, on va bien s'amuser, Nick ! Ah oui, tiens, j'imagine bien que l'Incroyable et Inimitable Capitaine Freyd trouve les tempêtes de quartz absolument rigolotes  !

La crosse contre son flanc et le canon contre l'épaule, Nick se dirigea vers le gouffre en marmonnant quelque chose à propos du comportement erratique des capitaines fous et des tempêtes locales. Il sentait le soleil lui réchauffer la nuque. Il plissa les yeux et observa le monde qui s'étalait sous ses yeux. Aussi loin qu'il puisse voir, et par-delà l'horizon incurvé, les trous petits et grands crevaient le sol clair de cercles sombres. Entre les puits sinuait le tracé blanc du rail. C'étaient deux longs tubes superposés qui servaient de support aux locomotives à quartz, construits en céramique, matériau bien moins assujetti aux aléas météorologiques que le métal utilisé pour les chemins de fer aujourd'hui désaffectés.

- D'ailleurs, voilà l'Express qui arrive, murmura Nick en apercevant le serpent brillant qui remontait le tracé.

Avec moults gémissements, plus las que fatigués, il s'aplatit au sol. Le canon de son fusil dépassait la limite du plateau et surplombait le vide. Nick se mit à siffloter un air enfantin en fouillant ses poches. Il vissa un petit trépied sous la crosse de son fusil, puis une épaisseur supplémentaire sur la monture de ses lunettes. C'était comme une longue-vue minuscule qu'il avait placée sur son œil droit. Enfin, il s'approcha de la lunette de visée fixée au sniper. Les aimants dans la lunette et dans l'extension de sa monture fixèrent les deux éléments l'un à l'autre, avec un cliquetis qui fit sourire le tireur.

- Je pense à toi quoi que je fasse ... chantonna Nick qui paraissait avoir oublié sa mauvaise humeur.

Le train apparut dans son viseur. Nick avait beaucoup - beaucoup ! - à dire sur la technologie locale, inégale et bien souvent trop axée sur les accessoires de mode. Mais il n'avait pas commenté sur les plans du train à quartz lorsqu'il l'avait étudié. Comme quoi, les gens d'ici étaient parfaitement capables de faire les choses biens quand ils en avaient besoin. Les courbes et arêtes de la locomotive et de ses wagons étaient étudiés pour conserver un équilibre optimal sur les rails étroits. Avec assez de vitesse, le train entier se mettait en suspension entre les deux tubes et, libéré de la force de frottement, accélérait encore davantage. Une pure merveille, particulièrement quand on prenait en compte les limitations des ressources locales.

- Rampe vers moi, en silence… 

Enfin, Nick trouva ses cibles. Trois silhouettes se tenaient sur le toit du train, raides et droites. Des sentinelles armées dont les bottes étaient soudées au toit du wagon. Des tourelles humaines, rien de plus. C'était suffisamment dissuasif pour la plupart des bandits, sans aucun doute, mais il fallait néanmoins noter le remarquable défaut d'un tel dispositif : ces hommes ne pouvaient ni se déplacer, ni même se retourner.

- Je veux que des pieds jusqu'à la tête , continuait Nick en ajustant son doigt sur la gâchette, tu m'enlaces…

Nick souffla tout l'air hors de ses poumons et pressa la gâchette. Il n'attendit pas de voir sa cible tomber, il savait qu'il avait fait mouche. Il reprit sa chanson et passa à la cible suivante, ignorant le sort du camarade dans son dos. C'était sa seule tâche et elle faisait office de signal pour les autres de passer à l'action.