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Quand Sylvain l’avait appelé trois mois plus tôt pour réserver un séjour pour un ami, Claude s’était demandé quel tour il était en train de lui jouer, surtout quand celui-ci avait fermement exigé à ce qu’il soit disponible pour masser l’ami en question – sachant que cela faisait plus d’un an qu’il avait arrêté car il devait s’occuper de tout l’administratif, la demande l’avait beaucoup interpellé mais il l’avait acceptée en faisant payer un petit supplément à cet intriguant. Il avait hésité un instant entre creuser un peu ou garder la surprise mais ne put tout de suite trancher suite à un incident qui eut lieu cette même journée et, à la fin, il décida de ne pas enquêter, préparant donc Lysithea à le remplacer le cas échéant dans ses fonctions.
Ce ne fut qu’en découvrant l’ami en question qu’il comprit à quoi était en train de jouer un de ses habitués : il cherchait visiblement à le caser avec le fameux Dimitri Alexandre Blaiddyd, probablement un des meilleurs partis de Faerghus et dont le célibat faisait pas mal jaser dans la haute société. Comment Sylvain Gautier avait-il deviné ses préférences de partenaires ? La réponse n’était pas très difficile à deviner vu le nombre de fois où ce coureur de jupons lui avait fait son numéro de charme et qu’il l’avait gentiment remis à sa place en lui disant qu’il n’était pas son type d’homme. Dans tous les cas, Claude n’était pas mécontent de voir en vrai cette musculature dont il avait tant entendu parler… et qu’il avait adoré sentir rouler sous ses doigts.
Chance, l’un comme l’autre s’étaient trouvé des affinités lors de cette rencontre organisée à leur insu et ils avaient pu diner ensemble et boire quelques cocktails sans alcool avant d’entamer une relation… en grande partie à distance vu que chacun résidait dans deux parties différentes de Fódlan. Ils s’échangeaient énormément de messages, parfois tout à fait chastes mais d’autres un peu plus épicés ; s’appelaient presque tous les soirs, poussant même le vice, une fois, à rendre cet échange vocal des plus torrides ; s’envoyaient des cadeaux, cela bien que Dimitri y était allé un peu fort au début en lui faisant livrer chez lui de somptueux bouquets de fleurs tous les jours pendant deux semaines ; et essayaient de faire en sorte que leurs vacances tombent les mêmes jours afin de pouvoir se voir, ce qui était malheureusement très difficile vu comme son compagnon pouvait être sollicité – rien d’étonnant à ce qu’il accumule autant de stress dans ses somptueux muscles.
Seulement, le problème de la distance allait bientôt pouvoir être réglé car Claude avait transféré une partie de sa charge à Lysithea – il lui avait revendu quelques parts et elle n’avait pas peur de se plonger dans la comptabilité – et à Lorenz – celui-ci avait déjà fort à faire avec l’empire des casinos Gloucester mais une bonne partie de la clientèle venait grâce à lui. Pour l’instant, ce n’était que temporaire car il voulait d’abord savoir si sa relation avec le plus beau chef d’entreprise du nord de Fódlan allait tenir dans la durée mais, dans le cas où cela marcherait sur du long terme, il n’excluait pas d’aller vivre une partie de l’année à Faerghus, cela même si le climat ne l’enchantait pas du tout, et ne revenir à Derdriu que pour gérer la saison haute.
Après avoir bien libéré son week-end, Claude avait pris l’avion en milieu d’après-midi pour Fhirdiad, lieu de résidence de son petit-ami chez qui il allait séjourner et bien rattraper le temps passé sans se voir en chair et en os. A son arrivée dans le plus grand aéroport de Faerghus, il constata vite que son manteau n’était pas assez épais à son goût pour le garder au chaud et, heureusement, Dimitri était déjà en train de l’attendre et avait même pris la peine d’aller lui prendre une boisson chaude pour l’aider à se réchauffer tout en lui donnant son écharpe en laine bleu roi. En quittant le bâtiment, la cause du climat glacial se fit tout de suite très claire : il commençait tout juste à neiger et il avait eu beaucoup de chance d’arriver à destination car au fur et à mesure du trajet en voiture jusqu’à l’appartement de sa moitié, le nombre de flocons tombant du ciel augmentait de plus en plus.
Une fois parvenus au domicile de son petit ami, Claude ne fut pas très surpris de voir qu’il occupait un vaste appartement à un étage élevé avec une belle vue sur Fhirdiad – vu la météo, ce n’était pas pour cette fois qu’il allait en profiter. En revanche, la décoration était très minimaliste, rien ne sortant vraiment du lot – la seule exception était un tissu duscurien qui avait été encadré et accroché au mur du salon – et tout était soigneusement rangé, ce qui donnait une ambiance assez froide dans l’ensemble.
—Quelqu’un ne reçoit pas souvent on dirait, commenta-t-il en posant son manteau dans le placard de l’entrée. Ou bien tu ne fais que dormir ici ?
—C’est à peu près ça, admit Dimitri avec un sourire gêné. La maison familiale était trop grande pour moi tout seul donc j’ai pris cet appartement pour être plus près des bureaux mais, au final, je passe encore plus de temps au travail que chez moi.
Il était vrai que son compagnon avait brutalement hérité de sa fonction au décès de son père, mort suite à un AVC quatre ou cinq ans plus tôt. Nul doute que revenir tous les jours dans une maison vide ne devait pas être des plus agréables à vivre…
L’heure de dîner étant proche, son petit ami lui avait proposé de commander à emporter dans un restaurant en bas de l’immeuble qui était tenu par un très bon ami, une offre que le gérant de spa accepta volontiers. Pendant une bonne demi-heure, installés pas très loin du poêle, ils avaient rattrapé leur retard, échangeant de multiples baisers. Dimitri s’était ensuite absenté quelques minutes pour récupérer leur repas et, à son retour, ils avaient mangé ensemble de délicieux plats duscuriens en regardant un film à la télévision… ou du moins sa première partie vu qu’une fois le dessert terminé, ils avaient repris leurs caresses, ne suivant plus du tout ce qu’il se passait sur l’écran – Claude se rappelait vaguement, peu après avoir été allongé sur le canapé, que son compagnon avait éteint la télévision alors que la pub venait de se terminer.
L’ambiance était devenue torride, surtout après que les vêtements avaient commencé à être retirés. Les mains, encore fraîches, s’étaient réchauffées à force de parcourir leurs corps brûlants avec ardeur. Puis ils s’étaient glissés dans la chambre à coucher, ôtant leurs derniers habits avant de se plonger l’un dans l’autre dans une étreinte passionnée.
Le lendemain matin, Claude n’était que peu tenté de quitter le lit, surtout les couvertures chaudes et le magnifique torse musclé de Dimitri. Son compagnon, suite à des baisers pleins de tendresse, avait fini par le convaincre de se lever et, après quelques frissons durant sa recherche de sous-vêtements dans sa valise, sa tendre moitié lui fit la surprise de lui offrir une épaisse robe de chambre de couleur moutarde avec ses pantoufles assorties.
Une fois qu’il eut pris une douche chaude et qu’il fut habillé, Claude rejoignit son petit ami dans la pièce de vie, ravi de voir sur la table une tasse de café noir bien fumante qui l’attendait. Seulement, peu avant de s’installer, son regard se tourna vers la fenêtre, notant qu’il ne neigeait plus, et, en s’approchant, il put avoir avec émerveillement que la ville était recouverte d’un manteau blanc, incluant le parc boisé dont l’on distinguait bien les sapins que la neige n’avait pas pu entièrement dissimuler ainsi que des petits points colorés qui se déplaçaient dans une zone dégagée.
—Si tu te sens capable de braver le froid, nous pouvons aller faire un tour dans les avenues commerçantes, lui dit Dimitri en lui enserrant doucement la taille. C’est la période de l’année où elles sont les mieux décorées.
—Cela devrait pouvoir se faire, déclara Claude en levant les yeux vers son compagnon. Et qui plus est, j’ai besoin d’un manteau plus chaud, sauf si tu te dévoues pour me tenir chaud.
—L’idée est très séduisante…
Sentant son petit ami se coller un peu plus à lui, il posa ses mains sur les bras enserrant sa taille, encourageant son amant à maintenir le contact. Laissant sa tête se blottir contre ce torse chaud et musclé derrière lui, il continua d’admirer la vue quelques instants, ses lèvres esquissant un sourire en sentant un baiser être déposé sur ses cheveux. Puis, parce qu’il ne tenait pas à boire un café froid, il rompit l’étreinte pour qu’ils puissent enfin prendre leur petit déjeuner.
