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𝑃𝑜𝑢𝑟 𝑡𝑒 𝑟𝑎𝑚𝑒𝑛𝑒𝑟, 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑚𝑜𝑖

Summary:

'Sur la musique, on va on vient
On s'éloigne, et on revient
Puis tu t'élance, et je te tiens
Je te retiens, du bout des doigts
Pour te ramener, contre moi

Sur la musique, on va on vient
Corps contre corps
Main dans la main
Plus rien n'existe, plus rien de rien
Quand je te tiens, du bout des doigts
Pour te ramener, contre moi'

Notes:

(See the end of the work for notes.)

Work Text:

   Le vent froid s'engouffrait rageusement dans le petit appartement sombre à travers la fenêtre grande ouverte, agitant les mèches brunes du corps inerte, allongé nonchalamant sur le matelas.

   Les yeux fermés, sa poitrine se soulevait doucement au rythme de sa respiration régulière. Elle ouvrit ses yeux rougis, se redressa et passa ses mains dans ses cheveux en poussant un long soupir, las, épuisé. La brune en avait marre de se noyer dans ses larmes salées, de s'échouer pendant des heures sur l'oreiller, tétanisée, assommée, incapable de rien. Elle ne pouvait plus supporter ses souvenirs qui revenaient sans cesse la hanter. Le teint blafard, elle se leva et enpoigna une veste grise, son trousseau de clés et s'élança dans la ville bruyante.

   Elle foulait le bitume des trottoirs d'un pas hargneux, aux côtés des véhicules vrombissants.

    La brune déboucha dans un boulevard et poussa les portes d'un pub irlandais quelconque. Là, la musique résonnait dans sa poitrine telle les battements d'un coeur, la foule dansait, ondulant à l'unisson. La jeune femme se fraya un chemin à travers la foule en direction du bar où s'étendaient déjà des buveurs morts d'ivresse. Elle commanda une boisson.

   Son verre en main elle observa les corps dansant, les amis venus s'amuser, les couples se cherchant du regard.

   Soudainement, la solitude s'abattit sur elle telle la lame d'une guillotine serrant sa gorge, elle se sentit seul, triste et fatiguée.
Elle n'arrivait plus sans elle.
Elle n'arrivait plus à encaisser.

   Sans sa blonde, son ours en peluche. Sans son sourire chaleureux, ses yeux en croissant de lune et son rire cristallin. Mais surtout sans sa douceur, sa bienveillance et sa sérénité. Sans ses yeux emplis d'espoir, comme si elle n'avait renoncée à rien, comme si elle n'avait jamais douté de la beauté du monde, ni celle de Joohyun.

   Joohyun demanda un énième verre au barman, le regard perdu dans le vide, sa main vint inconsciemment se diriger vers la poche arrière de son jean d'où elle extirpa son téléphone, la lumière blanche vînt attaquer ses rétines et ses doigts habiles ouvrirent ses messages.

 

 

De: Seulgi

- Joohyun-a, on en a déjà parlé et ma décision est inchangée, je préfère ne pas continuer, tu trouveras mieux.

De: Joohyun

C'est ta décision -

Je suis pas d'accord -

Je t'en prie Seulgi-a -

Je suis perdue sans toi -

j'ai besoin de toi à mes côtés -

Vu

 

 

   Ces quelques messages restés en sursis, la brune les avait relus des centaines de fois espérant voir une réponse. Joohyun avait pourtant bien compris que la jolie blonde ne voulait plus d'elle mais elle s'efforcait de croire qu'elle changerait d'avis et la retrouverait.

   Elle avait besoin d'elle, comme d'une infirmière. Qu'elle dépose sa tête sur ses cuisses puis qu'elle lui passe la main dans les cheveux, qu'elle répare sa tête et son coeur défaillant, qu'elle la prenne dans ses bras, qu'elle lui dise que c'était qu'un mauvais rêve, qu'elle est hors de danger, que tout ça c'est derrière elle et que son état va s'améliorer. Elle voudrait qu'elle l'aide à trouver le sommeil puis qu'elles se réveillent dans des draps blancs, qu'elle prenne sa vie en main pour en faire quelque chose de mieux.

   Joohyun avala une dernière gorgée avant d'observer longuement son verre vide. Elle avait désespérément besoin d'elle, comme d'une cigarette ou d'un verre pour refaire ses stocks de sérotonine. Elle se dit que ça ne pouvait pas être comme ça, qu'elle ne pouvait pas être si dépendante, qu'il doit y avoir autre chose.

    Joohyun n'avait pas des tas de raisons d'exister, elle avait besoin de croire en quelque chose de profond, de solide, elle avait besoin d'être portée par un espoir. Elle voulait faire l'effort permanent et sublime de rester forte. Elle voudrait être à ses côtés, simplement, pour que jamais, la vie ne puisse la mettre à genoux.

   La brune se perdit à contempler les gens dansants.

 

 

 

Dans ses nuits, elle rêve encore, que la blonde, sa blonde, vienne la sortir de sa misère et qu'elle l'emmène danser, comme autrefois, jusqu'au matin.

 

 

'Sur la musique, on va on vient
On s'éloigne, et on revient
Puis tu t'élance, et je te tiens
Je te retiens, du bout des doigts
Pour te ramener, contre moi

Sur la musique, on va on vient
Corps contre corps
Main dans la main
Plus rien n'existe, plus rien de rien
Quand je te tiens, du bout des doigts
Pour te ramener, contre moi'

Notes:

Ceci est mon plus vieil écrit, et le seul que j'ai achevé. Je l'avais écrit seulement quelques heures après une rupture, comme quoi, preuve que je bosse bien quand je suis au fond du trou et/ou sous la pression. Enfin bref, il fallait bien que je publie ça quelque part avant que je ne le trouve insipide.
Enjoy I guess