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Prise d'otages

Summary:

Après que Lena ait découvert le secret de la double identité de Kara s’en suit une longue période où les deux femmes se morfondent chacune de leur côté. Lena ne lui pardonne pas de lui avoir menti et Kara ne se pardonne pas d’avoir fait souffrir sa meilleure amie. Kara décide donc de partir et de ne plus jamais revenir. Mais lorsqu’aux informations elle découvre que Lena a des ennuis, elle revient sans hésitation pour l’aider. Mais Lena n’est pas ravie de la revoir et lui en veut toujours autant. Alors quand une prise d’otage aura lieu à L-Corps, le secret de leurs sentiments réciproques sera enfin révélé…

Notes:

CC, me revoilà avec un nouveau one shot sur le supercorp. Sur wattpad (j’ai le même pseudo-là-bas qu’ici), au vu de la longueur j’ai découpé l’histoire en trois chapitres que j’ai postés dans mon recueil de one shot Clexa et supercorp. Ici, j’ai franchement la flegme de le faire désolé XD. Au final pour vous ça ne change rien ^^
J’espère que l’histoire vous plaira, n’hésitez pas à laisser des commentaires :)

Work Text:

— Kara, ne fait pas ça je t’en conjure !

— Ma décision est prise Alex, je ne reviendrais pas là-dessus !

— Toutes ces années, tous ses sacrifices, toutes ces vies que tu as sauvé et tout ça pour quoi Kara ? Pour une foutue histoire d’amitié perdue ?

— On perd tous des amis, Kara, mais ainsi va la vie, elle continue ! Tu regretteras ce choix pour le reste de ta vie, chaque fois que tu ne pourras pas intervenir, chaque fois qu’une vie sera perdue, tu regretteras le choix que tu viens de faire ! Et tout ça pour quoi ?!!! Pour rien !!! Lena ne veut même plus t’adresser la moindre parole !

— Alex STOP !

J’enrage, Alex n’a pas à juger de ma relation avec Lena. Enfin ma relation… pour ce qu’il en reste… À part des ruines il n’y a plus rien, mais cela ne lui donne pas le droit de juger Lena ainsi. Ce n’est pas de sa faute, aucunement, mais la mienne et uniquement la mienne. Tout comme c’est mon choix et uniquement le mien, Lena n’a rien à voir avec ma décision. J’aurai fait ce choix un jour ou l’autre dans tous les cas j’en suis persuadé, alors maintenant ou dans dix ans il n’y a aucune différence…

Mais Alex ne peut pas comprendre, elle ne pourra jamais comprendre le lien qui nous unissait moi et Lena, et maintenant que celle-ci ne veut même plus me regarder en face et encore moins m’adresser la parole, ce choix est l’évidence même. Ce secret m’a tout pris, tout volé, j’ai tout perdu à cause de lui et même si ma relation avec Lena ne sera dans l’avenir qu’un lointain souvenir, alors soit, mais ce secret n’a plus lieu d’être désormais, il ne dictera plus ma vie et ça, Alex va devoir s’y faire, car je ne reviendrais pas sur ma décision.

Alex continue de déblatérer sur Lena et je ne le supporte plus, finissant par la plaquer contre le mur afin de la faire stopper ces élucubrations sur la femme que j’aimais. Car oui, j’aimais Lena du plus profond de mon être, de plus profond de mon âme, et de cela, elle ne le saura jamais. Elle ne supporterait pas que je lui aie caché un secret de plus, elle se sentirait trahie, encore une fois.

Alors je vais me taire, enfouir tout ce que je ressens, ces sentiments qui m’étouffent et rendent ma vie impossible et partir, partir loin de toute cette agitation, partir loin et ne plus jamais revenir. Alex tente de m’en dissuader, mais ma décision est prise.

Je ne peux plus vivre ainsi. Je ne sais pas ce qu’il va advenir de ma vie dans le futur, mais une chose est certaine, cela ne pourra pas être pire que ce que je vis actuellement.

Je quitte avec perte et fracas l’appartement de ma sœur qui essaie une dernière fois de me retenir. Ça me fait mal de voir Alex avoir souffrir de ma décision, elle qui m’a tant soutenue depuis toutes ces années, mais je ne puis faire autrement, je n’y arrive plus, tout simplement.

Rentrée chez moi je prépare quelques affaires que j’enfourne dans un simple sac à dos. Je m’apprête à quitter la ville et à prendre le large. Où ça ? Moi-même je n’en ai aucune idée. Je crois que je vais juste marcher, errer et on verra bien ou le vent m’emportera, comme Forest Gump l’a fait avant moi dans ce film si génialissime qui était notre préféré à moi et Lena.

J’écris cependant une lettre, une lettre à l’attention de Lena afin de lui expliquer mes choix, ces choix qui nous ont fait tant souffrir toutes les deux et qui nous ont éloignés l’une de l’autre.

Je n’espère aucun pardon de sa part. Mais si jamais elle lit cette lettre alors j’espère que ça pourra l’aider à passer à autre chose et à avancer. Je n’espère que ça, que Lena aille mieux et qu’un jour elle soit heureuse dans sa vie.

Je prends mon sac à dos, place la lettre à l’intérieur et je prends la route en direction du laboratoire de Lena afin de lui déposer la lettre sur son bureau. J’espère qu’elle ne me verra pas la poser, mais qu’elle lira malgré tout celle-ci. Et si elle ne la lit pas, alors… tant pis, mais au moins j’aurai couché mes pensées par écrit.

Je monte dans le premier taxi qui s’arrête devant moi quand je tends la main et lui demande de me déposer devant la tour de L.Corp. Dix minutes plus tard, me voilà devant. Je prends une grande inspiration, j’ai le cœur qui bat à cent à l’heure, et si Lena était là et que je la croisais ? Je crois que je n’arriverai pas à me remettre d’une confrontation avec elle, ça serait la goutte d’eau, la goutte qui me ferait m’effondrer pour ne plus jamais me relever… je ne survivrai pas à un énième rejet de sa part et j’en serai incapable. Je me consume déjà de l’intérieur, elle me manque atrocement, c’est horrible et douloureux à la fois. C’est pour ça que je choisis de partir, je dépéris à vue d’œil, mais elle, elle a une chance de s’en sortir si je ne suis plus dans sa vie, et au fond, c’est cela le plus important pour moi, qu’elle, qu’elle elle ai une chance… Alors je pars, pour ne plus jamais revenir.

J’ouvre la portière du taxi et paie le chauffeur tout en le remerciant. Je gravis les quelques marches et je pénètre le bâtiment. Contrairement à ce que j’aurai pu penser, Lena n’a pas supprimé tous mes accès et je peux donc encore entrer à l’intérieur sans que la sécurité ne me jette dehors. Elle devait sûrement penser que dans tous les cas je n’en avais pas besoin, car je pouvais voler jusqu’à son balcon et que par conséquent me supprimer mes accès ne servait à rien. Mais elle ne l’a pas fait, et même si je ne sais pas pourquoi, cela m’arrange bien pour le coup, je n’ai donc pas à ruser afin de pénétrer le bâtiment.

Je monte jusqu’à son étage pour y déposer l’enveloppe sur son bureau. J’ai tout mis à l’intérieur de celle-ci, mon dégout de ne plus l’avoir dans ma vie à cause de mon secret qu’elle a pris pour une trahison, les raisons de mon départ pour ne plus jamais revenir, tout, je lui couchais sur le papier absolument tout sauf de l’amour que je lui porte, même par écrit c’était bien trop dur à avouer. De toute façon, elle me déteste au plus haut point, alors à quoi bon lui avouer une chose qui la ferait me haïr encore plus…

Je sors de son bureau et me dirige vers la sortie. Je lance un dernier regard en arrière, espérant dans un fol espoir de la revoir une dernière fois. Malheureusement ce n’est pas le cas, et je m’en vais, le cœur plus lourd que jamais d’un poids impossible à effacer.

Au loin je ne vois pas le regard de Lena qui m’observe de sa fenêtre un air triste sur le visage. Je n’ai pas vu pas non plus Jessica entrer dans le bureau, et, étonnée de voir une lettre sur celui-ci, la prendre, la lire et la déchirer d’énervement et de jalousie, empêchant ainsi Lena de pouvoir lire cette lettre.

Je pourrais appeler un autre taxi, mais je n’ai plus ni le courage ni la force de rien, alors je commence à marcher vers une destination que moi-même j’ignore, armée de mon seul sac à dos.

Huit mois plus tard

Je ne sais pas comment j’en suis arrivé là. Huit mois que je suis partie, voulant trouver un semblant de paix qui ne semble jamais vouloir arriver. Bien au contraire, chaque jour qui passe, je vais de plus en plus mal. Je suis là, ce soir, dans cette chambre d’hôtel que j’ai pu me payer en travaillant ici et là. Qu’est-ce qui me pousse à allumer la télé ce soir-là, je n’en ai aucune idée. Je ne l’ai jamais fait depuis ces huit mois ni même je n’ai écouté la radio. Je voulais me couper de tout, simplement me couper de tout et du monde qui m’entoure pour ne plus penser à rien. Peine perdue puisque toutes mes pensées étaient toutes et uniquement tournées vers Lena, à cet amour qui me consume et me détruit chaque jour un peu plus. J’ai essayé pourtant, essayé de ne plus y penser, mais rien à faire, Lena est présent en moi chaque seconde qui passe et je ne puis m’en défaire.

Alors quand j’allume cette télé et que le visage de Lena apparaît dans l’écran, je ne peux m’empêcher de monter le son, ne serait-ce que pour entendre sa magnifique voix et voir ses yeux encore une dernière fois, bien que sachant que cela me ferait souffrir au plus haut point.

« Lena Luthor serait sur le point d’être arrêtée. En effet, la police la soupçonne de fraude et d’avoir blanchi de l’argent pour la pègre… »

Plus j’écoutais ce que disait le journaliste, plus je n’en croyais pas mes oreilles. Lena pouvait être beaucoup de choses. Elle pouvait se montrer impitoyable envers ses adversaires, intransigeante, sûre d’elle, mais s’il y a bien une chose que Lena n’était pas, c’était d’être la personne que le journaliste essayait de dépeindre.

Elle qui n’avait eu de cesse de redorer le blason et le nom de sa famille, cela ne pouvait être vrai, elle ne pouvait être coupable de quoi que ce soit de ce genre. Je ne pouvais pas laisser passer ça. Je dois agir et trouver le fin mot de l’histoire, ou du moins, lui apporter mon soutien, même si elle me rejettera sûrement. Mais je ne peux pas rester là à ne rien faire et laisser la femme que j’aimais plus que tout se sortir elle-même de cette situation sans le moindre soutien.

C’est décidé, je rentre à National City.

Je prends mes affaires, regarde les horaires d’avions et je réserve un billet pour le premier vol en partance pour National City. Par chance, il y en a un sur le départ dans deux heures à peine, et ensuite huit heures de vol, j’arriverai au milieu de la nuit.

Je n’ai pas la moindre idée de ce que je ferai une fois que je serai là-bas. Est-ce que j’irai voir Lena ? Elle ne voudra sûrement pas me voir. Je lui ai laissé une lettre dans laquelle je lui laissais le choix de venir me parler, de me retrouver et que nous nous laissions une chance pour notre amitié. Chose qu’elle n’a pas faite, signe qu’elle a définitivement tourné la page de nous et de ce que nous avions pu vivre.

Mais peu importe la réaction de Lena, je ne pourrais pas rester les bras croisés à regarder sa vie s’effondrer sans rien faire. Malgré les épreuves, malgré tout ce qui s’est passé, ne pas aider Lena, la laisser là, avec ses ennuis, sachant qu’elle n’a probablement personne sur qui compter et faire confiance est bien au-dessus de mes forces, je ne peux pas ne rien faire, tout simplement.

Elle ne voudra sûrement pas de mon aide, mais peu importe. J’ai passé tellement de temps à tenter de l’oublier qu’il me faut peut-être en passer par là pour entamer le reste de ma vie… sans elle…

Je finis par payer ma chambre d’hôtel et je me dirige, la boule au ventre vers l’aéroport. J’ai le temps de prendre un café dans l’un des nombreux restaurants des terminaux, mais celui-ci est sans saveur et ne me fait aucun effet. Je suis songeuse, trop songeuse. Pendant ces longs mois, je me suis complètement coupé du monde, j’ai coupé le contact avec tous mes amis, toute ma famille, personne n’était au courant de l’endroit où j’étais, même pas ma sœur à qui je n’ai plus adressé la parole depuis tout ce temps.

J’étais vraiment seule tous ces mois, me contentant de simples échanges de politesse avec les gens que je pouvais rencontrer sur mon chemin.

Je suis passé par bien des pays, me contentant de vivre ici et là, rendant service parfois et gagnant ma pitance ainsi. Quelques fois je tombais sur une bonne âme qui me proposait un petit travail ce qui me permettait de subsister et de passer à la ville ou au pays suivant.

Et on en était là aujourd’hui, moi attendant patiemment mon vol en partance de National City alors que j’avais décidé de ne plus jamais y revenir.

Le passage aux portiques de sécurité se fait assez rapidement, c’est simple, mon sac à dos est encore plus léger que lorsque je suis partie.

Dans l’avion le stress monte encore d’un cran. Je ne sais pas pourquoi je réagis comme ça. Il s’est passé du temps, beaucoup de temps depuis que je suis partie et pourtant, mon corps réagit comme si j’étais partie la veille. Alors c’est comme ça que sera ma vie désormais ? Peu importe le temps qui passe, peu importe les évènements qui se produiront, peu importe la distance qui nous sépare. Tout me ramènera toujours à elle, à Lena ? J’ai essayé de toutes mes forces de l’oublier, mais ce que je ressens pour elle me revient comme un boomerang en plein milieu de la figure chaque fois que j’essaie de passer à autre chose.

Et en ai-je vraiment envie ? Envie d’oublier Lena ? Je laisse les larmes couler le long de mes joues alors que je suis maintenant installé dans l’avion, tentant de taire les sensations et la tristesse qui m’envahissent alors que celui-ci est désormais en partance pour National City.

Le casque et la musique que j’ai placés dans mes oreilles m’apaisent légèrement, m’apportant un semblant de paix, bien qu’éphémère.

L’annonce du pilote me fait légèrement sursauter et me réveille d’un seul coup, me faisant poser la main sur ma poitrine, car me surprenant complètement. Il nous annonce que nous allons bientôt atterrir et que nous devions nous préparer à l’atterrissage, ce qui m’étonne, car je ne pensais pas m’être endormi autant de temps. Il faut dire que ces derniers mois je dors peu, voire pas du tout et quand j’arrive à fermer les yeux et me laisser aller au sommeil, celui-ci est peuplé de cauchemars et de visions de Lena, quasiment toutes de Lena d’ailleurs.

Moi qui étais partie pour l’oublier, on ne peut pas dire que cela soit une grande réussite.

Les roues touchent enfin le sol de l’aéroport de National City, me faisant me crisper au passage. Je n’ai jamais aimé l’avion, j’en ai toujours eu assez peur et je l’évitais le plus possible, un comble quand on connait l’aptitude au vol des Kryptoniens.

Je relâche mon souffle quand l’avion s’immobilise enfin. Je ne m’étais même pas rendu compte que j’avais stoppé ma respiration, complètement concentré à ce que l’avion atterrisse en un seul morceau.

Je prends mon sac à dos et sort tout comme les autres passagers de l’avion. Je prends une grande inspiration, pour tenter de me donner du courage. Je ne sais pas trop où aller, mais machinalement, quand je rentre dans le taxi, c’est l’adresse de L-Corp que je donne.

Je n’ai pas vu ni ma sœur ni ma famille, ni ne leur ai donné de nouvelles depuis des mois, j’ai complètement disparu de la circulation. La décence aurait voulu que je les contacts, que je leur donne de mes nouvelles, que je leur fasse au moins savoir que je suis en vie, mais non, un seul endroit s’impose à moi dès l’instant ou j’ai posé les pieds sur le sol de National City, le lieu où se trouve Lena.

Plus le taxi avance, plus je sens une montée de stress s’insinuer en moi, s’insérant par chaque cellule de ma peau. Mon cœur se met à battre de plus en plus vite, j’ai de plus en plus chaud et je n’arrive pas à me faire à l’idée de ce que je suis en train de faire. Comment réagirais-je si je croise Lena ? Quelle sera sa réaction envers moi ? Elle m’en voudrait et ferait sûrement appeler la sécurité afin de me mettre à la porte, ce n’était pas comme si elle me portait dans son cœur. Pourtant, je ne peux m’empêcher un sentiment de bien-être m’envahir, comme si le simple fait de voir Lena me donnait la force, la force d’avancer. Et si c’était elle ? Si c’était elle qui était le moteur qui permettait à mon cœur de battre ? Comment était-il possible d’être à la fois si euphorique et si nostalgique de voir une personne ? Comment deux sentiments si opposés pouvaient-ils coexister sans créer de dégâts irréversibles ?

Je n’avais de réponse à aucune de ces questions, mais je savais une chose, Lena était innocente de ce que l’on accusait et je voulais le prouver, que ce soit dans son ombre sans qu’elle n’en sache rien, ou avec son accord. Peu importe la distance qu’il y avait entre nous, que ce soit par des kilomètres ou qu’elle ne veuille plus m’adresser la parole. J’avais beau avoir essayé de repousser ce sentiment, il fallait me rendre à l’évidence, Lena faisait partie de moi, Lena était la meilleure partie de moi-même, peu importe qu’elle ne me veuille plus dans sa vie, car elle fera toujours partie de la mienne.

Nous sommes au milieu de la nuit et je ne sais pas encore comment rentrer dans le bâtiment, mais, peu importe, j’aviserai le moment venu. Dix minutes après avoir pris le taxi, me voilà devant le building. Je reste un moment devant l’entrée, ne sachant absolument pas comment rentrer à l’intérieur. Quelques lumières m’indiquent qu’il y a encore des personnes qui travaillent. Mais dans une multinationale comme L-Corps, il n’y avait rien d’étonnant et cela ne me surprend guère.

Puis la pluie commence à tomber, d’abord quelques gouttes, puis l’averse se met à battre frénétiquement sur le sol de National City. Je suis rapidement trempé des pieds à la tête et je suis toujours là, à réfléchir à comment rentrer à l’intérieur de ce bâtiment.

Puis me vint une idée, une idée farfelue certes, mais comme on dit qui ne tente rien n’a rien. Je prends mon sac à main pour y chercher mon ancien pass. Ce pass que Lena m’avait offert pour me donner accès à tout, absolument tout dans ce bâtiment.

Je prends une grande inspiration et sans grande conviction je passe celui-ci dans la fente prévue à cet effet. À mon grand étonnement, il m’ouvre la grande porte vitrée de l’entrée. Alors comme ça, Lena ne m’a pas supprimé tous mes accès ? Je pensais pourtant qu’elle l’aurait fait à la seconde où j’aurai quitté la ville. Il faut croire que je ne suis pas assez importante à ses yeux et qu’elle n’a pas jugé utile de me supprimer les accès, pensant sûrement que je ne remettrai simplement plus les pieds ici.

Prudemment je m’avance du bâtiment et prends l’ascenseur jusqu’à l’étage de Lena. Mon souffle se coupe et une étrange sensation m’envahit. Alors quand les portes s’ouvrent enfin, me donnant accès à son bureau, je ne me rends même pas compte que j’ai arrêté de respirer. Je prends une grande inspiration et m’avance vers le bureau. Il n’y a pas de lumière, mais une petite veilleuse éclaire cependant suffisamment celui-ci. Je me rappelle alors que Lena aimait bien laisser une veilleuse allumée quand elle partait de son bureau.

J’en déduis donc qu’elle n’est pas présente et j’ai un léger pincement au cœur. Au fonds de moi, un fol espoir de revoir Lena, de revoir la femme qui me rendait dans cet état, et dont j’étais follement amoureuse depuis toutes ces années était présent.

Mais il n’en était rien. En rentrant à l’intérieur, je constate que le canapé où nous nous asseyons si souvent pour déjeuner ensemble était toujours là. Il n’avait pas changé ni bougé d’un millimètre, ce qui me fit légèrement sourire. Le premier sourire que je fais depuis dès mois. Mais il se raffermit bien vite cependant, la douleur de ses souvenirs heureux reprenant le dessus sur le reste.

Une larme s’échappe de mon visage alors que je repense à tous nos souvenirs heureux. Mais l’heure n’est pas aux larmoiements. J’essaie donc de repenser aux personnes qui voudraient nuire à Lena et malheureusement la liste est longue. Mais j’ai une intuition, seule une personne proche aurait pu avoir accès aux informations sensibles de la société, seule une personne proche aurait pu lui nuire ainsi.

Je réfléchis, j’essaie de penser à ces personnes qui lui veulent du mal. Et un nom me revint soudain, Jess. Je me rappelle de ces regards envers Lena, ses battements de cœur frénétique dès que je pénétrais dans son bureau et ces bribes de conversations plus que bizarres que j’avais parfois entendues. Jess était au service de Lena depuis plusieurs années et Lena avait toute confiance en elle, tout du moins, sur le plan professionnel.

Alors je vais vers son bureau à elle et machinalement je me mets à fouiller ses affaires. Je ne sais pas ce que je recherche, mais je suppose que je le verrai quand je le trouverai. Parfois l’évidence n’est évidente que lorsqu’il est caché.

Pourtant, rapidement je trouve un document, un document que Jess ne devrait jamais avoir en sa possession, un document interne et je savais que Lena ne laissait ce genre de papier à personne d’autre qu’elle-même, alors il n’était pas normal qu’il soit dans son bureau.

Mais un document ne prouve rien, alors je vais avoir besoin d’aide, l’aide de ma sœur et du DEO. Je ne sais pas quels sont ses rapports avec Lena depuis mon départ. Mais assurément, au vu de la dernière conversation que j’ai eue avec ma sœur, elle ne devrait pas porter Lena dans son cœur.

Obtenir son aide ne serait pas chose aisée. Malgré l’heure tardive, je prends mon téléphone et compose le numéro d’Alex.

Comme je l’avais prévu, ma sœur me fait d’abord la morale. Ses reproches sont légion. Comment ai-je pu disparaître ainsi pendant des mois, comment ai-je pu ne pas donner de nouvelles, même à sa propre famille, comment j’ai pu tout abandonner comme ça, etc...

Mais c’est la voix de la grande sœur qui prédomine, car je sens bien à son intonation qu’au fond d’elle-même elle est soulagée que je sois de nouveau ici, en vie et pas morte au fond d’un ravin on ne sait où quelque part sur la planète.

Ma voix est hésitante, je m’en veux de l’appeler pour ça et uniquement pour ça et quand je lui explique la raison de mon appel, un silence pesant, presque oppressant s’installe. Je dois lui demander à plusieurs reprises si elle est toujours là.

Au bout de deux minutes qui paraissent une éternité, ma sœur accepte ma demande, tout en me faisant promettre de venir la voir le lendemain matin à la première heure.

Finalement ça m’a fait du bien d’entendre la voix de ma sœur et de constater qu’elle va bien malgré le temps qui a passé. Mais bien que j’adore Alex, sa voix ne me procurera jamais autant de bien-être que lorsque j’entends celle de Lena.

Nous continuons à discuter quelques minutes ou je lui raconte vaguement ce que j’ai fait pendant ces longs mois, sans pourtant trop en dire et je raccroche le téléphone au bout d’une vingtaine de minutes.

Je voulais repartir, car j’avais l’impression d’avoir fait ce qu’il fallait. Alex allait enquêter sur Jess et j’étais persuadé que même si ce n’était pas elle la coupable, Alex trouverait qui avait fait ça à Lena. Et celle-ci ne saurait jamais que je l’avais aidé, ce qui me convenait parfaitement, bien que me rendant plus triste que je ne l’étais déjà.

Alors, je me dirige vers le bureau de Lena afin de m’imprégner une dernière fois de son aura, de sa présence, avant de partir de nouveau. J’irai voir Alex comme promis bien sûr, mais je n’avais pas l’intention de rester à National City. Ça serait bien trop douloureux pour moi de rester ici sans pouvoir lui parler, sans pouvoir la toucher, sans pouvoir entendre ce rire qui me faisait tant fondre et battre mon cœur. Être dans la même ville que Lena et ne pas pouvoir faire toutes ces choses me serait bien trop douloureux.

Je m’approche de son bureau et passe le dos de ma main sur celui-ci en fermant les yeux sans pour autant le toucher. Puis je me dirige vers le canapé qui à presque vu naître notre amitié et sur lequel nous avons passé de si bons moments.

Je m’assois dessus, hésitante, et pousse un souffle de contentement lorsque je constate que l’odeur de Lena est présente sur celui-ci, cette odeur que je reconnaîtrais entre toutes. Je prends le coussin dans mes bras, m’imaginant que c’est Lena que je tiens ainsi, puis m’allonge une minute. Enfin, ce que je pensais une minute. Je ne me sens pas partir, je ne me sens pas m’endormir et pourtant…

Je suis réveillé en sursaut par le bruit d’une tasse qui se brise sur le sol, me réveillant avec fracas. Je me relève à la hâte pour constater une paire d’émeraudes me fixer avec intensité, faisant instantanément bondir mon cœur hors de ma poitrine.

Lena, Lena venait d’arriver et elle me fixait avec étonnement et effarement. Dehors il faisait jour et je m’étais endormi. Pour la première fois depuis des mois j’avais réussi à trouver le sommeil, un sommeil apaisant et sans cauchemars.

Toutes les deux nous restons ainsi interdites, à se dévisager pendant de longues secondes qui nous parurent à toute les deux une éternité. Puis je vois Lena reprendre une certaine contenance pour croiser les bras, me regardant avec un air de défis sur le visage. Je ne saurais dire ce qu’elle pensait à ce moment-là, mais ce regard, ses yeux, j’y décelais de la colère, de la déception, toute une palette d’émotions qui la faisait me détester encore plus. Enfin c’est ce que je pensais…

Je déglutis face à ce regard qui me renvoie à ma propre douleur, la douleur de l’avoir perdu. L’émotion de la revoir, les souvenirs heureux, malheureux, je sens mes yeux se gonfler de larmes et je dois faire un effort surhumain pour ne pas laisser couler mes larmes.

Puis un son sec et froid me ramène à la réalité, me faisant sursauter.

— Qu’est-ce que tu fais là Kara ?!!! Tu es venue en personne admirer ma déchéance ? La grande Supergirl venue faire tomber un Luthor, c’est d’une ironie !!!

PDV Lena

Je m’apprête à rentrer dans mon bureau quand je suis figé sur place par la vision qui s’offre à moi. Huit mois, cela faisait huit mois que je n’avais plus aucune nouvelle de Kara. Huit mois qu’elle était partie de National City sans un mot, sans explication, sans au revoir. Je sais bien que nos relations n’étaient pas au beau fixe, mais connaissant Kara, partir sans me prévenir, sans me parler, je ne pensais pas qu’elle aurait pu me faire ça un jour.

Mais après tout elle m’a trahi, m’a caché sa double identité pendant des années alors je n’aurai jamais dû être surprise finalement. Pourtant je me rappelle encore de la déception, de la colère, de l’infinis tristesse et désespoir qui m’avait envahi lorsque je reçois il y a huit mois l’appel en furie de sa sœur Alex qui m’annonce par téléphone qu’à cause de moi, Kara est partie sans dire où elle allait et qu’elle n’avait plus jamais l’intention de revenir, abandonnant tout, famille et amis. Alex n’avait pas été tendre avec moi, me reprochant absolument tout.

Alors quand je rentre dans ce bureau avec cette tasse de café que je savais pourtant sans saveur, plus rien n’avait de saveur depuis le départ de Kara d’ailleurs, mon cœur se serre, je tremble de tout mon être et ma respiration se coupe quand j’aperçois le visage de la femme que j’aime le plus au monde alors que je la déteste tout autant, car étant la personne qui m’avait fait le plus souffrir sur cette terre.

De surprise, je lâche ma tasse de café qui se brise sur le sol. Kara sursaute et se lève d’un coup. Elle a l’air tout aussi surprise que moi de me voir là. Pourtant c’est elle qui est venue dans mon bureau, elle devait pourtant s’attendre à ce que j’y pénètre.

Je reste là interdite de longues secondes qui me paraissent des heures sans avoir le courage ni la force de prononcer le moindre mot.

Après ce qui me parut une éternité, je me lance pourtant :

— Qu’est-ce que tu fais là Kara ?!!! Tu es venue en personne admirer ma déchéance ? La grande Supergirl venue faire tomber un Luthor, c’est d’une ironie !!!

Je vois Kara qui ne bouge pas, ses yeux ont l’air plus rougis que dans mes souvenirs mais peu importe. Je ne laisse pas à Kara le temps de me répondre et je me tourne vers le mini-bar pour me servir un verre de scotch avant de sombrer moi-même en larmes devant elle.

Des pas se font entendre derrière moi, je me retourne et me retrouve face à Kara. Je porte le verre de scotch à mes lèvres pour me donner du courage, pour me donner la force de sortir des sons de ma bouche et de tenir une conversation que visiblement je suis sur le point de tenir avec mon ancienne meilleure amie. La personne qui était la plus importante pour moi dans ma vie, celle que j’aimais le plus au monde et que j’aime encore aujourd’hui malgré tout et c’est pour ça que la douleur que je ressens est atroce, horrible, à la limite de la douleur physique.

Je suis sortie de ma léthargie par les paroles de Kara. Ce son que j’aimais tant autrefois est aujourd’hui la pire des tortures.

— Ce… ce n’est pas ce que tu crois Lena ! Je sais que… enfin je sais que tu ne me croiras pas, mais je… enfin je suis là pour t’aider à te sortir des ennuis dans lequel tu te trouves… mais tu… enfin tu n’aurais jamais dû me trouver ici, je me suis endormi, je… je suis désolé…

— Bah voyons Kara ! Ce que je vis aujourd’hui ce n’est rien par rapport à ce que tu m’as fait vivre Kara, rien !!!

Je vois Kara qui baisse les yeux, et intérieurement je ne peux m’empêcher de sourire face à cette timidité qui autrefois me faisait tant fondre. Puis je me rappelle pourquoi nous en sommes là aujourd’hui et mon visage se referme aussitôt.

— Pourtant c’est le cas Lena… quand j’ai vu aux infos que tu avais des ennuis, je suis revenue aussitôt, car malgré tout ce qui s’est passé, je te sais incapable de faire ce dont on t’accuse…

— Je… je sais que tu ne me croiras pas, mais… je pense que c’est Jess la coupable… j’ai chargé ma sœur et le DEO d’enquêter, ils devraient te sortir de là bientôt…

— Je… je vais te laisser maintenant, j’ai fait ce que j’ai à faire, je te laisse tranquille, rassure-toi, tu ne me reverras plus et tu pourras vivre ta vie… Sois heureuse, Lena, sois heureuse dans ta vie, vraiment…

Je vois Kara qui se retourne et qui commence à repartir tout en me lançant un dernier regard plein de… je ne sais pas ce qu’il y a dans son regard, mais je ne l’avais jamais vu comme ça, si… touchante, si… Kara…

Quand elle franchit le seuil de la porte de mon bureau, je ne peux pas laisser passer ça encore une fois, qu’elle parte et que je ne la revois plus jamais.

— Alors c’est comme ça que ça se passe encore une fois hein ?!

Kara se stoppe et se retourne.

— Qu’est-ce que tu veux dire par là ?

— Tu viens dans mon bureau après des mois sans aucune nouvelle, tu t’introduis dans celui-ci pour je ne sais quelle raison, soi-disant pour… pour m’aider, tu me dis que c’est probablement Jess la coupable, et tu repars comme si de rien n’était ????

— Ça ne te suffisait pas de partir sans prévenir et sans dire au revoir, tu es venu ici en direct pour jubiler de ma déchéance ?!!!

Kara se rapproche de moi d’un air déterminé, les yeux rougis, je vois qu’elle a beaucoup de mal à retenir ses larmes. Pourquoi devrait-elle laisser ses larmes couler, c’est elle qui m’a trahi, pas l’inverse, c’est d’une hypocrisie sans nom…

— Pardon ???!!! Sans prévenir ?!!! Tu es la seule que j’ai prévenu Lena ! La seule !!!

— Désolé, mais on ne doit pas avoir la même définition du mot prévenir alors, car je n’en ai jamais rien su, un jour, tu as simplement cessé de venir me voir pour tenter d’arranger les choses !!!

— Je t’ai prévenu Lena, je t’ai prévenu, et je t’ai tout déballé, ce que je comptais faire, que je voulais partir, te laisser tranquille pour que tu vives ta vie, ce que j’allais faire avec « Supergirl »…

— Je t’ai tout dit dans une lettre que j’avais posée sur ton bureau et je t’avais laissé le choix de me retenir pour que l’on puisse reconstruire notre amitié !!! C’est toi qui n’as pas tenté de me retenir, tu as juste abandonné tout ce que nous avions vécu pour quoi ?!!! Pour ton égo !!! Parce que je t’avais menti sur mon identité ?! Si tu n’as pas été capable de comprendre que je ne l’ai fait que pour te protéger, je n’y suis pour rien Lena !!!

— Mais ne dit pas que je ne t’ai pas prévenu, car tu es la seule que j’ai prévenue, même Alex n’était pas au courant de mon départ et n’a plus eu aucune nouvelle de ma part depuis tout ce temps !

Kara me faisait maintenant face, elle était proche, bien trop proche de moi et je me retrouvais dans l’obligation de reculer d’un pas face à sa détermination. J’avais connu la Kara espiègle, la Kara triste, la Kara qui pleure devant un film romantique, mais c’était bien la première fois de ma vie que je voyais la Kara énervée, presque en colère.

Mais pourtant, bien que ses paroles me touchent, je n’arrive pas à croire ce qu’elle venait de me dire, si elle m’avait laissé une lettre comme elle me l’affirme, je suis sûr, la connaissant qu’elle aurait fait en sorte que je l’ai, hors ce n’est pas le cas alors pourquoi devrais-je la croire alors que tout depuis le début de notre relation n’est que mensonge…

— Tu mens Kara !!!! Je ne te crois pas !!! Je n’ai jamais eu de lettre !!!

— J’étais pourtant venue à ton bureau et je l’ai posé là, juste derrière toi, en plein milieu de tes affaires, mais peut-être que lorsque tu as vu mon nom tu l’as simplement jeté !

Je suis interloqué par les paroles de Kara, si elle dit vrai alors quelqu’un est venu après son départ et a pris la lettre et je n’en ai jamais rien su. Mais peu importe. La trahison de Kara est encore trop présente dans mon esprit et je n’arrive pas à passer outre.

— Tu mens, tu mens encore une fois comme tu l’as toujours fait depuis que l’on se connaît !

— Crois ce que tu veux Lena… je… je n’ai plus la force d’essayer de te convaincre de quoique ce soit, je n’ai plus la force de me battre contre t... je ne t’ai jamais menti sur notre amitié Lena, jamais…

Du bruit, ou plutôt des cris interrompent ma conversation avec Kara. Je me détourne de celle-ci qui était proche, bien trop proche de moi et me tourne vers la fenêtre vitrée de mon bureau. Là, l’horreur absolue, je vois l’homme de la sécurité tenter de sortir son arme, mais il est abattu sans ménagement par un homme armé qui fait aussi feu en l’air tout en demandant à tous de se coucher au sol.

Mon cœur se met à battre à cent à l’heure après cette vision et d’instinct je me recule, trébuchant sur Kara qui me rattrape.

— Bah qu’est-ce que tu attends pour agir, fais ton boulot, joues à la Supergirl !!!! criais-je à Kara qui a pourtant l’air tout aussi horrifié que moi.

— Je… je… ne peux pas Lena, je suis désolée…

— Pfffff alors on en est là, le jour ou j’ai vraiment besoin de Supergirl tu m’en veux tellement que tu me le fais payer en n’agissant pas ?!!!

La vitre de mon bureau explose et je sens les bras de Kara m’agripper pour me jeter au sol.

Son visage ne se retrouve qu’à quelques centimètres du mien. Je peux sentir le souffle de Kara tellement elle est proche de moi. Je suis sûr qu’avec ses pouvoirs elle peut entendre l’affolement de mon cœur face à cette proximité soudaine. Son regard est intense, bien trop intense et je m’en veux, je m’en veux que Kara me fasse ressentir toutes ces choses que j’aimerai pouvoir enfermer dans une boîte pour ne plus jamais y penser. Je n’ai pourtant pas le temps de me poser plus de questions que Kara se lève avec prudence et lorsqu’elle veut m’aider à me relever en me tendant la main je la repousse presque avec violence.

— Viens Lena, allons dans ta panic room, me chuchote Kara

Je n’arrive pas à sortir un son de ma bouche, mais j’acquiesce néanmoins à la suggestion de Kara et à pas feutrer nous arrivons à atteindre celle-ci. Malheureusement je trébuche sur des morceaux de verre et nous attirons l’attention de l’un des braqueurs qui nous aperçoit et se met à tirer en notre direction.

Nous nous mettons à courir vers la chambre forte et de justesse nous arrivons toutes les deux à l’atteindre.

— Que veulent ces hommes ? me demande Kara toute essoufflée

Son essoufflement m’étonne un peu, mais je n’y prête guère plus attention que ça.

— Comment tu veux que je le sache ? Ce n’est pas comme si c’était écrit sur leur front lui répondis-je ironiquement et froidement.

— Pourquoi tu ne nous sors pas de là d’ailleurs ?!!!

— Je te l’ai dit, je… je ne peux pas…

— Tout ça pour garder un secret Kara, je ne pensais pas Supergirl capable de mettre la vie d’innocents en danger simplement pour ne pas dévoiler son identité !

— Tu… tu ne sais vraiment rien alors ?

— Savoir quoi ?

— Tu ne me mentais pas quand tu disais ne pas avoir lu la lettre… me chuchota Kara tellement bas que j’eus du mal à l’entendre

— Je te demanderai bien quelle foutue lettre Kara, mais je ne pense pas que ce soit le moment de parler de ça !!!

— Je suis désolé Lena, à un point que tu n’imagines même pas…

Parler à Kara est trop douloureux, même dans un moment pareil, et son regard de chien battu qui me faisait tant fondre avant est désormais une torture. Alors j’essaie de trouver la ligne fixe censée être présente dans chaque panic room afin d’appeler les secours puisque visiblement Kara ne voulait pas faire sortir son alter ego pour nous sortir de là. Des employés à moi sont en danger et j’ai la lourde impression d’être la seule à m’en soucier. Pourtant, lorsque je lance à un regard en coin à Kara alors que je cherche la ligne téléphonique, je la vois qui fixe intensément l’écran des caméras de sécurité qui nous donne un aperçu de ce qui se passe dehors, et je jurerai qu’une larme coule de son visage. Je ne comprends donc pas sa réaction de ne pas vouloir agir pour eux. Visiblement elle s’en soucie bien plus qu’elle ne le laisse paraître, mais elle n’agit pas en conséquence.

Je n’ai pas le temps de me poser plus de questions, car des coups se font entendre fortement sur la porte de la chambre forte ce qui nous fait sursauter moi et Kara.

— Sortez d’ici et il ne vous sera fait aucun mal !!!

J’utilise le bouton du haut-parleur pour leur demander ce qu’ils veulent sous l’œil inquiet de Kara.

— La justice, la justice pour les crimes que vous et votre famille avez commis !!! Nous voulons des réparations !!!

— Je n’ai rien à voir avec les actions de ma famille, rien, au contraire, j’essaie d’expier leurs crimes !!!

— Alors, libérer les otages !!!

— Ça vous va bien de dire ça, tranquillement installer dans votre chambre forte alors que vos employés, eux, sont sous la menace d’une arme !

— Vous voulez de l’argent ?

— Tout n’est pas une question d’argent !

— Mais que voulez-vous alors ? Vous n’allez pas me faire croire que vous en voulez uniquement à ma famille, vous voulez forcément obtenir quelque chose !!!

J’essaie de paraître forte, mais mon cœur bat à cent à l’heure, j’ai des palpitations, ma respiration se saccade de plus en plus et j’ai peur, peur pour toutes les personnes qui sont en otages. Et bien que je ne sois pas responsable, je ne peux m’empêcher malgré tout de penser que ce soit ma faute. Après tout, si j’avais osé m’élever contre ma famille plus tôt, nous n’aurions peut-être pas à vivre cette situation.

— Ce que nous voulons ? C’est vous !!! Sortez d’ici et vos subordonnés iront bien, restez bien au chaud dans votre chambre forte et nous tuerons les otages un par un !!!

Que me veulent-ils ? Pourquoi veulent-ils que je sorte, si je sors, vont-ils me tuer ? Au vu de la situation je ne donne pas cher de ma peau. J’ai beau haïr au plus haut point et condamner les actes de ma famille je n’en reste pas moins une Luthor et il est pour moi hors de question qu’une Luthor négocie avec des terroristes. Je lance un regard vers Kara. Pour je ne sais quelle raison elle a l’air tout aussi terrorisée que moi. Je ne vois pas pourquoi, elle, elle ne risque rien avec ses pouvoirs. Pourtant, elle a l’air si touchante… mais je ne dois pas penser à Kara dans ce genre de moment, des gens sont en danger et je dois me concentrer sur ça, et pas sur la personne que j’aimais le plus au monde et qui a trahi ma confiance.

Je la vois soudain qui cherche son téléphone dans son sac et appeler quelqu’un.

— Alex ? C’est moi, Lena et moi on est prise en otage à L-Corps, il faut que tu envoies une équipe, mais de manière discrète sinon les otages seront sûrement exécutés.

— Putain Kara, qu’est-ce que t’a encore foutu ? cria Alex tellement fort que j’ai réussi à l’entendre moi-même.

Je vois alors Kara qui raccroche au nez de sa sœur. Je n’ai pas le temps de me poser plus de questions que d’autres coups se font entendre sur la porte de la panic room.

Encore les mêmes mots, « sortez d’ici ».

— Qu’est-ce qui me dit que vous tiendrez parole et que vous ne tuerez pas les otages une fois sortis ?

— Aucune, mais je ne vous laisse pas le choix !

— Très bien, je vais sortir !

— Lena, tu ne peux pas faire ça, ils risquent de te tuer !!!

— Je ne te demande pas ton avis Kara ! Et puis je suppose que Supergirl veillera à ce qu’il ne m’arrive rien ! lui répondis-je ironiquement.

— Tu sais bien que je ne laisserai jamais personne te faire du mal Lena…

— Alors reste ici Kara, fait un trou dans le mur ou je ne sais quoi et revient en Supergirl, mais moi je ne resterai pas les bras croisés !

Je veux pour activer le système d’ouverture, mais la main de Kara m’en empêche. Jamais je n’avais vu dans ses yeux autant de désespoir, de tristesse, de mélancolie. Mais je ne me laisse pas attendrir et je retire ma main vivement, car je ne comprends pas, je ne la comprends plus, pourquoi agis t-elle comme ça ? C’est comme si elle me cachait encore quelque chose. Et cette idée-là, qu’elle ai encore des secrets pour moi, ne fait qu’attiser la colère que j’éprouve envers elle.

— Ne fait pas ça Lena, je t’en conjure… me dit-elle la voix tremblotante

— Je ne te demande pas ton avis Kara !

Je n’ai pas le temps d’attendre l’argumentaire de Kara et j’active le système d’ouverture, Kara se cachant derrière la porte pour ne pas faire savoir qu’elle était là. Je me retrouve donc, dès ma sortie face à l’un des braqueurs, qui sont au nombre de trois, une arme directement pointée sur mon front. Jamais je n’avais eu autant peur de ma vie, je pense que j’ai complètement cessé de respirer, à attendre la mort.

PDV Kara

La femme que j’aime se retrouve avec une arme pointée sur sa tête et je ne peux rien faire pour l’en empêcher. Jamais de ma vie je ne m’étais sentie si impuissante et si inutile. Si seulement Lena avait lu ma lettre, elle aurait su, su pourquoi je ne peux pas l’aider ni intervenir. Je ne serais pas étonnée que Jess lui ait volé la lettre étant donné qu’il y a de grandes chances que ce soit elle qui ait mis Lena sur le chemin des ennuis.

Quand je regarde l’écran de la caméra, je vois Lena avec une arme pointée directement sur sa tête. Mon sang bouillonne, je serre mes poings presque jusqu’au sang et un sentiment de rage envahit tout mon être. S’ils la touchent ou lui font du mal, je ne me le pardonnerai jamais.

J’essaie de rappeler Alex qui me dit qu’elle est en route avec une équipe du DEO. Je sais que je devrais avoir une conversation avec elle après tout ça, enfin si nous sommes toujours en vie, mais pour le moment ce n’est pas ma préoccupation première.

Lena essaie de parlementer avec les braqueurs malgré qu’elle ait une arme pointée sur sa tête. Mais ils ont l’air déterminés et peu enclins à la discussion. Puis la discussion semble s’envenimer et j’entends le braqueur lui dire que sa dernière heure est venue. Je vois la terreur dans les yeux de Lena tout autant qu’elle est dans les miens.

Je ne peux pas laisser faire ça, je ne peux pas laisser la femme que j’aime mourir ainsi. J’active alors le système d’ouverture de la porte et sors en trombe de là pour me placer directement entre l’arme du braqueur et Lena.

— Qu’est-ce que c’est que ça encore ? Tu es qui toi ? me sort le braqueur en colère.

— Kara, je suis Kara Danvers

— Il y a encore des gens à l’intérieur de cette chambre forte ?

Je déglutis difficilement et lui affirme que non il n’y a personne

— Qu’est-ce que tu fais là Kara ? me demande une Lena assez énervée

— Je ne pouvais pas le laisser d’abattre !

— Je me débrouillais très bien toute seule, je n’ai pas besoin de ton aide Kara !

— Si c’est comme ça que tu t’en sors, on est tous sauvés alors… !

— Fermez-là toutes les deux !!! Vous vous connaissez ?!

— OUI ! Affirmais-je d’une même voix avec Lena

— De toute évidence il y a un passif entre vous deux, et comme nous avons tout notre temps, nous allons discuter un peu avant de vous tuer, madame Luthor

Je me place une nouvelle fois entre le braqueur et Lena et je lui dis :

— Touchez un seul de ces cheveux et vous êtes un homme mort !

Pour toute réponse je ne reçois qu’un coup dans le visage qui me fait atrocement mal et je dois me faire violence pour ne pas montrer ma souffrance à Lena et à tous les autres. Je ne vois pas la réaction de Lena, mais je suis sûr que me détestant au plus haut point, elle doit bien sourire intérieurement. Mais tout ça est assez bizarre, les braqueurs n’ont pas vraiment de revendications, ils sont juste là à tous nous tenir en otage, mais pour quoi exactement ? Simplement pour faire souffrir Lena ? C’est quand même assez gros pour de simples braqueurs, à moins que quelqu’un d’autre ne tire les ficelles. S’ils sont vraiment là pour faire souffrir Lena, je ne serais pas étonné que Jess soit derrière tout ça.

J’espère que ma sœur et le DEO vont vite arriver. Heureusement, si on peut dire comme ça, au vu de l’heure, il y a avait très peu de personnes présentes dans les bureaux et ils ne sont que cinq otages, moi et Lena compris.

Je recule d’un pas, toujours en essayant de protéger Lena en la gardant derrière moi, mais elle me pousse tout en me disant ne pas avoir besoin d’aide et encore moins de la mienne.

Ses paroles me blessent au plus haut point, laissant mon cœur en miette plus qu’il ne l’était déjà alors que je ne pensais même pas ça possible. J’ai l’impression de l’avoir perdu, perdu pour toujours, même son amitié n’est plus qu’un lointain souvenir. J’aimerai tellement que tout redevienne comme avant. Retrouver nos soirées jeux que nous gagnons presque tout le temps avec Lena, nos soirées à deux blottis l’une contre l’autre en regardant un simple film, l’écouter me parler de tout et de rien et simplement être heureuse parce que j’entendais juste le son de sa voix et que celui-ci suffisait à mon bonheur.

Les braqueurs finissent finalement par tous nous faire asseoir au sol. Mais Lena à ce regard sur moi qui me brise au plus haut point.

L’un d’eux s’approche de Lena et la regarde avec des yeux qui ne me plaisent guère.

Il nous regarde l’une et l’autre puis commence à parler.

— Quel est votre lien à toutes les deux ? Vous n’avez pas l’air de vous apprécier vraiment !

— Quel sens de la déduction ! affirme Lena

— C’est comme ça que vous voulez le jouer ? Bien, nous allons vous dire pourquoi nous sommes là, nous sommes là pour vous, Mlle Luthor ! Nous devrons vous tuer bien sûr, mais avant, nous avons pour ordre de vous faire souffrir, peu importe les moyens que nous emploierons. En échange de quoi une très belle somme d’argent nous attend, tout comme le fait de venger tous les gens que vous et votre famille avez détruits.

— Et j’ai comme l’impression que la jeune femme à côté de vous va m’y aider !

— Jamais je ne vous laisserai faire du mal à Lena !

Le braqueur s’approche alors de moi et l’air arrogant et malsain m’affirme que je n’en aurai pas besoin.

— Vous pouvez faire du mal avec les mots très chers, je réitère donc ma question, quel est votre lien à toutes les deux ?

Je ne veux pas jouer le jeu malsain du braqueur, mais Lena me prend de cours en répondant elle-même à la question.

— C’était ma meilleure amie, mais elle m’a trahi, aujourd’hui elle n’est plus rien ! répond Lena à l’homme tout en me fixant droit dans les yeux avec ses yeux emplis de colère et de tristesse

— Elle vous a trahis comment ?

— Elle m’a caché un lourd secret pendant des années pensant que c’était pour mon bien alors que c’était tout l’inverse !

— Ce n’est pas vraie Lena et tu le sais ! Je l’ai fait pour te protéger !

— Me protéger de toi oui ! Tu n’avais pas assez confiance en moi pour me parler Kara, alors que je te pensais ma meilleure amie et que tu étais la personne la plus importante dans ma vie !

— Tu n’y es pas du tout Lena…

— La ferme où je vous tue toutes les deux !

Toujours à genoux près de nous, le braqueur continuait son interrogatoire pendant que les deux autres surveillaient les entrées. Alex ne devrait pas tarder à arriver maintenant et j’avais vraiment hâte, car je ne savais pas encore combien de temps nous pourrions tenir sans qu’une autre vie ne soit prise ou pire, que Lena soit tuée.

— Et ce secret qui à brisé votre amitié, y en a-t-il d’autres ?

— Quoi donc demande Lena, de façon ferme et déterminée

— De secret ! y a-t-il d’autres secrets, ya t-il quelque chose que vous lui avez toujours caché, quelque chose que vous avez toujours eu envie de lui dire, mais que vous ne lui avez jamais dit ?

Mon cœur se serre à cette question. Bien évidemment je savais que la réponse était oui. Je lui ai caché le secret le plus important de tous, bien plus important que celui de lui avoir caché ma double identité. Je lui ai toujours caché que je l’aimais, qu’elle était celle avec qui je voulais faire ma vie, que chaque fois que je la voyais sortir avec un homme, mon cœur mourrait chaque fois un peu plus tant la souffrance que j’éprouvais m’étouffait et m’empêchait de respirer. Je lui ai caché que chaque fois que je la voyais, mon rythme cardiaque augmentait grandement, que je n’arrivais plus à penser clairement et que c’était pour ça que j’étais si maladroite en sa présence.

Je lui ai caché tant de choses sur ce que je ressentais pour elle, préférant taire mes sentiments plutôt que de prendre le risque de la perdre et de ne plus l’avoir comme amie. Et au final, je l’ai perdu tout autant, le résultat est le même, elle ne veut plus de moi dans sa vie, ni maintenant ni jamais.

Lena peut voir mon trouble. Elle me regarde alors avec plus de colère que précédemment et de rage elle se lève afin de me faire face, faisant complètement fît des braqueurs qu’il y avait.

— Je n’y crois pas Kara ! Quel est ce secret que tu me caches encore ?!! Et ne me mens pas, je peux le voir à ton regard que tu ne m’as pas tout dit !!!

Je me lève à mon tour pour me mettre à la hauteur de Lena.

— Je… rien Lena… mentis-je

— Tssss, tss-tss Kara ? C’est bien ça ? Kara c’est bien votre nom ?

— Dîtes-nous, vous avez attisé ma curiosité je dois dire, quel est donc ce secret que vous lui cachez encore ? Partager avec nous vos pensées les plus profondes !

— Tu ne veux pas le savoir Lena… chuchotais-je alors que les larmes commençaient à monter à l’intérieur de mes yeux

Le braqueur braqua alors une arme sur l’un des autres otages, me disant qu’il compte jusqu’à cinq et qu’ensuite il tuerait la personne.

— Dites-nous !

— Oui Kara, dis-moi ! On est plus à un secret près ! me cria Lena les bras croisés sur la poitrine.

— Je ne peux pas…

— Cinq

— Quatre

— Trois

— OK ! LE SEUL SECRET QUE JE NE LUI AI JAMAIS DIT AIT QUE JE T’AIME LENA, JE SUIS FOLLEMENT AMOUREUSE DE TOI DEPUIS LE PREMIER JOUR OU JE T’AI CROISÉ DANS TON BUREAU LORS DE CETTE INTERVIEW AVEC CLARK, JE T’AIME PLUS QUE MA PROPRE VIE ET C’EST POUR ÇA QUE JE NE T’AI PAS DÉVOILÉ MON AUTRE SECRET AVANT, POUR NE PAS TE METTRE EN DANGER, CE N’ÉTAIT PAS UNE QUESTION DE CONFIANCE, BIEN AU CONTRAIRE, JE N’AI JAMAIS EU AUTANT CONFIANCE DE MA VIE EN QUELQU’UN QU’EN TOI. MAIS J’ÉTAIS ÉGOÏSTE ! JE NE VOULAIS PAS QUE CE JE FAISAIS TE METTE EN DANGER, JE VOULAIS TE GARDER POUR MOI TOUTE SEULE, SANS RIEN D’AUTRE QUE NOUS, QUE TU M’APPRÉCIES MOI, SEULEMENT MOI ET PAS MON....

J’avais dit toutes ses paroles en criant et d’une seule traite, les larmes coulant maintenant abondamment et pour la première fois depuis longtemps, pour la première fois depuis que Lena ne m’adressait plus la parole, pour la première fois je vis son masque se fissurer tel un château de cartes, ses yeux devenant si rouges que j’en devinais qu’elle luttait pour ne pas pleurer.

— Alors c’est ça que tu as mijoté avec Lex ?

— Qu’est ce que tu veux dire Lena ?

— Je t’ai vu, Kara, je t’ai vu allez voir Lex en prison, tu me mens encore Kara, et je… je peux plus faire ça avec toi, je ne le supporte plus…

— Ces petites jérémiades m’ennuient grandement finalement !

Sur ces dernières paroles, je vois le braqueur brandir son arme en direction de Lena. À ce moment-là je sais, je sais qu’il va faire feu, et je ne peux pas le laisser me prendre la seule personne que je n’ai jamais aimée dans ma vie. Sans réfléchir je me jette devant Lena, peut importe les conséquences pour moi, de toutes les manières je suis déjà morte à l’intérieur si Lena ne veut plus de moi dans sa vie et je préfère mourir en tentant de la sauver que de vivre dans un monde où Lena n’existerait plus.

Puis une douleur, fulgurante, lancinante, je ne peux plus respirer, mes forces me quittent, je vois ma vie défiler devant mes yeux, une vie remplie d’images de Lena, Lena, toujours Lena. Je sens que je m’écroule et que Lena me retient, sûrement par réflexe. Je l’entends qui me chuchote à l’oreille « tu ne crois pas que tu en fais un peu trop avec tes pouvoirs ».

J’utilise mes dernières forces pour lui parler tout bas :

— Je… je n’ai plus mes pouvoirs Lena… c’est… C’est pour.... pour ça que… j’ai été voir Lex, il était trop content de… de m’aider à supprimer mes pouvoirs… un kryptonien en moins, c’est toujours… ça de pris pour lui…

PDV Lena

Kara s’écroule devant moi et par réflexe je la retiens, je m’imagine qu’elle en fait un peu trop, après tout c’est Supergirl et ce n’est pas une balle qui lui ferait du mal.

Puis elle me dit ces paroles, Lex, qu’elle n’a plus de pouvoirs, et là je réalise, je réalise qu’elle vient de sacrifier sa vie pour me sauver, et que tout ce qu’elle vient de me dire quelques instants auparavant était vrai. Elle m’aimait, elle m’aimait de la même manière que je l’aimais, ce que je n’avais jamais osé lui dire et maintenant, maintenant jamais je n’aurai l’occasion de lui dire, elle est sur le point de mourir et elle croit que je la déteste plus que tout alors que c’est tout le contraire.

Quand je réalise ce qui vient de se passer, je hurle à Kara de rester en vie et de ne pas mourir. Je place mes mains sur sa blessure et tente avec ma veste de stopper le sang, ce sang, bon sang il y en a tellement. Je n’arrive pas à croire ce qui est en train de se passer. Intérieurement je hurle, je hurle contre les braqueurs, je hurle contre moi-même, je hurle contre la terre entière. Je me fiche complètement de ces braqueurs, je ne vois d’ailleurs pas de nouveau l’arme qui se pointe vers moi, je ne vois pas non plus ce même braqueur s’écrouler au sol, tué d’une balle en pleine tête par l’un des snipers du DEO, ainsi que l’arrestation des autres braqueurs.

Seule Kara compte à ce moment-là, Kara et seulement elle. Je pleure toutes les larmes de mon corps alors que j’essaie en vain de maintenir Kara éveillé, qu’elle ne s’endorme pas, mais elle a déjà perdu connaissance et si elle meurt, je ne survivrai pas à sa perte. C’était mon soleil, je lui en voulais tellement de m’avoir caché son secret, mais je l’aimais, je l’aimais tellement que j’ai préféré la haïr plutôt que d’admettre que c’était mon amour pour elle qui me faisait agir ainsi, et maintenant, elle allait peut-être ne jamais savoir à quel point je l’aimais.

J’entends vaguement la voix d’Alex en arrière plan, tout aussi paniqué que moi, les secours qui arrivent enfin, le bruit de l’ambulance qui emmène Kara dans l’hôpital du DEO alors que je refuse de lui lâcher la main.

« Bip… bip… bip… » Ce son me réveille lentement. Je ne peux pas me voir, mais je sens à leur humidité que mes yeux sont humides, signe que j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Je me sens vidé de toute énergie, perdu dans les méandres de mes pensées où Kara est le centre de mon monde, en vie, et heureuse avec moi, nous, ce nous que nous ne connaîtrons peut-être jamais à cause de moi. Je me permets de rêver à une vie à deux, d’un futur ou ne ferions qu’une, je rêve même de nos disputes qui finiraient invariablement par se finir dans une étreinte passionnée, amoureuse et tendre à la fois.

Ce monde-là, je ne le connaîtrais peut-être jamais, Kara ne se réveillerait peut-être pas et je ne peux m’empêcher de penser que si je n’avais jamais été dans la vie de Kara, Supergirl serait toujours en vie et Kara serait toujours Kara, rendant une autre personne que moi heureuse. Elle aurait été tellement plus heureuse si elle n’avait pas eu le malheur de me rencontrer.

Ce son, ce bip, devrait pourtant m’être rassurant, car il signifie que Kara est encore en vie, mais il n’en est rien, ce son me crispe et me rend amorphe.

— Je suis persuadé qu’elle finira par se réveiller, me dit tendrement Kelly, la compagne d’Alex qui venait de rentrer dans la chambre.

Contrairement à Alex, Kelly n’a jamais eu de préjugé sur moi et ma famille, elle a toujours été d’un grand soutien et a toujours su tempérer les ardeurs de sa compagne à mon égard.

En effet Alex ne me portait pas grande estime et elle ne gâchait jamais une occasion de me le faire savoir

— Les médecins du DEO ont fait un travail formidable, elle n’a peut-être plus ses pouvoirs, mais elle reste kryptonienne et sa constitution se remet bien plus vite que nous les humains…

— Est-ce que… est-ce qu’il y aurait un moyen de lui redonner ses pouvoirs afin d’accélérer sa guérison ?

— Malheureusement non, Kara a fait les choses bien, elle est allée voir Lex, lui expliquant qu’elle ne voulait plus ses pouvoirs et… enfin il lui a donné l’endroit où il cachait la kryptonite dorée, et malheureusement, une fois exposé à celui-ci, il est impossible de retrouver ses pouvoirs…

— Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi Lex ne s’en ai jamais servis contre Superman… s’interroge Kelly

— Simple, Kara à été son cobaye, il n’avait qu’un seul échantillon donc si Superman le détruisait il ne lui restait plus aucune chance pour le vaincre, grâce à Kara, il sait que ça marche… lui répondis-je ironiquement

— Peut-être, tu as sûrement raison. Je vais te laisser avec Kara, prends bien soin d’elle, me demande-t-elle dans un sourire.

— Toujours…

Kelly repart alors que je suis toujours là, la main de Kara dans la mienne, je n’ai pas dormi depuis la prise d’otages, il y a maintenant trois semaines. Trois semaines que Kara était censée aller mieux, mais qu’elle ne se réveillait toujours pas. Je restais presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec elle, ne repartant chez moi que pour prendre une douche, changer de vêtements et manger un peu.

Le DEO avait d’ailleurs trouvé le responsable, ou plutôt, « la » responsable. Comme Kara le soupçonnait, c’était bien Jess la coupable. Alex avait dû se faire violence à cette évidence, car je suis presque sûr qu’elle aurait voulu que je sois coupable des crimes dont on m’accusait. Heureusement, elle restait malgré tout droite et intègre, ce qui ne la faisait pas m’apprécier pour autant.

Elle m’avait clairement dit en face que tout était de ma faute. Seule Kelly avait réussi à la convaincre de me laisser voir Kara. Dans tous les cas je me serais passé de son avis, mais avoir son accord c’est déjà un pas en avant de plus vers Kara et c’était mieux que rien.

J’étais donc là, depuis trois semaines, à veiller sur Kara nuit et jour, guettant le moindre signe de rétablissement, le moindre changement dans sa respiration, le moindre battement de cœur. Trois semaines que j’avais sa main dans la mienne, essayant de capter la moindre parcelle de douceur de sa peau.

Et puis un jour, cela faisait près de quatre semaines, les quatre plus longues semaines de toute mon existence, dans ma main, un changement, pourtant presque imperceptible me fait me réveiller en sursaut alors que je suis assise près de Kara la tête posée sur son ventre.

Je pose alors mon regard sur Kara, et ses yeux, ses yeux sont ouverts, et un son, le plus merveilleux des sons qu’il m’ait été donné d’entendre, la voix de Kara.

— L… Lena… tu… es là ?

Gênée, je retire vivement ma main de la sienne, mais mon cœur, lui, pousse un grand ouf de soulagement quand il constate que Kara est enfin sortie du coma et que visiblement elle a toute sa tête.

Bêtement je ne sais plus quoi dire, comme si j’étais devenue muette tellement je suis hypnotisée et devenue paralysée. Je n’arrive même pas à la regarder droit dans les yeux. J’ai trop honte, honte de tout le mal que j’ai pu lui faire, honte d’avoir agis comme je l’ai fait ces derniers temps et qui l’ont fait souffrir alors que tout ce temps, elle était seule, je ne sais où sur la planète et sans ses pouvoirs alors qu’elle aurait pu se faire agresser, avoir un accident, voire pire, mourir…

— Lena ? Lena est-ce que ça va ? me redemande-t-elle encore une fois.

Sa question me fait légèrement sourire, j’avais l’impression de retrouver ma Kara, celle qui se préoccupait d’abord des autres avant de s’occuper d’elle-même.

— Heu oui oui, ça va, c’est à toi qu’il faudrait demander ça ?

— Écoute Kara, je… je voulais te dire, je… je suis désolé pour tout, je… Je suis désolé de t’avoir repoussé tout ce temps, d’avoir gâché ce que nous avions simplement parce que je pensais que tu m’avais trahi et que mon orgueil en était blessé alors qu’en réalité tu ne cherchais qu’à me protéger…

— Je… je suis désolé pour tout, je veux te retrouver, retrouver la Kara espiègle et maladroite que j’ai connus et si tu… enfin si tu pensais ce que tu disais lors de cette prise d’otage alors je…

Mon discours est interrompu par une Alex qui rentre en trombe dans la pièce pour se précipiter au chevet de sa sœur, mais qui ne manque pourtant pas de me lancer un regard noir au passage.

Elle s’assure que sa sœur va bien, prend ses constantes et une fois rassuré sur son état de santé met une tape sur l’épaule de Kara.

— Hey ! Mais ça ne va pas de frapper une malade Alex ! lui répondit Kara sur un ton faussement vexé

— Tu m’as fait peur Kara, quelle idée stupide tu as eu d’abandonner tes pouvoirs, si tu les avais eus tu n’en serais pas là !

— C’est de ta faute Lena, c’est à cause de toi qu’elle a abandonné ses pouvoirs et encore à cause de toi qu’elle a failli mourir !!! me dit Alex d’une voix glaciale tout en me fixant et qui en dit long sur ce qu’elle ressent à mon égard

— ALEX ! Laisse Lena tranquille, tu veux !

— Sérieusement Kara ? Après tout ce qu’elle t’a fait, tu la défends toujours ?!

— Ce n’est pas la question Alex !

— Comme tu veux Kara ! Quand tu sortiras d’ici, je te raccompagnerai chez toi.

— Non, ça ira merci, je prendrais un taxi !

— Kara !

— Laisse tomber Alex !

Je vois Alex qui repart, furibonde contre sa sœur, mais encore plus contre moi. Malgré tout ce qui s’était passé, Kara trouvait quand même le moyen de continuer à me défendre. Cela ne me faisait que l’aimer encore plus, mais me faisait aussi sentir coupable, coupable de la mésentente entre les deux sœurs.

— Kara je…

— Ne dis rien Lena, nous devrons parler, certes, mais là, je veux juste que tu restes près de moi jusqu’à que j’aille mieux si tu veux bien ? me demande-t-elle timidement

— Évidement que je le veux Kara !

Je m’empresse alors de me rassoir près d’elle, un léger sourire coupable sur les lèvres. J’hésite à lui prendre la main et Kara doit percevoir mon trouble, car finalement, sans dire un mot, elle approche sa main de la mienne pour y encercler ses doigts. Je ne peux empêcher un frisson de me parcourir quand ses doigts s’entrelacent dans les miens, et le sourire qu’elle me porte, magique, il n’y a pas d’autre mot pour décrire la sensation que je ressens à ce moment-là.

Pourtant, nos retrouvailles restent timides, touchantes, mais avec beaucoup de pudeur. Aucune de nous deux ne veut, ou n’ose aborder le sujet de la prise d’otage, ce fameux sujet ou l’un des braqueurs l’avait forcé à m’avouer qu’elle était amoureuse de moi. Bien sûr, mon cœur avait bondi hors de sa poitrine à cet aveu, mais en même temps, j’avais peur qu’elle ait dit ça sous le coup de la menace et qu’elle ne le pense pas vraiment. Et j’ai peur, peur de lui demander et de m’entendre dire que ce n’était que pour gagner du temps et qu’elle ne ressente pas pour moi ce que je ressens pour elle.

Mais dans tous les cas, je suis au moins heureuse de retrouver Kara. Nous avons été éloignés l’une de l’autre bien trop longtemps et nous avions une amitié à reconstruire, même si au fond de moi je ne savais pas si je serais dorénavant capable de seulement m’en contenter…

Un médecin de DEO rentre dans la chambre afin de prendre les constantes de Kara. Visiblement tout à l’air d’aller bien. Il soulève le haut de Kara afin de voir sa blessure et là je peux constater l’horreur et toute l’étendue de ce qu’elle a vécu. Une énorme cicatrice orne le dessous de sa poitrine. La balle est passée très près de son cœur, et sans pouvoir elle aura cette cicatrice à vie, rien ne pourra changer ça.

Les larmes montent à mes yeux, car la réalité me rattrape de plein fouet, Kara, même sans ses pouvoirs, a tout fait pour protéger ma vie au péril de la sienne. Cela ne m’aurait guère étonnée si elle les avait encore eus, mais je ne la pensais pas capable de le faire tout en sachant que cela pourrait la tuer. Pourtant elle n’a même pas eu l’once d’une seule hésitation quand il a fallu réagir, et au péril de sa vie, elle a sauvé la mienne.

Je remercie le médecin pour lui avoir sauvé la vie et quand celui-ci est parti je n’arrive pas à retenir mes larmes et je me retourne afin de ne pas devoir faire face à Kara. Je ne voulais pas qu’elle me voie comme ça, faible, alors qu’elle avait toujours été si forte, si altruiste, si Kara…

Pourtant, malgré tout, j’entends la voix de Kara qui m’interpelle.

— Lena, ce n’est pas ta faute, tu n’as pas à te sentir coupable de ce qui m’arrive

— C’est plus fort que moi Kara, tu as failli mourir, et à cause de moi…

La conversation dure encore quelques minutes, Kara essayant de me réconforter alors que cela devrait être l’inverse. Je commençais à me demander pourquoi Kara était une amie avec moi étant donné que je n’étais pas et n’arriverai jamais à sa hauteur.

Kara restera encore une semaine au DEO. Mes rapports avec sa sœur n’étaient pas aux beaux fixes, mais au moins ils étaient devenus cordiaux et j’espérais qu’à l’avenir ils s’amélioreraient, car je savais que Kara souffrirait de la situation si elle et moi ne devions jamais nous entendre.

Nos relations avec Kara étaient encore timides et réservées, aucune de nous n’osant encore aborder le sujet de la prise d’otages.

Je lui avais proposé de venir chez moi pour sa convalescence. Alex avait bien tenté de s’y opposer, mais elle avait bien fini par admettre que c’était au final la meilleure des solutions pour Kara. Et puis j’étais bien trop heureuse d’avoir mon soleil chez moi, nous pourrions enfin parler entre quatre yeux et mettre à plat ce qui devait l’être.

Toutes les charges contre moi avaient également été abandonnées et c’est Jess qui était maintenant en prison, probablement pour le reste de sa vie aux vues des actes qu’elle avait commis. Ses motivations étaient qu’elle était tellement jalouse de la relation que j’avais avec Kara, du lien qui nous unissait, qu’il n’y avait pour elle qu’un seul moyen pour nous éloigner l’une de l’autre, m’envoyer en prison. Mais nous ne saurons jamais vraiment pourquoi elle en était jalouse, et cela n’avait que peu d’importance. Mais dorénavant je ferais attention lorsque l’heure d’engager une nouvelle assistante viendra.

Heureusement le DEO avait fait correctement son travail et m’avait blanchi de toutes les charges qui pesaient contre moi.

J’étais en train d’aider Kara à préparer ses affaires afin de passer sa convalescence à mon appartement. Elle me lançait parfois ce petit sourire en coin, ce petit sourire qui signifiait beaucoup, et illuminait mon cœur de mille feux.

— Je pourrais très bien finir ma convalescence chez moi, tu n’es pas obligé de prendre soin de moi tu sais, me demande soudain Kara de sa voix timide

— Je le sais bien, mais j’en ai envie, et puis c’est le moins que je puisse faire alors que tu m’as sauvé la vie, sans toi je ne serais plus de ce monde.

Après avoir rempli les formulaires d’usages, subi les foudres d’Alex (qui m’avait pas très subtilement presque menacé de mort si je ne suivais pas à la lettre ses instructions pour la convalescence de Kara) et finit de préparer les affaires de Kara puis nous prenons ma voiture, direction mon appartement.

Le trajet se fit presque dans un silence de mort et c’est avec un certain soulagement que je respirais quand nous étions enfin arrivés.

Comme nous étions déjà le soir, je propose à Kara de commander et que nous nous installions sur le canapé pour regarder un film. Le sourire qu’elle lança en retour de ma proposition fut la plus belle des récompenses.

Nous nous installons dans le canapé, chacune de notre côté pour regarder le film, mais je vois Kara avec son regard suppliant de chien battu, et quand timidement je la vois qui ouvre les bras, je comprends que c’est le signal pour que j’aille me blottir dans ses bras, comme lorsque nous étions encore amies. Je ne résiste donc pas longtemps et viens m’installer dans les bras de Kara. Ce n’est qu’une fois dans ceux-ci que je réalisais à quel point ceux-ci m’avaient manqué. Sa douceur, son odeur, tout chez elle me procurait un bien-être indescriptible, j’étais enfin à ma place, j’étais bien tout simplement.

PDV Kara

Lena accepte de venir dans mes bras. Regarder un film dans les bras de celle que j’aimais m’avait énormément manqué. Mais je sens pourtant une certaine hésitation, une certaine pudeur de la part de Lena, pudeur qu’elle n’avait pas avant. Au vu des circonstances, c’est pourtant tout à fait normal, mais cela me gêne un peu. Je veux retrouver Lena, je veux retrouver la femme qui me redonnait le sourire, me faisait rire, me réconfortait dans les moments difficile, bref, tout ce qui faisait que nous étions les meilleures amies au monde.

Je lui ai avoué mes sentiments lors de cette prise d’otages, pourtant, son comportement envers moi, hormis qu’elle ne me déteste plus, n’est pas des plus chaleureuses, comme si elle avait peur de me blesser, de me faire mal, qu’elle n’osait plus avoir avec moi cette proximité que tout notre entourage nous enviait tant nous étions proche. De toute évidence elle ne partage pas mes sentiments, alors je saurais m’en contenter, mais je voudrais au moins retrouver notre complicité d’antan, je saurais faire avec, enfin je l’espère.

Lena est maintenant dans mes bras. Nous sommes toutes les deux allongés sur le canapé et je m’apprête à lancer le film, mais je sens une certaine nervosité de la part de Lena alors je n’y tiens plus et je veux mettre les choses au clair, régler et supprimer ce sentiment de malaise que je ressens entre nous.

— Lena, je sais que notre relation n’était pas des meilleures ces derniers mois, on peut même dire qu’il n’y avait d’ailleurs plus aucune relation, mais demande moi, je vois de la fumée sortir de tes oreilles tant je sens que tu veux me poser une question Lena.

— Tu peux tout me dire, tout me demander, je t’ai promis que plus jamais je ne te mentirai et je tiendrais parole, alors c’est quoi le souci avec moi Lena ? On dirait que tu essaies d’éviter au maximum le contact entre nous, avouais-je d’une toute petite voix honteuse.

— C’est pas du tout ça Kara, c’est juste que… enfin je me demande pourquoi tu as abandonné tes pouvoirs ? Et… enfin, lors du braquage, tu… enfin tu… tu pensais ce qu’il t’a forcé à dire ?

— J’ai l’impression que tout est de ma faute Kara, que tu n’as plus tes pouvoirs à cause de moi, que tu as failli mourir à cause de moi…

Je me relève légèrement du canapé, Lena toujours dans mes bras alors que le film, Titanic, vient de se lancer en arrière plan.

— Lena, tu ne pourrais pas être plus éloigné de la vérité… Ce n’est pas à cause de toi que j’ai abandonné mes pouvoirs, mais… ce qui s’est passé entre nous à quand même été le déclencheur, mais je l’aurai fait tôt ou tard dans tous les cas…

— Ces pouvoirs ont toujours été une malédiction pour moi… dans ma jeunesse ils m’ont empêché d’avoir une relation saine, car je n’arrêtais pas de casser des nez et que les mecs finissaient par se lasser, je ne pouvais pas non plus me servir de mes pouvoirs pour aider les gens au risque d’attirer le gouvernement et que j’avais peur que l’on me prenne à mes parents adoptifs.

— Plus tard, quand je suis devenue Supergirl, j’ai perdu qui j’étais réellement, j’étais juste… Supergirl et je n’étais plus Kara…

— Et puis je t’ai rencontré et de nouveau j’ai pu être moi-même, être la Kara que j’étais enfant et que j’aurai voulu devenir une fois adulte, mais que je n’étais pas à cause de mon alter ego.

— Et plus notre amitié grandissait, plus je détestais mes pouvoirs, car ils m’obligeaient à mentir, à mentir à la personne auquel je tenais le plus… Et puis j’avais peur, peur que tu préfères Supergirl à moi… peur que ce que je suis te mette en danger, que mes ennemis se servent de toi pour m’atteindre…

— Alors j’ai repoussé le moment, repoussé le moment pour te dire la vérité et finalement, c’est ton frère qui l’a fait, et là, tu as cru que je t’avais trahi, trahis ta personne, que je me servais de toi pour être proche des Luthor, tu as pensé que je ne te faisais pas confiance alors qu’en réalité c’était tout le contraire…

— Ces pouvoirs m’avaient tous pris, ils avaient pris ma vie, je n’aimais pas ce que j’étais devenue et surtout à cause d’eux je pensais t’avoir perdu à tout jamais…

— Alors je suis allé voir Lex. Je ne pouvais pas être sûr, mais si quelqu’un pouvait savoir où se trouve de la kryptonite dorée, celle qui nous enlève nos pouvoirs, ça ne pouvait être que lui…

— Et j’avais raison, ce psychopathe était bien trop content de me priver de mes pouvoirs qu’il m’a presque offerts l’un de ses jets pour que j’aille chercher la pierre…

— Un kryptonien en moins dans ses affaires il en était ravi.

— Que j’aie mes pouvoirs ou non, peu importe, le monde a toujours eu Superman, il n’a pas besoin de moi, je ne veux pas de cette responsabilité. Je reste kryptonnienne, ma composition restera différente des humains, je guérirai plus vite, je suis toujours immunisée contre la maladie et les poisons. Mais sur Krypton, nous n’avons pas de pouvoirs, ne pas en avoir maintenant me ramène juste à la période ou j’étais encore avec mes parents, en paix et heureuse.

— Et pour ta dernière question, oui, je pensais tout ce que j’ai dit, je n’ai pas menti sur ça, jamais, et j’en suis vraiment désolé, car je sais que ce n’est pas réciproque, mais je n’ai pas choisis, je n’ai pas choisi de t’aimer… affirmais-je les yeux embués de larmes

— Je… je veux juste retrouver mon amitié avec toi Lena, celle que nous avions avant tout ça, avant que nous passions les pires mois de nos vies éloignés l’une de l’autre…

Je crois que nous avons complètement zappé le film, les papillons papillonnent dans mon bas ventre et quand je regarde vers Lena, elle a également les larmes aux yeux, bien qu’elle essaie de les retenir.

Lena se relève de la position dans laquelle nous étions et se rassoit sur le canapé puis me prend la main, provoquant un frisson qui me parcourt de haut en bas.

— Kara, qu’est ce qui te fait penser une seule seconde que ce que tu ressens pour moi n’est pas réciproque ?

— Bah tu m…

Je n’ai pas le temps de me poser plus de questions que les lèvres de Lena sont sur les miennes, m’emportant dans un tourbillon de félicité. Je reste interdite l’espace d’une seconde, car mon cerveau a décidé de partir en vacance, il est complètement hors service, puis je me reprends et commence à répondre à son baiser. Ma vie tout entière est aux bords des lèvres de Lena, j’ai cessé de respirer, mon cœur est au bord de l’implosion, ses lèvres sont si douces, si goûteuses, si magiques… La femme que j’aimais plus que ma propre vie était en train de me montrer parce ce simple geste que tout ce que je ressentais pour elle était réciproque, qu’elle m’aimait du même amour que le mien pour elle. Alors quand je sentis sa langue qui demandait timidement l’accès à mes lèvres, bien évidemment que je lui en accordais l’entrée. Ce baiser m’envoyait maintenant clairement dans un autre monde, un monde où je savais déjà que je ne pourrais plus me passer de ces lèvres dont j’étais clairement déjà devenu accro.

Lena, dans le feu de l’action, s’agrippa à ma taille pour me rapprocher d’elle et finit à califourchon sur mes genoux. La tension était palpable, nos sens étaient en ébullition, nos mains commençaient à se faire baladeuses, les miennes se plaçant directement sous son chemisier pour être en contact direct avec sa peau pendant que les siennes avaient entrepris de fourrager dans mes cheveux pour me rapprocher d’elle encore plus.

Nous nous embrassions à perdre haleine, nous nous embrassions comme si notre vie en dépendait, toute la passion, tout l’amour que nous ressentions l’une pour l’autre transparaissait dans chacun de nos gestes.

Au bout d’un long moment, à bout de souffle et à regret nous nous séparions, posant nos fronts l’un contre l’autre tout en reprenant de l’air. Et puis des mots qui sortent de la bouche de Lena, qui m’avoue qu’elle m’aime depuis le premier jour de notre rencontre, que toutes ses relations passées n’étaient qu’illusoires et qu’elle tentait par ce biais de combler un manque, un manque qui n’existe plus depuis qu’elle avait posé ses lèvres sur les miennes. Ce même manque qui n’existait plus en moi depuis qu’elle l’avait fait quelques instants plus tôt.

Au moment où nous allions reprendre notre séance de baisers enflammée, celui-ci est interrompu par la sonnette de l’appartement. À regret nous nous éloignons l’une de l’autre et Lena va chercher le repas que nous avions commandé.

Elle revient, un grand sourire sur les lèvres. Et c’est en retrouvant petit à petit notre complicité d’antan que nous mangeons notre repas. Lena se rappelait visiblement très bien de mes goûts culinaires au vu de la quantité astronomique qu’elle avait pris rien que pour moi.

Le film complètement oublié, Lena me propose de me laisser me doucher pendant qu’elle préparerait le lit de sa chambre pour que je puisse dormir dedans, m’affirmant qu’elle, elle dormira sur le canapé.

— Lena… tu… enfin tu n’es pas obligé de dormir sur le canapé, tu sais… même si je ne suis pas sûr d’être sage si tu dors à mes côtés…

— Justement, je ne suis pas sûr non plus de te résister et malheureusement tu es encore en convalescence Kara, et puis nous avons tout notre temps désormais, m’affirme-t-elle dans un clin d’œil charmeur dont elle était la seule à avoir le secret et qui faisait toujours monter la température de mon corps en flèche.

— Je ne veux pas que tu dormes sur le canapé Lena, tu es chez toi après tout, et puis on vient de se retrouver, je ne veux pas m’éloigner de toi encore une fois…

— D’accord Kara, va quand même prendre ta douche et n’hésite pas à m’appeler si tu as un souci.

— C’est qu’une douche Lena, je sais bien que je suis maladroite, mais quand même.

Lena rigole à ma remarque, et ce son, bon sang c’était le plus beau que je n’avais jamais entendu

Quand j’ai fini ma douche et que je rentre dans la chambre, vêtu de mon pyjama en soie noir que Lena m’avait offert un jour, je ne suis clairement pas préparé à la vision qui s’offre à moi et qui me fait bruyamment déglutir. Lena est là, face à moi, en train de lire un livre et uniquement vêtue d’une chemise en soie bien trop grande pour elle, mais qui laissait néanmoins apparaître la naissance de ses seins et la finesse de ses jambes blanches magnifique.

Perdu dans ma contemplation je fais tomber bruyamment sur le sol mes lunettes que je tenais dans la main faisant relever le regard de Lena vers moi. Moqueuse, elle ne se gêna pas pour m’envoyer une petite boutade « alors comme ça je vous trouble Mlle Danvers ? ». Pour toute réponse je lui envoie dans la tête l’un des coussins qui se trouvaient sur l’un des fauteuils.

— Ce n’est vraiment pas sympa de ta part Lena, obligée d’attendre que j’aille mieux, ça va être de la torture, d’autant que je ne sens assez en forme moi… affirmais-je joueuse

Je m’installe près dans le lit près de Lena et immédiatement je viens me coller à elle afin de la prendre dans mes bras, ses bras qui avaient tant manqué à mon bien-être le temps de tous ces longs mois sans elle.

Puis je remonte mes lèvres pour l’embrasser, d’abord un simple baiser, mais Lena m’agrippe par la taille pour me rapprocher d’elle et rapidement le baiser gagne en intensité, Lena finissant par se retrouver à califourchon sur moi. Elle met alors lentement la main sous mon haut pour me caresser tendrement. La tendresse de ses caresses, qui ne sont plus synonymes d’amitié, mais de tout l’amour qu’elle me porte, m’emporte dans un monde où plus rien n’existe à part elle, nous. Perdu dans les méandres et la félicité de ses caresses, je mets une grosse seconde pour réaliser qu’une larme vient de couler sur ma peau. J’ouvre les yeux et je regarde Lena qui a stoppé tout mouvement. Je réalise alors que sa vue est fixée sur ma cicatrice, celle qui a failli me coûter la vie.

Je me rassois dans le lit pour me mettre au même niveau que Lena et celle-ci passe ses jambes autour de ma taille et s’agrippe à moi tel un naufrager a sa barque. Elle laisse alors couler les vannes, signe qu’elle se sent encore terriblement coupable pour tout ce qui s’est passé.

— Je suis tellement désolée Kara, tellement, tellement, tellement… Tu aurais pu mourir et jamais tu n’aurais su à quel point je suis amoureuse de toi et à quel point tu étais indispensable à ma vie.

— Chut… ce n’est pas ta faute Lena, je suis là, je suis avec toi maintenant, je suis en vie et je t’aime, je t’aime plus que tout.

Mes paroles semblent la rassurer un peu, c’était la première fois que nous nous disions en face que nous nous aimions. Car oui, nous nous aimions, notre amour avait été au départ si puissant qu’il avait été destructeur. Mais aujourd’hui il a évolué, évolué pour devenir quelque chose de plus beau, de plus parfait et de merveilleux. Lena était la meilleure partie de moi-même et j’étais la meilleure partie de la sienne. Une vie sans elle n’aurait plus aucun sens et il nous revient maintenant de construire cette relation qui ne demande qu’à grandir et devenir plus forts, mais dans tous les cas ce sera à deux.

Après avoir fini de rassurer Lena, nous finissons par nous endormir dans les bras l’une de l’autre, l’un des sommeils les plus sereins que je n’avais jamais eus.

Quelques heures plus tard, je commence à émerger lentement. Je m’étire tout en respirant et humant la bonne odeur qui s’affaire sous mes narines. Je porte le regard sur ma droite et vois Lena, allongé sur le ventre, la couverture remontant légèrement sur son dos à demi nu.

Mais peu importe, Lena était à mes côtés et tout ce qui s’était passé la veille n’était donc pas un rêve. J’observe Lena dormir, même en cet instant je la trouve des plus magnifique. Je passe le dos de ma main sur le haut de son dos et je sens un frisson la parcourir, ce qui me fait sourire tendrement.

Lena ouvre à son tour lentement les yeux et se tourne vers moi, immédiatement happée par mon regard amoureux posé sur elle.

Je n’ai pas le souvenir de tout, en revanche je me rappelle la culpabilité de Lena par rapport à ce qui m’est arrivé et il me revient donc de faire mon possible pour faire passer cela. Lena n’était responsable de rien, j’avais fait des choix et ces choix je les aurais faits dans tous les cas. Nous venions à peine de nous retrouver après avoir vécu dans le noir pendant des mois et des mois et je ne voulais pas que cette culpabilité traine au-dessus de nous.

Je me penche vers elle et pose tendrement mes lèvres sur le haut de son front, lui signifiant tout l’amour et toute la tendresse que j’avais pour elle.

— Bonjour, Lena, ce n’était pas un rêve alors ? demandais-je timidement et amoureusement

— Non, tu voulais aller dans la chambre d’amie, mais tu m’as boudé parce que tu voulais dormir avec moi…

Je rigole à la remarque de Lena. Me connaissant c’était tout à fait possible et c’était sans doute d’ailleurs pour cette raison que j’avais aussi bien dormi. Une Lena à moitié nue à côté de moi ne pouvait que m’être bénéfique.

— Pourquoi tu rigoles comme ça ?

— Parce que je me disais que c’était tout à fait mon genre de te bouder pour que l’on dorme ensemble

— Tu n’as pas besoin de me bouder pour ça Kara. Je sais que hier était chargé en émotion, et que… mais je pensais chacun de mes mots, je t’aime Kara, et je ne veux plus juste être ton amie, je veux plus…

— Ha bon ? Je crois qu’avec tes lèvres sur les miennes je n’avais pas très bien compris, tu devrais peut-être recommencer pour me le confirmer…

Je n’ai pas le temps de prononcer le moindre mot supplémentaire que Lena accédait à ma demande pour mon plus grand plaisir. Et cette fois, par mes gestes, par ma douceur, ma passion, je voulais lui faire comprendre qu’elle n’avait aucune raison de laisser la culpabilité l’envahir, que seul ce que nous ressentions l’une pour l’autre avait de l’importance et que je l’aimais au-delà de tout.

Nous avions perdu tant de temps que je ne voulais plus attendre une seule seconde de plus pour lui montrer combien je l’aimais. Et bon sang, l’attente en valait largement la chandelle.

Jamais je ne m’étais sentie aussi vivante, jamais je ne m’étais sentie aussi aimée, jamais je ne m’étais sentie aussi complète, aussi désirée, que dans les bras de Lena. Chacun de ses gestes, chacun des miens, tout était en parfaite osmose, comme si nous étions faites pour vivre ce moment.

Et c’est plusieurs heures plus tard, à bout de souffle, mais plus heureuses que jamais que nous prenions enfin le temps de nous reconnecter à la réalité. Nous étions tellement dans un monde qui n’appartenait qu’à nous qu’aucune de nous deux n’avait entendu les coups portés sur la porte d’entrée de Lena. Frustrée, car prête à recommencer encore une fois, je me renfrogne dans le lit sous le regard amusé de Lena qui m’embrasse pour me faire patienter et faire partir le malotru qui osait nous interrompre.

Lena enfile sa robe de chambre pour aller ouvrir et me fait un dernier petit bisou pour me faire patienter.

J’écoute distraitement, mais quand je constate que c’est ma sœur, je panique un peu et me lève à la hâte, surtout que connaissant leurs rapports pas très cordial je préfère faire le tampon entre les deux et éviter ainsi un carnage. Elle était sûrement ici pour faire le suivi de ma convalescence.

— K… Kara ? Mais pourquoi tu sors de la chambre de Lena, et… et dans cette tenue ?

Je regarde ma tenue et je constate que j’ai mis sans le faire attention l’une de ses chemises en soie de Lena.

— Écoute, Alex, je sais que ça ne te plairait sûrement pas, mais Lena et moi on est…

J’ai du mal à finir ma phrase, alors Lena vient à mon secours.

— Kara et moi on s’aime et peu importe que tu ne m’aimes pas Alex ! affirme Lena en passant son bras autour de ma taille me faisant me crisper un peu face au regard de ma sœur

Le visage de ma sœur se décompose, je retiens mon souffle et même si Lena ne le montre pas, à sa façon de me tenir la taille, je sens qu’elle est tout aussi stressée que moi.

— Kara… et bien… je dois dire que je m’y attendais un peu…

— PARDON ? parlions moi et Lena en chœur

— Et bien… si je ne t’ai jamais vraiment aimé Lena, c’est parce que j’avais remarqué dès le début de votre amitié des sentiments qu’avait Kara à ton égard. Et chaque jour je la voyais dépérir à cause de ça, de ce qu’elle ressentait pour toi.

— C’était tellement évident que je pensais impossible que tu ne l’aies pas vu aussi, pas une seule personne n’avait pas remarqué le lien qui vous unissait toute les deux. Alors, le fait que tu fasses semblant de ne pas le voir, je croyais que tu ne ressentais pas la même chose pour Kara et que par amitié, tu aurais dû t’éloigner de ma sœur afin que celle-ci puisse passer à autre chose…

— Et puis tu ne l’as pas fait, et Kara devenait de plus en plus mal, et pour moi tu voyais tout, mais tu ne faisais rien, alors je t’en voulais Lena, je t’en voulais de faire souffrir ma petite sœur…

— Je… je ne savais pas… si je l’avais su avant Kara, si j’avais pris conscience de mes sentiments envers toi, jamais je ne t’aurai laissé partir, jamais je…

— Chut… chuchotais-je dans le creux de l’oreille de Lena pour la rassurer

— Je suis aussi fautive que toi dans l’histoire

— Bon, maintenant que les choses sont plus ou moins au clair, Lena, j’ai vu ma sœur dépérir à cause de toi, alors fait souffrir ma sœur et Luthor ou pas, jamais on ne retrouvera ton cadavre !

— ALEX !!!

— Ne menace plus jamais la femme que j’aime où tu auras affaire à moi !

Six mois plus tard

PDV Lena

Je commence à ouvrir les yeux lentement. Un sourire s’étend largement sur mes lèvres lorsque ma vision tombe sur le corps dénudé de ma compagne qui dort paisiblement près de moi avec le drap qui lui couvre son dos, laissant seulement apparaître la nudité de ses épaules.

J’ai encore du mal à réaliser que la femme qui se trouve à mes côtés est aussi amoureuse de moi que je le suis d’elle. Je ne pouvais pas rêver mieux comme amour de ma vie, c’est la perfection faite femme, même si la connaissant, elle dirait exactement la même chose de moi.

Mon cœur se gonfle lorsque je repense à tous les événements qui se sont produits et qui nous ont amenés là aujourd’hui. Je ne pensais pas pouvoir aimer autant avant de connaître Kara. Cet amour qui nous a presque amenés à la folie l’une comme l’autre avant de se rendre compte que nous pouvions faire de cet amour une force plutôt qu’une lumière noire et néfaste.

Elle est devenue mon monde et j’espère être aussi le sien.

— À quoi tu penses ? me demande soudain Kara de sa douce voix

Même sans ses pouvoirs (elle qui n’a jamais voulu les récupérer même après que tout ce soit arrangé), elle m’étonne toujours lorsqu’elle fait ça, me parlant alors qu’elle a encore les yeux fermés, devinant chaque fois que je ne dors plus et s’adressant à moi avec toute la tendresse qui définissait Kara.

— À toi !

— Tu penses toujours à moi c’est pas difficile, me taquine Kara qui ouvre enfin les yeux pour se tourner vers moi

— Tu voudrais que je pense à une autre ? lui répondis-je sur le même ton taquin en arquant l’un de mes sourcils

La réaction de Kara ne se fait pas attendre. Elle se tourne dans ma direction pour s’emparer de mes lèvres avec passion et comme chaque fois qu’elle m’embrasse, je me perds complètement dans le baiser, oubliant tout, tout ce qui n’était pas « elle ».

« Tu n’as pas intérêt à penser à une autre que moi » arrive-t-elle à me dire entre deux baisers, ce qui à pour effet de décupler mon envie d’elle.

Deux heures plus tard, nous commençons à reprendre à peine notre souffle. Cette vision d’une Kara les cheveux en bataille juste après l’amour était probablement ma préférée, mais aujourd’hui était une journée spéciale et je voulais que tout soit parfait. Alors à contrecœur je me lève de notre lit pour aller préparer le petit-déjeuner, le stress commençant à m’envahir légèrement.

Pourtant je n’avais aucune raison de laisser celui-ci m’envahir, car je n’avais aucun doute sur les sentiments de Kara à mon égard. Je pouvais avoir beaucoup de doutes sur beaucoup de sujets, mais pas de ce que pouvait ressentir Kara envers moi, jamais de ce que pouvait ressentir Kara à mon égard. Mais c’était plus fort que moi, aujourd’hui c’était un jour important et je voulais que tout soit aussi parfait que Kara. Notre vie allait changer aujourd’hui, changer en quelque chose de plus fort, plus beau.

Je lui prépare donc avec le plus grand soin ses pancakes préférés au sirop d’érable. Une quantité assez importante, car pouvoir ou pas, Kara était un gouffre sans fin quand il était question de nourriture et elle pouvait se permettre de manger à volonté sans prendre un gramme, alors elle ne se privait jamais.

Je lui préparais en plus un bon bol de chocolat au lait chaud ainsi que des tartines beurrées à la confiture de fraise.

— Si quelqu’un entrait dans la pièce, il pourrait penser que tu fais à manger pour tout un régiment, me surprend Kara en venant derrière moi pour m’enlacer alors que je suis en train de finir le petit déjeuner

— En effet, mais tout le monde n’a pas de kryptonienne à nourrir, heureusement que je suis milliardaire, je serais ruiné depuis longtemps sinon !

— Hey, ce n’est pas gentil ça ! me répond Kara tout en me tirant la langue et en allant s’installer pour manger ce que je lui avais préparé

— Ha j’oubliais, ce soir j’ai invité ta sœur et ta mère ainsi que tous nos amis pour dîner ça te dérange pas ?

— Bien sûr que non, mais en quel honneur ?

— Tu verras bien, c’est une surprise

— C’est quoi la surprise ?

— Ça ne serait plus une surprise si je te le disais Kara

— Na na nère !

— C’est très adulte Kara ! rigolais-je face au comportement enfantin de la femme que j’aimais

— Et puis de toute façon Kara, aujourd’hui tout est déjà prévu, nous allons faire un pique-nique au bord du lac, puis nous irons à la fête foraine, car je sais que tu adores faire semblant d’avoir peur pour pouvoir te jeter dans mes bras et ensuite le dîner chez nous avec tout le monde.

— Tu me connais si bien…

— Je suis amoureuse de toi donc ça aide !

Nous finissons de manger dans un silence presque parfait. Ce n’était pas un silence pesant ou forcé, non, parfois nous aimions juste le silence, faire passer les émotions par nos regards, nos gestes de tendresse l’une envers l’autre. Tout était si naturel entre nous que souvent, nous n’avions pas besoin de mots pour nous comprendre.

Après le petit déjeuner, je laisse Kara prendre sa douche et se préparer pendant que je fais de même. Elle choisit une tenue assez décontractée, un simple jean et un débardeur blanc, mais bon sang, ce qu’elle était magnifique, une vraie déesse grecque, et cette déesse m’offrait son cœur chaque jour qui passait. J’avais énormément de chance et j’en étais parfaitement conscience.

Le reste de la matinée, nous allons flâner un peu en ville, nos bras accrochés l’un à l’autre. Parfois on se lançait des regards complices, parfois on faisait une petite pause, car Kara voulait une glace. Cela me faisait rire intérieurement parce que nous venions de prendre notre petit déjeuner peu de temps avant et que nous allions bientôt pique-niquer, mais je savais que l’appétit de Kara était insatiable. On aurait pu penser que celui-ci se serait mis au niveau d’un être humain normal étant donné que Kara n’avait plus ses pouvoirs, mais non, son appétit était resté le même et elle ne prenait toujours aucun gramme. J’en étais d’ailleurs un peu jalouse, mais je la taquinais souvent sur le sujet et cela nous amusait beaucoup au final.

Puis vint le moment du pique-nique au bord du lac, tout était parfait. Le paysage était magnifique, bon, pas autant que Kara, mais quand même, et elle était toujours aussi maladroite. Deux fois elle avait renversé son verre parce qu’elle s’était extasiée devant la vision d’un cygne qui nageait tranquillement sur l’eau ce qui m’avait fait éclater de rire devant la moue boudeuse de Kara.

— Hey, ce n’est pas gentil de se moquer !

— Je me moque pas je ris, c’est différent !

— La Luthor que tu es pourrait-elle m’expliquer la différence qu’il y a entre les deux ? Tenta de bouder Kara, bouderie qui n’était pas très crédible en raison de son petit sourire en coin qu’elle tentait en vain de cacher.

Je ne lui répondis pas cependant, mais mon rire ne devint que plus sonore encore, provoquant chez Kara une menace que je pensais vaine.

— Arrête de rigoler ou je te balance dans l’eau !

— Tu n’as plus de pouvoirs Kara, même pas en rêve tu y arriverais !

— Ha oui ? Vraiment ?

Je n’ai pas le temps de protester plus que Kara se lève pour me prendre dans ses bras et me placer sur son épaule comme un vulgaire sac à pomme de terre. Incroyable, Kara n’avait plus de pouvoir, mais elle avait toujours une force extraordinaire. J’avais beau tenté de me débattre, je n’arrivais pas à me défaire de l’emprise de Kara. Et mes protestations n’y faisaient rien, elle me dirigeait avec assurance au bord de l’eau.

— Une dernière prière avant de finir dans l’eau Lena ?

— Kara, si tu fais ça je te tue et…

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase qu’elle me balance sans ménagement dans le lac, un gros plouf se faisant entendre. J’entends vaguement le fou rire de Kara alors qu’avec difficulté je me relève, trempé des pieds à la tête.

Je tends la main à Kara afin qu’elle m’aide à sortir de l’eau entre deux fous rires, mais quand elle me tend la main, je l’agrippe et je l’entraine avec moi dans l’eau.

S’en suivit une bataille rangée où chacune tentait de faire boire la tasse à l’autre sous le regard ébahi des quelques passants qui passaient par là. Ils devaient sûrement se dire qu’ils avaient affaire à deux folles et qu’il ne valait mieux pas se mêler de nos affaires.

Dix minutes plus tard, nous étions toutes deux trempées des pieds à la tête. Nous avions l’air de deux gamines ayant fait une bêtise, nos fous rires nous faisant mal à la poitrine tellement nous n’arrivions plus à nous arrêter. Mais on se fichait pas mal du regard des gens, nous étions dans notre bulle et on était simplement heureuse de passer un bon moment ensemble.

Comme nous étions trempés et que nous n’avions pas de vêtements de rechange, nous décidons d’écourter l’après-midi près du lac pour nous changer à notre appartement.

Bien évidemment, la fête foraine nous passa sous le nez, nous avions des choses bien plus intéressantes à faire… Nous étions tellement occupés que nous n’avions pas vu le temps passé, et c’est la sonnerie de l’interphone qui nous fit regarder vaguement l’heure.

— Ho merde ! Il est déjà 19 h ! me dit Kara en panique.

Je vais en vitesse ouvrir la porte de l’immeuble et c’est en nous pressant ardemment, le temps que les invités montent à l’étage, que nous nous habillons à la hâte. Heureusement, pour le dîner, nous n’avions qu’à réchauffer les plats parce que sinon ils n’auraient eu que de l’air à manger…

C’est pour cette raison que lorsque nous allions ouvrir notre porte d’entrée nous étions toutes les deux essoufflées. C’est Kara qui ouvre la porte pendant que je mets les plats que nous avions préparés la veille au four pour les chauffer.

Sa sœur remarque tout de suite que quelque chose cloche.

— Kara… vous ne pouvez pas vous tenir un peu toutes les deux ? Vous pourriez au moins attendre que nous ne soyons pas là pour faire vos cochonneries !

— Hein quoi ? Mais qu’est ce que tu racontes !

— Kara, tu es tout essoufflée ne dit pas le contraire !

— Mais tu n’y es pas du tout Alex ! c’est parce que je me suis habillé vite fait c’est tout aussi simple, je m’attendais à ce que vous arriviez plus tard !

— Et pourquoi tu avais besoin de t’habiller à dix-neuf heures du soir Kara ?

Je ne voyais pas la tête de Kara, car j’étais dans la cuisine, mais je pouvais aisément la deviner rouge écarlate et je dus me mordre les lèvres pour ne pas éclater de rire.

— Alex, arrête d’embêter ta sœur, intervinrent Eliza et Kelly

Tout le monde était arrivé en même temps, car tous avaient fait le chemin ensemble.

J’arrivais à mon tour pour saluer nos invités et la soirée débuta ainsi, dans la joie et la bonne humeur. Mes rapports avec Alex s’étaient grandement améliorés. Nous n’étions pas les meilleures amies du monde, mais nous nous entendions maintenant plutôt bien, même si Alex m’avait fait comprendre que si je faisais quoi que ce soit de mal à Kara, elle me le ferait payer au centuple.

Eliza était bienveillante avec moi, elle m’avait tout de suite ouvert ses bras et accueillit dans la famille avec plaisir et bienveillance et je comprenais alors d’où venaient toute la bonté et la sagesse de Kara que j’aimais tant chez elle.

Quant à nos amis Nia, Brainy, John et Winn, ils avaient tout de suite accepté notre relation avec Kara. Et je pense d’ailleurs qu’ils y sont pour beaucoup dans l’amélioration de nos rapports avec Alex.

La soirée se passe ainsi dans le calme et la bonne humeur, les rires et les blagues à moitié pourris de Winn.

Kara et moi ne manquions jamais un instant pour nous frôler les doigts, nous lancer un regard rempli de tendresse ou simplement nous montrer l’affection que nous avions l’une envers l’autre.

Le stress commence pourtant à s’insinuer en moi, car il me reste encore une chose à faire et que cela finit par peser sur moi et mon humeur. Kara doit le sentir, car à un moment elle pose sa main sur la mienne tout en me demandant en chuchotant si je vais bien. Je la regarde tendrement et je la rassure, lui demandant de ne pas s’inquiéter pour moi et que tout allait parfaitement.

Puis je lâche la main de Kara et me lève devant tous afin de leur faire face, tous les regards se posant d’un coup sur moi.

— J’ai… j’ai quelque chose à vous dire à tous, mais surtout, j’ai… j’ai quelque chose à demander à Kara demandais-je timidement la voix remplie d’émotions

Kara se lève à son tour, mais je la fais rassoir dans le fauteuil.

— Lena, ça va ?

— Oui Kara ne t’en fait pas, tout va parfaitement bien !

Je prends une grande inspiration, je me tourne vers Eliza et elle me tend une petite boite que je cache dans ma main. Puis je me tourne de nouveau vers Kara et pose un genou devant elle tout en lui prenant la main.

— Kara, nous sommes passés par bien des épreuves, nous avons vécu tant de choses ensemble que nous pourrions écrire un livre pour relater nos aventures.

— Les mois que nous avons passé séparer lorsque je t’en ai voulu de m’avoir caché ton identité ont été pour moi les plus durs de toute ma vie, et tu m’as avoué plus tard que c’était également le cas pour toi et j’en suis désolé, tellement désolé de t’avoir fait souffrir autant…

— Puis il a fallu cette prise d’otages pour que nous prenions conscience de ce que nous ressentions l’une pour l’autre, que tout ce que nous avions vécu jusqu’à présent n’était que le reflet de la passion qui nous animaient dans le plus grand des secrets et qui nous consumait petit à petit…

— Ce jour-là, j’ai failli perdre la meilleure partie de moi-même, la partie qui fait de moi qui je suis aujourd’hui, la plus belle personne qu’il m’ait été donné de rencontrer dans ma vie

— Ce jour-là, j’ai pris conscience que je t’aimais, que je t’aimais plus que tout, plus que ma propre vie et je ne voulais plus me cacher, je ne voulais plus enfouir en moi tous les sentiments que j’éprouvais pour toi.

— Et ces mois passés près de toi n’ont fait que de renforcer tout l’amour que j’éprouve pour toi

— Tu étais déjà à l’époque ma plus grande force et tu continues de l’être aujourd’hui, tu es ma lumière dans les ténèbres, tu es mon soleil, tu es ma vie Kara et je…

— Je t’aime plus que tout ! Alors c’est pour ça qu’aujourd’hui, devant nos amis et ta famille, je te le demande.

— Voudrais-tu me faire l’immense honneur de devenir ma femme et de partager le reste de ta vie avec moi ? lui demandais-je tout en ouvrant l’écrin que j’avais dans la main afin de lui montrer la bague que je lui offrais

— MAIS OUIIIIIIIII cria Winn un peu trop enthousiaste ne laissant même pas le temps à Kara de répondre ce qui fait rire toute l’assistance

Mais je suis fixé sur Kara et seulement elle. Je vois ses yeux qui s’embrument de larmes, l’émotion qui la gagne et son corps qui tremble légèrement. Puis soudain elle se lève pour se jeter dans mes bras et m’embrasser avec passion, faisant complètement abstraction des gens qu’il y avait autour de nous.

Puis à bout de souffle, elle se retire de mes lèvres pour me crier le plus grand OUI qu’il puisse exister sur terre.

— OUI OUI OUI ! Bien sûr que je veux devenir ta femme plus que tout au monde !

Je sors la bague de son écrin et lui passe avec émotion autour du doigt. Ça y est, nous étions donc maintenant officiellement fiancées et folle amoureuse.

— Je peux te poser une question me demande Kara alors qu’elle me serre fort dans ses bras

— Oui bien sûr

— Pourquoi c’est ma mère qui t’a donné l’écrin ?

— Je lui ai d’abord demandé l’autorisation pour te demander ta main et c’est elle qui a été chercher la bague chez le bijoutier afin que tu ne devines pas mes projets, lui affirmais-je dans un clin d’œil

— Je t’aime Lena, si tu savais à quel point !

— Hey ho, on se calme vous deux, attendez au moins que nous soyons parties avant de vous entraîner pour votre future nuit de noces lança Winn

Je prends l’un des coussins pour lui envoyer dessus puis je me tourne de nouveau vers Kara pour lui dire ces simples mots :

— Nous avons maintenant toute la vie devant nous pour nous aimer Kara

— Oui, en effet, me dit-elle amoureusement avant de s’emparer de nouveau de mes lèvres dans un baiser qui scella la promesse d’éternité qui allait désormais nous unir.