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Sabo regarda la queue de Kuina se balancer lentement. Le mouvement répétitif était hypnotisant et il ne pouvait s'empêcher de fixer l’appendice étranger alors qu'il allait de droite à gauche à droite à gauche à droite... Appuyé contre la table de la cuisine, il se serait presque endormi en la fixant.
Kuina, ignorant qu'elle était l'objet de son obsession, continuait de cuisiner comme si de rien n'était.
Quand ? Comment ? Pourquoi ? D'où sortait cette queue ? Et ce n'était pas une métaphore perverse, une véritable queue avait littéralement poussé pendant la nuit dans le bas du dos de sa partenaire. C'était... Étrange ? Inquiétant ? Un peu ridicule ?
Excitant.
C'était le mot qu'il cherchait.
Il se sentait un peu ridicule, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il était toujours attiré par Kuina, peu importe ce qu'elle faisait. Quand elle riait il écoutait avec admiration ce son cristallin si rare, quand elle marchait il admirait son élégante silhouette se déplacer, quand elle respirait ses yeux se posaient inconsciemment sur sa poitrine – et il savait que c'était effrayant, voire même un peu dégoûtant (Ace le lui avait répété de nombreuses fois lorsqu'il en avait été témoin), mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il l'aimait trop.
Et il avait désormais une nouvelle chose qui l'obsédait.
Cette foutue queue.
Elle était de la même couleur que ses cheveux, fine et elle continuait de se balancer de gauche à droite et de droite à gauche et de gauche à droite et...
- Qu'est-ce que tu fais ?
Sabo cligna rapidement des yeux et se rendit compte qu'il avait attrapé la queue d'une poigne ferme. Ses poils étaient doux, comme ceux d'un chaton, et certains s'étaient même déposé sur sa main. Kuina s'était contentée de tourner la tête vers lui, un sourcil haussé et le couteau toujours en main.
(Il avait intérêt à faire attention à ce couteau s'il ne voulait pas finir à l'hôpital dans moins d'une heure.)
- Je...
Il n'avait aucune explication. Aucune excuse. Il était juste trop intéressé par cette queue et était incapable de se retenir. Il n'était pas le frère de Luffy et Ace pour rien, il était aussi impulsif qu'eux et rares étaient les fois où il s'arrêtait pour réfléchir.
- Je... répéta-t-il.
Il s'était un peu penché en avant pour attraper la queue de Kuina et se redressa soudainement sans la lâcher et tira un peu dessus par mégarde. La jeune femme sursauta et son regard curieux se transforma en regard noir.
- Sabo, prévint-elle, mais il était déjà trop tard.
Sa réaction avait attisé la curiosité de Sabo et il tira une nouvelle fois sur la queue. Kuina lâcha le couteau qui tomba dangereusement près de son pied et posa les mains sur le plan de travail devant elle comme pour se retenir. Elle ferma soudainement les yeux, se mordit les lèvres et fronça les sourcils, comme si elle se retenait de... de quoi, exactement ? Sabo en avait une idée, mais il se disait que c'était impossible. C'était trop beau pour être vrai.
Sa main tremblait légèrement et il déglutit avec difficulté avant de recommencer. Il resserra légèrement ses doigts autour de la queue qu'il tenait et, avec hésitation, tira un peu plus fort que précédemment. Pas assez pour lui faire mal, mais suffisamment pour lui tirer une réaction.
Un gémissement.
Un gémissement.
C'était plus un hoquet de surprise qu'un réel gémissement, mais lui tirer une réaction était suffisant. Cela voulait dire qu'elle ressentait bien quelque chose au niveau de ce nouveau membre et (Sabo remercia tous les dieux qu'il connaissait) ce n'était pas que de la douleur. C'était une zone érogène.
- Qu'est-ce que tu fous ?! s'exclama Kuina.
Elle tourna la tête vers lui, les yeux écarquillés et les joues rouges et Sabo sentit le peu de contrôle qu'il avait s'envoler. Il se contenta de sourire (il vit bien qu'elle n'avait pas du tout confiance en ce sourire) et, lentement, il fit glisser sa main jusqu'à la base de la queue. Juste au-dessus de son short et en-dessous de son haut, là où ses vêtements laissaient entrevoir la peau blanche de son dos et où l'appendice était accroché, fusionnant parfaitement avec son corps pâle. Kuina le regarda faire sans réagir malgré ses protestations précédentes, comme hypnotisée par ses gestes. Peut-être qu'elle aussi était un peu curieuse, au fond.
Il posa son pouce à la jonction entre la queue et la peau de Kuina et tout doucement, le plus gentiment possible, il gratta cette petite partie (qu'il espérait sensible) de son ongle.
Cette fois-ci, plus de doute, c'était bien un gémissement que Kuina laissa échapper.
Elle se plaqua immédiatement une main sur la bouche et semblait être encore plus surprise que lui.
- C'était quoi, ça ?
- Je... J'en sais rien, dit-elle en secouant la tête.
Il y eut quelques secondes des silence avant que Sabo ne se redresse soudainement et, d'un geste rapide, il fit se retourner Kuina pour qu'elle soit face à lui avant de la soulever et de l'asseoir sur le plan de travail derrière elle.
- Attends, attends, qu'est-ce qu'il se passe là ?
- Aucune idée, mais je compte bien comprendre comment ce truc marche, déclara Sabo en pointant la queue de Kuina.
Il enleva son haut qu'il jeta derrière lui sans regarder où il atterrissait et, ne résistant plus, il se pencha en avant pour enfin embrasser les lèvres douces de sa partenaire.
Elle ne le repoussa pas.
Quand il ouvrit les yeux, Sabo sentit une vague de panique et de honte monter en lui.
Un rêve ! C'était juste un rêve ! Un putain de rêve !
Il avait un peu honte d'avoir fait un rêve aussi étrange et surtout d'avoir été aussi excité par l'idée de Kuina étant elle-même excitée par une queue qui serait subitement apparue dans son dos. Quel âge avait-il ? On aurait dit un gamin. C'était pire qu'un porno !
Il se plaqua les mains sur les yeux et retint un gémissement frustré. Il sentait que ce rêve ne l'avait pas laissé de marbre et son corps le lui faisait bien comprendre. Pourtant, et même s'il savait cette idée ridicule, il ne pouvait s'empêcher de repenser aux gémissements de Kuina, à son air à la fois gêné et intrigué et...
Il tourna la tête vers la femme qui dormait dos à lui. Lentement, faisant bien attention à ne pas trop bouger pour éviter de la réveiller, il releva le drap jusqu'à ce qu'il puisse voir le bas de son dos. Toujours avec délicatesse, il releva son haut d'une main tandis que de l'autre il baissait son short de pyjama jusqu'à ce qu'il voit entièrement ses fesses.
(Certes, il n'avait pas besoin d'autant baisser son short, mais comment résister ?)
Il passa doucement le pouce là où la base de la queue avait été dans son rêve. Rien. La peau de Kuina était aussi douce et lisse qu'à l'accoutumé, rien ne laissait imaginer que quelque chose pourrait apparaître.
La tristesse qu'il ressentit fut si grande qu'il se demanda s'il n'avait pas un problème.
- Tu m'expliques ce que tu fous.
Et en plus il venait de se faire griller.
