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Rating:
Archive Warning:
Category:
Fandom:
Relationship:
Characters:
Additional Tags:
Language:
Français
Series:
Part 2 of Festumsempra
Collections:
Black Fest
Stats:
Published:
2022-10-16
Completed:
2022-12-13
Words:
4,415
Chapters:
2/2
Comments:
18
Kudos:
25
Hits:
402

Rêve party

Summary:

Soirée en dehors de Poudlard, dans une fête Moldue. Sirius Black et Severus Snape, ennemis de toujours, s'y rencontrent. Les étincelles ne manquent pas d'en jaillir...
La nuit prendra-t-elle fin ?

Notes:

Cette Fanfiction a été écrite dans le cadre du Blackfest organisé par FESTUMSEMPRA. La liste complète des œuvres participantes est disponible sur la collection : https://archiveofourown.org/collections/Black_Fest.

Auteurs, lecteurs, artistes… rejoignez le discord de Festumsempra ici : https://discord.gg/73rYkUNPTx

(See the end of the work for more notes.)

Chapter 1: La nuit et ses secrets

Chapter Text

Vingt-trois heures tapantes.

Sirius Black avait délaissé l’uniforme sorcier pour mieux se fondre dans la cohue qui se pressait pour entrer au cœur de la soirée. Même vêtu d’un simple jean délavé et d’un T-shirt blanc, les têtes se retournaient sur son passage. Ah. Ça devait être le message imprimé sur celui-ci. Le souvenir de la réaction de Walburga à à sa lecture avait été mémorable.

Bon. Un T-shirt avec inscrit en grosses lettres “Le truc c’est que globalement je m’en bats les couilles” n’était pas forcément le summum du charisme.

Mais ça le devenait quand Sirius l’incarnait, avec son visage aristocratique détonnant d’insolence.

Passant les portes de l’Heptagone, (-venez expérimenter une nouvelle dimension !- disaient les affiches sous les néons multicolores), le Gryffondor se fraya un chemin vers le bar, déjà bien peuplé. Il commanda une tequila à une jolie serveuse qui ne se fit pas prier pour le dévisager. En même temps, il avait toujours cet effet sur la gent féminine. Sirius était un beau gosse, et il le savait.

Buvant quelques gorgées brûlantes, le Gryffondor décida d’aller faire un tour de piste. Il sentait l’énergie qu’il avait se décupler grâce à la chaleur de l’alcool.

Cheminant parmi les noctambules, il faillit tomber lorsqu’il heurta de plein fouet un homme qui circulait, lui aussi.

 

一Je ne te savais pas si fêtard, Snivellus…

 

Reconnaissant son ennemi de toujours parmi la foule de la fête, l'intéressé répondit par un mouvement du majeur. Quelques têtes se tournèrent, sentant le conflit arriver, mais seul un sourire moqueur osa fendre les lèvres de Sirius.

 

Connard. Ne m'appelle pas comme ça.

一Je t'appelle comme je veux. Alors un Mangemort, ça sort fricoter avec des Moldus...

 

Un rictus mauvais s’imprima sur le visage de Snape. Et cet air méprisant, qui donna aussitôt à Sirius l’envie de lui faire ravaler.

 

一Les chiens errants aussi ? Attention, Black, je pourrais te dénoncer au staff...

一Ha ! Et depuis quand le staff d'une boîte de nuit croirait un boutonneux retranché dans ses bouquins comme toi ?

 

C'était l'insulte de trop sur la fine corde acrobatique sur laquelle tous deux dansaient dangereusement depuis toujours. L'orage assombrit les traits de Snape, qui se figea.

 

一Je m'arrache. Cet endroit ne vaut pas une minute de plus de ma présence.

一Non, attends !

一Qu'est-ce qu'il y a, Black ? Tu veux venir danser avec moi ou quoi ? Oh, non, je sais, on se sent seul, quand il n'y a pas les autres pour vous protéger...

一Snape... Il soupira, l'air soudain désespéré. En fait... je considérais la première option.

一Tu n'es pas sérieux, j'espère...? répondit Snape dans un murmure abasourdi. Puis ses yeux se plissèrent.

一A quel point es-tu défoncé pour venir me déblatérer des idioties pareilles ? Ou c'est encore une blague signée Potter et cie, j'imagine, continua Snape, son ton se durcissant au nom des amis de Sirius.

一Non, je...

一Rentre chez toi, Black. Et ne parle de cela à personne. Cela vaut mieux pour toi, crois-moi...

一Chez moi ? Sirius eut l'air désorienté. Je n'ai plus d'endroit où dormir, avoua-t-il amèrement. Et je m'en fiche bien, répliqua-t-il après un silence. Il ne voulait pas laisser paraître trop de ses faiblesses devant l'ennemi. Snape était loin d'être un Bon Samaritain, ce qu'il s'empressa de lui rappeler.

一Tout ce que je veux, c'est m'amuser un peu. Jusqu'à l'oubli, ajouta-t-il en son for intérieur.

一Et as-tu pensé à ce que moi, je pourrais bien vouloir...? lança alors Snape. Son regard calculateur ne disait rien qui vaille. Parce que je n'ai jamais eu besoin d'un compagnon de beuverie pour "m'amuser", comme tu le dis si bien, Black.

一Eh bien, je pourrais te faire découvrir, tenta Sirius avec un sourire malicieux malgré la faiblesse de sa rhétorique.

 

Snape roula des yeux. Pas besoin d'un dictionnaire pour se rendre compte qu'il était sceptique à ce propos. Les misanthropes chassaient toujours seuls...

 

一D'ailleurs, pourquoi tu es ici, Snape ?

一Quelle question... Nouveau roulement d'yeux.

 

Sirius devait se ressaisir, il était sérieusement à la ramasse. Était-ce les shots offerts par le club qui lui faisaient déjà de l'effet ?

 

一Et toi, Black ? Qu'est-ce qui entre dans ta définition de... "t'amuser", hein ? Les yeux d'onyx brillaient sous les stroboscopes, d'une lueur que Sirius ne parvint pas à identifier. Parce que... tout le monde connaît ta réputation. Du moins, à Poudlard.

一Et quelles en sont tes conclusions…? Je t'en prie, éclaire-moi...

一Les Gryffondors et leur propension à se faire caresser l'ego dans le sens du poil, râla Snape. Es-tu venu dans le but de repartir... accompagné ? Reconnais au moins que cela te sauverait la mise pour un soir.

 

Sirius sourit largement à l'évocation sulfureuse de Snape. Cela semblait effectivement une bonne idée, mais... avec Snape comme allié ? Où était sa place, exactement ? Pourquoi lui parlait-il de ça ?

 

一Hm... ça dépend... souffla-t-il. Je n'ai pas encore de plan en tête. Pourquoi ? Ça t'intéresse ? Tu veux admirer ma technique de drague, peut-être ? Cela dit, je pourrais peut-être te trouver quelqu'un pour la soirée... ça pourrait être très divertissant.

Snape eut une exclamation de dédain.

 

一Je ne considère pas les femmes comme des trophées de chasse, moi. Une seule me suffit. Et ce n'est certainement pas ici que je la trouverai, conclut-il en reprenant une gorgée d'alcool, fixant son gobelet comme s'il lui en voulait personnellement d'en avoir trop révélé.

 

Sirius ne put retenir son impulsion.

一Et... les hommes, alors ? C'est vrai, il n'y a pas que des femmes, ici, dit-il pour se rattraper après un silence surpris, désignant toute la salle et la foule de plus en plus dense qui s'y amassait.

 

Contre toute attente, Snape, une fois la stupeur passée, la suspicion passée, se mit à rire. Un son que Sirius n'avait jamais entendu.

 

一Si tu te figures que c'est avec toi que je tiendrai une conférence sur mes préférences sexuelles, tu te trompes lourdement, Black. Allez, va te trouver une nana. Ou un mec, je sais pas et je ne tiens pas à le savoir.

 

Sirius lui lança un clin d'œil, que Severus s'empressa d'ignorer avant de s'en aller chacun de leur côté. Le Gryffondor s'enfonça parmi la marée des corps en transe du côté des danseurs, Severus restait dans la pénombre, non loin du bar, pour pouvoir se resservir autant que nécessaire et profiter de la musique.

En temps normal, il haïssait la musique vulgaire et effrénée qu'écoutaient compulsivement les Moldus des quartiers Londoniens, quand ce n'était pas de l'indie rock ou du grunge né dans les garages, mais les mélodies intenses et répétitives et les basses vibrantes de la rave party étaient tout ce qui lui fallait.

Il s'approcha même un moment de la piste de danse, laissant le son entrer dans ses membres pourtant malhabiles, dans ses os, prendre jusqu'à son cœur et son âme pour les noyer sous un chaos sensitif de sons abrasifs, de lumières colorées et d'odeurs corporelles alcoolisées. Fermant les yeux, Severus se laissa porter par le courant qui avait gagné tous les danseurs autour de lui, par l'euphorie grandissante. Ils vibraient tous au même rythme infernal, en parfaite symphonie les uns avec les autres, les corps se fondant les uns entre les autres, contre les autres.

Il ne savait pas combien de temps était passé, combien en passerait encore avant la fin. Il voulait juste profiter du moment, se lâcher avant de reprendre les cours. Il voulait juste...

Le cours de ses pensées s'infléchit alors que, derrière lui, des mains se posaient sur ses flancs. Snape sursauta violemment, ouvrant immédiatement les yeux, se préparant à chasser l'intrus, quand une voix familière, étrangement douce et chaude lui dit tout bas à l'oreille :

一...Tu m'avais promis une danse, non ?

 

Sirius Black. Encore.

Il n'avait pas réussi à choper ou quoi ? Le ton de sa voix, son souffle si près de son oreille firent involontairement frissonner le Serpentard, qui soupira d'agacement.

 

一Non. Je n'ai rien promis du tout… Encore moins à toi.

一Oh, allez ! Je n'en dirai rien à personne...

一J'y compte bien, répondit Severus, dont les yeux avaient suivi la progression de Black qui se tenait juste devant lui, à présent. Bien trop près.

 

Une série de frissons anima la peau de Severus. Pourquoi n'était-il dérangé que par la proximité de Black ? Pourquoi le Gryffondor, qui habituellement ne pouvait pas l’encadrer, recherchait sa présence ?

 

一Je ne sais pas danser, tenta-t-il dans une dérobade.

一Bien sûr ! Et Merlin est un Boursouf de trois jours. Tu dansais quand je suis arrivé. Et plutôt bien...

一Je ne sais pas ce qui doit me surprendre, le fait que tu me complimentes ou le fait que tu m'aies observé suffisamment longtemps pour faire cette déduction. Qu'est-ce que tu cherches, Black..?

 

Snape avait plongé ses yeux sérieux dans les orbes gris, en quête d'une réponse. Mais rien ne vint. Et ce n'était pas parce que Sirius avait appris à se protéger des regards extérieurs.

 

一Allez, viens, on danse…

Black s'était rapproché -son haleine chargée d'alcool fort- et avait pris sa main pour le tirer plus près de la sono.

Ils dansèrent un moment côte à côte au début, un peu gênés par la situation, puis la transe furieuse et lascive de la danse aidant, face à face.

L'air rieur, audacieux de Sirius dans l'expression de pur abandon de Severus. Les prunelles grises dans les iris noirs. La lumière -nitescence multicolore et fragmentée-, la basse martelante, les corps en sueur.

Snape ne remarqua qu'à peine, pris dans son propre oubli, que Sirius se rapprochait de lui, subtilement mais efficacement. Jusqu'à ce que tous les deux ne furent refoulés dans un coin par plusieurs mastodontes qui s'appropriaient la scène et créaient le chaos avec leur groupe.

Sirius et Severus se virent violemment poussés contre un mur, la foule juste derrière eux les écrasant dans cette position des plus... délicates.

 

一Black.

 

Et Sirius ne réagissait pas. Quelque chose dans ses yeux si gris avait viré au noir intense de pupilles très dilatées. Leurs corps pressés ensemble créaient comme un dôme de chaleur autour d'eux. Comme s'il ne faisait pas assez chaud... Severus devait se sortir de là. Immédiatement.

 

Black ! Qu'est-ce que tu...

 

Mais Sirius, loin de vouloir répondre aux interrogations de Severus, en profita pour l'embrasser. Fortement. Divinement.

Si Severus avait essayé de le repousser, il n'avait ensuite plus pu. Il avait cédé à la faiblesse. Au corps ferme de Black contre le sien. À ses lèvres qui moulaient les siennes. A sa langue chaude et les molécules d'alcool qu'elle partageait. A ses caresses. Le baiser s'amplifia, s'intensifia au point de devenir plus brutal. La musique pulsait dans tous leurs membres, les ténèbres des recoins de la boîte les enveloppaient.

Loin des lumières, loin de la réalité, loin de tout. Une étincelle s'était vivement allumée au creux de leurs estomacs.

 

一Satisfait, Black ?

一...Non.

 

Il laissa un silence planer, durant lequel ils se dévorèrent des yeux, l'onyx cherchant à l'emporter sur l'argent.

 

一Pas avant que tu m'aies avoué que j'embrasse comme un dieu.

一Jamais, répliqua Severus, avec une petite tape sur l'épaule, faisant mine de le repousser.

 

Mais le Serpentard revint vite à la charge, initiant un baiser lent, mais enflammé.

Et puis vint le Jeu.

C'était à qui repousserait les limites de l'insolence. A qui dépasserait les limites de l'autre. A qui pousserait l'outrage.

Dans l'ambiance alcoolisée de la fête, les lumières clignotantes, les cris, les hurlements, la joie et l'alcool, d'autres baisers furent échangés. Des mains se firent baladeuses, explorant le corps de l'autre sous les T-shirts, agrippant un passant du jean.

Jusqu'aux toilettes de la boîte de nuit, éclairées par de subtils spots violets qui illuminaient suffisamment les lieux pour s'y retrouver et gardaient l'ambiance du club, en plus sourde. La musique, les éclats de voix, jouaient en sourdine.

Là, les baisers se firent encore plus empressés, possessifs, se posant sur la peau en gémissements étouffés. Les morsures et les griffures s'ajoutèrent au bal. Ils étaient montés si haut, ce soir... et ils étaient si durs. Ils avaient si faim l'un de l'autre.

La nuit ne finirait jamais.

 

Pourtant, le lendemain matin, Sirius et Severus se réveillèrent dans une chambre de motel, un mal de tête atroce leur vrillant les tempes. Des courbatures plein les muscles.

Ils se réveillaient... dans le même lit ?

Que s'était-il donc passé la veille ?

C'était sans doute un rêve, se dit Sirius. Rien de plus qu'un cauchemar...