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Les Dieux ont de plus gros problèmes

Summary:

La Grande Faucheuse se matérialise dans une rue de Musutafu, parfaitement visible par les simples mortels. Impossible pour elle de se dissimuler ! Bien que les habitants des grandes villes soient relativement tolérants, elle aimerait pouvoir rentrer chez elle en toute discrétion, mais les autres Dieux ne sont pas très disposés à l'aider...

Chapter 1: Apparition

Chapter Text

Quelque chose ne va pas… Mort se tient au milieu du trottoir dans une rue de Musutafu, et quelqu’un vient de lui marcher sur le pied avant de s’excuser. Or, cette personne n’est absolument pas sur sa liste.

Mort paniquerait si elle n’était pas la personnification de l’inéluctabilité.

Elle regarde autour d’elle, et constate que plusieurs individus lui rendent son regard avant de passer leur chemin. S’approchant d’une vitrine, elle y découvre son reflet parfaitement net. « Comment ? », se demande-t-elle. Mais quelle qu’en soit la raison, il est évident qu’elle vient de devenir parfaitement perceptible par les mortels, tous les mortels, et ce en pleine ville.

Il y a quelques années, un tel événement aurait déclenché un mouvement de foule catastrophique. Mais les habitants de Musutafu doivent être habitués aux facteurs alters et aux mutations impressionnantes, car Mort ne perçoit que de légères réactions de surprise. Ni son aspect cadavérique, ni sa tenue sinistre, n’émeuvent le quidam. En revanche, des regards inquisiteurs se lèvent vers sa faux. Une telle arme en milieu urbain… mieux vaudrait la dissimuler en attendant d’avoir recouvré ses aptitudes. D’un geste sûr, Mort balance sa faux vers son côté gauche, et la lame disparaît, tandis que le manche rétrécit jusqu’à prendre l’apparence d’une banale canne de marche. Il s’agit d’un de ses plus fréquents déguisements, mais il fonctionne toujours. Mort avance donc dans la foule, appuyée sur son bâton, tâchant de dissimuler son visage.

Au bout de quelques minutes, Mort quitte l’avenue commerçante pour découvrir un parc arboré. Ce serait plus pratique pour se cacher… Mais l’entrée semble payante. Des portiques dotés de tirelires se dressent devant l’entrée. Décidément il doit s’agir d’un quartier très touristique, ce n’est pas de chance… Mort a toujours une ou deux oboles de Charon sur elle, mais jamais elle ne fera avaler à un portique automatique qu’il s’agirait d’une pièce de 100 yens. Quant à survoler les portiques, cela défierait toute tentative de discrétion.

Mort observe le sol à la recherche d’une pièce perdue. La mendicité est strictement interdite, et fermement réprimée au Japon. En cas de pépin, vous êtes censé emprunter de l’argent dans un poste de police. Mais alors elle devrait décliner son identité et… non, encore des problèmes. Mort continue de chercher, se demandant où sont les maladroits quand on a besoin d’eux. C’est alors qu’elle entend appeler.

« Hé… Mons… Mad… heu, vous ? »

Elle se retourne, pour découvrir une jeune fille parfaitement rose, avec de profond yeux noirs et brillants, et une paire de cornes sur la tête. La mort, se drapant dans sa toge, décontenancée d’avoir été apostrophée par un mortel qui passait par là, ose enfin répondre, aussi solennellement que possible : « Qui, moi ? ».

« Oui, vous ! Vous êtes à court de pièces, non ? On peut faire le change aux machines juste là », la jeune fille rose désigne une machine de change calée à mi distance entre les portiques et un distributeur de boissons. « Mais tenez, j’en ai sur moi… Il faut bien se rendre service de temps en temps ! » clame la jeune fille avant de lui tendre une pièce de 100 yens. « Allez bonne journée, by-bye ! » s’exclame-t-elle en partant, avant même que la Mort ai trouvé quoique ce soit à répondre devant cet acte d’échange non équivalent et parfaitement désintéressé.

Bondissant en direction d’un petit groupe d’adolescents, la jeune fille semble avoir déjà oublié sa rencontre avec la Mort elle-même. Mort, en revanche, fait briller ses orbites, la fixe, et apprends l’identité de sa sauveuse : Ashido… Mina… 15 ans… Heureusement, son jour n’est pas proche. Près d’elle, en revanche, un garçon blond aux yeux rouges, et à l’air mauvais, affiche plusieurs dates successivement, les nombres dansant autour de sa tête. Cela arrive quand quelqu’un adopte une façon de vivre plus risquée que la moyenne… Il n’a pas l’air particulièrement aimable, mais c’est un ami de Mina. Mort décide de payer sa dette ainsi : un petit coup de pouce, tirer sur le fil des Moires quand elles auront le dos tourné… et effacer cette date terriblement proche qui continue de revenir au dessus de sa tête comme pour le narguer. Dans le milieu professionnel des divinités de la mort, offrir une pièce n’est jamais un acte anodin !