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Tout ce que ça prenait, c'était un peu de gui

Summary:

Les deux jeunes filles lèvent la tête et observent le gui placer directement sous leur tête.

Par hasard.

Oui, enfin, les deux jeunes filles peuvent très bien voir La Chose, placée à trois centimètres, de ce parasite d’arbre en plastique, sans aucune subtilité.

Notes:

Encore un petit quelque chose très court sur Enid et Mercredi, mais je les aime teeeeeeeeeellement.

Work Text:

Les fêtes d’adolescents sont toutes pareilles – à un point où Mercredi se demande s’ils ne font pas partis d’un problème temporel qui fait que quelque chose se répète encore et encore. Une boucle infinie qui ne se termine jamais. 

Et, de son point de vue, c’est une théorie qui vaut la peine d’être étudiée de près. Même si, encore une fois, elle semble être la seule à y voir quelque chose d’anormal, mais en même temps, c’est sa croix à porter puisqu’elle est entourée d’idiots… Enfin, des idiots pour qui elle a un certain attachement… Enfin, surtout Enid. 

Bref, qui croient-ils berner? Ce n’est pas parce que l’on a disposé des décorations à l’effigie de vieux monsieurs bedonnant portant du rouge un peu partout que cela va changer quelque chose. C’est toujours la même musique, les mêmes gobelets rouges, les mêmes personnes. 

Elle a déjà une migraine et ça fait deux minutes qu’elle est là. Pourquoi est-ce qu’elle a accepté d’y aller déjà? La réponse est à côté d’elle et la tire afin qu’elle continue d’avancer parmi les adolescents, ses ongles multicolores accrochés à sa robe noire. 

Mercredi est tellement faible lorsqu’il s’agit d’Enid. 

La jeune fille se laisse tirer jusqu’à une table où quelqu’un (probablement Bianca) a disposé une dizaine de bouteilles d’alcool. Mercredi s’occupe de son propre verre – ceux de la lycanthrope lui donnent toujours envie de vomir – pendant qu’Enid est déjà en pleine discussion avec quelqu’un d’autre, sans pour autant relâcher sa prise sur le bras de l’aînée des Addams. Et, incroyable, mais vrai, Mercredi ne fait aucune remarque à ce sujet. Au contraire. Elle espère que les ongles d’Enid vont s’incruster dans sa peau et créer des dessins gravés dans sa chair. 

(Et, Mercredi songe qu’elle est en train de devenir comme son père et sa mère et elle ne sait pas si elle doit se mépriser pour ça.) 

« Hé! Vous êtes sous le gui! » lance Kent, l’air de penser que c’était quelque chose de formidable, alors qu’il arrive derrière Mercredi. 

Les deux jeunes filles lèvent la tête et observent le gui placer directement sous leur tête. 

Par hasard

Oui, enfin, les deux jeunes filles peuvent très bien voir La Chose, placée à trois centimètres, de ce parasite d’arbre en plastique, sans aucune subtilité. C’est loin d’être une coïncidence. Ce sale traître. Pour une rare fois, c’est Enid qui fusille du regard La Chose. 

« Franchement. » parvint-elle à prononcer, entre ses dents. 

La loup-garou éclate de rire, mais ça sonne faux. En fait, elle donne plutôt l’impression qu’elle va se mettre à pleurer, bien qu’elle semble déployer tous ses efforts à rester légère et égale à elle-même. Est-ce que c’était réellement nécessaire de donner une énième occasion à Mercredi de la repousser? Est-ce que c’était nécessaire de lui rappeler que son amour pour son amie est à sens unique? 

« C’est une tradition stupide. » poursuit Enid, en prenant une gorgée de son verre. 

« Oh, allez! » insiste Kent, en haussant les sourcils plusieurs fois de haut en bas. « Ça ne vous tueras pas. C’est juste drôle. » 

La blonde roule des yeux et se penche vers son amie pour lui coller un baiser sur la joue. C’est tellement rapide que l’affaire est réglée, le temps de cligner les yeux. 

« Voilà? Content? » demande Enid, cynique, alors qu’elle boit une autre gorgée dans son gobelet afin de camoufler le rouge qui se peint sur ses joues devant son affront. 

Mercredi, quant à elle, observe longuement sa colocataire. Son intelligence émotionnelle est certes, peut-être défaillante par moment, mais elle peut voir la détresse d'Enid. Et, c'est peut-être cela, plus qu'autre chose qui la fait réagir ; elle n'aime pas que son amie souffre de quelque manière que ce soit. 

Alors, sans avertissement, Mercredi réduit à néant la distance entre elles et colle sa bouche sur celle d’Enid et elle l’embrasse doucement. Aussi doux que le battement d'ailes d'un corbeau planant sur les vents. Lorsqu'elle veut se reculer, la loup-garou la retient pour ne pas qu'elle la quitte. Et, Mercredi est disposée à ne jamais la quitter. Le baiser évolue et les jeunes filles s'embrassent comme si elles étaient toutes seules et que personne ne les regardaient. Quelqu’un siffle – probablement Kent, bientôt rejoint par d’autres spectateurs – alors que Bianca et La Chose, complices, se tapent la main. 

Lorsque Mercredi consent à reculer, Enid la dévisage bouche bée et abasourdie. 

« À travers toutes ces idioties, il s’agit de la tradition qui a le plus de sens. » affirme Mercredi, impassible, alors qu’elle boit une gorgée d’alcool dans son gobelet rouge en plastique, comme si rien ne s'était passé. 

Enid cligne plusieurs fois des yeux. Puis, elle lui arrache son gobelet des mains et la tire vers la sortie. 

« Qu’est-ce que tu fais? » demande Mercredi, les sourcils froncés - non pas qu'elle n'a pas envie de s'en aller, mais le changement dans l'humeur de la jeune fille est incompréhensible. 

« On s’en va. » 

« Si j’avais su que c’était que cela que ça prenait pour partir d'ici, je t’aurais embrassé bien avant. » 

« Est-ce que tu m’as embrassé juste pour… » 

Enid ne termine pas sa phrase : Mercredi la tire déjà vers elle pour l’embrasser, de manière moins extravagante cette fois-ci. Lorsqu’elles quittent la fête, La Chose, très fier de lui, claque des doigts afin de s’applaudir lui-même.

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