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Poser des questions qui fâchent

Summary:

Leur soirée se déroulait à merveille : ils s'amusaient, étaient attirés l'un par l'autre et voulaient tous deux passer la nuit ensemble.

Jusqu'à ce que Sabo découvre que Kuina était une tueuse en série.

Notes:

(See the end of the work for notes.)

Work Text:

La soirée s'était déroulée incroyablement bien. Kuina qui n'avait pas l'habitude des bars et des boîtes de nuit avait passé une soirée bien plus amusante et détendue que ce qu'elle avait pensé. La soirée s'était déroulée sans encombre, elle avait ri et dansé avec ses amies pendant de longues heures et, alors qu'elle était plutôt du genre à se méfier des autres, un groupe de leur âge s'était rapproché du leur et ils avaient terminé la soirée nombreux avec de nouveaux amis et des éclats de rire qui résonnaient dans toute la rue après que le bar ait fermé.

- Je te raccompagne ?

Elle leva la tête pour voir le sourire de Sabo et son regard vitreux posé sur elle. Elle n'était pas dans un meilleur état, elle avait bu un peu plus qu'à son habitude, mais l'euphorie qu'elle ressentait à ses côtés l'avait poussée à baisser sa garde, ce qu'elle ne regrettait pas. Elle était tombée sous son charme et elle souhaitait plus que tout apprendre à le connaître et, elle l'espérait, garder contact pour le revoir.

- Avec plaisir.

Elle glissa sa main dans la sienne et elle entendit un peu plus loin Sanji se cogner contre un lampadaire et Nami éclater de rire. Cette soirée, elle ne la regrettait pas une seule seconde, elle était ravie que le groupe de Sabo ait approché le sien et qu'ils se soient rencontrés. Le blond baissa les yeux sur leurs doigts entrelacés et le petite sourire timide qui prit place sur son visage la fit complètement craquer.

Elle le tira, l'obligeant à traverser la route déserte pour se diriger vers son appartement.

- Vous rentrez déjà ?! cria Luffy avant de recevoir un coup sur la tête de la part de Nami.

- Imbécile, laisse-les tranquille.

Sabo rit et elle se demanda si elle pourrait le faire rire de nouveau un peu plus tard pour l'enregistrer et le mettre en sonnerie de téléphone. Ou alors c'était bizarre comme demande ?

Elle avait vraiment trop bu.

Son appartement n'était qu'à quelques centaines de mètres du bar et après une dizaine de minutes de marche, entrecoupée par de nombreux arrêts pour s'extasier devant les choses les plus banales comme un chat qui semblait terrifié par le bruit qu'ils faisaient et une plante verte qui était incroyablement jaune, signe que son propriétaire la négligeait beaucoup trop. Après trois essais infructueux, Kuina finit par ouvrir la porte de son appartement et ils s'y engouffrèrent d'un même mouvement, riant et trébuchant contre des chaussures qu'elle n'avait pas rangées.

Sabo passa un bras autour de sa taille pour la retenir et alors qu'elle riait aux éclats, elle se calma immédiatement lorsqu'elle sentit son torse contre son dos. Elle posa une main sur son bras et releva la tête, la tournant légèrement pour le regarder. Il avait la tête baissée et elle se rendit compte qu'ils étaient incroyablement proches l'un de l'autre. Curieuse, elle baissa les yeux rapidement sur ses lèvres et si elle en croyait son sourire, il savait déjà ce qu'elle avait en tête.

- Intéressée ?

- Tu aimerais.

Il posa son front contre le sien et son souffle sur son visage la fit frissonner.

- J'adorerais, souffla-t-il contre elle.

D'un même mouvement, ils se rapprochèrent et leurs lèvres se rencontrèrent. Kuina réalisa à ce moment à quel point elle en avait eu envie depuis le début de la soirée. Elle se sentait étrangement à sa place, comme si son corps lui avait hurlé pendant des heures qu'il fallait qu'elle l'embrasse et qu'elle faisait enfin ce qu'il lui réclamait, lui procurant un plaisir et un soulagement intense.

Lorsqu'ils se séparèrent elle en profita pour se retourner et passer les bras autour de son cou en se hissant sur la pointe des pieds. Leurs lèvres se retrouvèrent aussitôt et elle soupira contre lui lorsqu'il lui caressa le dos de haut en bas. Elle n'avait jamais ramené quelqu'un chez elle après l'avoir rencontrée à une soirée, mais elle ne le regrettait absolument pas. Avec lui elle se sentait si bien et ses douces caresses la faisaient déjà frissonner alors qu'il n'avait rien fait d’extraordinaire. Elle n'avait qu'une hâte : passer à la suite.

- Suis-moi.

Elle lui prit la main et le tira jusque dans sa chambre, se fichant qu'ils n'aient pas pris le temps d'enlever leurs chaussures. Sabo la suivit sans un mot, les yeux brillants et sans cesser de la regarder. Elle avait l'impression d'être la chose la plus importe à ses yeux et c'était peut-être le cas ce soir. En tout cas, elle aimait avoir toute son attention sur elle, elle se sentait importante et surtout, elle avait l'impression qu'il n'y avait plus qu'eux deux sur Terre.

Elle divaguait complètement. Sobre, elle aurait eu honte de ses pensées à la limite de la niaiserie.
Sabo cria lorsqu'elle le poussa sur le lit et elle rit en voyant son visage surpris. Elle imita son cri pour se moquer de lui et il lui envoya un oreiller au visage, vexé.

- Oh, c'est bon, rit-elle.

- Je te trouve bien insolente pour quelqu'un qui perd ses moyens après quelques caresses.

Elle allait rétorquer, mais il lui attrapa le bras pour la tirer sur le lit, ses mains venant se poser sur ses hanches.

- Et ça me plaît bien, sourit-il contre elle.

Kuina se mordit la lèvre lorsqu'il plongea la tête dans son cou pour l'embrasser. Peut-être qu'elle était effectivement sensible, mais elle admettait qu'il lui faisait plus d'effet que n'importe quel autre partenaire qu'elle avait pu avoir. Elle se laissa aller contre lui, soupirant de plaisir alors qu'il déposait des dizaines de baisers contre son cou, mordillant sa peau doucement pour la faire frissonner de plaisir et laissant glisser ses mains lentement de ses hanches jusqu'à ses fesses.

Sabo releva la tête et lorsque leurs yeux se croisèrent il lui sourit. Son cœur rata un battement.

Elle avait tellement envie de lui.

Les yeux du blond remontèrent un peu plus haut et elle le sentit se figer. Son sourire disparut et ses mains baladeuses se resserrèrent presque douloureusement sur elle.

- Kuina.

Son ton paniqué la fit presque jurer, mais elle se retint et se demanda comment elle allait lui expliquer cette situation.

- Dis-moi que les accessoires pendus à ton plafond sont là parce que tu es sadomasochiste.

- C'est pas ce que tu crois.

Il la poussa pour la faire rouler sur le côté et elle regretta le corps chaud de Sabo lorsqu'elle tomba sur ses draps froids. Son partenaire se releva et se tourna, une grimace apeurée au visage.

- C'est habituellement ce qu'on dit quand l'autre personne pense justement à la bonne chose.

- Je te jure que ce n'est pas aussi terrifiant que ça en a l'air.

- Ah bon ? Alors les chaînes accrochées au-dessus de ton lit et le couteau sur lequel je viens de trébucher à l'instant– oh mon dieu il est énorme ! s'exclama-t-il. Tous ces trucs, ça ne veut pas dire que tu es sur le point de me démembrer ?

- Je ne suis pas une tueuse en série, Sabo, essaya-t-elle d'expliquer.

Elle voyait bien qu'il était trop paniqué et qu'il ne l'écoutait de toute façon pas.

- Comment tu réussis à te débarrasser de tes victimes ? demanda-t-il brusquement et elle se passa une main sur le visage. Tu n'as pourtant pas l'air si forte que ça.

Elle fut offusquée par sa remarque déplacée. Comment ça, elle n'avait pas l'air forte ? Parce qu'elle était une femme elle devait être douce et frêle ?

- Je pourrais te décapiter sans aucun effort, siffla-t-elle. Mais ce n'est évidemment pas mon intention et je ne l'ai jamais fait ! rajouta-t-elle en le voyant dangereusement pâlir. Je suis écrivaine !

Ses épaules s'affaissèrent et il sembla se calmer un instant.

- J'écris des livres. Des thrillers, des histoires assez sombres sur des tueurs en série, ce genre de trucs.

- Et tu pends des gens au-dessus de ton lit pour trouver l'inspiration ?

- Non ! s'exclama-t-elle en riant. Où est-ce que tu vas chercher ça ! Une amie m'a foutu cette chaîne ici pour plaisanter. Elle avait mis plein d'autres objets étranges aussi, j'ai tout enlevé, mais je n'arrive pas à la décrocher.

- Oh.

Un silence s'installa, mais il fut rapidement brisé par Kuina qui se remit à rire.

- C'est la première fois qu'on me prend pour une psychopathe.

Sabo baissa les yeux, gêné, et il n'avait vraiment pas le droit d'être aussi adorable. Elle tendit la main pour lui attraper le poignet et le tira jusqu'à ce qu'il pose un genoux timide sur le lit.

- Tu as vraiment un problème.

- Dit celle avec une chaîne au-dessus du lit.

Elle se coucha sur le lit et il vint automatiquement se placer au-dessus d'elle, comme attiré par une force à laquelle il ne pouvait pas résister. Ils souriaient, tous deux amusés par le ridicule de la situation. Même si leur relation restait superficielle et qu'ils ne se recontactaient plus après cette nuit, c'était une histoire qu'ils n'oublieraient pas de si tôt.

Kuina posa une main sur la joue de Sabo et elle ferma les yeux en le sentant passer une main sous son haut, le remontant lentement en la caressant doucement jusqu'à ce qu'il aperçoive son soutien-gorge.

- Et donc j'imagine que le couteau à côté de ton lit fait aussi partie de la blague.

Il embrassa sa poitrine et elle se releva légèrement, l'encourageant à enlever son soutien-gorge pour qu'elle puisse sentir ses lèvres qui la faisaient frémir se déplacer contre sa peau nue.

- Ne pose pas de questions qui fâchent.

Sabo releva brusquement la tête et Kuina lui sourit innocemment.

Elle aurait vraiment dû se taire.

Notes:

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