Work Text:
Sabo glissa les doigts dans les cheveux de Kuina et elle inclina légèrement la tête sur le côté, lui laissant offrant son cou pâle. Un instinct animal le fit frissonner et il ne put s'empêcher de se lécher les lèvres face à cette vue délicieuse. Elle avait le don de le mettre dans tous ses états alors qu'elle ne faisait rien de particulièrement aguicheur, mais il fallait dire que perchée sur ses genoux, son corps chaud collé au sien et ses mains caressant doucement sa nuque, elle parvenait à être plus désirable que jamais.
Il posa sa bouche contre ce cou qui lui faisait tant envie et l'embrassa tendrement. Il pouvait la sentir frissonner contre lui et il passa ses bras autour de sa taille, la rapprochant toujours plus de son corps pour sentir ses tremblements de plaisir. Sa langue suivit sa jugulaire, sentant son sang pulser sous ses lèvres, et elle soupira contre son visage.
- Kuina, chuchota-t-il contre sa peau, je vais vraiment finir par te mordre.
- C'est tout ce que j'attends.
Il enfouit son visage dans son cou et elle s'agrippa à ses cheveux.
- Mords-moi.
- Non.
Son refus était catégorique et il put l'entendre claquer la langue, agacée. Cette conversation, ils l'avaient eue des dizaines de fois. Kuina faisait tout pour le pousser à la mordre et lui refusait sans cesse. Ils avaient eu de nombreuses disputes à ce sujet, mais il refusait de changer d'avis : il ne boirait pas son sang.
- Alors, quoi ? Tu vas continuer de sortir pour boire le sang de filles que tu auras attirées dans des ruelles sombres en espérant que personne ne t'attrape jamais ?
- C'est le plan.
Elle se pencha en arrière et il regretta immédiatement la chaleur de son corps, lui qui était toujours aussi froid que la glace.
- C'est ridicule, siffla-t-elle. Tu sais très bien que cette situation ne pourra pas durer, quelqu'un finira par t'attraper et...
Elle ne termina pas sa phrase, mais ils savaient tous les deux où elle voulait en venir. Si on apprenait qu'un vampire rôdait dans la région il serait obligé de partir le plus loin possible et d'abandonner tout ce qu'il avait bâti ici. Il devrait abandonner Kuina pour la protéger et cette pensée lui donnait l'impression de ne plus pouvoir respirer – même s'il n'en avait pas besoin.
- Tu m'abandonnerais ? demanda-t-elle en posant une main sur sa joue.
- Si c'est ce que je dois faire.
Elle retira sa main et le fusilla du regard.
- Mauvaise réponse.
Il sourit. Elle était furieuse à l'idée de le perdre et le bonheur qu'il ressentit en entendant sa preuve d'amour aurait presque suffi à faire battre son cœur.
- Tu sais pourquoi je ne peux pas te mordre. Imagine que je perde le contrôle...
- Tu ne perdras pas le contrôle, coupa-t-elle.
- Mais si je le fais, je te tuerai.
- Alors fais en sorte de ne pas me tuer.
Il perdit le sourire qu'il avait gardé aux lèvres jusque là.
- N'y pense même pas, Kuina. Je ne te changerai pas en vampire.
- Je sais, mais écoute-moi...
Il secoua la tête.
- Tu ne veux pas devenir un... un monstre comme moi.
- Oh, Sabo... Tu n'es pas un monstre.
Elle l'enlaça et il reposa sa tête sur son épaule. Elle le lui répétait sans cesse, mais que pouvait-il être d'autre qu'un monstre ? Il était obligé de vivre caché de tous, ne révélant jamais sa véritable nature sous peine de devoir fuir et surtout il était incapable de mourir. Il avait vécu si longtemps qu'il ne savait pas quel âge il avait. Il ne se rappelait plus du visage de son père, ni de la voix de sa mère. Avait-il eu des frères et sœurs ? Il ne s'en souvenait pas.
- Ecoute, Kuina, être un vampire est une malédiction. C'est un destin monstrueux qui m'oblige à voir tous ceux que j'aime vieillir et mourir alors que je reste le même. J'ai oublié tous mes souvenirs d'enfance, je suis incapable de dire quel est mon véritable prénom et tous ceux qui ont un jour tenu à moi sont morts. Je ne souhaiterais pas ce sort à mon pire ennemi et encore moins à celle que j'aime.
- Je n'ai personne d'autre, répondit-elle. Je n'ai rien à perdre, Sabo, à part toi. Et je ne veux pas te perdre, je ne veux pas mourir et te laisser seul. Est-ce que j'ai tort de vouloir être à tes côtés pour l'éternité ?
- Tu ne sais pas ce que l'éternité représente. Tu ne sais pas ce qu'être immortel signifie. Ce n'est qu'un long supplice qui ne prend jamais fin. Une torture insurmontable.
- C'est un supplice parce que tu n'as personne à tes côtés pour t'épauler. Laisse-moi être avec toi.
Il secoua la tête, mais le cœur n'y était pas. A chaque fois qu'ils avaient cette discussion, il se laissait imaginer ce que serait l'éternité avec Kuina et il était surpris de trouver cette possibilité plutôt agréable. Elle avait tout accepté de lui, de sa nature monstrueuse à ses doutes les plus profonds, et lui qui avait pensé être incapable d'aimer quelqu'un s'était rapidement rendu compte qu'il était fou amoureux de cette femme.
Plus ils abordaient le sujet, plus Sabo se sentait faiblir. Peut-être qu'il pouvait se permettre d'accepter sa proposition... Peut-être que s'ils étaient ensemble, vivre éternellement ne serait pas aussi insupportable qu'il ne l'imaginait...
Il resserra ses bras autour de la taille de Kuina et la remercia intérieurement de ne pas plus insister. Elle aussi devait sentir qu'il était de plus en plus hésitant et elle ne doutait pas qu'ils reprendraient leur discussion tôt ou tard et qu'elle finirait par le convaincre. Sabo pouvait sentir qu'elle était sûre d'elle et elle avait raison de l'être, s'il y avait une personne qui pouvait le faire douter, c'était bien elle.
- N'en parlons plus, finit-elle par souffler contre lui.
Elle prit son visage dans ses mains et l'obligea à relever la tête pour plonger son regard dans le sien. Sabo se sentit hypnotisé par ses yeux tendres, il pouvait sentir tout l'amour qu'elle lui portait et il espérait qu'il parvenait à lui transmettre ses sentiments qui étaient tout aussi forts. Il acquiesça et elle sourit avant de laisser ses mains se déplacer pour s'enfoncer dans ses cheveux et l'attirer à elle pour l'embrasser.
Sabo fit glisser ses mains sous son haut, caressant le bas de son dos et elle revint se coller à lui en frissonnant.
Ce soir, ils voulaient juste profiter l'un de l'autre. Ils réfléchiraient à leur situation plus tard.
Peut-être qu'ils auraient l'éternité pour y penser.
