Chapter Text
Rangiku se tourna en gémissant dans l’oreiller alors qu’un coup résonnait à sa porte d’entrée. Qui diable venait la déranger un dimanche matin, alors qu’il était à peine 9 heures ?
Jurant quand le coup retentit une nouvelle fois, elle hésita à faire comme si elle n’était pas là. Après tout, elle n’était pas en service, et elle n’attendait personne. Qui serait assez fou pour la déranger dans sommeil tant aimé ?
Mais la pression spirituelle qu’elle pouvait sentir à sa porte d’entrée était familière et… anxieuse ? Pourquoi diable était-il anxieux ? Pourquoi était-il même chez elle à cette heure si matinale ?
Grognant sur le fait qu’elle allait l’égorger, supérieur ou pas, alors qu’un nouveau coup plus impatient fit trembler sa porte, elle retira la couverture de son corps, et se leva. Elle resserra sa chemise de nuit autour de sa taille et glissa ses pieds dans ses chaussons avant de se traîner jusqu’à la porte. Elle prit son regard le plus mortel et l’ouvrit, faisant face au garçon qui attendait nerveusement sous son porche.
« Tu as intérêt à avoir une très bonne raison de me réveiller. » grinça t-elle. Elle pourrait dire qu’il y avait une partie d’humour dans ce qu’elle disait, mais elle était réellement frustrée de se faire réveiller. C’était dimanche, merde !
« Bon- Bonjour Matsumoto » le jeune capitaine se racla la gorge, les joues aussi rouges que les cheveux de Renji. Il se déplaçait nerveusement sur ses talons, et son regard fuyait le sien. Il portait un short et un t-shirt qu’elle lui avait offert du monde des vivants. « Je heu… »
« Crache le » dit-elle en posant une main sur sa hanche, le regardant avec un sourcil levé. Que pouvait-il bien lui vouloir à la fin ?
Hitsugaya déglutit, l’une de ses mains volant derrière sa nuque, frottant, mal-à-l’aise. « Est-ce-que tu sais cuisiner ? » demanda t-il rapidement.
Rangiku leva un sourcil. Elle ne s’attendait clairement pas à ça. « Quoi ? » elle ne pu s’empêcher de demander. Quelle était cette situation plus qu’improbable ? Pourquoi demandait-il si elle savait cuisiner ?
« J’ai… heu… besoin de faire un gâteau au chocolat… » il se racla à nouveau la gorge, et Rangiku perdit presque sa mâchoire. Venait-il de… ?
« Pardon ? Tu me réveilles pour un… gâteau au chocolat ? » elle avait du mal à y croire. À quel moment il s’était dit que… ? Pourquoi ? Le garçon rougit un peu plus mais hocha la tête, se balançant toujours sur ses pieds. Il baissa les yeux et marmonna quelque chose dans sa barbe qu’elle ne comprit pas, et elle se pencha légèrement en avant « Quoi ? »
Il se racla une nouvelle fois la gorge, trouvant manifestement les galons de sa porte bien plus intéressants qu’elle. « Mamie et Momo viennent manger ce midi. » dit-il, ne la regardant pour rien au monde « C’est l’anniversaire de Mamie… alors je voulais un… gâteau. » il baissa les yeux, se rendant manifestement compte qu’il était ridicule « Le chocolat est son préféré. » il ajouta, et si la rue n’avait pas été parfaitement silencieuse, elle ne l’aurait pas entendu.
« Et cela nécessite t-il de me réveiller si tôt ? » demanda t-elle en s’appuyant contre la porte, croisant les bras sur sa poitrine.
« Il est 9 heures. » argumenta le garçon.
« Justement. » raya la femme. « Un gâteau au chocolat prend maximum 20 minutes de préparation et 10 minutes de cuisson. » expliqua t-elle en fronçant les sourcils « Donc, pourquoi m’as-tu réveillé aussi tôt ? » elle gronda face au regard légèrement coupable qu’il lui lança. Il ne répondit pas, et la réalisation se fit lentement dans l’esprit encore légèrement endormi du lieutenant. Ses yeux s’écarquillèrent avant de se fermer en fente et de fixer le garçon devant elle, serrant la mâchoire « S’il-te-plaît, dis moi que tu sais au moins préparer le reste de ce que tu as prévu de faire à manger. » la culpabilité éclata immédiatement dans les yeux du capitaine, et il leva un regard suppliant vers elle. « Pourquoi invites-tu des gens à manger ; si tu ne sais pas faire, à manger ? » demanda t-elle, peut-être un peu énervée.
« Mais c’est Mamie… » répondit le capitaine, comme si c’était un argument parfaitement valable.
Rangiku pourrait l’étrangler, mais elle doutait que le commandant apprécie. À la place, elle se contenta de le fixer pendant une bonne minute. Pourquoi ce genre de chose tombait toujours sur elle ?
« Prépare les ingrédients, j’arrive dans dix minutes. » elle grogna avant de lui claquer la porte au visage. Qu’est-ce-qu’elle ne ferait pas pour ce gamin ?
Comme promis, 10 minutes plus tard, peut être 15, elle était dans la cuisine du jeune capitaine, et c’était… surprenant. Pour quelqu’un qui avait toujours l’habitude d’avoir une maison rangée au millimètre, il était parfaitement hilarant de voir sa cuisine transformée en champ de bataille. Rangiku espérait juste qu’il n’allait pas, en plus, lui demander de nettoyer avec lui.
« Mais qu’est-ce-qu’il s’est passé ici ? » elle regarda le sol, se demandant comment il avait pu le mettre dans un tel état, et de si bon matin.
« Je… heu… » le garçon se gratta la tête, regardant autour de lui avant que ses yeux ne tombent sur le livre de cuisine ouvert sur son plan de travail « Je crois que j’ai mal compris certaines étapes. » il fronça les sourcils face à la recette, et Rangiku étouffa un rire en le voyant, lui, le génie incontesté des treize divisions, en défaite devant un pauvre livre de cuisine.
« Manifestement. » acquiesça t-elle, refusant toujours d’entrer dans la cuisine. « Et tu comptes nettoyer, ou juste en rajouter encore et encore, jusqu’à ce qu’on ne voit plus la couleur des murs ? » elle le regarda rougir un peu, avant que ses épaules ne s’affaissent de défaite.
« Je nettoierai après. La cuisson prend deux heures et il y a une trentaine minutes de préparation. Mamie mange toujours à midi. » expliqua le garçon, ses doigts jouant nerveusement avec les pages de son livre.
Rangiku leva un sourcil interrogateur et pencha légèrement la tête sur le coté « Pourquoi ne pas avoir demandé à Momo de venir t’aider ? » C’était vrai, sa sœur savait cuisiner, d’après ce qu’elle savait du moins, et était même invitée à manger. Elle était persuadée que cela lui aurait même fait plaisir de passer du temps ainsi avec son petit frère. Mais Toshiro fronça les sourcils, puis leva les yeux vers elle.
« Je n’y ai même pas pensé. » admit-il avant de baisser à nouveau les yeux sur son livre. « De toute manière, je préfère que ce soit toi. » marmonna t-il dans sa barbe, mais elle l’entendit quand-même.
« Pourquoi ? Je suis sûre que cela lui aurait fait plaisir. » mais il haussa les épaules, et Rangiku soupira. Il pouvait parfois tellement ressembler à un enfant. Mais bon, maintenant qu’elle était réveillée et habillée, elle n’avait pas grand-chose d’autre à faire. « Bien, que dit ton livre. » elle se décolla du mur contre lequel elle était appuyée, et rejoignit le… champ de bataille.
