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Romulée Potter : Omois

Summary:

Romulée et Harry ont maintenant treize ans. Ils grandissent, leur visage se couvre de boutons, ils grimacent devant le miroir et sont toujours fatigués.
Romulée n'aimerait rien de plus que dormir tard tous les matins, mais ce rêve est vite brisé lorsque, de retour sur AutreMonde, elle doit se rendre à Tingapour, capitale du grand empire d'Omois, suite à de graves événements. Au moins, ses amis sont là et ils peuvent faire un peu de tourisme malgré les circonstances... et les edrakins ?

Notes:

Bonjour, bonsoir à tous et à toutes.
J'ai le plaisir de poster ce premier chapitre du troisième tome de ma série Romulée Potter. Je suis un petit peu en retard par rapport à Wattpad, j'avais complètement oublié Ao3, désolée.
J'espère que ce nouveau livre vous plaira, n'hésitez pas à commenter et attirer mon attention sur ce qui est à améliorer ou sur des incohérences et des fautes.
Bonne lecture :)

Chapter Text

Romulée adorait Harry. Plus que tout au monde. Vraiment, si elle devait choisir entre sauver l'humanité tout entière ou son jumeau, sa décision serait aussi facile que de respirer, aussi évidente que de répondre "bleu" quand quelqu'un pose la question "de quelle couleur est le ciel ?". Non pas que les gens posant cette question soient courants. Mais elle avait beau tenir à lui comme à la prunelle de ses yeux, à cet instant précis, elle ne pouvait nier avoir la furieuse envie d'attraper sa lampe torche et sa plume, de les jeter par la fenêtre (dont les barreaux n'avaient pas été remplacés), et de l'étouffer jusqu'à ce qu'il s'endorme. Bien qu'elle lui tourne le dos, elle apercevait tout de même la lumière qu'il projetait sur son livre dont il tournait les pages dans un bruissement lui semblant terriblement bruyant dans le silence. Quand la pointe de sa plume grattait son parchemin, elle grinçait des dents et elle devait retenir une remarque chaque fois qu'elle l'entendait claquer la langue ou soupirer.

Il n'avait pas le choix, se disait-elle. Les Dursley n'avaient même pas la décence de le laisser faire ses devoirs dans la journée. Elle lui avait bien proposé de les emmener au manoir et d'étudier là-bas, mais il craignait de dévoiler l'existence des sorciers à des Moldus, ignorant que Monsieur Cooper était parfaitement au courant et qu'il s'assurerait qu'aucune personne qui ne soit pas dans le secret ne tombe sur l'un de ses livres ou devoirs. Harry avait refusé si fermement qu'elle n'avait pas beaucoup insisté et avait laissé tomber le sujet, ignorant alors que l'unique alternative allait tant la déranger. L'important était qu'il travaille. Au moins, il avait réussi à récupérer ses affaires, et il n'avait même pas eu besoin d'elle. Romulée avait même été impressionnée lorsque son frère était remonté dans leur chambre avec son matériel, arborant un sourire mi-malicieux, mi-victorieux en lui expliquant qu'il était allé crocheter la serrure du placard sous l'escalier pour récupérer ses affaires. Un petit tour que les jumeaux Weasley lui avaient appris, a-t-il expliqué. Elle s'était gardée de lui demander dans quel bourbier il allait se fourrer avec ces jumeaux et dont il ne lui parlait pas dans ses lettres, mais l'avait scruté de ses yeux plissés jusqu'à le faire se balader d'un pied sur l'autre.

Un profond soupir lui fit enfouir son visage dans la fourrure de Tunra qui se recroquevilla un peu plus contre elle par réflexe. Plongé dans un profond sommeil, il se fichait bien de l'agitation des deux humains avec qui il partageait un lit. Son esprit était serein, lent et discret, une simple sensation dans un coin de la tête de Romulée plutôt que la présence constante à laquelle elle s'était habituée. Habituellement, il lui suffisait de se concentrer sur cette douce compagnie pour se laisser glisser lentement dans les bras de Morphée, mais cela devenait de plus en plus difficile. C'est dans des instants comme celui-ci qu'elle regrettait sa chambre chez les Mearah.

Enfin, il referma son livre et éteignit sa lumière. Romulée sentit un sourire étirer ses lèvres en pensant qu'il allait s'endormir. A la place, il se redressa et se leva, poussant au passage leur drap en laissant son dos découvert. Cela n'aurait pas été trop gênant s'il n'avait pas décidé d'ouvrir la fenêtre, et certes, ils étaient en été, mais la nuit était fraîche et l'air qui vint caresser son dos dénudé par son t-shirt remonté la fit frissonner.

- Harry, grogna-t-elle d'un air menaçant.

- Désolé. Je t'ai réveillé ?

Elle faillit lui faire remarquer qu'elle aurait dû être endormie pour qu'il puisse la réveiller, mais s'abstint de peur de le faire se sentir coupable. Elle se tourna vers lui en rabattant les draps dans le même mouvement pour observer sa silhouette appuyée sur le bord de leur fenêtre. Il regardait vers le ciel, cherchant probablement Hedwige qui n'était pas revenue depuis deux jours. Ses paupières commençaient déjà à s'alourdir, maintenant que le silence était revenu, lorsque son jumeau prit une inspiration surprise avant de l'appeler discrètement.

- Quoi ?

- Viens voir, chuchota-t-il. Vite !

Pendant un instant, Romulée pensa l'envoyer paître, mais craignant que ce soit quelque chose de réellement important, elle se leva à son tour afin de le rejoindre à la fenêtre et de jeter un coup d'œil dehors. Bien qu'il le pointe du doigt, la brunette ne le vit pas tout de suite. Toutefois, lorsqu'elle l'aperçut, elle se raidit. Un énorme chien au poil si noir qu'il en passait inaperçu se tenait au bout du jardin, figé, la tête levé vers eux comme s'il les observait. Les jumeaux échangèrent un regard et, lorsqu'ils regardèrent à nouveau dehors, une autre silhouette attira leur attention. Une silhouette ailée et penchée qui approchait. Même en plissant des yeux, Romulée eut du mal à discerner les contours de la chose jusqu'à ce qu'elle soit éclairée par un réverbère alors, comme un seul homme, les jumeaux s'écartèrent de la fenêtre pour laisser passer les trois rapaces qui se posèrent sur le lit, réveillant Tunra qui bondit sur ses pattes. Alors que Harry s'intéressait aussitôt à eux, sa sœur préféra jeter un nouveau coup d'œil par la fenêtre. Le chien avait disparu.

Sachant sa nuit définitivement gâchée, Romulée se laissa tomber sur le lit pour regarder son frère récupérer son courrier. Une fois délestée de son fardeau, Hedwige retourna dans sa cage où un vieux hibou miteux, que les deux autres avaient porté, était déjà en train de boire. Quant au troisième, il reprit son envol dès que Harry eut récupéré l'épaisse lettre qu'il avait apporté. Même sans voir le sceau qui la fermait, la jeune fille fille aurait pu deviner sa provenance rien qu'en voyant l'immense sourire dont se fendit son jumeau. Pourtant, plutôt que de l'ouvrir, il s'empara du paquet apportée par le vieux hibou. Lorsqu'il en arracha le papier qui l'entourait, il trouva un cadeau doré et une carte d'anniversaire. Romulée se détourna en levant inconsciemment une main à sa mèche. Tresse dénouée pour la nuit, elle ne portait pas non plus le bijou que Wulf lui avait offert. Elle savait que ce n'était pas un cadeau d'anniversaire mais avait tout autant de valeur, sinon plus, que si ça en avait été un.

- Ron et sa famille sont partis en Egypte ! Souffla Harry d'un air excité.

- Hum...

Au fur et à mesure de sa lecture, Harry lui relayait toutes les informations sans remarquer le peu d'attention qu'y portait sa sœur. Heureusement, d'un côté, car il prendrait peut-être mal le fait qu'elle ne s'intéresse pas le moins du monde à son ami. Tant mieux si les Weasley avaient profité d'un beau voyage, mais le savoir n'allait pas impacter sa vie. Et puis, tout ce qu'elle voulait là, tout de suite, c'était dormir. Bien que tante Pétunia ne vienne plus les réveiller à l'aube, elle avait tout de même l'intention de se lever tôt pour se rendre au manoir. Un nouveau Maître Sortcelier devait y résider quelques jours et elle aimerait bien avoir son avis sur ses capacités. Elle avait encore du mal à utiliser sa magie comme elle le souhaitait et avait même l'impression que, depuis qu'elle avait quitté AutreMonde, elle avait encore régressé. Plongée dans ses pensées, elle ne fit plus attention à Harry jusqu'à ce qu'il dise :

- Hermione est en France, elle.

Super. Et elle est allée en Spanivia avec Hildegarde. Malheureusement, elle ne pouvait pas lui dire ça. Dès qu'elle pourra parler d'AutreMonde à son frère, qu'il pourra l'y rejoindre, elle lui fera tout visiter. Ni la France, ni l'Egypte n'arrivaient à la cheville du Lancovit, du Mentalir, qu'elle n'avait certes jamais vu autrement que sur les murs du Château, ou même de Patrock, elle n'en doutait pas un seul instant. Soudain, il éclata de rire, la faisant se tourner en sursaut vers la porte. Par elle ignorait quel miracle, aucune lumière n'apparut en bas, elle n'entendit pas les pas bruyants de son oncle ni ses râles de colère.

- Fais attention, siffla-t-elle.

Il ne l'écouta même pas, trop occupé à déballer le cadeau d'Hermione. L'agacement de Tunra, désormais bien réveillé, lui parvint par leur lien, et il regardait Harry d'un œil noir et désapprobateur. Tout en partageant son mécontentement, elle lui caressa la tête d'une main distraite qui l'aida à se détendre pendait que son frère sortait du paquet un nécessaire à balais qui fit briller ses yeux d'une telle façon que sa jumelle sentit son cœur se serrer. Est-ce que ce qu'elle avait prévu de lui offrir allait lui faire autant plaisir ? On aurait dit que son amie avait décroché la lune pour lui. Elle était certaine de trouver quelque chose d'aussi intéressant et utile sur AutreMonde, mais elle dévoilerait le secret en même temps si elle se laissait tenter et devait donc se contenter de cadeaux... ordinaires.

- Qu'est-ce que c'est que ça...

Avant de pouvoir jeter un œil au troisième paquet, un livre en jaillit, tourna plusieurs fois sur lui-même, puis se réfugia rapidement en-dessous du lit, le tout sous le regard ahuri des jumeaux. Quand son frère se tourna vers elle, Romulée releva les mains, refusant d'aller chercher elle-même ce truc, c'était son cadeau, à lui de le gérer. En tout cas, elle n'avait pas l'intention de l'approcher. Et elle sut qu'elle avait raison en entendant Harry glapir de douleur. Elle en aurait rit si elle n'avait pas entendu oncle Vernon grogner dans la chambre d'à côté.

- Tu vas les réveiller, chuchota-t-elle.

- Je fais ce que je peux !

Au final, il parvint à arracher le livre de sa cachette et à le coincer sous son bras le temps de trouver une ceinture avec laquelle il lui ferme le clapet, littéralement. Furieux d'être ainsi maîtrisé, le petit monstre continuait de gronder et de s'agiter, mais il ne pouvait plus bouger correctement, l'obligeant à rester là où Harry l'avait lâché.

- C'est de Hagrid, dit-il en lisant la lettre accompagnant ce cadeau empoisonné. Il dit que ça me sera utile pour mon année à Poudlard.

- Mais bien sûr, marmonna la brunette en examinant l'objet.

Sa couverture était couverte d'un duvet qui lui paraissait très doux, mais elle n'avait pas l'intention de tendre la main pour toucher même si les crocs -des crocs dans un livre - étaient rendus inoffensifs par la ceinture. Vu les grognements qu'émettait l'animal, elle ne pouvait pas appeler ça autrement, il ne faisait aucun doute que, s'il le pouvait, il ferait tout pour déchiqueter tout ce qui lui passerait sous le nom, y compris et en particulier sa main. En quoi cela pourrait s'avérer utile, elle l'ignorait et ce n'était de toute façon pas son problème.

- Et le courrier de l'école ? Demanda-t-elle en se redressant. Tu as beaucoup de choses à acheter ? La bibliographie entière du nouveau Prof de Défense, peut-être ?

Ses moqueries lui valurent une œillade lasse qui la fit glousser. Toutefois, curieux lui aussi, Harry ouvrit la lettre de son collège, découvrant ainsi une liste heureusement normale (pour des sorciers, bien sûr), mais aussi un papier supplémentaire absent les deux dernières années.

- C'est une autorisation à faire signer pour aller à Pré-au-Lard, expliqua-t-il d'un air déçu.

Elle pouvait comprendre pourquoi. Les chances pour que leur oncle ou leur tante signe ce papier étaient proches de zéro. Il n'avait plus qu'à fayoter s'il voulait tenter cette chance infime. Il soupira profondément, puis se tourna vers elle avec un petit sourire.

- Et ton cadeau ?

- Et le tien ?

Il gloussa, lui assura qu'elle le recevrait dans la journée, puis se glissa avec elle sous le drap pour, enfin, s'endormir.