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Rating:
Archive Warning:
Category:
Fandom:
Relationships:
Characters:
Additional Tags:
Language:
Français
Series:
Part 7 of Tododeku Week 2024
Collections:
TodoDeku Week 2024
Stats:
Published:
2024-07-22
Words:
5,779
Chapters:
1/1
Kudos:
6
Bookmarks:
2
Hits:
169

Day 7 : âmes-sœurs

Summary:

> Tododeku Week : 1 jour, 1 thème (one-shot)
> La guerre est fini, lentement la classe A se remet de ses blessures physiques comme mentales. Alors que Katsuki essaye de se relever, Izuku lui, tente de garder le moral. Mais son copain Shoto est plongé dans un coma. Lorsqu'il se réveille, Izuku se dépêche d'aller lui rendre visite. Mais il ne s'attendait sûrement pas à ce que Shoto ait perdu la mémoire.
/!\ ce chapitre contient de GROS spoilers sur le manga, les scans et l'animé. Si vous n'êtes pas à jour jusqu'au dernier chapitre (428) je vous déconseille de lire ! Certains éléments ne sont pas officiels et viennent de ma propre imagination !

Notes:

Day 7 !
- | AU : âmes-Soeur
- | thème : après la guerre
- | "Je t'aime. J'ai l'impression que nous n'avons jamais été des étrangers, vous et moi, même pas un instant." - Friedrich Nietzsche

fanart : me.hlay_ (ig)

Work Text:

La guerre était finie depuis quelques mois déjà et même si tous les élèves étaient de retour dans leur lycée d'élite qui avait été reconstruit très rapidement, l'ambiance n'était plus du tout la même qu'auparavant.

La plupart arborait une mine triste, angoissée ou encore déprimée. Les professeurs avaient tenté de les aider en mettant en place des cellules psychologiques et même si les adolescents s'y rendaient souvent, rien ne disparaissait vraiment.

La guerre avait été rude et sanglante, les morts se comptaient par centaines si ce n'était pas plus. Toutes les dispositions qui avaient été mises en place pour ne pas blesser la population était une réussite sans nom, mais concernant les héros en première ligne et les adolescents, c'était une toute autre histoire.

Katsuki était dans son lit comme depuis une bonne semaine déjà. Cela faisait quelques jours qu'il ne bougeait presque plus de sa chambre, ayant du mal à suivre de simples cours qu'il aimait tant avant. Aucune source de motivation n'était à sa porte, ses pensées s'entrechoquaient sans arrêt, sans qu'il ne puisse y faire grand chose.

Il se sentait constamment mal, c'était une douleur qui le rongeait de l'intérieur. Évidemment il n'en avait parlé à personne. La cellule psychologique qui avait été mise en place avait aidé bon nombre de ses camarades, mais pour lui c'était impensable d'y m'être ne serait-ce qu'un seul pied. Il devait parler, il le savait, mais il n'y arrivait pas. Toutefois, son comportement n'était pas passé inaperçu aux yeux de tous, la plupart ignorait légèrement car ils savaient ce qu'il avait enduré, mais Kirishima lui, était affreusement inquiet pour lui.

Avant cette guerre, lui et Bakugo entretenaient une certaine relation. Il n'y avait pas de mots ni de statues pour la décrire, mais ils étaient proches et certaines fois leurs désirs s'étaient laissés aller sans jamais une once de regret. Mais depuis son retour, le blond refusait de le voir et de lui parler.

Si au début le rouge comprenait totalement, il a très vite perdu patience. Lui n'avait pas été blessé plus que ça, il l'avait échappé belle contrairement à d'autres. Son ventre avait été perforé violemment mais il avait été rapidement guéri grâce aux aides médicales, ses blessures s'étaient remises très vite.

Mais il savait que ce n'était pas le cas de Bakugo. Lui avait été touché autant physiquement que psychologiquement. Il n'arrivait pas à imaginer la douleur qu'il devait porter et endurer chaque jour.

Mais aujourd'hui il avait décidé de le voir, coûte que coûte. Devant la porte de sa chambre, le rouge toqua trois petits coups. Comme prévu, le blond ne répondit pas. Alors il fit ce qu'il avait l'habitude d'exécuter avant tout cette cohue, c'est-à-dire entrer sans réponse.

– Bakugo, comment te sens-tu ?

Il était allongé dans son lit emmitouflé dans sa couette. Le rouge s'avance de façon à s'asseoir sur le rebord de son lit.

– Mhm.

Seul un grognement émanait de sa part en guise de réponse. Ce n'était rien, mais kirishima était content de voir qu'il ne le repoussait pas et qu'il acceptait sa présence.

D'un geste doux, il avance sa main sur ce qui semblait être le bras de Bakugo en dessous du drap. Le concerné ne bougea pas d'un seul poil, mais à l'intérieur de lui il sentait son cœur battre plus fort dans sa poitrine. Ça faisait une décennie qu'il n'avait pas eu de contact de la part de son ami, ça lui avait manqué évidemment mais avec tout ce qu'il s'était passé il n'avait pas osé lui rendre visite ni même le voir.

Alors dans un mouvement lent, il se redressa de manière à être assis dos à sa tête de lit. Il ramena ses jambes vers sa poitrine et posa son menton sur le haut de ses genoux. Le rouge n'attendit pas avant de se rapprocher un peu plus de lui, en arborant un sourire mi triste.

– Il faut que tu viennes manger avec nous Katsuki.

Mais l'explosif ne répondit pas. Il n'avait sans doute pas entendu. En effet, à cause de ses précédents combats dangereux, le blond avait perdu la moitié de ses facultés auditives à son plus grand malheur, mais la était seulement une part de ses blessures qui ne guériront jamais.

Kirishima prit délicatement le menton de Bakugo entre ses doigts et releva son visage vers lui. Leurs regards se transpercèrent dans un silence reposant et chaleureux. Le rouge répéta sa phrase en articulant beaucoup plus pour que son ami comprenne. Et effectivement, il comprit. Mais des larmes commençaient à menacer le bords de ses yeux, il se retenait depuis trop longtemps et face à son ami pour qui il avait de réel sentiment il n'arrivait plus à se retenir.

Face aux larmes de Katsuki, Eijiro ne perdit pas une seule seconde avant de le prendre dans ses bras. Cette étreinte il en avait rêvé, et maintenant qu'il l'avait obtenu il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir affreusement mal lui aussi. Son ami souffrait, et il ne pouvait rien y faire. Parce que Kirishima n'avait pas vécu tout ce qu'avait enduré le blond durant la guerre.

Dans un silence plongé dans l'obscurité, les deux amis se tenaient dans les bras de l'autre afin de guérir leur cœur meurtri et traumatisé.

Deux étages en dessous d'eux se trouvait Izuku, qui rangeait lentement ses affaires. Leurs dortoirs avaient été reconstruits et réaménagés alors il refaisait sa chambre comme il le souhaitait. Son combat contre Shigaraki l'avait amené à perdre l'intégralité de son alter. Il n'avait plus rien, plus d'alter, plus de pouvoir, plus de motivation, plus de joie.

Il avait sauvé beaucoup de gens si ce n'était pas le Japon entier ainsi que le monde. Il en était très heureux mais à côté, son cœur se faisait lourd. Il avait essayé de sauver Tomura, mais ça n'avait pas été possible. Tout d'abord parce qu'il ne pouvait pas sauver quelqu'un qui ne voulait pas l'être, alors il l'avait en quelque sorte tué, anéantie.

Un poids dans son cœur ne cessait de lui alourdir l'esprit et le corps. Il essayait sans arrêt d'y passer outre mais c'était impossible. Les blessures de sa guerre se réveillaient sans cesse aussi. Les premiers jours après la guerre, il se disait que tout allait bien, grâce à ses efforts et aux élèves de gestions qui avaient tous filmé Deku était maintenant reconnu étant le héros qui a sauvé le Japon.

A présent, son corps était encore plus rempli de cicatrices qu'avant, ses bras étaient encore douloureux. Même avec les nombreuses aides chirurgicales dont il avait eu le droit, son corps restait maltraité et la plupart du temps ses mains tremblaient à tel point qu'il n'arrivait plus à tenir certains objets lourds entre ses doigts. Et ses cheveux, ils avaient été rasés de moitié. Ses camarades l'avaient rassuré tant bien que mal en disant que ce lui allait à merveille et que cela montrait son combat et son passé. Mais ce n'était pas vraiment ça sa peur, il était plutôt terrifié de ne plus plaire à quelqu'un.

Trois coups à sa porte le firent sortir de ses pensées. Il se précipita à la porte et accueillit sa meilleure amie brune. Elle était gênée de lui faire face, elle entra en ouvrant la porte à fond afin de faire entrer son fauteuil avec. Izuku l'aida en la poussant à l'intérieur de la chambre.

– Ça va ?

C'était une question plus qu'idiote mais elle n'avait rien trouvé de mieux. Ochaco se sentait mal, autant de l'intérieur que de l'extérieur. Alors pour se sentir mieux elle venait souvent auprès du bouclé qui l'aidait rien qu'avec sa présence. Ce n'était pas forcément réciproque mais elle savait qu'Izuku ne portait aucun jugement de valeur ni de pitié envers elle, même avec son fauteuil roulant.

Izuku feignit un sourire qui résonnait faussement, la brune le savait mais ne disait rien. Voir le bouclé sourire était toujours réconfortant même quand ce n'était pas vraiment réel.

– Tu as des nouvelles de Todoroki ?

À l'entente de son nom, le corps du vert se mit à tressaillir. Son cœur s'accéléra vivement dans sa poitrine jusqu'à bloquer de nouveau sa gorge par une boule d'angoisse qui allait tôt ou tard faire naître des larmes abondantes.

Évidemment, il n'avait aucune nouvelle de lui. Shoto avait combattu son frère Toya, qui était aussi le vilain Dabi. Le combat avait duré de longue heure dans la chaleur des flammes, et bien sûr aucun d'eux n'était sorti sans séquelle. Dabi était entre la vie et mort, quant au bicolore, il avait été plongé dans un coma à cause de ses brûlures trop importantes.

Shoto avait réussi à aider sa famille et ses camarades jusqu'à utiliser ses dernières forces. Izuku essayait tant bien que mal de se rassurer en se disant que son copain se reposait simplement, et que tôt où tard il allait se réveiller.

Mais à son réveil, que se passera-t-il ? Comment Shoto réagira à toutes les mauvaises nouvelles qui l'attendent ?

Rien qu'à ces idées qui prenaient forme dans l'esprit du vert, son cœur se serrait péniblement. Il avait peur que Shoto redevienne celui qu'il était avant le lycée, perdu, solitaire et froid. Izuku avait réussi à le faire sortir de sa carapace qu'il essayait tant de défendre. Cela avait fonctionné une fois, mais rien ne garantissait que ça fonctionne une seconde fois.

– Deku, tu devrais venir manger.

– Oui, j'arrive dans 5 minutes.

La brune n'attendit pas plus avant de partir de la chambre, elle savait que le bouclé avait besoin de rester seul.

Lorsqu'il termina un nouveau carton après l'avoir plié, il s'asseya sur son lit en souffla bruyamment. Tout ceci ressemblait à un cauchemar, les élèves restaient tout seuls et presque personne ne se parlait.

Même si quelques-uns d'entre eux essayaient de garder une bonne ambiance, c'était peine perdu.

*

Il courait à en perdre haleine. Son souffle était court, ses jambes fonçaient toute seule vers l'hôpital alors que ses poumons le brûlaient.

"Izuku ? C'est Fuyumi."

Son corps ne supportait plus cette course folle. Il avait des nausées et sa tête commençait à lui tourner dangeureusement.

"Shoto...il s'est réveillé. Tu-...devrais venir."

Il ne lui avait fallu que deux petites minutes pour se préparer et courir jusqu'à l'hôpital sans se soucier du reste. Il n'avait pas eu le temps de demander à son professeur, de prévenir quelqu'un de sa soudaine sortie. De toute manière ce n'était pas important, pas plus que son copain qui s'était enfin réveillé.

Arrivé à l'hôpital, il continua de courir jusqu'à la chambre sans même se présenter. Il connaissait le chemin par cœur. Mais une fois devant la porte, il se stoppa. Il reprit sa respiration et essaya de calmer les tremblements incontrôlés de son corps.

Il ouvrit la porte et s'engouffra dans la chambre si blanche. Sur le lit était assis Shoto regardant sa sœur assise juste à côté de lui sur une chaise. Cette dernière se leva rapidement et accourut vers le bouclé, qui semblait être totalement apeuré.

– Izuku...tu ne m'as pas laissé finir ma phrase-

Malgré toute la force qu'il essayait de mettre dans son attention pour écouté la jeune femme, le vert n'arrivait pas à détourner les yeux de son copain et de son regard bicolore. Il s'avança tout doucement et prit sa main si pâle dans la sienne avant de finalement pleurer à chaudes larmes.

Shoto était enfin là, réveillé et en pleine forme. Son état de ces derniers mois l'avait tellement inquiétée qu'il ne pensait plus qu'à ça, s'oubliant lui-même.

– Quel est ton nom ?

Comme une claque en plein visage, le bouclé relève sa tête et croise de nouveau le regard si singulier de son bicolore, qui lui semble confus. L'avait-il oublié ?

– J'allais te dire au téléphone qu'il avait perdu la mémoire. Il se souvient de notre famille et de son combat, mais l'école et tout le reste non...

Il ne lui en fallait pas plus pour pleurer encore plus. Ses larmes dévalaient méchamment ses joues alors qu'il retira doucement sa main. Fuyumi quitta la chambre pour les laisser seuls quelques instants, Shoto semblait serein mais il continuait de regarder l'inconnu aux boucles vertes face à lui, pleurant sa peine.

Il ne comprenait pas vraiment pourquoi il pleurait, mais le voir dans cet état lui brisait le cœur. Sans savoir réellement pourquoi, il sentait rattaché au garçon, comme un air de déjà-vu que ce soit dans ses cheveux, sur son visage ou même au son de sa voix.

– Tu ne te souviens pas de moi ?

– Non, désolé. J'ai l'impression de t'avoir déjà vu. Comment tu t'appelles ?

D'un revers de la main il sécha ses larmes et soupira avant de reprendre ses esprits et de lui sourire tendrement. Il n'avait plus qu'à se présenter comme il le faisait avec un inconnu.

– Je m'appelle Izuku et on est dans la même classe.

Il retenait fermement ses larmes, c'était si étrange de se présenter à son petit ami de cette manière. Comme si toute leur relation n'avait jamais existé.

Malgré sa perte de mémoire, le bicolore gardait toujours la même personnalité qu'avant, il n'avait pas retrouvé cette haine et cette colère qui avait déformé son âme. Son visage était doux et son sourire angélique. Izuku sentait son cœur louper des battements, mais il ne savait pas si c'était de l'amour ou de la tristesse. Peut-être les deux.

– Je pourrais t'aider à retrouver la mémoire si tu le veux Sho...to...Si tu es d'accord évidemment.

– Oui, je suis d'accord.

De nouveau le vert lui sourit tendrement en se retenant de ne pas lui prendre la main. Il n'avait pas pu toucher sa peau pendant ces long mois de guérison, il n'avait pu que le voir à travers une vitre, sans sentir son odeur ni la douceur de ses cheveux entre ses doigts.

– Tu rentres quand au lycée ?

– La semaine prochaine, je crois.

– Tu penses retourner à l'internat ?

– Oui. Fuyumi pense que c'est le mieux pour que je retrouve la mémoire. De ce qu'elle me dit, j'ai des souvenirs importants à retrouver là-bas.

– Elle a raison.

Sa sœur avait entièrement raison. Depuis qu'elle était au courant pour leur relation, elle avait été la première personne à les soutenir et les couvrir pour diverses choses. Elle avait toujours été présente en cas de froid ou même de dispute même si c'était très rare. La voir de nouveau se démener pour leur relation lui donnait du baume au cœur.

Il fallait du temps au bicolore pour retrouver la mémoire, mais Izuku avait espoir. Il était sûr que tout allait bien se passer.

*

– C'est ta chambre.

– Je la reconnais.

Shoto entra dans sa chambre d'internat et toucha du bout des doigts les meubles. Bizarrement il n'y avait aucune poussière, une odeur douce et sucrée flottait dans l'air. Il s'accroupit sur son futon avant de toucher les draps, toujours du bout des doigts. Izuku reste là, devant la porte fermée à le regarder redécouvrir sa chambre dont il a pris soin de tenir hors de la poussière et des mauvaises odeurs pendant son absence.

– Tu peux t'asseoir si tu veux.

Mais le vert ne savait que faire. Devait-il s'asseoir à côté de lui ou bien en face de lui ? Il était un peu perdu et il avait peur de brusquer son ami. Avant tout ça, il avait l'habitude de venir comme bon lui semblait dans cette chambre à l'allure japonaise. Finalement, il vint s'asseoir à quelques centimètres de lui, à côté.

– Izuku ?

Il tourne la tête vers le bouclé qui le regardait déjà. Leurs regards se percutent dans un silence calme recouvrant la pièce, mais un silence bruyant dans leurs corps.

Shoto ne savait pas vraiment ce qu'il faisait ni ce qu'il ressentait, tout ça semblait être embrouillé dans son esprit. Mais il se sentait rattaché à Izuku, comme si quelque chose le poussait toujours dans ses bras, au contact de sa peau. Ses yeux émeraudes l'hypnotisaient, et son parfum le hantait tout comme son sourire et son visage angélique.

Il venait tout juste de sortir de l'hôpital, mais son ami avait toujours été là. Tous les jours et pendant plus d'une semaine il lui avait rendu visite. Pour lui parler, lui apporter des choses ou pour ne rien dire. Le voir lui semblait être quelque chose de largement suffisant.

– Je peux tenir ta main ?

Maladroitement et timidement, Izuku avança sa main contre le matelas en la faisant glisser lentement jusqu'à ce qu'elle touche le doigt de son bicolore. Puis tendrement leurs doigts se touchèrent jusqu'à ce que leurs mains se glissent l'une sur l'autre. Le plus grand entreprit d'entrelacer leurs doigts, sentant la chaleur de sa poitrine augmenter et son coeur battre rapidement. C'était si étrange mais si agréable, Izuku voyait les progrès se faire et rien que pour cela il en était heureux. Ce n'était pas grand chose, mais les choses avançaient.

Il restèrent comme cela de longues minutes durant lesquelles le vert ne pouvait pas s'empêcher de réfléchir. Il s'était tellement inquiété pour son copain pendant une longue période qu'il s'était oublié lui-même; oubliant sa peine et sa tristesse.

Tout ce dont il avait rêvé était de se faire rassurer par son copain, se faire câliner et pouvoir l'embrasser tendrement, se félicitant tous deux pour tout. Shoto avait combattu son frère, et il l'avait même revu avant qu'il ne meurt véritablement. Il n'avait pas été perturbé plus que ça et c'était tant mieux, Izuku ne savait pas s'il avait eu assez de force pour le consoler.

– On retourne quand en classe ?

– Tu es pressé au moins ? C'est dans deux semaines.

– Non pas vraiment, mais il me manque quelque chose et peut-être que je le retrouverais quand j'y retournerais.

– Tu veux qu'on essaye d'autres moyens pour tes souvenirs ? Je veux dire, par l'odorat, le goût ou les lieux !

Shoto semblait réfléchir à ces propositions plus que bienveillantes, mais quelque chose le chagrinait. Il ne savait pas quoi chercher, quelque chose le rendait étrange et embrouillait son esprit. Mais il ne savait pas quoi, ou qui.

– Viens, s'il-te plaît.

Son bicolore devait absolument retrouver ses souvenirs, étant donné qu'il venait de rentrer à l'internat et que son corps s'était remis rapidement de ses blessures ainsi que de la convalescence, ils pouvaient commencer.

– Tu te souviens de quoi exactement ?

– Quelques membres de la classe, je ne sais pas trop.

C'était plus complexe qu'il ne l'avait prévu mais la première chose qu'il lui venait en tête était de lui faire goûter une des pâtisseries de Rikido. C'était pile le bon jour, ce dernier venait de finir des petites pâtisseries pour faire passer le temps et remonter le moral de tous. Le réveil du Todoroki avait redonné un petit coup d'espoir au sein de la classe, même si certains continuaient de broyer du noir.

– Tiens.

Il lâcha enfin sa main en lui tendant un dessert sucré. Rikido semblait appeler ça un mille-feuille et c'était terriblement délicieux. Toute la classe en raffolait, et lors de petites soirées qu'ils s'étaient organisé tous ensemble ils mangeaient ça, même Shoto.

– C'est un mille-feuille. On en mangeait souvent quand la classe décidait de faire des soirées pyjamas.

Dubitatif devant le gros cube étrange et sucré, le bicolore prit finalement une bouchée difficilement. Mais sa réaction n'était pas celle attendue, il prit son verre d'eau et prit une grosse gorgée avant de pousser l'assiette.

–C'est très bon, mais trop sucré.

Izuku souffla et ricana. Il ne perdait pas espoir, ils restaient énormément de choses à tester pour l'aider.

Malheureusement, plus les jours et les semaines passaient moins le bouclé avait d'espoir. Ils avaient essayé plusieurs choses. D'abord Izuku l'avait emmené à certains endroits dans lesquels ils s'étaient rendus lors de leur rendez-vous ou lors de simples sorties. Shoto avait toujours cette horrible sensation de tout connaître mais ce n'était pas pour autant qu'il se rappelait. Ensuite, le vert avait demandé de l'aide à Hanta et Denki qui l'avaient emmené dans leur chambre pour lire et jouer aux jeux vidéos. Avant la guerre, les deux amis avaient initié le bicolore à leur soirée amicale, et étrangement il s'y plaisait grandement.

Il aimait jouer avec ses camarades de classe et surtout il apprenait à les connaître discrètement, c'était quelque chose qu'il n'aurait jamais penser pouvoir faire. Contre toute attente, Shoto s'étaient souvenus de leurs anciennes parties, de leurs anciennes soirées et de son amitié plus profonde avec Hanta. Ce dernier lui prêtait souvent quelques livres et le conseillait pour certaines choses dont le bicolore acceptait de discuter.

En clair, Izuku avait presque tout essayé. Il n'avait pas encore révélé leur ancienne relation à Shoto. Parce que son copain ne s'en souvenait pas et il avait peur de sa réaction. Peut-être que ça allait altérer son jugement sur leur relation actuelle.

Le bouclé perdait lentement espoir. Ils avaient déjà reprit les cours depuis plusieurs semaines et il se sentait mal. Il devait gérer trop de choses qui lui tournaient en tête sans arrêt, son coeur se faisait lourd.

Il tourna de nouveau dans son lit à la recherche du sommeil, sans grand résultat. Tout ce qu'il souhaitait c'était une bonne nuit de sommeil pour le faire oublier ce qui le tracassait, pour enfin se reposer.

Un grincement de porte le fit sortir de ses pensées soudaines, il se releva et alluma sa petite veilleuse sur le rebord de son étagère pour y voir son petit-ami, la mine déconfite.

– Tout va bien Shoto ?

Celui-ci entra en prenant soin de refermer la porte discrètement. La nuit était tombée depuis de longues heures déjà et le soleil menaçait de pointer son nez d'ici peu de temps.

– Je peux ?

– Oui, bien sûr.

Le bicolore s'asseya sur le rebord du lit, le corps tourné vers Izuku qui s'était relevé face à lui.

– J'ai fait un rêve...étrange.

– Pourquoi venir me voir, moi ?

– C'est bizarre mais je me sens bien avec toi. Je veux dire, tout est plus simple et apaisant. Tu es la seule personne à qui j'ai envie de parler et de passer du temps.

Face à ces mots, le bouclé ne pouvait pas se retenir de sourire, les yeux larmoyant. Ça lui faisait tellement plaisir d'entendre ça, il en avait besoin. Son copain continuait à avoir les mêmes sentiments qu'avant, même s'il ne se souvenait de rien.

– Raconte moi.

– Je ne veux pas te gêner.

– Shoto, tu es ici maintenant alors raconte moi. Je ne serais pas gêné.

– D'accord...On était chez moi et je crois que tu devais dormir chez moi pour un devoir, ou quelque chose comme ça. J'avais installé un futon juste à côté du mien, en plein milieu de la nuit tu as voulu boire mais tu as fait tomber la bouteille d'eau. C'est un peu flou mais je crois que tu as dormi...avec moi. Enfin..dans mon futon et puis je-..on s'est..embrassé. Après je ne me souviens pas du rêve, je suis désolé c'est assez embarrassant...

Son visage était rouge de gène, il essayait de cacher ses joues avec l'une de ses mains sans grand succès. Sa voix et sa tête faisaient rire Izuku, totalement attendrit par cette situation.

Dans un mouvement maladroit et tremblant, prit la main du bicolore dans la sienne et la retira de son visage. Son cœur battait la chamade et la chaleur de leurs peaux n'arrangeait rien mais il avait besoin de son contact.

– Izuku, est-ce que je peux...?

Le vert acquiesça et se mit dos à la tête du lit, Shoto s'avança sur le matelas et posa sa tête contre l'épaule de son ami qui lui caressait tendrement ses cheveux en sentant délicatement son parfum. Ils se sentaient bien tous les deux, collé l'un contre l'autre. Ce n'était pas arrivé depuis des lustres.

– Est-ce qu'avant tout ça...on sortait ensemble ?

Depuis son réveil et même s'il n'avait aucun souvenir de son ami aux yeux vert, il savait pertinemment qu'il le connaissait plus que les autres membres de la classe, plus que quiconque. Il n'avait pas réussi à mettre de mots sur ces sentiments qui le tiraillaient de l'intérieur. Lorsqu'il passait du temps avec Izuku ou qu'ils partagaient des choses ensemble, il se sentait bien, apaisé et compris. Toutes ses mauvaises pensées s'en allaient avec sa simple présence ou son simple sourire.

– Oui. On était en couple depuis quelque temps.

– Je vois.

Shoto sentit une main dans son dos resserrer sa prise doucement. Son cœur battait étrangement vite tout comme celui du vert contre son oreille. Bizarrement, l'entendre de vive voix ne lui avait pas fait peur mais il s'était senti soulagé, comme si quelque chose définissait enfin le brouillard dans lequel était plongé son âme depuis son coma. Mais ce n'était pas suffisant.

– Ton rêve, tu ne l'as pas inventé. C'était notre premier baiser.

Il sentait le sourire d'Izuku contre son front alors que ses lèvres se retenaient de ne pas lui embrasser la peau chaude de sa tête. Peut-être qu'il allait se souvenir de tout via ses rêves. Et si c'était le cas, alors le vert avait de quoi se réjouir. Leur premier baiser avait été complètement bête pour ne pas dire idiot. Izuku avait maladroitement renversé sa bouteille d'eau en pleine nuit et son futon avait été trempé. Comme Shoto ne voulait pas le laisser dormir dedans, ils avaient dormi collé l'un contre l'autre.

Mais les mois qu'ils avaient passés à se tourner autour et flirter ensemble secrètement les avaient amené à une certaines tensions entre eux. C'était étrange et attirant, mais en partageant leur chaleur et le futon, aucun des deux n'avaient pu retenir cette connexion qui les avait poussé à s'embrasser. Plusieurs fois.

– Shoto ?

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que le plus grand releva son corps pour le surplomber. Cette connexion était de nouveau là, chacun l'avait senti et Shoto se souvenait des sentiments qu'il avait éprouvé cette nuit-là. Tout comme ce qu'il ressentait au même moment.

La main du vert reprit place dans ses cheveux bicolores et leurs visages se rapprochèrent jusqu'à ce que leurs lèvres se happent dans un geste timide mais pourtant si tentant. Après des mois et des mois sans son contact, Izuku ressentait de nouveau les lèvres de son amant s'échouer agréablement sur les siennes. C'était aussi doux que la première fois, aussi tendre et aussi plaisant. C'était leur seconde première fois.

Lorsque leur baiser prit fin, Shoto cala sa tête contre le cou de son petit-ami avant de s'assoupir confortablement contre lui.

*

Izuku s'éloignait du bicolore et celui-ci ne comprenait pas ce qu'il se passait. Il avait tenté d'initier le dialogue avec son copain, mais le vert n'arrêtait pas de le fuire. Il faisait exprès de ne jamais se retrouver dans la même pièce que lui et Shoto en avait marre.

Il voulait lui parler, le comprendre et surtout lui dire qu'il se souvenait d'autres choses. La plupart de ses souvenirs revenaient lors de son sommeil, il rêvait et il voulait en parler au bouclé pour confirmer que ce n'était pas son imagination.

Mais son compagnon le fuyait et il ne savait plus quoi faire. Ochaco qui s'était remis de ses blessures et qui marchait à présent ne savait pas quoi faire non plus. Son meilleur ami fuyait la conversation à chaque fois qu'elle essayait de lui parler, et elle-même essayait de guérir ses maux. Elle ne pouvait pas s'occuper de tout le monde.

Izuku avait le don de s'occuper de tout le monde, d'aider et de soutenir les gens. Mais il s'oubliait sans arrêt, il ne faisait plus attention à lui-même et lorsque tout retombait sur lui, il se sentait juste débordé. Son angoisse était trop forte. Malheureusement il n'était pas le genre de personne à demander de l'aide, pour se protéger il ne faisait que fuire les problèmes en essayant de les régler par lui-même. Seulement, pouvait-il guérir ses traumatismes tout seul ?

Izuku était comme ça. Il préférait se renfermer et s'isoler pour gérer les choses qui le déchiraient intérieurement. Mais ça ne fonctionnait pas, ça empirait son état et sa santé mentale. Le bicolore le savait bien, mais il ne savait pas comment l'approcher. Tous ses souvenirs n'étaient pas revenu, il avait de nouveau peur de le brusquer.

D'un pas décidé il s'était rendu chez la demeure des Midoriya. Comme la guerre était finie et que la vie reprenait doucement son rythme, les règles de l'internat s'étaient assouplies. A présent, les étudiants pouvaient rentrer chez eux comme ils le souhaitaient tout comme ils pouvaient rester chez eux.

– Oh Shoto ! Comment tu vas ? Ça fait si longtemps !

Étrangement, lorsqu'il avait pris cette décision il s'était soudainement souvenu de l'adresse. Maintenant qu'il était à l'intérieur de l'appartement, il se souvenait être déjà venu plusieurs fois, mais encore une fois tout était flou.

– Je suis désolé Inko j'aimerai parler à Izuku avant.

– Je le sais bien mon garçon. Il est dans sa chambre, il n'est pas très bien en ce moment.

La mère retourna dans la salon tandis que Shoto se retrouva devant la porte avec la petite pancarte à l'effigie d'All Might, le prénom de son homme inscrit dessus. Il toqua mais n'eut aucune réponse, alors il décida de rentrer en prenant soin de refermer la porte derrière lui.

Izuku était assis à son bureau, un casque sur les oreilles et il semblait être plongé dans ses devoirs ainsi que ses carnets. Tout doucement, le bicolore lui tapota l'épaule pour montrer sa présence. Le vert sursauta à ce contact soudain, surtout en voyant la tête bicolore de son copain qu'il tentait de fuir tant bien que mal.

– Shoto ?!

– Je veux qu'on parle.

Il n'avait pas vraiment le choix. Shoto était déjà assis sur le rebord de son lit, les mains croisées et le regard inquiet. Il savait qu'il ne pouvait pas esquiver cette discussion plus longtemps.

– Qu'est-ce qu'il y a ?

– C'est plutôt à moi de te demander ça Izuku. Qu'est-ce que tu as ?

Le plus petit baissa la tête et posa son casque ainsi que son crayon qu'il tenait en main sur le bureau avant d'avancer sa chaise juste en face de son copain. Ses mains se battaient l'une contre l'autre à cause de son angoisse et de son stress. Maintenant qu'il avait tout foiré, il devait parler. Et c'était sans doute la chose la plus compliquée.

– Je suis désolé.

– Je ne veux pas que tu t'excuses Izuku, je veux que tu me parles.

Comme si c'était la phrase de trop, Izuku se mit à fondre en larme et à sangloter sans pouvoir parler. Cette boule d'angoisse venait enfin de quitter sa gorge et son estomac, sous forme de larmes pure et brisées. Il se sentait mal, déjà d'avoir fuit ses amis et son copain, mais aussi à cause de Shigaraki.

Entrecoupé par de gros sanglots qui ne cessaient aucunement, même sous les caresses que lui offrait Shoto dans son dos et ses cheveux, Izuku essayait d'expliquer ce qu'il se passait. Il lui raconta son combat avec Shigaraki, les choses qu'il avait découvertes à son sujet surtout à cause de All For One, ce qu'il avait subi. Shigaraki avait été la marionnette de cet homme incarnant le mal absolu, sa naissance avait été programmée selon ses plans à lui, sans même se soucier de l'enfant qu'était Tenko.

Il n'avait pas réussi à la sauver, il en avait perdu ses bras et même son alter qu'il avait tant chéri pendant 1 an et qu'il avait surtout mérité après tant d'efforts. Il lui raconta sa peine, sa tristesse et ce trou au cœur qu'il ressentait à chaque fois qu'il y repensait. Parce qu'avant d'être un vilain, Shigaraki était un humain, un ami et un enfant brisé.

– Je n'ai pas réussi à le sauver...j'ai juste dû le tuer. Même lorsque je l'ai croisé au plus profond de son âme, il a dit être le héros des vilains et je-...ca m'a fait penser que j'aurai pu faire plus...

Tendrement, Shoto le prenait dans ses bras et le caressait en espérant terrer sa peine et sa tristesse. Izuku avait juste besoin de se lâcher pour mieux avancer, ça allait être dur il le savait, mais Izuku était fort. Il allait y arriver.

– Izuku, tu as fait tout ce que tu pouvais. Tu ne l'as pas tué, il a accepté sa mort.

– Je ne devrais pas être triste pour lui. Mais lorsque j'ai été voir Spinner pour lui transmettre son message ça m'a fait si mal au coeur, eux aussi ont perdu leur repères, leur ami et leur famille.

Il ressera son étreinte contre le corps tremblant du bouclé, qui tentait de contrôler ses larmes et ses pleurs. Peut-être qu'il avait sauvé le monde, mais il n'avait pas sauvé son âme.

– Et puis, tu vas trouver ça bête mais j'ai peur que tu m'aimes plus.

– A cause de tes cheveux ?

Le vert acquiesça en cachant sa cicatrice avec sa main. Il avait plutôt honte de ses cheveux pour être honnête, Shoto était adorable mais cette coupe le mettait mal à l'aise. Même si cela montrait son courage et les cicatrices de son passé.

– Tu te souviens quand tu m'as dit que peu importe la coupe de cheveux que j'aurai tu me soutiendras toujours et que tu m'aimeras toujours autant ?

– Tu te souviens de ça ?

– Oui, je m'en souviens. Et c'est pareil pour moi Izu'.

Il redressa son visage du bout des doigts et lui embrassa les lèvres rapidement avant de remonter ses tendres baisers sur sa joue, sa tempe, son front et sa cicatrice. Pour lui Izuku restait Izuku, il était tous les jours un peu plus beau et plus fort.

– Sho', je t'aime tu sais.

A l'entente de ces mots, le bicolore arrêta d'embrasser le haut de sa tête pour caler son nez sur son épaule et caresser ses cheveux bouclés en poussant sa tête contre son corps. Le vert resserre lui aussi son étreinte contre le corps chaud de son copain.

– Izuku je suis sûr de ne pas t'avoir oublié. Depuis que je suis réveillé c'est comme si tout me reliait à toi d'une certaine manière. J'ai jamais eu l'impression que tu sois un inconnu, même si je n'avais aucun souvenir de toi.

Il continue de frotter ses mains tendrement puis il relève la tête face au vert. Ils se regardent, leurs pupilles ne se quittent pas une seule seconde comme si tous leurs sentiments ne faisaient qu'un juste avec la force de leurs yeux.

– Je t'aime aussi. J'ai l'impression qu'on n'a jamais été des étrangers toi et moi, pas même un instant.

Comme si leurs peines venaient de s'évaporer, leurs lèvres se lient encore une fois. Leurs mains se cherchent et leur corps se rapprochent. Izuku comprend rapidement que son copain à retrouvé tous ses souvenirs. Son amour est de nouveau là, entièrement.

Cette fois, ils ne peuvent plus s'oublier.

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