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Tu es parfaite exactement comme tu es

Summary:

Penelope prenait très à cœur son rôle de rayon de soleil de l'équipe, aussi, quand ils revinrent d'une enquête particulièrement difficile, elle mit un point d'honneur à remonter le moral de celle qui semblait en avoir le plus besoin.

Notes:

Heyyy je suis déjà de retour parce que c'est bien beau de commencer des textes mais c'est encore mieux de les finir, donc je me suis mis un coup de pied aux fesses pour finir les deux derniers textes postés donc voilàààà. Encore du PenEmily oui, parce que je les AIME, mais en vrai il est tout à fait possible de les lire comme amies ici et rien de plus, c'est à votre guise :)

Disclaimers : pas de spoils, pas d'épisode en particulier, pas de saison non plus en particulier (bien que j'ai utilisé la team des saisons 3 à 7)

6- Kissing tears from the other's face / Embrasser les larmes sur le visage de l'autre

Work Text:

Penelope le vit à l'instant où le reste de son équipe apparut entre les portes de l'ascenseur ; elle le vit dans leurs épaules légèrement courbées, dans leur mine baissée, leurs yeux rivés sur le sol à leurs pieds ; elle le vit dans le mince sourire qu'ils lui adressèrent les uns après les autres et qui ne redressa que le coin de leurs lèvres tandis qu'ils la dépassaient pour rejoindre leur bureau respectif d'un pas traînant. 

L'enquête avait été difficile, sans compter le chemin du retour qu'elle ne put qu'imaginer aussi lourd qu'une chape de plomb, chacun plongé dans des pensées sombres qu'aucun mot n'aurait été en mesure d'apaiser. Ils avaient beau savoir qu'ils étaient les meilleurs dans leur domaine, cela ne les empêchait pas de regretter de ne pas avoir su faire plus quand les choses dérapaient et ne se terminaient pas de la manière souhaitée. Comme s'ils n'étaient pas que de simples êtres humains, avec des émotions et des réactions humaines, confrontés à des situations inhumaines.

C'était dans ces rares moments que Penelope regrettait amèrement de ne pas les accompagner, d'être si loin d'eux et de les attendre en se rongeant les sangs dans son bureau où la chaleur de ses serveurs devenait insupportable quand tout ce qu'elle voulait, c'était être à leurs côtés, s'asseoir à côté d'eux dans le jet et appuyer son épaule contre la leur, leur rappeler qu'ils n'étaient pas seuls, leur préparer un café, un thé, un verre d'eau, leur offrir ses immenses sourires pleins de lumière et de chaleur, leur murmurer des paroles réconfortantes, quand bien même elle savait que c'était inutile. 

Parce qu'à quoi bon être le rayon de soleil de leur petite famille si elle était obligée de briller à des centaines de kilomètres d'eux ?

« Bon boulot, Garcia, la félicita Hotch en s'arrêtant un instant à sa hauteur, sûrement alerté par la détresse sur son visage et parce qu'il mettait un point d'honneur à encourager et remercier ses agents après chaque enquête. »

Même les plus difficiles.

Surtout les plus difficiles.

« Merci, Monsieur, s'entendit-elle répondre d'une voix blanche. »

Il acquiesça, pinça les lèvres et disparut dans son bureau, où il s'apprêtait probablement à passer la nuit pour remplir ses dossiers, malgré la fatigue plus qu'évidente sur ses traits tirés. 

Un instant, Penelope se demanda quoi faire ; aller les voir pour tenter de leur remonter le moral ou les laisser rentrer chez eux et se reposer avant d'être rappelés aux aurores pour une nouvelle enquête ?

La voix de Derek cependant, étonnamment ferme, presque un peu agacée, attira son attention et lui fit tourner la tête en direction du bureau d'Emily, où ils formaient un cercle autour de cette dernière, affalée dans son siège, la tête basculée en arrière sur le haut de son dossier, les yeux fermés. 

« Ne sois pas stupide, Prentiss, la réprimandait-il, les bras croisés sur son torse, les pieds résolument ancrés dans le sol dans une attitude qui ne laissait d'ordinaire aucune place à la discussion. »

Sauf avec Emily.

Parce que Derek Morgan était peut-être têtu, mais Emily Prentiss était la reine attitrée de l'entêtement et chacun dans cette pièce était bien placé pour le savoir, l'ayant personnellement constaté au moins une fois depuis l'arrivée de la brune dans leur équipe.

« Tu sais ce qui serait stupide, Morgan ? Que tu passes le reste de la semaine avec un œil au beurre noir. »

Penelope vit très distinctement, malgré la distance qui la séparait encore du groupe, le moment où les yeux de JJ s'écarquillèrent sous le choc et le rire qu'elle dissimula en quinte de toux. À son côté, Rossi ne se gêna pas pour ricaner librement, tandis que Spencer produisait un effort surhumain pour ne croiser ni le regard de Derek ni celui d'Emily. 

Ce dernier se contenta de soupirer bruyamment, trop habitué aux réflexions acerbes de sa coéquipière pour encore s'en offusquer. 

« Laisse-moi au moins te raccompagner chez toi.

— Je vais très bien. »

Cette déclaration, pourtant prononcée avec assurance et autorité, fut suivie d'un silence on ne peut plus désagréable et significatif ; personne ne la croyait. Et Penelope ne pouvait pas vraiment leur en vouloir quand Emily semblait sur le point de s'écrouler de fatigue à tout instant, les poches sous ses yeux menaçant de dévorer l'intégralité de son visage, plus sombres qu'elle ne les avait jamais vues. 

Pourtant, elle aurait sûrement préféré se jeter du dernier étage du quartier général du FBI plutôt que de l'admettre et la technicienne analyste redoutait que l'insistance de Derek, qui partait certes d'un bon sentiment, finisse par agacer la brune pour de bon. 

Elle comprit alors qu'il s'agissait là de sa porte d'entrée dans la conversation et se faufila tout contre son beau gosse préféré, déposant une main sur son bras pour l'empêcher de répondre à une Emily qui n'attendait que ça pour sortir ses griffes.

« Tu peux venir à la maison si tu veux. »

Penelope sentit toutes les têtes se tourner vers elle, sans toutefois que cela soit suffisant pour étouffer le sourire qu'elle laissa éclore sur sa bouche. Le regard d'Emily s'ancra dans le sien, ses paupières à peine plissées, comme si elle cherchait à fouiller au plus profond de sa sincérité dans l'espoir de déterrer une ruse dont Penelope était pourtant incapable. Et Emily le savait. La blonde n'avait jamais su tenir un secret plus de cinq minutes sans finir par se trahir et se répandre en excuses. Monter une ruse de toutes pièces dans l'unique but de piéger son amie aurait été bien au-dessus de ses forces. Mais c'était aussi plus fort qu'Emily ; elle pensait toujours à un stratagème avant d'envisager la simple vérité.

« En partant maintenant, on peut être couchées dans un quart d'heure top chrono ! enchaîna-t-elle avec un peu trop d'excitation dans la voix pour combler le silence qui la mettait mal à l'aise. »

Et parce qu'elle craignait de se transformer en fraise trop mûre si Emily continuait de la scruter avec une telle intensité. Il lui semblait d'ailleurs qu'elle n'avait pas cligné des yeux une seule fois depuis qu'elle avait pris la parole et Penelope songea à ajouter cette information à sa liste mentale des choses qui l'effrayaient chez Emily Prentiss. 

Le premier élément de cette liste étant qu'elle avait tendance à ricaner devant les scènes les plus terrifiantes des films d'horreur qu'il leur arrivait de regarder pendant leurs rares week-end de tranquillité. 

Finalement, le regard d'un brun aussi profond que les entrailles de la Terre se détourna pour attaquer sa précédente victime à coup de lames acérées. Penelope eut l'impression de sentir Derek tressaillir contre son épaule, mais pour rien au monde elle n'aurait osé le mentionner à voix haute. 

« Si j'accepte de dormir chez Garcia, je peux enfin avoir la paix ? »

Morgan consentit d'un signe de la main tout en roulant des yeux, se résignant à cette demi victoire qui valait mieux qu'un échec cuisant. Autour d'elle, tout le monde laissa échapper un soupir, à la fois de soulagement et de fatigue, avant de rassembler ses affaires et de se diriger de nouveau vers l'ascenseur, se saluant brièvement sur le parking.

Et Penelope avait eu raison ; un quart d'heure plus tard, elles étaient effectivement dans son salon, leurs manteaux accrochés dans l'entrée, leurs chaussures rangées à côté de la porte et Emily assise dans le canapé, une tasse de thé que la blonde avait absolument insisté pour qu'elle boive avant d'aller se coucher à la main. Cette dernière avait la tête enfouie dans son placard, ses mains fourrageant au milieu de ses anciennes affaires qu'elle n'avait plus portées depuis une éternité. Elle savait précisément ce qu'elle cherchait et elle savait qu'il était là quelque part et elle était à deux doigts de s'agacer pour de bon et de tout sortir et jeter au sol quand, enfin, il apparut dans sa main. Une brève inspection visuelle lui confirma qu'il n'avait pas trop souffert, malgré les années abandonné au fin fond d'une étagère à prendre la poussière.

D'un pas presque sautillant, elle revint dans la pièce principale, brandissant le morceau de tissu qui ressemblait davantage à un chiffon qu'à quoi que ce soit d'autre tel un trophée.

« Regarde ce que je t'ai trouvé ! »

Il fallut à Emily une minute ou deux pour comprendre qu'il s'agissait d'un pyjama et, aussitôt, un de ses sourcils se redressa sur son front.

« Toi ? Tu as du noir dans ta garde-robe ?

— J'en avais beaucoup plus à une époque. Je crois qu'il ne me reste plus que ça maintenant, avoua Penelope en repensant au style gothique qu'elle arborait quand elle avait mis les pieds au BAU pour la première fois, à une époque où elle était une criminelle ; une époque à laquelle elle n'aimait pas beaucoup repenser. »

Elle ne savait pas exactement pourquoi elle avait gardé ce pyjama en particulier. Il y avait eu bien d'autres tenues qu'elle préférait et qu'elle aurait sans doute pu intégrer dans sa nouvelle garde-robe, mais, quand le besoin viscéral de changement s'était fait ressentir, elle avait juste tout mis dans des sacs poubelles et avait été les donner à des associations. 

Sauf ce pyjama, qui ne payait pas vraiment de mine, d'autant plus maintenant qu'il était recouvert de plis. 

Cela ne sembla pas déranger Emily cependant, qui l'examina comme elle aurait examiné une jolie robe tout en considérant à l'acheter. Lorsque ses yeux se détournèrent pour rencontrer ceux de Penelope, celle-ci crut y distinguer un éclat d'amusement que son demi-sourire en coin ne fit qu'accentuer.

« Tu sais, je peux faire un effort juste pour une nuit et porter autre chose que du noir. Je pense que je m'en remettrai.

— Et pourquoi tu ferais ça ? Je n'ai aucune envie que tu fasses un effort pour changer qui tu es, alors que tu es parfaite exactement comme ça. » 

Elle avait répondu un peu trop vite et sans réfléchir, juste parce qu'elle avait trouvé cela stupide qu'Emily puisse penser une chose pareille, et ses propres mots résonnaient désormais à ses oreilles avec un son distordant tandis qu'elle faisait de son mieux pour retenir une grimace d'inconfort. 

Ce n'était pas du tout ce qu'elle avait eu l'intention de dire. Et certainement pas de cette façon. Et maintenant c'était trop tard. Il n'existait aucun moyen d'effacer ses paroles ou faire en sorte qu'Emily les oublie.

Emily dont l'expression avait drastiquement changé et qui fixait Penelope avec des yeux écarquillés et remplis d'une émotion que la blonde était bien incapable d'identifier. 

Après tout, elle n'était que technicienne analyste. Elle n'était pas profileuse. Elle n'était pas comme eux, à décortiquer chaque mot et chaque micro-expression sous un microscope pour en tirer des conclusions. 

Elle n'avait aucune idée de ce qui était en train de se passer dans la tête de la brune en cet instant, mais une chose était certaine, c'était à cause de ce qu'elle venait de dire. Et c'était tout bonnement inacceptable. 

« Désolée. Emily, c'était pas... 

—Tu penses que je suis... parfaite ? »

Le mot paraissait presque inconnu dans la bouche de la brune, comme si elle l'entendait pour la première fois et Penelope ressentit une immense bouffée d'affection pour cette femme qui ne méritait rien de moins que le monde entier et qui n'en avait absolument pas conscience. Aussi, elle hocha énergiquement la tête, ne sachant que répondre quand la réponse était pourtant si évidente.

Les yeux bruns restèrent à la fixer encore une minute. Puis une autre. Et encore une autre, semblable à une ancre rivée à un rocher et incapable de s'en détacher. Elle avait l'air d'attendre quelque chose. Attendre que le rêve se brise. Attendre que Penelope se mette à rire, peut-être, et lui dise que ce n'était qu'une blague. Et elle avait effectivement envie de rire, mais seulement parce que les traits d'Emily, d'ordinaire si sérieux et si maîtrisés, étaient désormais relâchés en une expression de sincère surprise et Penelope aurait pu jurer qu'elle n'avait jamais rien vu d'aussi adorable.

Sans pouvoir s'en empêcher, elle déposa le pyjama sur l'accoudoir du canapé et s'approcha de son amie pour attraper son visage entre ses mains, l'inclinant en arrière de sorte à ce que son regard perdu rencontre le sien, qu'elle sentit s'adoucir encore un peu plus en constatant que les yeux d'Emily, maintenant en pleine lumière, brillaient de quelques larmes qui s'y étaient accumulées. 

« Tu es parfaite exactement comme tu es, Emily Prentiss. »

Bien sûr, Emily ne répondit rien à cela, mais Penelope ne s'était pas attendue à ce qu'elle le fasse de toute façon.

Elle ne s'était pas non plus attendue à ce qu'un torrent de larmes se mette à couler sur les joues de la brune, à couler entre ses doigts, à couler et couler et couler comme s'il n'allait jamais s'arrêter, comme si elle était en train d'évacuer des années de larmes accumulées. Sans réfléchir, Penelope se mit à les embrasser, au bord de sa mâchoire, où elles finissaient leur course avant de se détacher de son visage et de tomber sur les manches de son chemisier, en remontant sur ses joues jusqu'aux pommettes et sous ses cils, pour finir sur ses paupières, qu'elle couvrit de ses lèvres comme elle aurait voulu couvrir son cœur d'un pansement magique qui lui ferait oublier toutes les personnes qui lui avaient un jour fait croire qu'elle était tout sauf parfaite.

Elle savait que ce n'était pas possible et elle savait qu'Emily aurait toujours cette petite voix dans sa tête qui lui dirait le contraire, mais Penelope était bien décidée à le lui répéter tous les jours s'il le fallait, plusieurs fois par jour même, à l'appeler en plein milieu d'une enquête ou en plein milieu de la nuit pour lui rappeler, à lui envoyer des cadeaux à son adresse avec un petit mot pour que jamais elle ne l'oublie. Elle était prête à mobiliser le reste de l'équipe pour lui organiser des fêtes surprises, parce qu'elle savait qu'ils étaient toutes et tous d'accord avec elle.

Mais, pour l'heure, elle était prête à attendre et à sécher les larmes de son amie avant de la conduire jusqu'à sa chambre où elle la borda entre ses draps rose bonbon tout en lui chuchotant comme une mélodie des paroles qu'elle était certaine qu'Emily n'entendait pas, n'entendait plus tandis que le sommeil l'accueillait dans ses bras.