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Merci d'être resté

Summary:

Loki voit bien à quel point les derniers évènements ont affecté Mobius. Et il ne peut supporter de voir l'homme d'ordinaire si rayonnant être ainsi abattu. C'est donc bien déterminé à lui remonter le moral qu'il frappe à sa porte.

Notes:

Bonjouuuuur

J'ai eu un ptit blocage ces derniers jours pour écrire. Fort heureusement, on espère que je suis de retour dans le game. Ce qui est sûr c'est que je suis de retour dans mon déni mdr. Le Lokius est canon, peu importe ce que Marvel en dit (j'ai décidé, donc c'est vrai).

Ce texte fait directement suite à l'épisode 2 de la saison 2, il va donc sans dire que ça spoile fortement.

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Il n'avait pas fallu longtemps pour que tout le monde se disperse, souhaitant au plus vite s'éloigner de la pièce qui avait accueilli le verdict de leur échec, l'air alourdi des quelques mots prononcés par B-15 et de tous ceux, bien plus nombreux, gardés secrets par le reste de l'équipe au creux de leur conscience blessée.

Tous ces pauvres gens. Toutes ces vies.

Ces vies qui avaient lentement disparu de l'immense écran où tous les yeux étaient rivés, horrifiés de constater que l'élimination d'une partie considérable des branches temporelles ne semblait pas vouloir s'arrêter. Ils avaient regardé, malgré la douleur, malgré le sentiment cuisant d'impuissance, malgré leur envie de s'enfuir en courant, ils avaient regardé jusqu'à ce que le dessin retrouve un semblant de stabilité, jusqu'à ce qu'ils aient la preuve que tout était bien terminé. Ils avaient regardé jusqu'au bout, parce que c'était tout ce qu'il pouvait encore faire désormais. Parce que le choc les avait cloué à leur siège, avait enraciné leurs pieds dans le sol.

Ils avaient regardé, non par envie, mais par désespoir. 

Bien sûr, quand leur désarroi avait laissé place à un grand vide à l'intérieur, personne n'avait voulu rester là, au milieu de ce cauchemar éveillé, sous une pluie de cendres qui se collait à leur peau comme autant de gouttes de culpabilité dont ils ne pourraient jamais se débarrasser. 

B-15, Casey, Ouroboros, même Mobius. 

Mobius.

D'une simple pression sur l'épaule, Loki avait été capable de ressentir le tourbillon d'émotions qui dévastait le cœur de l'analyste, un tourbillon si intense qu'il doutait que l'homme en sorte indemne à la fin. Un tourbillon fait de ténèbres, où tout était sombre et sinistre et lugubre et froid et Loki connaissait un peu trop bien ce que ça faisait d'être pris dans cette tempête pour accepter d'y abandonner son ami à son triste sort.

Il avait décidé, s'était fait la promesse, de ne plus abandonner les personnes qu'il aimait. Il en avait trop perdu sur son chemin pour encore le supporter. 

Dans le silence inhabituel et inconfortable des locaux désertés du TVA, Loki remonta les longs couloirs en direction de la résidence des agents, où il savait que Mobius logeait dans un petit studio du dernier étage. Le bruit solitaire de ses pas résonnait entre les murs impersonnels peints en blanc, créant un écho qui semblait le poursuivre un peu plus vite à chaque virage. Bien malgré lui, il accéléra, pressé d'échapper à cette course poursuite avec lui-même, et se retrouva en un rien de temps face à la porte de bois clair où le nom de Mobius était inscrit.

S'accordant une minute pour reprendre son souffle, Loki jeta un coup d'œil sur sa droite, puis sur sa gauche, sans rien trouver qu'un calme et une immobilité qu'il espérait voir cesser au plus vite. Il inspira une dernière fois avant d'abattre le revers de ses doigts deux fois sur la porte. Comme il s'y était attendu, le silence lui répondit. Il était pourtant certain de distinguer la présence de l'analyste de l'autre côté. Il n'aurait su comment l'expliquer, mais il était là, il le sentait, de la même manière qu'on était capable de sentir un regard un peu trop insistant posé sur nous ou la respiration infime de la personne endormie à nos côtés. 

Loki frappa une seconde fois, approchant son oreille dans l'espoir de percevoir un filet de voix lui accordant l'entrée.

Rien ne vint. 

Il n'avait cependant aucune intention de baisser les bras.

« Mobius ? appela-t-il d'une voix douce. Est-ce que je peux entrer ? »

Loki tendit l'oreille, patienta une poignée de secondes. La même réponse lui parvint. Il se mit alors à se mordiller la lèvre, tiraillé entre l'envie d'insister et celle de ne pas s'immiscer dans un lieu et un moment où sa présence n'était pas désirée. La poignée de la porte, lorsqu'il s'en empara pour vérifier si elle était verrouillée, céda facilement et lui laissa apercevoir la faible luminosité qui régnait dans l'appartement.

« Mobius ? appela-t-il encore, d'une voix encore plus douce, alors qu'il s'immisçait dans l'entrebâillement et refermait la porte derrière lui. » 

Il ne fut pas surpris de découvrir un mobilier simple à la décoration sommaire, un peu de vaisselle sale dans l'évier et une plante qui n'avait probablement pas été arrosée depuis plusieurs jours, le tout dans des teintes de beige qui donnait un peu plus l'impression d'être figé dans le temps. Tout avait été pensé pour que les agents du TVA oublient jusqu'à la notion même de temps. Ici, il n'existait qu'un présent qui ne connaissait ni imparfait ni futur. Du moins, cela avait été le cas jusqu'à très récemment. 

Loki repéra rapidement la silhouette emmitouflée sous les couvertures dans le canapé et son cœur se serra en réalisant combien l'homme paraissait minuscule dans cet environnement qu'il avait toujours considéré comme le sien et qui désormais devait lui paraître bien étranger. 

« Mobius ? appela-t-il une dernière fois, presque dans un murmure maintenant. »

Il n'osait pas s'approcher davantage, pourtant il avait terriblement envie de réitérer son geste de tout à l'heure, de poser une main sur cette épaule frêle, de la serrer tendrement entre ses doigts pour lui montrer qu'il était là pour lui, comme lui-même avait été là pour Loki, quand bien même il ne l'avait pas toujours mérité. Il était loin d'être aussi bon que Mobius pour apporter du réconfort, mais il voulait au moins essayer. Son ami méritait bien qu'il fasse l'effort.

« Je suis désolé de ce qu'il s'est passé. »

À son grand étonnement, un soupir lui répondit cette fois, avant que l'analyste ne se retourne pour lui faire face, concédant à baisser la couverture sous son menton. Ses yeux bleus qu'il refusait de lever dans sa direction étaient cernés de rouge. Loki réalisa que c'était la première fois qu'il le voyait ainsi ; abattu, désemparé. Il paraissait plus fatigué que jamais. 

« Pas la peine. Ce n'est pas de votre faute. »

Même sa voix avait considérablement perdu de son éclat. 

« Ce n'est pas de la vôtre non plus.

— Mais j'aurais dû... » Un hoquet l'empêcha de continuer. Prenant une profonde inspiration, il se passa une main sur le visage, la laissant un instant devant sa bouche, son regard fouillant la pièce autour de lui, comme s'il était à la recherche des mots qu'il avait perdu, d'un sens qu'il ne comprenait plus. « J'aurais dû faire mieux. J'aurais dû essayer. 

— Vous avez essayé, contra aussitôt Loki sans pouvoir s'empêcher de combler un peu l'espace qui les séparait d'une large enjambée. Vous avez fait de votre mieux, Mobius. Nous avons tous fait de notre mieux, ça ne veut pas dire que nos efforts ne sont pas soldés par des échecs malgré tout.

— Un échec qui a coûté la vie à des centaines... des milliers de personnes, Loki. On n'est pas loin de la définition d'un méchant. »

Il semblait sincèrement croire à ce qu'il était en train de dire et Loki ne pouvait pas permettre que cet homme, qui avait tant fait pour lui, croie en une affirmation aussi fausse. Après tout, n'était-ce pas lui le premier qui avait vu autre chose qu'un méchant en Loki ? Quand tout le monde n'avait toujours vu que le monstre, Mobius avait su déceler ce qu'il était vraiment derrière les forteresses qu'il avait construites au fil du temps pour mieux s'y retrancher ; un enfant qui avait peur et qui frissonnait de froid.

« Vous n'avez absolument rien d'un méchant, Mobius. Si vous en étiez un, vous seriez dehors à boire un verre et à célébrer votre victoire, pas ici à ruminer des crimes qui ne sont même pas les vôtres. Vous n'avez pas tué ces gens. Vous avez essayé de les sauver. Ça rentre plutôt dans la catégorie du héros, vous ne trouvez pas ? » 

Et c'est en prononçant ces mots que Loki réalisa que c'était exactement de cette façon qu'il considérait Mobius ; un héros. Un héros qui avait volé à son secours lors de son jugement face à Renslayer, et qui n'avait eu de cesse de le faire depuis. Qui faisait constamment passer le bien des autres avant le sien. Qui avait risqué sa peau - sa vie - pour lui, quand bien même Loki n'était toujours pas certain de le mériter. En revanche, il était certain que Mobius méritait qu'il lui rende la pareille. Mobius méritait de savoir qu'il était un homme bon et que même les héros, malgré tous leurs efforts et leur bonne volonté, ne gagnaient pas à tous les coups, mais que cela ne les rendait pas moins légitimes ou valeureux pour autant. 

Avec beaucoup de précaution, le dieu s'installa sur le canapé aux côtés de l'analyste, ce dernier reculant contre le dossier pour permettre à la longue silhouette de s'allonger. Il y avait peu de place, pourtant cette proximité ne sembla pas déranger Mobius, qui fixait Loki de son regard aiguisé où l'incompréhension régnait, mêlée à une pointe d'amusement qui éclaircissait ses traits. Loki fit mine de ne pas le remarquer néanmoins et se plongea dans une contemplation détaillée du plafond, les mains croisées sur son ventre. D'aussi près, il lui était difficile de soutenir les yeux qui semblaient lire en lui comme dans un livre ouvert, Mobius étant la seule personne à travers les Neuf Royaumes à le connaître aussi bien et, en cet instant, ce constat le terrifiait plus qu'il ne le rassurait. Au moins, le plafond ne risquait pas de découvrir combien l'état de l'agent avait ébranlé Loki, combien il aurait aimé pouvoir revenir en arrière pour tout arranger, pour empêcher ce massacre et rendre au visage de Mobius toute sa chaleur et toute sa bonhomie. Retirer ces plis inquiets qui s'étaient installés sur son front.

« Vous faites un travail remarquable au sein du TVA, Mobius.

— Vous aussi, Loki.

— Je n'ai aucun mérite. J'ai eu un bon professeur. » 

Le léger rire qu'il parvint à tirer à l'agent lui fit cependant oublier son intention première d'éviter tout contact visuel et il tourna le menton dans sa direction, tombant aussitôt dans les yeux cernés de rouge qui lui souriaient, et alors il sut qu'il était piégé, qu'il ne parviendrait plus à s'en échapper. Comme à son habitude, Mobius l'observa avec beaucoup d'attention, comme si Loki était une chose mystérieuse qui recélait un trésor inestimable qu'il fallait à tout prix déceler. 

« Vous êtes resté », articula lentement l'analyste à voix basse et Loki ne put empêcher son regard de tomber sur cette voix qui avait le pouvoir de l'apaiser grâce à son accent traînant et ensoleillé, un accent qu'il avait l'impression d'avoir toujours connu au plus profond de lui et qu'il redécouvrait pourtant à chaque fois. « Tout à l'heure, rien ne vous empêchait de partir avec Sylvie et pourtant vous êtes resté. »

Sylvie. C'est vrai qu'il aurait pu partir avec elle, la suivre à travers la porte et tenter de la convaincre de venir avec lui ou tout au moins de l'écouter, d'arrêter de l'ignorer et de se soustraire à une conversation qu'ils avaient besoin d'avoir pour leur bien à tous les deux. Pourtant, il n'y avait pas songé une seule seconde. Il l'avait regardé partir et disparaître en même temps que la porte sans essayer de la rattraper. Elle avait fait son choix. Et il avait fait le sien. 

Il avait déjà fait l'erreur d'abandonner Mobius derrière lui une fois, il n'avait aucune intention de recommencer. Encore moins pour suivre une autre version de lui-même qui semblait bien déterminée à remuer ciel et terre pour le faire tourner en bourrique. 

Il releva les yeux vers ceux de l'agent, qui attendaient patiemment une réponse. C'était cette patience, parmi tant d'autres qualités, qui le faisait se rendre compte combien il avait de la chance d'être tombé sur Mobius et de le compter désormais dans sa vie. Cette patience qui adoucissait le bleu glacial de ses iris et attendrissait le cœur de Loki. 

Ce dernier s'humecta les lèvres, cherchant des mots pour exprimer un sentiment qu'il n'avait jusque-là jamais ressenti et qu'il n'avait jamais pensé ressentir jusqu'à ce qu'il rencontre Mobius. Ce fut au tour du regard de l'analyste de tomber sur la bouche entrouverte du dieu. 

Loki sentit son souffle être coupé net dans sa poitrine tandis que son cœur se mettait à battre à un rythme insensé. 

« Merci d'être resté. »

Le visage de Mobius devint soudainement flou, parce que les larmes s'étaient accumulées derrière ses paupières ou parce que l'analyste avait décidé de combler le peu de distance entre eux, Loki n'aurait su le dire, seule comptait la douceur avec laquelle il fut embrassé, la tendresse avec laquelle Mobius s'empara de sa joue du bout des doigts en même temps qu'il s'emparait de sa bouche du bout des lèvres. Loki ne perdit pas une seconde pour lui répondre, s'accrochant désespérément au bras de l'analyste, serrant sa chair et ses muscles et ses os dans le creux de sa paume pour s'assurer que rien de tout cela n'était un rêve ou, pire, une illusion.

Mais de rêve, il n'en était rien ; d'illusion, il n'y avait que celle qu'il avait soigneusement entretenue sans jamais penser qu'elle deviendrait un jour réalité. Sa plus belle illusion, capturant sa bouche en un baiser on ne peut plus réel. 

Finalement, Loki sut exactement quoi dire. D'un geste un peu brusque, il recula le menton, sans toutefois relâcher son emprise sur le bras de Mobius, et, le souffle court, le cœur au bord des lèvres, plongea au plus profond des iris bleutés.

« Merci de m'avoir donné une raison de rester. »

Le sourire qui s'épanouit sur le visage de l'analyste ressemblait à s'y méprendre aux premières lueurs du matin après une longue nuit passée dans les ténèbres et Loki n'eut d'autre choix que d'y apposer le sien avant de le dévorer comme un dieu aurait dévoré l'ambroisie servie à son intention. 

Ils avaient connu des échecs, et en connaîtraient sûrement encore d'autres durant leur aventure au sein du TVA, mais il était bon de savoir qu'ils pourraient compter l'un sur l'autre pour les surmonter et continuer à avancer, main dans la main.

Notes:

LE PARALLELE AVEC LA SAISON 1!!!!! LOKI QUI DECIDE DE RESTER AVEC MOBIUS AU LIEU DE SUIVRE SYLVIE!!!! LA MAIN SUR L'EPAULE DE MOBIUS!!!! cet épisode était incroyable. sans parler de toutes les autres scènes avec Loki qui utilise ses pouvoirs, la petite séance de torture d'interrogatoire approuvée par Mobius, le date avec la tarte radioactive... damn WE ATE