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Shooting Star

Summary:

Quand Izuna était devenu enseigne sur le Destroyer de classe Impérial Interstellar, c'était pour retrouver Madara qui s'était enfui comme tous les Jedis.
Jamais il n'aurait pensé qu'il finirait par servir sur les ordres du vice-amiral avec le même but.

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Izuna Week 2025, jour 3 : Genin Team | Secret Relationship | Star Wars AU

Notes:

Merci à D_Nono et mon lapin de toujours pour la relecture !

Work Text:

Le Destroyer de classe Impérial Interstellar gravitait en orbite à proximité de la lune forestière d’Endor lorsque le quart d’Izuna prit fin. Il s’étira longuement, faisant claquer une ou deux vertèbres pour relâcher un peu de pression avant de se délester du casque qui était relié à son poste.

Dans un mouvement plein de fatigue, il déposa l’objet à son emplacement et prit soin de noter le passage de relais dans le journal de bord avant de se lever et de quitter la salle de communication, sans même un regard vers la géante gazeuse qu’il apercevait par le hublot.

Cela faisait déjà longtemps qu’il servait dans la marine impériale, aux ordres de l’Empereur Palpatine et de son bras droit, le très clairement pas fréquentable Dark Vador. À vrai dire, tellement d’années s’étaient écoulées qu’il avait presque oublié la raison pour laquelle il s’était évertué à rejoindre l’empire.

Juste assez vieux pour avoir des bribes de souvenirs de l’époque où la République s’était effondrée, Izuna se rappelait vaguement les préceptes de l’Ordre Jedi, ces lâches qui les avaient abandonnés pour les laisser à la merci des rebelles et des adversaires de ce qui était devenu un gouvernement totalitaire.

Mais ça ne lui importait pas. Globalement, sa vie était meilleure maintenant que l’Empire assurait la survie de ses sujets et il avait la chance d’entrer dans les critères faisant de lui un desdits sujets, donc il n’avait pas à se plaindre du totalitarisme.

Et puis, ce n’est pas comme s’il était concerné par les exactions de l’actuel gouvernement. Ils étaient tous pourris, mais au moins, Palpatine lui permettait de manger à sa faim.

Il franchit l’espace qui séparait son bureau de la porte automatique d’un pas vif, un peu pressé de rejoindre sa couchette pour pouvoir se débarrasser de ce col trop serré qui l’étouffait à moitié.

Il ne put malheureusement pas, le chef de pont se plaçant sur sa route, le forçant à immédiatement se mettre au garde-à-vous, ce qu’il fit comme par réflexe.

— Uchiha, le vice-amiral Senju demande à vous voir.

— Maintenant ? Je veux dire, se reprit-il en sentant le regard de son supérieur peser sur lui, oui, Monsieur, je m’y rends sur-le-champ.

— Il vous attend au plus tôt, confirma le chef de pont avec les lèvres pincées.

Cette moue, Izuna la connaissait. C’était la moue des hommes déçus. Il avait souvent vu son père, Tajima, arborer cette tête quand il parlait de Madara.

Ce dernier avait disparu des années auparavant, avec tous les Jedis lâches qui avaient décidé de laisser tomber les civils. Logique, non ? Madara était lui-même un de ces jedis. La force était puissante en lui, avait dit son frère aîné en bombant le torse, et il avait été choisi pour faire de grandes choses.

Abandonner les siens n’était pas particulièrement grand, alors Izuna s’était mis en tête de partir à la recherche de Madara pour savoir pourquoi son groupe d’illuminés cosmiques avait soudain décidé de trahir tout le monde et de déserter. Peut-être qu’Izuna se permettrait même le luxe de coller une claque à son frère. Il n’avait pas encore tranché.

Mais, après des années de présence sur l’Interstellar, Izuna n’avait pas avancé d’un iota dans cette recherche. Il n’avait ni les accès ni les ressources nécessaires pour ça.

Il ne perdait pas espoir, mais le feu ardent qui brûlait de savoir pourquoi Madara avait disparu avait fini par ne laisser que quelques braises vaguement fumantes.

Il hocha la tête envers le chef de pont, puis il sortit de la salle et, au lieu de s’orienter vers ses quartiers, il tourna à droite, pour s’enfoncer dans le dédale de couloirs qui lui permettrait de rejoindre le bureau du vice-amiral.

Izuna n’avait jamais eu la chance de le rencontrer en personne. L’homme était trop gradé pour se mélanger à ceux d’en bas. Il n’était pas là depuis très longtemps et les rares échos parvenus jusqu’aux oreilles d’Izuna n’étaient pas vraiment flatteurs, mais pas spécialement négatifs.

Ce qu’il savait de l’homme tenait sur un mouchoir de poche : Tobirama Senju avait son âge, était un bosseur et exigeait de ses sous-fifres la même dévotion que celle qu’il montrait.

Après vingt minutes durant lesquelles il tourna un peu en rond dans les couloirs du vaisseau, Izuna finit par trouver le lieu où il était attendu.

La première porte était gardée par deux gardes auxquels il montra son badge. Comme il était attendu, ils le laissèrent passer sans trop de soucis.

La seconde fut un peu plus surprenante. Un droïde se trouvait là, mais ce n’était pas un droïde protocolaire.

Avant de s’avancer, Izuna ajusta le col de sa tenue gris bleuté, plaça sa casquette noire correctement, puis il se tourna vers le droïde, y regardant à deux fois. Ce modèle lui était parfaitement inconnu. Il plissa les paupières, circonspect. Le robot glissa sur le sol jusqu’à lui, scanna son badge puis il entra dans le bureau après avoir déverrouillé la porte dans un grincement sinistre.

— L’enseigne Uchiha Izuna est là, annonça le droïde d’un ton haché et robotique.

— Fais-le entrer, répondit la voix cassante de Tobirama Senju.

Quelque chose dans sa prononciation laissait entendre que l’homme était franc et direct. C’étaient deux qualités qu’Izuna appréciait chez un interlocuteur. Il n’était pas vraiment fan des jeux d’esprit et des enfumages politiciens. La voix de Tobirama Senju avait un timbre grave et profond qui s’associait bien avec le ton qu’il employait.

Le droïde revint vers Izuna, ses voyants colorés clignotant paresseusement alors qu’il l’invitait à le suivre à l’intérieur.

Le droïde ne resta pas. Il se retira aussitôt après qu’Izuna eut franchi le sas et, immédiatement, l’enseigne sentit tout le poids de la tension qui régnait dans la pièce.

Déglutissant aussi discrètement qu’il le put, Izuna finit par s’avancer et se plaça à un mètre du bureau, au garde-à-vous, attendant que le vice-amiral relève la tête.

Quand il le fit, ce ne fut que pour lui jeter une brève œillade avant de replonger dans les dossiers qui le tenaient occupé. D’un geste précis qui ne laissait pas la moindre place à l’amateurisme, le vice-amiral Senju invita Izuna à s’asseoir sur une chaise.

Quand il obéit, un fracas de mécanismes s’activa jusqu’à l’arrivée d’un plateau, porté par un bras articulé sorti d’un mur.

Le plateau était couvert de mets et deux boissons brûlantes les attendaient.

— J’ai pris la liberté de commander de quoi nous sustenter, commença Tobirama Senju, toujours sans relever les yeux de son dossier. Je ne pense pas me tromper en disant que nous en aurons pour longtemps.

— Ai-je fait quelque chose de mal, vice-amiral ?

La question échappa à Izuna et, immédiatement après avoir vu son supérieur se figer, il regretta cette impulsivité. Pourtant, le vice-amiral ne fit rien de plus que lever les yeux vers lui et, pour la première fois depuis le début de cette entrevue, Izuna put contempler son visage.

Et l’homme était d’une beauté époustouflante. Ses cheveux blonds coupés courts retombaient sur son front avec élégance, mettant en lumière son teint pâle et ses yeux rouge sang.

— C’est ce que nous allons essayer de déterminer, enseigne Uchiha.

D’un geste, le vice-amiral dégagea son bureau pour ne garder qu’un seul dossier qu’il ouvrit.

— C’est le vôtre, dit-il à Izuna. Servez-vous.

L’ordre était si peu discutable qu’il ne vint même pas à l’esprit d’Izuna de refuser de saisir le récipient à sa disposition.

— Je ne vais pas y aller par quatre chemins, affirma le vice-amiral quand Izuna eut porté sa tasse à ses lèvres pour siroter une première gorgée. Je veux savoir quels liens vous unissent au jedi Uchiha Madara.

La gorgée brûlante passa par le mauvais trou et Izuna dut à l’ensemble du décorum exigé par l’Empire de ne pas recracher son thé au visage du vice-amiral. Difficilement, il avala et choisit de dire la vérité.

— Le jedi Uchiha Madara est mon frère aîné. Il a disparu comme tous ceux de son espèce.

Izuna prit une pause et se trémoussa sur son siège.

— Vais-je être puni pour ça ? Je ne suis pas responsable des allégeances douteuses de mon frère aîné. Je ne l’ai pas revu depuis des années.

Le vice-amiral prit appui sur ses coudes et croisa les doigts avant de s’appuyer dessus.

— Effectivement, les allégeances de votre frère n’ont pas de prise sur votre carrière. Ce sont les vôtres qui m’importent. Avez-vous, d’une façon ou d’une autre, cherché à reprendre contact avec le jedi Uchiha ?

Izuna grogna et se renfrogna. L’espace d’un instant, l’ensemble de sa frustration s’embrasa et il se souvint combien de temps il avait perdu sur les traces de son frère, sans jamais parvenir au moindre résultat.

— Ouais, répondit-il, pour lui mettre mon pied dans le cul. Je l’ai jamais trouvé.

— Merde, jura le vice-amiral en laissant son visage jusqu’alors impassible se froisser d’une évidente contrariété. Je savais que je n’aurais pas dû miser tant sur vous.

Vexé sans même savoir pourquoi, Izuna fronça les sourcils et se redressa, essayant sûrement de paraître plus imposant. Cependant, il n’eut pas le temps de prendre la parole, le vice-amiral Senju ayant décidé de se frotter le visage d’un air las.

— Je suis dans la même situation que vous, enseigne Uchiha. Mon frère aîné, Senju Hashirama, fait partie de ceux qui ont trahi l’Empereur. Je suis également sans nouvelles de lui. J’espérais dénicher une piste sur l’endroit où il pourrait se trouver en échangeant avec vous.

Le vice-amiral marqua une pause, puis fit claquer sa langue.

— Ne vous y trompez pas, je déteste l’Ordre Jedi qui m’a pris trois frères et ne m’a rendu que des larmes et du chagrin. Ces pleutres n’ont protégé personne, pas même les jeunes apprentis qui se trouvaient dans leur temple et mes cadets en sont morts. Et mon frère aîné n’était pas là pour les sauver.

Le vice-amiral tut le « et moi non plus » qui lui brûlait les lèvres, mais il résonna en filigrane dans le silence qui se glissa entre eux.

Pendant de longues secondes, il ne se passa rien et Izuna se demanda s’il pouvait prendre congé, sans trop savoir ce qu’il était censé faire.

Finalement, quand ce fut trop inconfortable pour lui, il se tortilla, sa tasse cliquetant dans la soucoupe.

— Je vais prendre congé, vice-amiral Senju. Si j’obtiens la moindre information susceptible de faire avancer votre quête, je vous en ferai part.

— Je ne vous ai pas invité à partir, enseigne Uchiha.

Izuna s’immobilisa sur l’instant, humectant ses lèvres et attendant que le vice-amiral reprenne son discours. Il s’écoula quelques secondes, le temps que l’un et l’autre clignent des yeux.

— Une association, ordonna le vice-amiral. Mettons nos efforts en commun. Discrètement. Nul n’a besoin de savoir ce que nous faisons.

C’était de toute évidence un ordre, mais Izuna prétendit avoir le choix en pondérant sa réponse une poignée de secondes. Quand il hocha finalement la tête, il eut la conviction de s’embarquer dans quelque chose qui deviendrait rapidement hors de contrôle.

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