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La plupart du temps, quand Akashi allait au lit, il s'endormait en quelques minutes. Parfois, il posait à peine la tête sur son oreiller qu'il était déjà parti dans les bras de morphée, sourd aux bruits du monde qui l'entourait. Il ne réagissait même pas lorsque Furihata venait se coucher à ses côtés, ni s'il le secouait pendant la nuit. La seule chose qui pouvait le réveiller dans ces moments, c'était son réveil le lendemain matin, signalant le début d'une nouvelle journée de travail épuisante. Quand Furihata et lui avaient décidé d'emménager ensemble, la première fois qu'il l'avait vu s'endormir aussi rapidement, le brun avait été particulièrement étonné et un peu inquiet, avait-il admis le lendemain. Puis il avait compris que c'était une constante chez son partenaire et qu'il était tout simplement du genre à s'endormir à la seconde où il s'asseyait sur son matelas.
Furihata lui avait dit que c'était amusant. Il donnait l'impression d'être une personne qui lisait au lit, ou alors qui travaillait même dans sa chambre et ce jusqu'à ce qu'il tombe de sommeil à une heure tardive. Il ne s'était pas attendu à ce qu'à vingt-et-une heures Akashi soit déjà endormi depuis longtemps.
Pourtant, il y avait bien des nuits où même lui n'arrivait pas à trouver le sommeil, des nuits où malgré son envie et son besoin de dormir, les pensées se bousculaient dans sa tête dans un tel vacarme qu'il était incapable de fermer l'oeil.
Non, ce n'était pas tout à fait ça.
Il avait peur de s'endormir.
C'était irrationnel, il le savait, mais la terreur le tiraillant était si intense qu'il n'osait pas fermer les yeux. Cette peur venait tout simplement du fait qu'il était... il était heureux. Incroyablement heureux, en fait.
Plus il y réfléchissait, plus il avait du mal à y croire. Malgré leur première rencontre désastreuse, Furihata était là, à ses côtés, partageant le même lit que lui et retournait même ses sentiments. Il l'aimait, comme il le lui disait tous les jours et quand Akashi se posait pour y réfléchir, il trouvait cet enchaînement de circonstances assez incroyables. Comment avait-il pu tomber amoureux de lui ?! Alors qu'il avait été une personne si odieuse au départ ! Sans oublier que tous ses anciens amis de Teiko, avec qui il gardait bien évidemment contact et qu'il côtoyait régulièrement, semblaient l'apprécier sincèrement malgré tout ce qu'il leur avait fait subir. Il était si heureux dans sa vie qu'il avait du mal à y croire.
Peut-être qu'il délirait complètement.
Et c'était cette pensée qui l'empêchait de fermer les yeux. S'il délirait complètement, qu'est-ce qui lui disait qu'il n'était pas tout simplement en plein rêve et qu'une fois réveillé, toute sa vie se serait envolée ? Il ne pouvait pas se sortir cette pensée illogique et tout à fait irrationnel de la tête, l'empêchant de dormir alors qu'il avait une réunion importante demain matin à huit heures.
Pourtant, à chaque fois que ces pensées le rongeaient et l'empêchaient de se reposer, comme s'il pouvait sentir sa détresse, Furihata se réveillait et tournait un regard confus vers lui. Là, les cheveux en bataille, le regardant avec des petits yeux et fronçant les sourcils, il était plus adorable que jamais.
- Sei ? chuchotait-il d'une voix rauque. Mais il est quelle heure ? Tu ne dors pas encore ?
Comme à son habitude, il se redressait et regardait le réveil sur la table de nuit.
- Il est deux heures du matin... Ça va pas bien d'être réveillé à une heure pareille, faut dormir maintenant.
Et il avait le geste le plus naturel, mais aussi le plus réconfortant pour Akashi qui était tiraillé par ses angoisses : il posait sa tête sur son torse, passait un bras autour de sa taille et l'enlaçait dans une étreinte tendre qui faisait disparaitre toutes ses pensées sombres.
- Bonne nuit, marmonna-t-il en se rendormant aussitôt.
Akashi pouvait alors se détendre et, comme si l'affection de Furihata était la plus belle des magies, il s'endormait à son tour, la tête et le coeur légers.
