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Blanket Fort

Summary:

Seijuurou repense à son enfance silencieuse et apprécie le bruit aujourd'hui constant autour de lui.

Notes:

(See the end of the work for notes.)

Work Text:

Il était rare que la première chose qui accueille Seijuurou après une dure journée de travail soit le silence complet. Il y avait toujours du bruit, malgré la taille imposante de leur maison (tout le monde disait que c'était un manoir, mais Seijuurou était persuadé qu'il fallait encore quelques agrandissements avant d'en arriver là). Que ce soit Kouki qui regardait une émission, de vieux amis qui venaient leur rendre visite ou leurs familles qui passaient la soirée chez eux, il y avait toujours du monde et donc du bruit.

Cet environnement avait d'abord été étrange pour lui. Il avait du mal à fonctionner dans le bruit et il avait l'impression de travailler correctement uniquement dans le silence, mais il avait fini par s'y habituer et même l'apprécier. Les bruits de vie, si différents du silence dans lequel il avait été élevé, lui rappelaient qu'il n'était plus seul. Lui qui avait toujours été écrasé sous le poids des responsabilités à cause de son nom de famille, il était aujourd'hui fier d'être un Akashi et de partager son nom avec les personnes qu'il aimait le plus au monde.

Il se demandait d'ailleurs où étaient les personnes en questions. Il prit le temps de se déchausser, d'enlever sa veste et de desserrer sa cravate avant de chercher sa famille.

- Je suis rentré, appela-t-il, sans réellement penser qu'il aurait une réponse.

Comme il s'y attendait, aucun son ne se fit entendre. Pas de voix, pas de pas, rien du tout.

Il se dirigea vers la cuisine pour se servir un grand verre d'eau et commença son exploration. Personne dans la cuisine, ni dans la salle de bain. Personne dans le jardin en train de s'occuper des parterres de fleurs ou de jouer sur la balançoire. Il se dirigea alors vers le salon, se demandant s'il était réellement seul, et s'arrêta en voyant ce qui l'attendait : une montagne de couvertures et de coussins empilées les uns sur les autres de sorte à ce qu'ils forment ce qui semblait être un château - ou plutôt une petite cabane tremblante qui ne tiendrait pas très longtemps.

- Hm, dit-il en entendant un petit rire étouffé. Je me demande où ils ont pu aller...

Il s'approcha du canapé et fit semblant de regarder autour.

- Personne ici. Peut-être derrière les rideaux ?

Le rire reprit de plus belle alors qu'il s'éloignait de la construction bancale pour regarder derrière les rideaux du salon.

- Toujours personne. Sous la table basse ?

Ce petit jeu continua cinq bonnes minutes jusqu'à ce qu'il s'approche finalement du tas d'oreillers.

- J'imagine qu'il ne me reste plus qu'à chercher ici.

Et sans crier gare il attrapa les couvertures au-dessus et tira, les faisant s'envoler et faisant crier les occupants de la cabane.

- On nous attaque !

Les cris se mélangèrent aux rires et Seijuurou repensa à sa propre enfance et à son adolescence. Toutes deux silencieuse, rythmées par les cours, les devoirs et les leçons. Sa seule échappatoire était le basket, mais même là il devait être meilleur que quiconque. Pourtant, ces bruits qu'il entendait et qui faisaient aujourd'hui partie de son quotidien étaient une mélodie qu'il désirait préserver plus que tout au monde.

Il retira une dernière couverture et le visage souriant de Kouki l'accueillit tandis que leur fils, Kai, leur petit démon, se redressait en prenant une pose menaçante pour le repousser. Seijuurou ne fit même pas semblant d'avoir peur, il le prit plutôt dans ses bras pour l'embrasser.

- Mais non, papa ! Tu dois avoir peur ! Tu comprends rien...

Kouki rit et Seijuurou sourit en voyant Kai croiser les bras et essayer de bouder alors qu'il avait du mal à calmer son rire, encore prit dans l'excitation de leur jeu.

- Mais papa ne peut pas comprendre le jeu, tu ne lui as pas encore expliqué, tenta Kouki.

- C'est vrai. Ok, vous vous cachez ici et moi je fais le monstre.

Seijuurou reposa Kai et comme indiqué, il se coucha par terre à côté de Kouki qui rabattit la couverture sur eux deux. Là, comme dans un petit cocon, Seijuurou avouait sans soucis qu'il n'avait jamais été aussi heureux. Alors quand son mari tourna la tête vers lui, il se laissa aller et l'embrassa, espérant lui faire parvenir tout son amour pour lui, leur fils, et la vie heureuse qu'il lui avait donnée.

Notes:

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