Chapter Text
Chapitre 1
La disparition du professeur Binns
Chaque jour, le Professeur Cuthbert Binns se dirigeait vers la salle d’histoire de la magie afin d’y dispenser ses cours. Il suivait inlassablement le même chemin depuis la salle des professeurs où il avait autrefois rendu son dernier soupir. Il empruntait le couloir, traversait les escaliers qui menaient à l’étage supérieur et, bien sûr, pénétrait dans sa classe par le tableau noir. Les élèves ignoraient que sa vie de fantôme était si monotone que même les jours où il n’enseignait pas, il venait s’asseoir à son bureau, toujours à heure fixe, afin d’y relire quelques chapitres de ses livres d’histoire favoris.
C’était un magnifique matin de printemps. Le ciel d’un bleu azur enveloppait de sa lumière les tours du château de Poudlard et faisait scintiller le lac comme un diamant. Cuthbert Binns ne regardait jamais au-dehors – pourtant, sa salle de classe était dotée de grandes fenêtres qui donnaient sur le lac, la cabane de Hagrid et la lisière de la forêt interdite. Les rideaux demeuraient invariablement tirés. Il était par conséquent difficile d’identifier ce qui, ce matin-là, lui parut singulièrement différent.
Pourtant, en pénétrant dans sa salle de classe, il eut l’impression que quelque chose avait changé et remarqua deux photographies sépia posées sur son bureau. Sur la première, un homme d’âge mûr aux yeux pétillants et doté d’une grande moustache était installé dans un fauteuil aux côtés d’un gramophone. Sur l'autre figurait une jeune femme élégante coiffée d’un grand chapeau piqué de fleurs, qui lui faisait de grands gestes de la main en le regardant avec douceur.
Cuthbert Binns contemplait la photographie de son père qui lui souriait. Il eut l’impression d’être transporté sur les genoux de ce dernier lorsqu’une musique de jazz très entraînante s'éleva du gramophone. Il devait avoir huit ou neuf ans. Père et fils regardaient un grand livre orné de magnifiques enluminures médiévales. « Et voici, mon petit, comment la lignée des Mérovingiens prit fin. Amelia, ma chérie, que disent les historiens sorciers de cette époque ? Sait-on si certains de ces rois avaient des pouvoirs magiques ? Ce serait amusant. »
Herbert Binns était un Moldu passionné d’histoire. Peu après la naissance de son fils, il avait découvert l’existence du monde magique, que son épouse lui avait jusque-là dissimulée par crainte de sa réaction. En effet, n’appréciant guère la solitude nocturne imposée par ses parents, le petit Cuthbert avait développé la faculté de briller dans le noir, devenant ainsi sa propre veilleuse – ce qui n’avait pas tardé à intriguer Herbert, pourtant très rationnel. Mais ce dernier n’avait aucunement mal réagi lorsqu’il apprit l’existence de ce monde inconnu. Au contraire, il ne se lassait pas de poser à son épouse mille questions sur la communauté des sorciers et son histoire.
Personne n’avait donc été étonné de constater que le jeune Cuthbert, en grandissant, se passionnait à son tour pour l’histoire. Sa thèse de fin d’études portait sur les nombreuses révoltes de gobelins. Le jeune historien avait intelligemment comparé le statut des gobelins au sein de la communauté magique à la situation des ouvriers moldus au cœur de la révolution industrielle. Lorsqu’il avait obtenu son poste à Poudlard, le professeur Binns avait cherché à observer cette rigueur scientifique chère à son père. Il avait connu des classes passionnées, des élèves brillants, des débats houleux.
Le fantôme posa son regard sur la deuxième photographie. La jeune femme, très belle, lui lançait un regard mélancolique. Il fut cette fois transporté dans une chambre d’hôpital. Les yeux inondés de larmes, son épouse le regardait, désespérée. « Encore une fausse couche, encore une… ça n’arrivera jamais, nous n’y arriverons jamais… ». Les mots de désespoir résonnaient dans l’esprit du professeur Binns comme s’ils avaient été énoncés la veille. Sa bien-aimée était décédée sans lui donner d’héritier.
Cuthbert n’avait jamais cessé de regretter de n’avoir eu ni fils ni fille à qui transmettre ce qu’il savait. D’autres auraient pu trouver dans ces épreuves une raison de se consacrer davantage à l’enseignement. Mais pas lui. Il avait poursuivi ses leçons, son enthousiasme s’émoussant progressivement. Sans plus changer une ligne à son programme, sans plus jamais répondre aux questions de ses élèves, il avait continué. Petit à petit, les mains avaient cessé de se lever, et plus personne n’osait interrompre sa litanie, qui se résumait à une énumération de faits et dates, sans passion ni surprise.
Et puis, un jour, il était mort. Certains individus observateurs avaient pu constater qu’il était déjà parti depuis longtemps. L'unique différence notable à présent était qu’il se rendait dans sa salle de classe par le tableau noir et non plus par la porte. Seuls les nouveaux, qui entraient en première année à Poudlard, étaient sensibles à cette originalité. Et seuls les plus impressionnables d’entre eux continuaient à s’en émouvoir au-delà de leur premier cours. Cuthbert n’avait lui-même jamais eu conscience d’un changement particulier lors de son décès.
La porte s’ouvrit soudain et un flot d’étudiants se déversa dans la salle. Leurs bavardages ramenèrent durement le professeur Binns à la réalité. Il commençait la journée par un cours sur les révoltes de gobelins du quatorzième siècle : son sujet favori et objet de sa thèse soutenue plus d'un siècle auparavant. Les Serdaigle de troisième année s’installèrent à leurs tables dans la salle mal éclairée, tandis que Binns se plaça derrière son bureau. Il prit la parole de son habituel ton monocorde sous les regards lointains des élèves.
-Kulprik le Hargneux, en s’engageant sur le terrain des négociations, avait bon espoir de trouver face à lui des adversaires à sa mesure…
Binns leva le regard vers les rideaux tirés de sa salle de classe. Il cligna des yeux et eut soudain la sensation de se trouver au cœur d’une atmosphère épaisse, obscure. Il était neuf heures trente du matin et le soleil devait briller au-dehors.
-Miss… heu…, s’adressa-t-il à la jeune fille assise en face de lui.
-Jones, professeur, répondit l’élève en ouvrant de grands yeux, surprise par l’interruption du professeur. Lucy Jones.
-Miss Jones, dit Binns en inclinant la tête sur le côté, pourriez-vous, sans vous commander, ouvrir ces deux rideaux ?
-Bien… Bien sûr, professeur, répondit Lucy en se levant de son pupitre. Elle jeta un coup d’œil inquiet à son voisin de table, qui semblait aussi interdit qu’elle.
La lumière se répandit dans la salle comme une cascade. Elle illumina les murs de pierre claire et les étagères qui supportaient de lourds volumes poussiéreux. Les tableaux représentant rois, sorciers célèbres et gobelins furent frappés d'un rayon de soleil direct qui fit grogner leurs occupants assoupis. Cuthbert Binns ferma les yeux de contentement. S’il avait été vivant, il aurait pris une profonde inspiration, comme un randonneur qui gagne le sommet d’une montagne. Il glissa hors de sa chaise et s’avança devant une des fenêtres. La jeune Serdaigle se tortilla, mal à l’aise.
-Je peux… Je peux aller me rasseoir, professeur ? demanda-t-elle d’un ton hésitant.
-Mmmh ? dit Binns d’un ton absent. Oui, oui bien sûr, Miss Jones, allez-y, je vous remercie…
Il y avait une cabane, non loin de la forêt, flanquée d’un grand potager dans lequel poussaient des légumes dont la taille paraissait disproportionnée. Il n’avait pas le souvenir de l’avoir remarquée de son vivant, lorsqu’il se promenait encore dans le parc. Cette petite maison existait-elle déjà, alors ? L’avait-il oubliée ou avait-elle été construite récemment ?
-Vous avez vu, dit-il en plissant les yeux. Sur le toit de cette cabane, il y a des oiseaux multicolores. C’est étrange. Que font-ils à Poudlard ?
Il ne remarqua pas que personne ne lui répondait, et que les élèves échangeaient des regards déconcertés.
-On dirait des oiseaux exotiques, reprit-il.
-Ce… ce sont les oiseaux qu’Hagrid a apportés pour son cours de soins aux créatures magiques, professeur, dit nerveusement un jeune homme. Nous n’avons pas encore eu de leçon les concernant, mais on m’a dit qu’ils venaient de Bolivie.
-Oh ! souffla Binns. Regardez, ils font des étincelles. Que c’est beau…
Puis, il se tourna vers l’élève qui avait parlé.
-Hagrid ? Ah, oui… Le garde-chasse. J’ignorais qu’il enseignait.
-Il est professeur de soins aux créatures magiques depuis un peu plus de dix ans, je crois, précisa Lucy.
Binns regarda les oiseaux s’envoler de concert et se diriger vers le lac. Il suivit des yeux ce ballet bariolé, et prit un air ravi lorsqu'ils filèrent en rase-mottes à quelques centimètres de la surface lisse et brillante de l’eau. Leurs couleurs vives se reflétaient dans ce miroir aquatique. Des gerbes d’étincelles dorées produites par les créatures enchanteresses illuminaient le plan d’eau sans jamais le troubler.
Les lèvres légèrement entrouvertes, le fantôme contempla cette scène irréelle. Il vit, en contrebas, Hagrid secouer quelque chose dans ses mains – comme une grande bassine – en poussant un cri rauque. Les volatiles multicolores effectuèrent une dernière figure aérienne au-dessus du lac puis revinrent se poser autour du demi-géant qui leur distribuait ce qui paraissait être des entrailles de poisson.
Binns se tourna brusquement vers les Serdaigle qui le fixaient toujours avec stupeur. Il se racla alors la gorge puis retourna à son bureau.
-Je vous prie de m’excuser. Où en étais-je donc ? Ah, voilà. Kulprik le Hargneux. C’était le premier qui avait vraiment compris que les sorciers ne plieraient pas et qu’il avait tout intérêt à devenir plus ingénieux. Par la suite…
Le professeur d’histoire ne trouvait plus ses mots. Son regard revenait irrésistiblement vers la fenêtre.
-La cabane que l’on voit dehors, c’est celle d’Hagrid ? s’enquit-il. Savez-vous à quelle époque elle a été construite ? Je ne la reconnais pas.
-Je pense qu’Hagrid a toujours habité dedans, répondit une petite blonde après un silence, haussant les épaules. Mais le toit est neuf, il a été reconstruit après l’incendie causé par les Mangemorts.
-Les Mangemorts… Les fidèles du mage Voldemort, c’est cela ? demanda Binns.
Les étudiants semblaient ne pas en croire leurs yeux. Leur professeur d’histoire était-il si peu informé des événements tragiques qui avaient déchiré l’Angleterre ?
-Pourquoi vous n’évoquez jamais Vous-Savez-Qui ? demanda un élève d’un ton accusateur.
-C’est vrai, ça. Pourquoi ne pourrait-on pas parler de la guerre en cours d’histoire ? renchérit un grand roux avec véhémence.
-Eh bien… Vous avez raison, c’étaient sans nul doute des événements importants… Malgré tout, j'ignore si je suis le mieux placé pour en parler, voyez-vous… Je n’ai pas été… vraiment présent, lors de ces conflits… dit Binns, réfléchissant.
-Parce que vous étiez présent lors de l’insurrection menée par Kulprik le Hargneux au quatorzième siècle ? demanda Lucy d’un ton dubitatif.
-Non, bien sûr, mais tout de même, j’ai consacré beaucoup de temps à l’étude de ces questions, tandis que Voldemort, je ne sais… Enfin… hésita-t-il.
À cet instant, la cloche sonna la fin du cours. Les élèves se levèrent lentement de leurs chaises en échangeant toujours des regards perplexes.
Resté seul dans la salle de classe, Binns ne bougea pas. Il ne repartit pas vers la salle des professeurs par le tableau noir pour attendre son prochain cours. Il contempla la pièce comme s’il la découvrait. Elle était baignée d’une lumière chaude et agréable. Dans un des tableaux, un sorcier à l’air hautain coiffé d’un gigantesque chapeau à plumes se plaignit de la lumière qui l’aveuglait.
-Je ne peux pas fermer les rideaux, mon pauvre ami, expliqua Binns. Je suis navré.
Il glissa une nouvelle fois près de la fenêtre. Les oiseaux multicolores s'étaient perchés sur le toit de la cabane de Hagrid et dormaient profondément, la tête nichée sous une aile. Binns pouffa en pensant qu’ils ressemblaient ainsi à des boules de Noël qu’on aurait accrochées à un sapin quelque peu défraîchi. Hagrid était occupé à laver les grandes bassines qui avaient contenu les entrailles de poisson. Le fantôme grimaça en voyant le garde-chasse s’atteler à une tâche si ingrate, odorante et visqueuse. Pourtant, il éprouva soudain quelque chose qu’il n’avait pas ressenti depuis très longtemps : il envia Hagrid. Le grand bonhomme s’affairait avec entrain.
Depuis quand Cuthbert Binns avait-il entrepris la moindre chose avec entrain ? Il soupira silencieusement en contemplant le paysage éclatant et il lui prit soudain la furieuse envie d’aller voir... Hagrid, les oiseaux, le lac ? Autre chose ? Le professeur l'ignorait, mais il avait en cet instant le sentiment qu'il lui fallait partir... Là-bas. Le fantôme baissa les yeux et remarqua avec mélancolie que sa forme spectrale ne faisait pas obstacle aux rayons du soleil qui frappaient les dalles de pierre grises. Il regarda une nouvelle fois par la fenêtre.
***
Dans la salle des professeurs, installée dans un fauteuil en cuir, Minerva McGonagall but une gorgée de son thé brûlant. En face d'elle, Filius Flitwick grignotait un scone en parcourant d'un air absent La Gazette du sorcier. Avec eux se trouvait Neville Londubat, assis à la table qui occupait le centre de la pièce.
Le jeune professeur de botanique buvait une substance que Minerva ne parvenait pas à identifier. C'était un liquide blanc et vert qui tourbillonnait sans cesse dans un grand verre transparent, comme si la boisson était mélangée par une cuillère invisible. Neville aspira une bonne partie du contenu du verre à l'aide d'une paille et Minerva ne put réprimer une grimace. Il feuilletait un magazine de botanique et leva les yeux au ciel en poussant une exclamation dédaigneuse.
Quelqu'un frappa à la porte de la salle.
-Entrez, dit Minerva.
Une élève de sixième année à la robe aux couleurs de Gryffondor, son insigne de préfet épinglé sur la poitrine, pénétra timidement dans la pièce.
-Je suis navrée de vous déranger, professeur McGonagall, commença la jeune fille, mais nous attendons le professeur Binns depuis maintenant trente minutes.
-Il n'est pas venu donner son cours ? demanda Minerva, très étonnée.
-Non, professeur. Doit-on attendre davantage ?
-Ce ne sera pas nécessaire, Miss Grant. Prévenez vos camarades, retournez dans votre salle commune et attendez-y votre prochain cours.
-Bien, professeur. Je vous remercie, dit la jeune fille avant de sortir de la salle.
Filius et Neville avaient tous deux levé la tête de leurs lectures respectives et contemplaient Minerva d'un air abasourdi.
-Qu'est-ce qui peut bien avoir empêché le professeur Binns ? demanda Neville en se grattant le menton. Ce n'est pas comme s'il pouvait oublier de se réveiller, ou souffrir de maux de ventre...
-Depuis aussi longtemps que je me souvienne, il n'a jamais dérogé à sa routine et n'a jamais manqué un seul cours ! ajouta Filius de sa voix aigüe.
-C'est très étrange, admit Minerva. Neville, pouvez-vous aller demander à l'ensemble de nos collègues s'ils ont vu Cuthbert, ou s'ils ont remarqué quelque chose d'inhabituel ?
La directrice jeta un regard sur le grand emploi du temps affiché au mur.
-Filius, pouvez-vous aller voir vos élèves de troisième année ? C'est avec eux qu'il devait commencer sa journée de cours, juste avant les Gryffondor, ajouta-t-elle.
Les deux professeurs acquiescèrent et quittèrent la salle d'un pas vif.
***
Le lendemain matin, Minerva McGonagall se rendit à nouveau en salle des professeurs. Elle poussa la porte qui s'ouvrit sur une pièce bondée.
-Chers collègues, je vous remercie d’avoir répondu à ma convocation avant que la journée de cours ne commence. Le professeur Binns est toujours porté disparu et nous n’avons aucune piste. Seuls les Serdaigle de troisième année nous ont appris quelque chose. Ils sont les derniers à avoir vu Cuthbert. Filius ? dit Minerva en se tournant vers le petit homme.
-En effet, commença le professeur Flitwick qui s'était hissé sur une chaise pour être vu et entendu de tous. Le professeur Binns s'est présenté à son premier cours de la journée, cependant, mes élèves m’ont décrit un comportement très étrange de sa part.
-Étrange, Filius ? demanda le professeur Vector en fronçant les sourcils. Étrange comment ?
-Il était très intrigué par ce qui se passait par la fenêtre. Il a demandé à ouvrir les rideaux, ce qui est très inhabituel. Il ne parvenait plus à énoncer sa leçon correctement, et vos oiseaux ont particulièrement attiré son attention, Hagrid.
-Mes Quetzals artificiers ? Ils sont magnifiques, non ? dit Hagrid avec fierté.
La plupart des professeurs hochèrent la tête en guise d'approbation.
-Mais ils peuvent provoquer des incendies destructeurs quand ils sont de mauvais poil. Ou plutôt de mauvaise plume… Si je les contrariais, la forêt interdite pourrait être rasée en deux heures ! ajouta-t-il avec affection comme s’il s’agissait là d’une raison supplémentaire pour apprécier ces oiseaux.
-Toujours est-il, reprit Minerva en jetant au garde-chasse un regard sévère par-dessus ses lunettes, que Cuthbert ne semblait pas dans son état normal. Les Serdaigle ont tous été frappés par l’interruption inhabituelle du cours.
-Que fait-on maintenant ? Aucun autre fantôme ne semble l’avoir vu. Je les ai tous interrogés, même le Baron Sanglant, fit Neville en frissonnant.
-Le Baron Sanglant n’est pas si effrayant, mon cher garçon, dit Horace Slughorn d’un ton rassurant. Il a simplement ses humeurs !
Neville marmonna quelque chose d’inintelligible.
La directrice s’assit dans un fauteuil en cuir et poussa un soupir de lassitude. Elle paraissait voûtée, ce qui contrastait avec son habituel maintien rigide.
-J’imagine que je vais devoir assurer ses cours d’ici à la fin de l’année, dit-elle en prenant son front dans ses mains.
-Vous assurez déjà l’intérim des cours de défense contre les forces du Mal depuis deux ans, Minerva. Vous allez vous épuiser, fit remarquer Alcea Chadwick, qui avait repris les cours de métamorphose.
-Avez-vous une meilleure solution à proposer, Alcea ? répondit la directrice d’un ton irrité. L’un d’entre vous souhaite-il enseigner l’histoire de la magie en plus de sa propre matière ?
Les professeurs se regardèrent et on entendit une mouche voler.
-C’est bien ce que je pensais, reprit Minerva.
Elle se caressa le menton d’un air absent.
-Il est évident que je souhaite recruter le plus rapidement possible pour le poste de défense. Mais pas n'importe qui. Et j’aimerais tout de même que Cuthbert revienne vite, conclut-elle.
Mais le professeur Binns ne reparut jamais. Il s’était volatilisé.
