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Matthew l'avait prévenue qu'une surprise l'attendrait en rentrant. Ils étaient toujours comme ça quand elle entrait dans la mauvaise période du mois. Aux petits soins rien que pour elle et, si cela avait eu tendance à la faire culpabiliser au début, elle n'avait définitivement pas l'habitude d'être ainsi au centre de l'attention, elle s'était résignée devant leur insistance et leur réassurance constante qu'ils le faisaient parce qu'ils en avaient envie et pas parce qu'ils se forçaient. Elle voyait bien qu'ils cherchaient par tous les moyens à rendre son quotidien plus aisé durant ces quelques jours et elle ne pourrait probablement jamais les en remercier assez, d'autant plus lorsqu'elle croisait leur regard désolé.
Mais, pour sûr, elle ne s'était pas attendue à cela.
Salut, trésor. Enfile le bandeau. Et ne triche pas ! disait le post-it sur la porte. Sur la poignée, une des cravates de Thomas pendait, attendant patiemment qu'elle suive les règles imposées par ses amants. Avec un sourire amusé, elle s'exécuta.
Bien sûr, ouvrir la porte fut un peu plus compliqué qu'à l'accoutumée de cette manière, mais elle y parvint et fut aussitôt récompensée par le bruit de pas qui se rapprochait d'elle.
Thomas. Elle sentit son parfum fruité avant de reconnaître sa main dans la sienne et sa bouche sur son front.
« Bonsoir, amour.
– Hey. Est-ce que je dois m'inquiéter ? demanda-t-elle sans toutefois retenir le léger gloussement d'excitation dans sa voix.
– Pas le moins du monde. Détends-toi et profite.
– Mh, je pense que je peux faire ça. »
Doucement, il la dirigea à travers l'appartement, une main sur sa taille, l'autre dans la sienne. C'était si bon de pouvoir s'appuyer contre sa silhouette rassurante et solide. Si bon qu'elle aurait presque pu s'endormir.
Une autre main rejoignit sa taille et le parfum épicé de Matthew explosa tout autour d'elle tandis qu'il embrassait sa joue.
« Tu as failli être en retard, lui murmura-t-il à l'oreille.
– En retard pour quoi ? »
Pour toute réponse, il retira la cravate de ses yeux, l'obligeant à plisser des paupières pour s'adapter à la lumière des bougies disposées un peu partout dans la chambre. Les différentes senteurs troublaient ses sens, mais pas autant que l'odeur de menthe qui envahit sa bouche quand Thomas se pencha pour y poser la sienne. Elle soupira d'aise, s'abandonnant toujours un peu plus dans son étreinte tiède.
« Si son Altesse veut bien se donner la peine. »
Elle tourna le menton vers Matthew, qui s'installait confortablement au milieu des coussins et des couvertures disposés sur le lit de sorte à créer une espèce de palais de douceur et de confort. Ni une ni deux, Emma se débarrassa de ses chaussures et de son jeans et grimpa pour le rejoindre, bientôt imité par Thomas. Tous trois se nichèrent dans les bras l'un de l'autre, leurs jambes intimement enlacées, leurs cheveux se confondant sur l'oreiller, auréolant leur front d'un mélange de blond, blanc et mauve.
« Le spectacle va bientôt commencer. »
Dans le ciel sombre, les étoiles se mirent à tomber, pluie de paillettes dorées dans les ténèbres de la nuit.
Pourtant, ce soir-là, c'était bien dans ses yeux qu'elles étaient les plus nombreuses alors qu'elle se laissait aller au sommeil, bercée par les respirations de ses amants.
