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Mon amour

Summary:

Matthew et Thomas regardent un documentaire. Et puis la soirée dérape légèrement.

Notes:

Jour 12 : Pangolin
Je devais écrire un truc marrant à la base... rien à voir au final. J'espère que vous aimez la guimauve du coup x)

Work Text:

Thomas aurait vraiment pu s'endormir ainsi, sa tête confortablement installée sur les genoux de Matthew, la main de ce dernier dans son dos, traçant des motifs aux courbes apaisantes et régulières. Il n'en était pas loin d'ailleurs. Il avait travaillé tout le week-end et essuyé plusieurs bagarres au bar, dont une qui s'était terminée aux urgences, dans un mélange de sang et d'injures qui auraient fait rougir même les plus aguerris. Il se sentait bien, là, recouvert d'un plaid et de l'affection distraite de son amant qui était davantage intéressé par le documentaire sur les pangolins à la télévision que par lui.

Il sourit, soupira un peu plus fort, laissant la tiédeur du bien-être l'envahir.

« Tu veux qu'on aille dormir ? demanda Matthew d'une voix qui indiquait nettement qu'il n'avait aucune envie de lâcher les explications monotones sur le régime alimentaire des bestioles.

– Mmmh non.

– Sûr ? T'es en train de t'endormir.

– Oui, mais je veux rester là. Avec toi. »

Il sentit, plus qu'il ne vit, le changement dans l'attitude du brun. Sa main se fit plus réactive dans son dos, se risquant même sous le t-shirt, volant un frisson au plus jeune, qui enfouit son nez dans la cuisse sous sa joue. Il remua, presque malgré lui, et se tordit un peu quand les doigts frôlèrent ses côtes, si près de son cœur qui cognait à tout rompre.

« Je te trouve bien réceptif pour quelqu'un qui s'endormait il y a à peine une minute, le taquina Matthew, un sourire on ne peut plus perceptible dans la voix.

– Et je te trouve bien impliqué pour quelqu'un qui était fasciné par la télé il y a à peine une minute, répondit le blond, grognant doucement lorsque la caresse se mit à pincer sa peau.

– Tu sais très bien qu'aucun documentaire ne sera plus fascinant que toi, mon amour. »

Thomas abandonna. Parce qu'il n'avait jamais vraiment eu l'intention de résister. Et parce que la bouche qui chercha la sienne lui donnait toutes les bonnes raisons du monde de ne pas le faire.

(Et parce qu'il en était incapable quand Matthew employait ce surnom. Et il le savait.)

Le documentaire bien vite oublié désormais, l'homme l'incita à se redresser, capturant ses lèvres en un baiser enfiévré, les mains sur ses hanches, lui refusant toute option de repli. Le tenant exactement là où il le voulait. C'est-à-dire au plus près de son corps, dont la chaleur s'échappait au travers de ses vêtements.

Et l'autre ne pouvait rien faire que se laisser manœuvrer comme une vulgaire poupée de chiffons, puisqu'il n'était plus que cela entre les bras de son aimé.

« Mon amour, murmurait-il, sa bouche ouverte contre la chair frémissante de sa gorge exposée. Mon magnifique amour, continuait-il inlassablement, ses dents esquissant les contours de son oreille. Mon splendide amour, achevait-il à moitié, sa langue goûtant les mille et une nuances au creux de sa nuque.

– Matthew, gémit Thomas pour simple réponse, parce que, vraiment, il ne pouvait pas, ne pouvait plus, se concentrer assez pour répondre quoi que ce soit d'autre.

– Mhmmmh, ronronna-t-il sans se détacher de lui, envoyant une myriade de vibrations sous son épiderme, qui résonnèrent et implosèrent jusque dans ses os. »

Quelque part derrière eux, la porte de la salle de bain s'ouvrit dans un chuintement que ni l'un ni l'autre ne perçut, tous leurs sens affolés et submergés par le moment.

« Est-ce que j'arrive pile au bon moment ? »

Ils sursautèrent de concert et, lorsque Matthew se retourna pour lui faire face, il fut aisé à Emma de constater à quel point Thomas était écarlate, du bout de son nez à la pointe de ses oreilles. Une vague de chaleur déferla dans son ventre. Son sourire ressembla à s'y méprendre à celui que le brun arborait et qu'il lui adressait fièrement.

« Tu ne pouvais pas tomber mieux. J'étais en train de dire à notre cher et tendre combien je l'aimais.

– Parfait. Laisse-moi juste finir de me sécher les cheveux et j'arrive. On est jamais trop de deux pour ça.

– Fais vite, trésor, j'ai bien peur de l'achever avant ton retour. »

Ils entendirent distinctement le gloussement de leur amante tandis qu'elle disparaissait à nouveau dans la salle de bain, mais Matthew ne perdit pas une minute pour basculer le corps du blond, de sorte à ce qu'il se retrouve allongé sur le dos, prisonnier entre ses cuisses autour de sa taille et ses mains de part et d'autre de ses épaules. Les louanges recommencèrent à couler de ses lèvres et Thomas s'y noya. Comme un pécheur se noyant dans l'eau bénite. Un damné se noyant dans les eaux du Styx.

Un passionné se noyant dans la mer d'un amour qui l'avait toujours dépassé, mais qui ne cessait de le rendre invincible.