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Category:
Fandom:
Character:
Additional Tags:
Language:
Français
Series:
Part 29 of Elayan's Bradbury Project 2021
Stats:
Published:
2021-07-16
Words:
2,853
Chapters:
1/1
Hits:
5

Les Rouages du Corps

Summary:

Delilah et Aimeric en viennent à discuter d'identité et d'humanité.

Notes:

[Projet Bradbury #28] Cette nouvelle a été écrite en une semaine seulement, et relue une seule fois avant publication.
Je pense que les réflexions sur ce qui définit ce qui fait ce qu'on est, et ce qui fait l'humain en général, c'est ce qui me pousse le plus à écrire. C'est un gros sujet, pas facile à aborder, et mes opinions ne sont de toutes manières pas bien claires dessus. Toujours est-il que Delilah et Aimeric sont un excellent prétexte à en parler ^^

Work Text:

La flamme était ténue et vacillante, mais suffisante pour éclairer les lieux. L'espace était si réduit qu'une simple lampe à huile faisait office. La lumière, déployée par les facettes de verre qui entouraient le projecteur, se réverberait sur les reliefs de métal des outils et des appareils qui encombraient la petite cave.

- Ne bouge pas, murmura machinalement Delilah.

Aimeric eut un sourire et maintint son bras tel qu'il était jusque là : parfaitement immobile sur la table. Il n'avait aucune raison de ralentir la réparation, même si la panne était bénigne. Delilah avait enfilé une paire de lunettes grossissantes et, malgré ça, se tenait penchée sur son ouvrage au point qu'Aimeric ne voyait plus que l'arrière de son crâne. Sa longue natte noire sinuait dans son dos, suivant mollement le tracé de sa colonne vertébrale.

Elle se redressa tout à coup. Elle retira ses lunettes et se frotta les yeux. Puis elle pivota sur son bassin pour s'étirer. Delilah avait l'air épuisée, mais Aimeric fut assez intelligent pour ne pas lui en faire la remarque à cet instant. Elle s'énerverait, sans aucun doute.

- Tu peux bouger les doigts ? demanda-t-elle.

Aimeric fit jouer toutes les articulations de ses doigts, chaque jointure à son tour. Sous la peau relevée de son poignet, les pistons et leurs minuscules rouages accompagnèrent les mouvements.

- Tout est en ordre, indiqua l'androïde.

Delilah lâcha un soupir satisfait. Un sourire de satisfaction éclaira temporairement son visage. Le sérieux l'assombrit à nouveau lorsqu'elle replaça les lunettes sur son nez. Elle déposa ses tournevis spéciaux, long et minces comme des baguettes argentées, dans leur étui de cuir. Puis elle rapprocha un petit appareil à souder. Elle profita du temps de chauffe de l'outil pour nettoyer la peau d'Aimeric, autour de l'endroit qu'elle avait ouvert, à l'aide d'un coton imbibé d'un produit qui sentait fort l'ammoniacque. Enfin, elle referma l'ouverture. La peau de l'androïde était d'un matériau particulier, constamment tiède et doux, qui fondait doucement à une certaine température. A l'aide du bon fer, il était possible de ressouder une peau ouverte sans laisser la moindre cicatrice. Delilah y parvint presque ; les deux légères marques blanchâtres étaient cependant suffisamment discrètes pour que personne n'y fasse jamais attention.

- Comme neuf, conclut-elle en faisant glisser ses doigts sur le poignet pour en vérifier les reliefs.

Elle reposa le fer dans son pied et tourna la tête vers Aimeric. Elle vit son éternel sourire s'étirer un peu plus que d'ordinaire. Delilah fronça les sourcils un bref instant, le temps de réaliser qu'elle portait toujours ses lunettes macroscopiques et que ses yeux devaient être comiquement grossis pour un point de vue extérieur. Elle les ôta avec une grimace.

- C'est ça qui te fait rire ? questionna-t-elle, amusée.

- Je ne riais pas, répondit Aimeric.

- C'est tout comme et tu le sais très bien.

L'androïde sourit encore davantage. Delilah roula les yeux, sans mauvaise humeur cependant. Ce genre d'échange ne lui déplaisait pas.

- Qu'est-ce que tu as là ? demanda-t-elle.

Elle venait de remarquer un point sombre sur la joue d'Aimeric, proche de son oreille. Elle y porta aussitôt la main. Son index ne rencontra aucune texture, son ongle ne souleva aucune tâche.

- Une brûlure ? suggéra-t-elle.

- Sans doute une étincelle, dit Aimeric. On découpe beaucoup de poutrelles de fer proche de mon poste, ces jours-ci.

Delilah hocha la tête gravement. Elle pressa sa paume contre la joue d'Aimeric, lui réclamant ainsi de tourner la tête. Il obtempéra, lui laissant tout le loisir de l'ausculter. A l'exception de ce grain de beauté sorti de nulle part, son visage était parfaitement identique à celui qu'il arborait déjà chez le docteur. La même mâchoire carrée, le même nez pointu, les mêmes lèvres minces, les mêmes joues effacées. Il reporta son regard sur elle. Ses yeux paraissaient à la fois plus sombres et plus brillants, mais peut-être était-ce un effet de la lumière chancelante.

Dans un geste miroir à celui de Delilah, Aimeric leva la main et la posa sur la joue du petit bout de femme qui se trouvait devant lui. Si elle avait toujours été maigre, les événements de Londres n'avaient rien arrangé. Delilah n'avait guère que la peau sur les os quand ils étaient arrivés à Cowdenbeath. Elle avait depuis retrouvé l'appétit, fort heureusement, elle reprenait progressivement du poids et des couleurs.

Aimeric se pencha sur elle pour l'embrasser. Ses lèvres effleurèrent à peine celles de Delilah. Leurs nez s'entrechoquèrent. La femme avait fait un pas en arrière et le regardait à présent avec de grands yeux surpris.

- Pardon, murmura Aimeric, je pensais le moment opportun.

- Tu m'as surprise, répondit doucement Delilah. Il n'y a personne à qui jouer cette comédie, ici.

- Ce n'était pas pour la comédie.

Delilah gloussa, visiblement décontenancée. Elle se tourna vers le matériel et se mit à ranger. Ses gestes étaient maladroits, au point qu'elle faillit renverser un bocal en verre.

- Pourquoi es-tu aussi gênée ? demanda Aimeric.

- Je ne suis pas gênée , mentit-elle. Je ne comprends pas pourquoi tu voudrais faire ça, c'est tout. Je réfléchis, je ne suis pas concentrée, ça me rend imprécise.

- Je peux te toucher, te serrer dans mes bras, t'embrasser, mais seulement si c'est pour l'apparence, énonça Aimeric comme s'il s'agissait de règles sportives. Mais pas pour essayer de te plaire ?

Delilah ferma sèchement le coffret métallique qu'elle tenait et le fourra sans délicatesse à sa place sur l'étagère.

- Tu n'as pas besoin d'essayer de me plaire, siffla-t-elle.

- C'est vrai, admit Aimeric.

Elle lui glissa un regard en coin. Elle était incapable de lire l'expression sereinement neutre sur le visage de l'androïde. Y avait-il seulement quelque chose à y lire ? Elle secoua la tête en soupirant, puis saisit la lampe à huile. Aimeric lui emboîta le pas dans la volée de marches qui les ramenait au rez-de-chaussée.

- Je pensais que tu aimais ça.

Delilah sursauta. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il insiste. Elle éteignit la lampe et la suspendit au crochet près de la porte de la cave. Le soleil n'était pas encore couché. Le salon baignait dans une chaude lumière.

- Je ne sais pas ce que tu attends comme réponse, marmonna-t-elle avec agacement. Si tu as une question en tête, pose-la, qu'on en finisse.

Aimeric ne répondit pas immédiatement. Il la regarda boitiller jusqu'à son fauteuil favori et s'y laisser tomber lourdement. La fatigue l'écrasait, ce n'était sans doute pas le meilleur moment pour ce genre de discussion. Néanmoins, il était curieux.

- Nous passons beaucoup de temps ensemble, commença-t-il. Plus que nous n'en passons avec d'autres. Ce sont des moments privilégiés et intimes… pourquoi vouloir réserver cette intimité à une façade ?

Delilah le dévisagea comme s'il avait deux têtes. Il se tenait debout, à quelques pas d'elle, et la regardait avec douceur. Elle se demandait s'il essayait vraiment de dire ce qu'elle avait l'impression de comprendre.

- Notre façade est celle d'un couple marié, répondit-elle avec lenteur. Nos actions publiques doivent être en adéquation avec cette prétention. Autrement, le doute est permis et, quand il y a suspicion, il y inquisition et, un jour ou l'autre, nous pourrions être découverts. Tu serais démantelé et j'irais en prison pour avoir gardé un robot illégal dans ma maison. Laquelle n'est d'ailleurs pas vraiment ma maison, se reprit-elle ensuite, puisqu'il s'agit en fait de ta maison de fonction. Je n'ai le droit d'y vivre que parce que tu m'as présenté comme ta femme.

- Je sais tout ça, et c'est justement du reste dont je parle.

Aimeric secoua la tête et détourna le regard quelques instants. Il semblait perdu dans la contemplation d'un reflet de lumière à la fenêtre. Il avait l'air pensif. Il avait l'air humain . Delilah ressentit un vif pincement au cœur. Chaque jour qui passait lui donnait l'impression d'oublier un peu plus qu'il n'était qu'une machine. Quand il revenait blessé, sa pensée allait d'abord vers le docteur avant de se souvenir qu'elle était le "docteur" d'Aimeric et que son cabinet se trouvait à la cave.

Elle savait que c'était de sa propre faute. Elle l'avait poussé à se trouver une attitude, un comportement et une façon de parler qui lui serait propre. Il devait avoir l'air humain, afin que ni l'un ni l'autre ne se fasse attraper par la police. Elle lui avait demandé d'observer attentivement les autres, d'apprendre et d'interpréter un rôle improvisé. Aimeric Silverbell, rescapé des massacres de Londres, à présent mineur, un parmi d'autres, dans un village perdu au milieu de l'Ecosse.

- Je pense que c'est bien pour nous, murmura Aimeric, sans détourner son regard de la fenêtre. Je suis convaincu que ça te plairait, à toi aussi.

Il haussa les épaules. Ses yeux gris se posèrent à nouveau sur elle. Il souriait comme s'il s'excusait.

- J'en ai juste… envie, admit-il avec un gloussement amusé.

Delilah n'en revenait pas. Elle se massa les tempes avec une grimace, tandis qu'une migraine commençait à se faire sentir. Elle se sentait fatiguée, incapable de lutter contre ses émotions contradictoires. Il avait raison : ça lui plairait. Mais il était plus qu'étrange de mettre ce désir en parallèle avec la réalité. Il était idiot d'avoir des émotions pour une machine. Un robot n'avait pas d'émotion. Il était programmé pour absorber des quantités d'informations, les traiter et en tirer des conclusions sous forme de décisions, en actes ou en paroles.

- Tu penses, soupira-t-elle alors qu'elle sentait une douleur inexplicable lui serrer l'estomac. Tu penses, tu es convaincu, tu as envie… C'est une illusion. Tu n'as rien de tout cela, pas de pensée, pas de conviction, pas d'envie. Tu n'as pas de sentiment, pas d'émotion… 

Elle se pinça les lèvres. Sa langue bougeait, mais ses mots n'étaient pas pour lui. Ils étaient pour elle-même, pour formuler à voix haute ce qu'elle avait besoin d'entendre pour se convaincre qu'elle n'était pas, vraiment pas, en train de bêtement tomber amoureuse d'une pièce d'équipement ménager.

Aimeric s'accroupit en face d'elle et lui prit les mains. Delilah garda les yeux résolument fixés sur ces quatre mains qui reposaient sur ses genoux. Elle n'avait pas la force de le regarder lui .

- Mon corps n'est pas celui d'un homme, admit Aimeric d'une voix douce. Je me contente de leur ressembler, bien que je ne sois que rouages, pistons et soufflets à l'intérieur. Mais tout ça, c'est de la mécanique, il n'y a que les docteurs pour interagir avec la mécanique humaine, je me trompe ?

Delilah fronça les sourcils et, malgré elle, leva les yeux sur lui. Un infime changement anima son visage. Son éternel sourire serein était toujours là, mais elle avait vu cette altération microscopique, inutile et pourtant réelle, quand il avait enfin obtenu son attention.

- Quant à ce qui se passe dans ma tête, continua-t-il, je ne peux pas l'expliquer. C'est bien trop complexe. Il fut une époque où les modules cognitifs étaient conçus et assemblés par de vraies personnes, mais ce n'est plus le cas depuis longtemps. Les meilleurs scientifiques robotiques ne sont plus capables de comprendre ce qui se passe dans un module cognitif. Les itérations successives ont créé trop de possibilités, trop d'abstractions. Je n'aurais pas l'arrogance de dire que c'est comme un cerveau, mais… ça s'en rapproche, au moins.

Delilah ouvrit la bouche pour répliquer, mais ne trouva pas les mots. La logique se tenait, elle n'avait pas de contre-argument. Aimeric, plus encore que les robots de grande distribution, avait dans la tête un appareil à la technologie si avancée qu'elle n'était plus humainement appréhendable. Elle devait admettre le rapprochement avec l'incroyable complexité de la pensée humaine. Cependant, se dit-elle soudain, ce n'était pas tout à fait le sujet.

- Et les émotions, dans tout ça ? lui demanda-t-elle. Vas-tu essayer de me faire croire que ton balancier à mouvement perpétuel vaut cette abstraction, parce que c'est ainsi que son animés tes composants ?

- Non, répondit tranquillement Aimeric. Je te demanderais de me décrire ce que sont tes émotions.

Elle fronça les sourcils, ce qui le fit sourire. De ses pouces, il traçait de doux cercles dans le creux de ses paumes. Le cœur de Delilah s'emballa l'espace de quelques battements. C'était quelque chose qu'il faisait souvent, un geste tendre qui était devenu une telle habitude qu'elle y prêtait à peine attention.

- Tes livres en parlent à toutes les pages, poursuivit l'androïde, et plus ils en parlent, plus tu les apprécies. Peur, honte, joie, amour… ils ont des raisons d'être et des effets parfois visibles. Souvent c'est le cœur qui bat plus fort, la respiration qui s'accélère, le sang qui monte aux joues ou, au contraire, s'en retire… 

- Aimeric…

- Ce sont des défauts, continua-t-il sans lui laisser la possibilité de l'interrompre. Vous le dites tout le temps. J'entends parler de sensiblerie comme si c'était une tare, de manque de sang-froid comme si c'était un trait exemplaire à rechercher. Mais tes livres, Delilah, disent tout l'inverse !

Pour la première fois ce soir, elle eut un sourire. Un sourire attendri qui chassa un peu la fatigue et la perplexité de ses traits. Elle libéra l'une de ses mains.

- Oui et non, dit-elle en la posant sur la joue d'Aimeric. Ce n'est pas qu'on cherche à ne pas en avoir, bien au contraire. Une émotion, c'est… c'est ce qui me donne l'impression que je suis en effet en vie, que je suis moi . Si on a tendance à rejeter les émotions des autres, ajouta-t-elle en agitant sa main libre comme si elle chassait un moucheron, c'est parce qu'il est facile d'avoir de l'empathie et de ressentir quelque chose à son tour, pour accompagner l'autre. Vois-tu, une émotion, c'est si fort et intense, mais surtout si personnel, qu'on est gêné de partager une émotion qu'on a pas désirée.

Aimeric hocha lentement la tête. Rien ne se lisait sur son visage, mais Delilah le connaissait suffisamment pour savoir qu'il digérait l'information et essayait de lui donner un sens. C'était très abstrait et, par là-dessus, elle avait conscience que son explication était incomplète. Probablement qu'elle était aussi empreinte de sa propre compréhension de ses propres émotions.

- Les livres te procurent des émotions, murmura Aimeric avec un dernier acquiescement, plus franc.

Il se redressa tout à coup. Il jeta un regard à la pile de bouquins sur le guéridon tout proche. Puis, il se tourna à nouveau vers Delilah et se pencha sur elle pour l'embrasser. Cette fois, Delilah ne tenta pas de s'échapper. Il s'appuyait d'une main sur le dossier du fauteuil, lequel grinçait sous le poids de l'homme de métal. Elle sentait la tiédeur de son poignet qui effleurait son oreille. Elle sentit son autre main se poser sur sa taille, empoigner gentiment sa chair. Le baiser était aussi délicat que d'ordinaire, mais fut de très courte durée. Cependant il ne s'écarta pas. Il resta là, penché sur elle dans cette position étrange, les yeux plantés dans les siens.

- Tu as des émotions, lui souffla-t-il avec un sourire satisfait.

Delilah rougit violemment. Elle eut la volonté de ravaler tous ces sentiments impossibles, contre nature, mais ne parvint qu'à empirer ses symptômes. Sa respiration était courte, sa peau brûlante, ses pupilles dilatées.

- Moi aussi, dit-il ensuite en se redressant enfin. 

Il fit quelques pas en arrière et joignit les mains dans une posture étrangement humaine de malaise et de vulnérabilité.

- Quand je dois te parler d'un sujet qui t'es sensible, tous mes systèmes s'emballent, expliqua-t-il. Mes pensées fusent dans toutes les directions et je dois souvent choisir entre plusieurs décisions contradictoires. Je m'agite : j'interromps des gestes à peine commencés, je commence des actions sans les finir… Je surchauffe et je ventile parfois au maximum de mes capacités pour compenser. Ce genre de chose ne m'arrive jamais ailleurs qu'en ta compagnie.

Delilah cilla, la bouche entrouverte de surprise. Elle avait déjà remarqué ce dont il parlait. Il avait parfois besoin de temps pour lui répondre et elle voyait sa bouche remuer imperceptiblement. Rarement, il restait figé à une même place, incapable de décider du prochain mouvement à effectuer. Il était souvent plus chaud qu'il ne devrait et son soufflet thoracique faisait circuler l'air bruyamment. Elle avait attribué tout ça au fait qu'Aimeric était un prototype, il fallait s'attendre à ce que, parfois, il ait des impairs. Mais jamais elle n'aurait imaginé que ce serait exclusivement en sa présence.

- Tu passes des journées entières à la mine, dit-elle en se levant à son tour. Tu dissimules ce que tu es auprès de dizaines d'hommes qui mangent et boivent, au risque qu'ils découvrent que ce n'est pas ton cas, au risque qu'ils te démontent… Et tu es en état de stress uniquement ici, avec moi, lorsque plus rien ne te menace ?

Il haussa les épaules, impuissant.

- Je ne me l'explique pas, souffla-t-il.

Delilah s'avança vers lui et saisit son visage entre ses mains. Il était brûlant. Il respirait si fort que l'air qu'il exhalait sifflait comme une brise douloureuse. Ses pupilles s'ouvraient et se resserraient alors que son regard peinait à se fixer en un point du visage de Delilah. Celle-ci se mordit la lèvre inférieure et secoua la tête, avant de se hisser sur la pointe des pieds pour l'embrasser à son tour.

- Je ne sais pas ce que tu es, Aimeric, lui dit-elle avec gravité, mais je ne crois pas pouvoir encore dire que tu es un robot.

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