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Tu fais partie de la famille

Summary:

Depuis trois ans, Bruce est invité à chaque réveillon à la table des Odinson, parce qu'il est le meilleur ami de Tony, qui est lui-même le petit-ami de Loki, et parce que Frigga ne peut tout simplement pas lui résister.

Et, bien sûr, Bruce ne peut que tomber sous le charme de l'aîné de la fratrie, Thor, qui a le sourire le plus doux qu'il n'a jamais vu.

Notes:

Ce texte était normalement pour l'anniversaire de Bruce (le 18/12), sauf que écrire en ce moment pour moi est assez compliqué, donc voilà, avec un peu de retard... joyeux anniversaire Brucie !

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Il n’était que cinq heures de l’après-midi lorsque Frigga et Thor rentrèrent des courses, les bras chargés de paquets débordant de victuailles pour la soirée et une mince couverture de neige sur les épaules et le sommet de la tête, pourtant, le soir était déjà tombé et le ciel sombre se paraît de ses plus belles étoiles. Qui disparaîtraient bientôt néanmoins, car, déjà, l’horizon se couvrait de nuages lourds. Bruce, jusque là occupé à déballer des décorations d’un vieux carton sentant la poussière et les souvenirs anciens, releva la tête pour leur sourire par-dessus son épaule.

« Bruce ! » Une fois les mains de nouveau vides, Frigga retira son manteau et secoua ses longs cheveux blonds, d’où une pluie de flocons s’échappa et tomba sur le sol immaculé. « Je suis désolée, avec tout ce givre sur la route, il nous a fallu une éternité pour rentrer. Tu n’as pas attendu trop longtemps, j’espère ?

– Oh aucun problème, madame Odinson. Je suis là depuis une demi-heure à peine et j’ai trouvé de l’occupation. »

D’un geste, il désigna les guirlandes et les couronnes de Noël qu’il avait étalées un peu partout autour de lui pour les secouer de leur léthargie forcée. Certaines semblaient ne pas avoir vu la lumière du jour depuis des décennies.

« C’est Loki qui t’a refilé sa corvée de décorer la maison ? Où est-il d’ailleurs ?

– Dans sa chambre avec Tony », répondit-il aussitôt, amusé par le roulement d’yeux de la mère de famille tandis qu’elle attrapait les bouteilles et les mettait au réfrigérateur. « Je n’ai pas eu l’occasion de pouvoir décorer chez moi », continua-t-il un peu plus bas, comme s’il n’était pas tout à fait à l’aise d’avouer ce que tout le monde savait déjà – comme s’il existait encore une personne qui ignorait que Bruce Banner n’avait plus personne avec qui fêter Noël et qu’il n’avait absolument pas les moyens de se payer des décorations et encore moins un sapin pour égayer son minuscule appartement. Après tout, ce n’était pas pour rien qu’il avait passé les trois dernières années à la table des Odinson pour le réveillon parce que Thor et Frigga avaient tous deux un cœur immense et n’avaient pu se résoudre à le laisser seul en un moment censé être convivial. « Alors je me suis proposé pour le faire ici.

– C’est adorable, merci, Bruce. Même s’ils auraient tout de même pu te donner un coup de main.

– Vous savez bien qu’ils ne sont d’aucune utilité quand ils sont tous les deux. »

Elle pouffa de rire.

« C’est vrai, c’est vrai. Mais peut-être que Thor, tu pourrais aider Bruce ? Ça va toujours plus vite à plusieurs, et c’est tout de suite plus amusant. »

Bruce voulut ne pas croiser le regard de Thor. Pas tout de suite en tout cas, pas immédiatement. Mais sitôt qu’elle prononça son prénom, ses yeux cherchèrent ceux du jeune homme et il sut qu’il était perdu quand le bleu l’enveloppa de sa tendresse et de sa chaleur. Thor avait les yeux les plus doux que Bruce n’eût jamais vu. Et quand, par certaines nuits particulièrement dénuées d’étoiles où il ne trouvait pas le sommeil et que ses pensées, traîtresses, finissaient immanquablement par suivre un chemin connu sur le bout des doigts, le bout du cœur, il ne pouvait que se dire que c’était parce qu’il les avait volées dans l’unique but de les laisser briller dans cette nuance unique de bleu qui, à présent, lui souriait.

« Salut, Bruce. »

Sa voix était à l’image de son corps, imposante et puissante et impossible à ignorer. Et, malgré tout, il parvenait à se débrouiller pour la rendre légère et sereine. Presque discrète. Il se félicita intérieurement d’avoir eu la présence d’esprit de s’appuyer contre le canapé, sans quoi il était à peu près certain que ses genoux auraient purement et simplement cédés sous la vague de chaleur qui déferla dans ses veines au mélange du regard et du sourire et de la voix de Thor, le tout dirigé à son intention.

« Bonjour, Thor. »

En comparaison, sa propre voix était minuscule. Il était minuscule face à ce géant aux épaules larges comme le monde et à la stature aussi haute qu’une montagne. Une montagne de gentillesse comme il n’en avait jamais connue auparavant.

« Et Odin ? reprit Frigga alors que le silence s’était installé autour d’eux. Je pensais qu’il était rentré.

– Des voisins un peu plus bas dans la rue ont eu un problème avec leur voiture, il est parti les aider.

– Vous ne l’entendrez pas ronchonner au moins. Il y a des cookies dans le four et du chocolat si vous voulez le faire fondre dans une casserole. Je te laisse t’occuper de notre invité, chéri, j’ai de quoi à faire à l’étage, les informa-t-elle, attrapant d’une main qu’elle se voulait discrète le rouleau de papier cadeau qu’elle dissimula derrière son dos.

– Merci, madame Odinson.

– Combien de fois t’ai-je demandé de ne plus m’appeler comme ça ?

– Beaucoup trop pour que je puisse les compter, reconnut-il avec un sourire d’excuse.

– Et tu continues malgré tout.

– Bruce est un garçon très poli, maman, intervint Thor avec un clin d’œil complice à l’intention de son ami.

– Au moins un dans cette maison. Soyez sages. »

Et elle disparut, les laissant enfin seuls dans le salon trop grand qui leur paraissait soudain beaucoup plus petit avec tous les cartons et les décorations qui traînaient. Sans compter la carrure du blond qui bloquait une partie de la lumière provenant du lustre.Bruce baissa aussitôt le menton sur un fouillis de guirlandes emmêlées, comme s’il revêtait un intérêt irrésistible jusque là ignoré. Il l’entendit, plus qu’il ne le vit, s’approcher, mais ne put s’empêcher malgré tout de sursauter lorsqu’il arriva à sa hauteur et que sa main entra dans son champ de vision pour s’emparer du nœud et entreprendre de le délacer. Le brun osa un rapide regard de sous ses cils.

« Elle croit encore qu’il est nécessaire que nous ne sachions pas que c’est elle qui emballe les cadeaux, lui raconta Thor de son timbre de miel, les gestes lents et calculés, tout comme son débit de parole. »

Bruce se surprit à incliner la tête dans sa direction, les battements de son cœur bercés par la mélodie de sa voix.

« Quand nous étions petits avec mon frère, nous l’avons surprise un jour alors que nous voulions nous cacher dans sa chambre et elle nous a assuré qu’elle était un des lutins du Père Noël et que c’était pour cette raison qu’elle emballait les cadeaux. Bien sûr, à l’époque, nous l’avons crue. Nous n’arrêtions pas de lui poser des questions. Sur le Père Noël, sa fabrique, son traîneau, ses rennes, les autres lutins, si elle les connaissait, ce qu’ils faisaient le reste de l’année, si la liste des méchants enfants existait réellement. Heureusement qu’elle n’a jamais existé, je ne crois pas que nous aurions eu beaucoup de cadeaux durant notre enfance. »

Il souffla en un rire semblable à un nuage et Bruce l’imita, observant ses doigts venant à bout de l’enchevêtrement de câbles, qui tombèrent à leurs pieds en une série de claquements tandis que les ampoules étaient libérées. Avec un geste en direction du sapin, ils s’accordèrent pour y enrouler toute la longueur de la guirlande, de la pointe jusqu’aux branches les plus basses. Une fois allumée, l’arbre étincelait de mille feux, si bien qu’ils éteignirent le lustre et profitèrent des éclats multicolores qui dansaient et clignotaient sur les murs et leurs vêtements.

« Je suis sûr que tu étais un enfant de chœur, finit par déclarer Bruce, à la fois parce qu’il le pensait, mais aussi pour le taquiner – et par curiosité, peut-être. »

Depuis les quelques années qu’ils se côtoyaient, ils n’avaient jamais eu réellement l’occasion d’avoir la moindre conversation en tête-à-tête et il était de certains sujets que l’on préférait aborder dans l’intimité d’un salon seulement éclairé par des décorations de Noël poussiéreuses. Bruce en savait quelque chose.

« Disons que mon frère était plus doué que moi pour imaginer des bêtises, mais j’étais le premier à le convaincre de les faire. Je n’étais pas exactement l’exemple du grand frère idéal, avoua-t-il en se passant une main sur la nuque, à travers ses cheveux blonds qu’il semblait vouloir laisser pousser et qui lui tombait un peu sur les yeux.

– À quoi servent les grands frères sinon à entraîner les petits ? »

Thor approuva d’un rire qui réchauffa la pièce. Et l’intégralité du corps de Bruce.

Il ne se souvenait plus précisément du moment où il avait commencé à éprouver de l’attirance pour le blond. Un jour, il se croyait tranquille dans sa petite vie ordonnée sans l’ombre d’une potentielle relation amoureuse et, le lendemain, c’était le réveillon de Noël et Frigga avait pris grand soin de le placer à côté de son aîné à table et Bruce ne savait plus quoi faire de lui-même à part rougir et bégayer et regarder partout à part dans les yeux d’un bleu hypnotique qui lui donnait les mains moites. À cette époque, c’était aussi le premier réveillon de Tony en tant que petit-ami de Loki et non plus comme meilleur ami, aussi, tous les regards avaient été rivés sur eux, pour le plus grand soulagement de Bruce, qui avait enchaîné les verres d’eau dans l’espoir inutile de reprendre ses esprits.

Il avait fini la nuit dans le canapé où il était aujourd’hui assis, les yeux rivés au plafond, le sommeil loin de vouloir de lui, à se demander ce qu’il était censé faire. S’il était censé lui en parler ou si, au contraire, il ferait mieux d’oublier et passer à autre chose.

Il avait choisi la deuxième option. Son cerveau avait choisi la deuxième option.

Son cœur, lui, s’était contenté de l’ignorer superbement pour préférer ne penser qu’à Thor. C’était ridicule, le nombre d’heures qu’il passait à penser à lui et à ce qui pourrait arriver, ce qui pourrait se passer, si seulement il osait lui dire ce qu’il ressentait.

Mais cela n’aurait été que plus douloureux encore, plus douloureux que la situation ne l’était déjà. Alors il s’était résigné, avait trouvé une sorte de compromis.

Il pensait à lui en silence. Pensait à lui quand il était seul, quand personne n’était susceptible de repérer ses petits sourires qu’il avait autrefois tenté de réprimer, sans le moindre succès. Pensait à lui à l’abri de l’obscurité des nuits sans étoiles.

Et priait pour qu’il ne sût jamais ce que son cœur renfermait et saignait de lui avouer.

« Loki- », commença le jeune homme avant de s’arrêter brusquement, comme si, en plus de surprendre Bruce, il s’était surpris lui-même. Il s’humecta les lèvres, se mit à ronger celle du bas, les yeux fuyants et c’était bien là une vision étrange. Lui d’ordinaire si assuré, si confiant. Il paraissait presque timide. Bruce attendit patiemment qu’il reprît. « Loki m’a conseillé d’accrocher du gui quelque part dans le salon et de me débrouiller pour t’attirer dessous, mais je- »

Tandis qu’il prenait une nouvelle pause, autant pour respirer que pour recommencer à mâchouiller sa lèvre, Bruce en profita pour analyser sa dernière phrase, qu’il était persuadé d’avoir entendue de travers, parce que, assurément… il ne pouvait que l’avoir entendue de travers, n’est-ce pas ? L’attirer sous le gui. Il essayait de chercher d’autres significations, d’autres explications, mais il n’en voyait qu’une, une seule, et il n’arrivait pas à savoir si elle le comblait de joie ou s’il allait défaillir d’un instant à l’autre.

L’attirer sous le gui.

Pour l’embrasser. C’était ce qui dansait sous son crâne.

L’embrasser, l’embrasser, l’embrasser.

Sous le gui.

« J’y ai pensé, reprit enfin le blond, la voix de plus en plus basse, sûrement vaincu par le silence de Bruce. J’y ai réfléchi toute la journée, mais… mais, au final, ça me semblait plus quelque chose que mon frère aurait fait, pas moi. Parce que lui aurait su s’en sortir. Tout le monde croit que je suis celui le plus à l’aise avec… ce genre de choses. Pas du tout. Ç’a toujours été Loki. Sûrement pour cette raison qu’ils font la paire avec Tony, plaisanta-t-il dans un rire. »

Enfin, ses yeux se posèrent sur Bruce. Il les sentit plus qu’il ne les vit, parce que les siens étaient rivés sur la petite branche que Thor tenait entre ses doigts et qu’il avait trituré tout le long de son discours.

Une branche de gui.

Pour l’embrasser.

« Tout ça pour dire que j’ai- je… j’aimerais beaucoup t’embrasser, Bruce. »

Ses pensées et les mots du blond coïncidèrent soudainement dans sa tête et les yeux bruns se relevèrent aussitôt pour trébucher dans l’océan. Un océan calme et profond et recouvert d’un voile scintillant semblable aux miroitements multicolores du soleil à la surface d’un lac durant un après-midi d’été. Il pouvait presque sentir la brise légère sur sa peau, où une pluie de frissons s’abattit avec fracas.

« Moi aussi, s’entendit-il répondre sans réellement en avoir conscience. »

Il sentit aussi ses lèvres s’étirer en un large sourire quand le visage de Thor se détendit d’un seul coup et qu’il souffla comme après avoir retenu sa respiration pendant des heures.

Du bout des doigts, il attrapa la branche de gui, tressaillant quand sa peau entra en contact avec celle de Thor, et la souleva au-dessus de leur tête. Le blond le regardait comme s’il n’avait jamais rien vu d’aussi extraordinaire de toute sa vie, comme si le monde avait été créé dans l’unique but de les conduire à ce moment précis. Bruce n’eut que le temps d’inspirer et de fermer les yeux, car, déjà, les mains de Thor enveloppaient ses joues et sa bouche était sur la sienne.

Ce n’était pas son premier baiser et une partie de lui en fut déçue, parce que c’était exactement ce que toutes les comédies romantiques et tous les romans à l’eau de rose lui avaient promis que son premier baiser serait.

Malheureusement, il se termina beaucoup trop vite à son goût, Thor s’éloignant pour reprendre son souffle alors que lui-même était hors d’haleine comme après avoir couru un marathon. Il tremblait légèrement aussi. Mais les larges mains sur son visage l’empêchèrent de tomber à la renverse, le maintinrent exactement là où il voulait être, là où il se sentait plus heureux qu’il ne l’avait jamais été. Leur front reposèrent l’un contre l’autre, le nez de Thor frottant le sien en un geste affectueux.

« Ma mère t’a tricoté un pull. »

Bruce émit un petit rire en comprenant de quel pull il s’agissait.

« Le même qu’elle vous oblige à porter, Loki et toi ?

– Yep, confirma le blond en riant à son tour, son souffle chaud s’écrasant sur la bouche de Bruce. Le même qu’elle a fait à Tony aussi. » Il souriait toujours, mais sa voix reprit un sérieux qui fit frissonner le brun. « Je crois que c’est officiel maintenant.

– Quoi ? murmura-t-il si bas qu’il s’entendit à peine. »

Thor inclina la tête pour l’embrasser une nouvelle fois et Bruce faillit ne pas entendre sa réponse tant son cœur cognait à tout rompre à ses oreilles. Pourtant, il l’entendit, et il se jura que, à compter de ce jour, si quiconque lui demandait si la magie de Noël était réelle, il n’aurait qu’à se tourner vers son petit-ami pour savoir que oui, elle l’était, aussi cliché cela pouvait être.

« Tu fais partie de la famille. »

Notes:

Je les adore tellement tous les deux uzefihuierf ils sont si adorables !

(Et, évidemment, Tony et Loki vont être absolument insupportables avec eux à partir de maintenant. Et Frigga sera aux anges. Et Bruce s'en fout parce qu'il a le petit-ami de ses rêves. Et Thor est juste heureux d'avoir toute sa famille réunie autour de lui. De la GUIMAUVE DE NOEL.)