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Day 2 : Justicier ou vilain

Summary:

> Tododeku week 2024 : 1 jour, 1 thème (one shot)
> Dans l'espace, là o les étoiles et les planètes prennent une grande place, Izuku et son équipe tentent de faire régner la paix et la protection. Cependant, depuis plusieurs semaines un vilain s'amuse à tout détruire autour de lui, semant la destruction et la peur. Lorsque Izuku arrive enfin à le capturer, il entame un dialogue avec lui pour l'apaiser. Shoto est meurtri par sa famille, il veut voir les espoirs de son bourreau partir en miette. Mais c'est sans compter la gentillesse et la compréhension du bouclé.

Notes:

Jour 2 :
- | AU : justicier ou vilain
- | thème : enemies to lovers
- | "vous êtes endommagés, brisés et désarticulés. Mais les étoiles filantes et les comètes le sont aussi." - Nikita Gill

Work Text:

Alors que le vert déposa son sac sur le siège, l'alarme retentit de nouveau dans la salle. C'était un bruit assourdissant, horrible qui donnait mal à la tête. Mais à force de l'entendre, Izuku n'en avait plus rien à faire.

– Il est dans le secteur 8 !

Sans attendre une seconde de plus, le bouclé reprit son sac et mit sa combinaison d'une traite, avant de sauter dans son vaisseau et partir. A l'oreille, son amie Ochaco lui donna les directives et les informations qu'ils devaient connaître.

"L'étoile 42, 12 et 98 ont été anéanties. Il a commencé à s'attaquer à la planète K-26."

– Arh, sérieux.

"Il faut que fasses attention, il est immunisé contre l'air mais pas toi."

Izuku fonce vers l'endroit indiqué afin d'aller attraper cet homme, qui depuis des semaines et des semaines détruit tout sur son passage. Une à une les étoiles y passent, les planètes sont abîmées et même détruites pour certaines.

Le bouclé a consacré sa vie à aider les gens, à porter secours à la population, à protéger les planètes et les étoiles. Mais maintenant, il se devait de capturer cet homme destructeur. En ce moment, tout semblait pire. L'homme dont il ne connaissait rien, semblait être déchainé plus qu'à l'accoutumé.

C'était mentir si le vert disait qu'il n'avait pas peur. En fait, il était mort de trouille. Sur l'une des étoiles reposait l'âme de sa défunte mère, beaucoup de personne dans son entourage le savait, mais si cela arrivait aux oreilles de l'homme, alors il irait la détruire sans hésitation.

Et ça, ça avait le don de faire flipper Izuku. C'était limite devenue une angoisse quotidienne qui tentait de loger au fond de lui. Parce que pour lui, la sécurité de l'espace était plus importante que tout, il devait aider ses gens qui se faisaient attaquer sans n'avoir rien demandé. Il devait éloigner la menace le plus vite et le plus loin possible, avant que tout ne devienne poussière.

Tout ce qu'il savait sur cet homme, c'était qu'il agissait seul. Complètement seul. Ca paraissait fou pour Izuku, et pour toute son équipe mais à lui seul, il détruisait tout ce qu'il souhaitait sans mal.

"J'ai perdu sa trace, son dernier mouvement est à ces coordonnées."

Aussitôt, le tableau de bord affiche des nombres à la suite. Izuku se dirige à l'endroit indiqué le plus vite possible, parce que de nouveau il ne veut pas perdre sa trace. Il ne veut pas arriver sur les lieux et ne rien trouver, encore une fois. C'est déjà arrivé beaucoup trop de fois, cette fois-ci il va l'avoir.

"Tu devrais te calmer Izuku, ton rythme cardiaque est trop haut. Si tu continues tu devras rapidement faire demi-tour."

A ces mots, le bouclé essaye de suivre les consignes que lui donne son amie dans l'oreillette. Il respire un grand coup, souffle et recommence en détendant ses épaules et ses muscles.

Il pourrait détester le destructeur au plus profond de son âme, pourtant une part de lui veut le sauver. Pour lui, cet homme n'est pas comme ça simplement parce qu'il le souhaite, il sent au fond de lui que c'est une personne qui a besoin d'être sauvé. Il le sait, l'âme de ce destructeur doit crier à l'aide, c'est la seule explication qu'il a trouvé pour ne pas devenir fou.

Alors qu'il arrive sur les lieux, il se détache de toutes ces ceintures qui semblent l'étouffer de plus en plus. Puis il enclenche l'ouverture de son vaisseau, il n'oublie pas de s'y attacher pour ne pas sombrer dans l'espace qu'est la galaxie.

Aussitôt, au loin il voit la silhouette de cet homme qu'il reconnaît sans mal. Même s'il n'a jamais vu son visage, il reconnaît ses vêtements, sa corpulence et surtout les pouvoirs qu'il utilise. Du feu et de la glace, simplement ça. Pourtant, ces pouvoirs qui paraissent simples créent la panique et sèment la terreur dans l'entièreté de la galaxie.

Avec l'aide de ses propres pouvoirs, Izuku se projette sur son ennemi. Le câble qui le tient s'allonge au fur et à mesure de son avancée, il tend la main et est persuadé d'avoir enfin attrapé cet homme. Mais il n'en est rien.

L'homme aux vêtements sombres, qui n'a même pas besoin de porter de casque ou de masque pour respirer convenablement dans cet espace, se décale d'un mouvement net et sec avant que le vert n'ait le temps de l'attraper.

D'un geste abrupt, Izuku lance son alter afin de l'emprisonner. Mais encore une fois, il est trop fort. Le destructeur s'échappe et arrive même à lancer une attaque de glace. Le justicier arrive à l'esquiver de justesse en soufflant bruyamment. Il pense s'en sortir moins difficilement que d'habitude, pourtant la chance n'est pas de son côté aujourd'hui.

Le câble qui le maintient, et qui par la même occasion est sa seule chance de rentrer en un seul morceau, se brise sous l'effet de la glace. Il était pourtant sûr que cette liaison allait contrer les attaques, mais c'était sans compter le cou de chaleur qu'avait envoyé le destructeur, faisant fondre cette corde d'acier.

A cet instant, Izuku sent son corps flotter dans cet espace si grand et si vide, sans cette corde qui le maintient. Et il est pris d'une angoisse sans nom, il sent son cœur battre plus vite et son esprit s'embrouiller. Et s'il n'arrivait pas à revenir ?

"Izuku calme toi, je t'en prie !!"

A l'oreille, il entend sa meilleure amie essayer de l'apaiser. Il essaye de respirer plus doucement, mais il ne doit pas perdre l'homme en face de lui. Il ferme les yeux une demie-seconde avant de les rouvrir et de s'élancer vers le vilain en fendant l'air à l'aide de son alter. Il n'a pas le temps d'avoir peur, il n'a pas le temps de craindre l'errance et une certaine mort. Il doit à tout prix sauver la vie de ses gens qui sont en danger chaque seconde, il doit protéger et veiller sur eux. C'est son devoir.

– Pourquoi tu cherches tant à fuir ?!

Si le bouclé ne peut pas approcher l'homme alors il va devoir lui parler. Malgré ses tentatives, sa combinaison et son oxygène qui ne cessent de diminuer, l'handicapent plus qu'il ne le voudrait. Il ne doit pas perdre de temps, il ne doit pas dépenser trop d'énergie et surtout il ne doit pas perdre.

Sans surprise, l'homme ne lui répond pas. A la place, il lui lance de nouveau un pique de glace qu'il réussit à échapper de justesse, en protégeant la combinaison qui le tient encore en vie.

Avec la chaleur de ses paumes, il n'a aucun mal à scier l'espace autour de lui et avancer plus vite qu'Izuku, qui tente de le poursuivre. C'est difficile, ce combat ne mène à rien. Le bouclé à l'impression d'être dans un rêve, un rêve où il court contre un monstre qui le terrifie, sans avancer d'un seul millimètre. Il fait du sur-place en essayant de lui parler, d'engager un dialogue. Mais encore une fois, ça ne mène à rien.

"Izuku, ta réserve d'oxygène est à 30%. Il va falloir que tu essayes de regagner ton vaisseau."

La voix d'Ochaco est inquiète, il le sent tout comme il sent son oxygène diminuer de plus en plus. Pourtant, il ne peut pas se résigner à stopper cette opération. Il ne veut pas de nouveau retourner à la case départ alors qu'il est si proche d'enfermer cet homme, de lui parler et de lui porter secours.

Alors pour une fois, il n'écoute pas les directives qu'on lui donne. Il passe outre les paroles de son amie et continue de poursuivre le vilain. Il envoie de nouveau son fouet noir, il attrape sa main. Aussitôt l'homme essaye de se débarrasser de ce lasso qui emprisonne sa main et bloque ses mouvements, mais il n'y arrive pas.

La brune à très bien compris ce que compte faire Izuku. Il ne compte pas l'écouter, il compte aller au bout de son devoir quitte à y laisser sa vie. Quand elle comprend cela, son angoisse monte d'un cran et elle envoie des renforts à ses trousses.

"Tu dois-"

D'une main, le vert arrache le récepteur radio. Il entend un grésillement, suivit d'un long bruit sourd avant de ne plus rien entendre. Il sait qu'en ce moment son amie doit être en colère contre lui. Mais il préfère se concentrer sur son sauvetage.

– Pourquoi tu t'amuses à tout détruire ?!

Une nouvelle fois, il n'obtient aucune réponse si ce n'est qu'une flamme qui s'écrase non loin de lui. Il avance, encore et encore, s'éloignant un peu plus de son vaisseau. La distance grandit mais son oxygène ne cesse de diminuer.

– Ça n'a rien d'amusant de terroriser et détruire des milliers de personnes, des dizaines d'étoiles et de planètes !

Il sait qu'il n'obtiendra aucune réponse, du moins il s'en doute. Cependant il voit les mains de cet homme trembler, ses attaques être de moins en moins puissante. Il se rend compte que ses paroles sont entendues, et qu'elles lui font de l'effet. Alors il continue.

– Tout ces gens que tu as détruits, à la simple force de tes pouvoirs. La plupart n'ont plus de famille, ils se retrouvent seuls !

Izuku tente, sans relâche, de trouver les mots qui le feront réagir. Il essaye d'appuyer sur des paroles lourdes, et si cela doit le blesser alors il continuera quand même.

– Pourquoi fais-tu cela ? Tu t'en contre fiche de la vie de ces gens, c'est ça ?!

Et brusquement, il voit l'homme se retourner. Ni une ni deux, Izuku fend l'air avec son poings, créant comme un courant d'air. Les vêtements sombre virevoltent et enfin, il voit le visage de cet homme.

Son visage est tout ce qu'il y a de plus surprenant. Jamais au grand jamais il ne s'attendait à voir une telle aura débordé d'un être. Au début surpris, le bouclé était surtout choqué, déstabilisé. Il ne savait plus quoi faire pendant une trentaine de secondes, avant d'apercevoir cette haine mélangé à de la tristesse dans son regard hétérochrome.

– Ça ne te regarde pas.

Sa voix est rauque, sèche et brutale. Mais le vert sent qu'il n'a pas utilisé sa voix depuis plusieurs jours, il le sens. Il voit l'homme avalé sa salive à plusieurs reprises, il continue de voir ses mains tremblantes remettre une mèche de cheveux rouge derrière son oreille.

– Si, ça me regarde. Tu t'en prends au monde que je protège.

– Que tu protèges ? Fais moi rire, j'ai déjà détruit pas mal de choses et tu n'étais pas là pour m'arrêter.

Ça lui fait mal, le bicolore le sait mais Izuku se sent mal. Parce que cet homme a raison, il n'a pas été capable de protéger la galaxie qu'il chérit tant, de sauver les gens qui avaient tant besoin de lui. Il a failli à son devoir, et même si ça le tue de l'admettre il ne peut pas toujours tout sauver.

Il voit son regard vairons illuminé d'une lueur de colère, de rage et de haine. Néanmoins, Izuku tilte. Tu n'étais pas là pour m'arrêter.

Il sent son coeur faillir et son souffle commencer à trépasser. Le bicolore à besoin d'être sauvé, il a besoin qu'on l'écoute, qu'on l'épaule et qu'on lui vienne en aide. Il a besoin d'Izuku.

– Je n'étais pas là pour t'arrêter, oui. Mais tu ne m'as pas donné l'occasion de t'attraper.

Tant bien que mal, le justicier essaye de lui sourire. Un sourire tendre et réconfortant qui, malgré l'étouffement qu'il ressent, saisit le bicolore.

Par attraper le vilain a bien compris qu'il tente de lui faire comprendre qu'il souhaitait l'aider. Mais n'était-il pas trop tard pour cela ? Et si le bouclé en face de lui voulait simplement l'amadouer pour mieux l'emprisonner ? Le bicolore avait suffisamment été manipulé comme ça, il ne voulait plus. Il aurait aimé qu'on lui tende la main bien avant, qu'on l'aide lorsqu'il en avait le plus besoin. Malheureusement, personne n'était venu.

– Tu te fiches de moi. J'ai très bien compris.

Pourtant, il ne pense pas un mot de ce qu'il dit. Il sait très bien que le garçon en face de lui est ici pour l'aider, pour sauver ce qui lui est chère. Il est encore devant lui, à lui parler et à faire des efforts alors que dans quelques instants il sera étouffé dans sa propre combinaison.

Il a bien compris qu'il manquait d'oxygène. Au début, il n'en avait que faire. Mais maintenant, il voit cet homme aux boucles vertes essayer de respirer le plus calmement possible malgré les gouttes de sueur qui perlent sur son visage.

– Comment...comment je peux- t'appeler ?

Surpris, il ne répondit pas de suite. Il est complètement fou. Il sait qu'il va mourir mais pourtant il ne daigne pas retourner dans son vaisseau, il reste là à flotter dans les airs en face de lui.

– Tu sais que tu vas mourir ?

– Ce n'est rien, je veux juste que tu ailles bien.

Son discours n'a rien de cohérent. Si Izuku n'était pas à ses trousses depuis de longues minutes, il l'aurait tout simplement pris pour un fou, un homme malade qui n'a pas toute sa tête.

– Shoto.

– Enchanté Shoto. Moi c'est...Izuku...

Les yeux verdâtres si fatigués qui tentent de rester ouverts s'illuminent timidement d'un seul coup. Il lui sourit avant de se sentir tomber, de se sentir sombrer et de sentir un vide sombre l'emprisonner.

Shoto se rend vite compte de la situation. Izuku ne peut plus respirer, il a perdu connaissance et il ne peut pas retirer cette combinaison sinon il risque de mourir pour de bon.

Il sent son coeur s'affoler, son ventre se tordre de stress. Il ne sait pas quoi faire, il hésite. Il veut aider Izuku, parce qu'au fond de son regard il n'a vu que de la sincérité et de la compassion. Mais également, il ne peut pas se résoudre à tourner le dos à ses convictions. Il s'est promis de détruire tout ce que son père avait pris tant de temps à construire, et s'il n'allait pas au bout alors son père allait gagner.

Malgré tout, il ne pouvait pas s'empêcher d'être inquiet pour le vert. Maladroitement, il prit le corps du garçon dans ses bras et se propulsa vers son vaisseau qui attendait encore assez loin d'ici.

Il eut le temps de remettre le bouclé dans son vaisseau et d'enclencher le bouton qui lui permit de regagner de l'oxygène. Il se sentit angoissé en voyant qu'il n'ouvrait toujours pas les yeux, mais avant de s'inquiéter davantage il perçut un choque à sa tête, d'un objet qu'il ne sut identifier. Parce que comme Izuku, il fut emporté dans une obscurité trop brutale.

*

Ochaco faisait les cents pas dans le couloir. A quelques mètres d'ici, Izuku dormait profondément depuis deux jours déjà. Elle avait tenté de le réanimer, mais rien n'y faisait, son ami semblait dormir paisiblement. Pour elle, deux jours entiers c'était beaucoup trop. Quelque chose clochait.

Malheureusement, elle ne savait rien. Elle n'avait pas pu entendre ce que Izuku disait, ni ce que le bicolore lui répondait. Elle avait perdu toute connexion avec lui. Alors peut-être que l'homme lui avait fait quelque chose, elle ne savait pas quoi mais elle était terrifiée.

Et s'il ne se réveillait pas ? Elle se maudit aussitôt d'avoir pensé à cela.

D'un pas hâtif, elle tourna les talons et se dirigea vers la cellule où était retenu le bicolore. Deux jours que lui aussi était là. Elle devrait être contente d'avoir capturé ce vilain, pourtant l'homme n'exprimait pas un seul mot. Il restait dans sa cellule, assis et quelques fois allongé comme terré dans un coin.

La brune avait essayé de lui parler, en colère ou de manière calme le résultat était le même. Il ne disait rien. Il ne daignait même pas la regarder.

Une fois devant la porte, elle entra sans même prévenir de sa présence. Encore une fois, le bicolore ne bougea pas d'un poil, trop occupé à fixer le plafond. Allongé sur le dos, il regardait le plafond, comme hier et comme avant-hier.

– Comment t'appelles-tu ?!

Elle voulait le secouer, lui hurler dessus et lui faire cracher le morceau. Elle était persuadée que cet homme au visage brûlé avait fait quelque chose à son meilleur ami. Mais ce qu'elle ignorait, c'est que Shoto n'avait rien fait. Bien au contraire, il lui avait sauvé la vie. Et tout ce à quoi il pensait depuis deux jours, c'était au visage d'ange du bouclé, à ses taches de rousseurs qui décoraient son visage, à ses prunelles vertes et à son magnifique sourire.

Shoto aurait pu se haïr de tant penser à un héros, à quelqu'un qu'il l'avait foutu dans cette prison inconfortable. Seulement, il n'y arrivait pas. En pensant à lui, il ne ressentait qu'une chaleur agréable dans tout son corps.

– Qu'est-ce que tu as fait à Izuku ?!

Ochaco était venu plusieurs fois lui parler, mais elle n'avait pas encore évoqué le prénom d'Izuku. Et ce fut comme un électrochoc, comme un coup de jus qui le fit se relever de suite. Ses yeux hétérochromes semblaient s'être soudainement ouverts sous l'effet de surprise, et enfin la brune détenait une piste.

– Alors c'est vrai, tu as fait quelque chose à Izuku ?

– Comment va-t-il ?

– Ne te fous pas de moi !!

Enervée, elle était très énervée.

– A cause de toi, il ne se réveille pas.

– Je n'ai rien fait.

C'est la seule chose qu'avait prononcé Shoto avant de se prolonger de nouveau dans son mutisme. Si la femme en face de lui refusait de lui donner des informations sur Izuku, alors lui en ferait de même.

*

Cinq jours. Cela faisait cinq jours qu'Izuku s'était endormi avant de se réveiller doucement. Ochaco qui était à son chevet, n'y croyait pas, avant d'entendre le faible son de sa voix. Toute l'équipe avait été au courant, et après une journée à s'en remettre, Izuku semblait être parfaitement sur pied.

La brune lui avait expliqué la situation, mais le vert n'avait rien dit. Il avait très vite compris que son amie n'avait pas du tout été compréhensive et ouverte, elle voulait juste avoir des informations sans essayer de connaître la personne en face d'elle.

– Izuku tu devrais te reposer.

– Mais non Ochaco, tout va bien !

Le vert était en route vers la cellule où était retenu Shoto. Lui connaissait des choses sur lui, et même si c'était minim c'était déjà pas mal.

– Ne me dérange pas, s'il-te-plaît.

Ses yeux couleurs noisettes le fixèrent quelques secondes avant qu'elle ne soupire et qu'elle tourne finalement les talons. De toute manière, Izuku était têtu, il n'allait pas changer d'avis.

Le bouclé pénétra dans la petite cellule et referma la porte derrière lui. Avant que Shoto n'entende sa voix, il continuait de fixer le plafond d'un air perdu et vide.

– Bonjour Shoto.

Entendant l'invocation de son prénom, le concerné se releva très vite. Seul Izuku connaissait son prénom. Ce dernier s'assit à côté de lui, le dos au mur.

– Comment tu vas ?

– Je vais bien, ne t'en fais pas. Et toi, comment te sens-tu ?

Le bicolore ne pouvait pas s'arrêter de fixer le visage tendre et doux du vert. En dehors de cette combinaison, il était encore plus beau.

– Je suis désolé. Pour tout.

– Shoto, je ne suis pas venu ici pour que tu t'excuses.

– Alors pourquoi es-tu là ?

Malgré ce qu'il souhaitait, ses paroles s'étaient révélées en colère et sèches. Il ne comprenait pas vraiment ce que voulait Izuku. Il s'en voulait, en s'excusant il n'avait pas menti. Il s'en voulait d'avoir pris tant de vies innocentes, il s'en voulait d'avoir été aveuglé par la haine.

– Je veux t'aider.

Il était surpris. Oh que oui, même plus que surpris. Alors le bouclé voulait vraiment l'aider, il n'avait pas compris de travers ni même inventé tout ça.

– Je sais que tu n'as pas fait ça seulement par envie. Il y a quelque chose d'autre.

Face au silence de Shoto, le vert prit ça pour un oui. En fait, il était plutôt doué pour aider les gens, les comprendre et les réconforter. Plus que ça, il adorait sauver les gens, c'était au début une passion qui était devenu son métier. Et à présent, c'était sa raison de vivre.

– Tu peux m'en parler. Tu n'as pas l'air d'être quelqu'un de mauvais, je veux bien te sortir d'ici.

Ce n'était même pas des questions mais plutôt des affirmations. Le bicolore ne savait quoi dire, Izuku avait raison sur toute la ligne. D'un geste malhabile, il sentit une main au-dessus de la sienne. Lorsqu'il jeta un coup d'oeil, il vit la main rempli de petites cicatrices.

Pour le vert, même si ce geste lui semblait totalement anodin et amical, il ne put s'empêcher de sourire maladroitement. Ce contact était beaucoup trop étrange.

Comme pris dans un déluge d'émotions incompréhensibles, Shoto sentit les mots sortir d'entre ses lèvres, de façon libre et posée. Il ne pouvait pas s'empêcher d'être en colère, mais il sentait en confiance avec Izuku. A tel point qu'il lui raconta absolument tout.

Cette haine et cette soif de destruction lui venait de son père. Son géniteur avait participé à la création de plusieurs planètes et de plusieurs étoiles, il en était fier et tout le monde le prenait pour quelqu'un de bien. Hors, aux yeux de Shoto il était tout sauf un homme bien. Pour lui, il était l'incarnation du mal. Parce que son père l'avait maltraité, l'avait brisé et par-dessus tout, il l'avait éloigné de sa propre famille.

Il n'avait jamais connu l'amour de ses frères et sœurs, il n'avait jamais connu des parties de jeu avec eux. Il n'avait rien connu de la fratrie. Des fois, il se souvenait avoir vu ses deux frères et sa sœur jouer au ballon dans le jardin, pendant que lui se faisait frapper, se faisait brûler.

Son coeur lui faisait mal quand il y repensait. Il y a plusieurs mois, alors que Shoto avait fuit son père depuis un bon bout de temps, il avait retrouvé les traces de son frère. De son grand frère, qui avait disparut alors qu'il était encore enfant. Il avait échangé quelques mots, très peu c'était déjà bien assez pour que le bicolore se sente bien. Pour lui c'était un miracle, être en contact avec sa fratrie était tout ce qu'il désirait.

Mais voilà, de nouveau, son père avait frappé. Il n'avait plus de nouvelle de lui, et Shoto s'était volatilisé. Mais son géniteur avait quand même trouvé un moyen de lui gâcher la vie, de le mettre dans une colère sombre. Il avait piétiné tous les contacts qu'il avait avec son grand frère, toutes les informations et tous les mots. En une fractions de secondes, ses mois de recherche n'étaient plus que poussières. Comme si rien n'avait existé.

Tout ce qu'il avait ressenti était une haine, une rage si immense qu'il s'en mordait les doigts. Il voulait voir son père souffrir, voir son père se décomposer, qu'il comprenne ce que ça faisait d'être arraché à ce qu'on tenait.

Alors il a commencé à s'en prendre aux étoiles. Celle que son père avait fait bâtir, celles qu'il avait épaulées. Puis finalement il s'en prenait aussi aux planètes, dans lesquelles il avait bâti tous ses espoirs et toutes sa gloire.

Finalement ça n'avait pas duré longtemps avant qu'il se fasse capturer, mais pour lui ces quelques semaines lui avaient fait le plus grand bien. Pour lui, il s'était enfin vengé, il avait enfin fait souffrir son père.

Lorsqu'il se tue enfin, Izuku n'en croyait pas ses oreilles. Il connaissait son père, il avait été un des plus grands piliers de la galaxie. Pourtant, jamais au grand jamais il n'avait été mis au courant de tout ça. Le vert possédait un grand sens de la justice, à découvrir toutes ces choses cachées était pour lui comme une trahison.

Il aurait pu dire qu'il n'y croyait pas. Pourtant face à lui se trouvait un jeune homme de son âge complètement meurtri, dont l'enfance lui avait été volé, voire même arraché. C'était cruel, il ignorait sa souffrance. Cette souffrance si grande qu'il ne pourrait à peine imaginer une partie, une souffrance qui a le don de faire plonger le cœur dans un enfer sans fond.

D'un geste naturel, le bouclé posa la tête contre l'épaule du bicolore. Il ne savait plus quoi dire, il ne trouvait plus les mots pour apaiser son ami. Mais aux yeux de Shoto, les gestes valent mieux que les mots, alors quand il sentit cette tête s'appuyer contre son épaule il se sentit mieux. Plus léger, moins vide. Izuku l'avait écouté jusqu'à la fin, il avait absorbé ses paroles et câliné son cœur sans même prononcer un mot.

*

– Tiens.

Debout devant Shoto, Izuku lui tend un papier. Le bicolore est assit sur le divan, attendant un quelconque ordre. Il y a de ça quelques semaines et grâce au vert, il a pu sortir de cellule. Ce n'était pas une tâche facile mais il avait tenu parole, Izuku l'avait fait sortir d'ici.

Le plus grand prends le bout de papier et le déplie. Puis soudainement, il comprend ce qu'il y a écrit. Il relève vivement le visage vers son ami, qui lui sourit agréablement.

– Toya Todoroki. C'est ça ?

Sans savoir comment le remercier, Shoto lui entoure le bassin et pose sa tête contre son ventre dans une étreinte chaleureuse.

Depuis quelques semaines, Shoto semble plus apaisé. C'est comme si cette haine immense dans laquelle il avait plongé n'existait plus. Il était plus ouvert, souriait plus. Et aux yeux d'Izuku, il devenait diablement beau. Enfin, il l'était déjà à la base, mais maintenant son comportement lui semblait très ambigu.

De nature très peu tactile, c'est comme si le bicolore trouvait chaque occasion pour se blottir contre le corps du vert. Pour sentir sa chaleur, son odeur et son confort. Izuku ne disait rien, parce que cela lui faisait plaisir et aussi parce qu'il aimait les gestes affectifs que Shoto avait à son égard.

– Tu as le champ libre, tu ne seras plus jamais embêté par ton père.

A l'entente de ces mots, Shoto resserre l'étreinte contre le bouclé. Il allait reprendre contact avec son grand-frère, et par la même occasion le reste de sa fratrie. Rien que pour cela, il était infiniment reconnaissant envers Izuku.

– Bon, c'est pas tout ça mais tu vas devoir nous aider maintenant.

– Comment ça ?

Le bicolore relève la tête rapidement.

– Hé bien, j'ai réussi à convaincre l'équipe de te garder. Mais pour cela, il va falloir que tu fasses tes preuves.

Timidement, un sourire se dessina sur le visage du plus grand. Le bouclé qui le fixait, n'en perdit pas une seule miette. Oh que oui, il est vraiment beau.

*

L'alarme sourde et insupportable retentit de nouveau, pour la cinquième fois depuis à peine quelques heures. Toute l'équipe était fatiguée et ne réagissait même plus.

– Non Shoto...c'est ce bouton là.

Légèrement frustré, le bicolore retenta les manœuvres. Il était en train d'apprendre à se servir du QG, se servir de tous ces boutons colorés et surtout, savoir comment et quand réagir. Mais c'était plus facile à dire qu'à faire. Ca faisait des heures qu'il écoutait les instructions d'Izuku, qu'il répétait les mouvements mais il se trompait toujours.

– J'y comprends rien.

Il se laissa tomber sur le dossier de la chance en faisant tomber sa tête en arrière.

– Si tu veux on arrête là pour aujourd'hui.

Il rouvre les yeux et scrute le visage si doux en face de lui. Il acquiesce et tous deux retournent dans la salle de repos.

– On continuera demain.

– Izuku ?

Alors qu'il s'assoit sur le canapé confortable, le bicolore reste en face de lui. Sa mine semble être sérieuse, beaucoup trop sérieuse.

– Qu'est-ce qu'il y a ?

– Je suis désolé, de t'avoir attaqué. Et de t'avoir conduit vers la mort.

Son regard émeraude ne peut pas se détacher des deux pupilles hétérochrome en face de lui. D'une certaine manière, le bouclé est soulagé que ce ne soit que ça. Il n'avait pas besoin d'entendre des excuses, parce que pour lui ce n'était rien de grave. Mais pendant un instant il a cru que Shoto voulait partir, voulait s'en aller loin de lui et revivre à son rythme.

Sans vraiment savoir pourquoi, il sentait son coeur battre plus rapidement. Il avait peur. Oui, il avait peur de le perdre sans savoir pourquoi. En à peine quelques semaines, il s'était fortement attaché à Shoto, à tel point que le laisser seul n'était pas une option. Il avait toujours peur de détourner les yeux quelques secondes et de ne plus jamais le revoir.

Pourtant, il y a de ça plusieurs jours, le bicolore n'était qu'un inconnu à ses yeux. Un homme qui lui causait de l'angoisse et de la peur. Mais à présent c'était tout l'inverse, il voulait rester auprès de lui et même le protéger.

– Tu n'es pas obligé de t'excuser Shoto, tout va bien.

Il lui sourit timidement, mais le bicolore capte ce visage qui s'imprime de nouveau dans sa rétine.

– Merci de m'avoir sauvé la vie.

Il ne sait pas pourquoi à cet instant, Izuku lui semble être une merveille du monde. Il sent son coeur pulser dans sa poitrine, ses mains trembler et sa tête surchauffer. Je l'aime.

Pour lui, rien de tout cela n'était amical. Il aimait Izuku, mais il avait peur que cela paraisse amoureux, parce que tout ce qu'il souhaitait c'était rester à ses côtés et l'aider à chaque fois qu'il avait besoin de lui. Shoto avait besoin de sa présence, parce qu'à ses côtés il se sentait fort, compris et utile.

Il ne savait pas vraiment expliquer cette attirance soudaine et solide, il n'arrivait pas à mettre de mots sur ce qu'il ressentait. Mais tout ce qu'il savait, c'est qu'il ne voudrait plus jamais quitter le bouclé.

Shoto reste debout, devant Izuku. Mais son attirance le pousse à s'approcher du vert, plus dangereusement mais toujours inébranlablement. Le vert sent son souffle sur son visage, son odeur si agréable et il sent la dureté du regard bicolore.

Malgré tout, il ne sent pas capable de le repousser. Tendrement, il sent la chaleur des lèvres se poser sur les siennes. Une chaleur enivrante. Son cœur pulse de nouveau, puis leurs lèvres se décollent.

Mais il veut ressentir ça, autant l'un que l'autre. Ses mains tachées de cicatrices prennent le visage de Shoto, et il se rapproche de nouveau jusqu'à ce que la pression de leurs lèvres se retrouvent, de nouveau.

C'est doux et chaud, il sent son ventre se contracter agréablement pendant que le bicolore sent son corps se réchauffer d'une chaleur diablement agréable. Cette fois-ci, ils ne se lâchent pas, le poids du bicolore se dresse juste en face du bouclé, son genoux s'appuie sur le canapé et sa main rejoinds ces boucles folles aux couleurs vertes.

Leurs lèvres continuent de se mouvoir entre elles, à tel point qu'aucun des deux ne possède encore assez de ressource d'air à l'intérieur d'eux. Shoto quitte ses lèvres et glisse son visage dans la commissure de son cou. Il sent sa peau contre la sienne, son odeur, sa sensibilité et sa chaleur.

Il sent le souffle court du bouclé, sa main dans ses cheveux et l'autre dans son dos. Izuku lui retourne l'estomac.

Ses lèvres attaquent la fine peau de son cou et le vert se sent bien. Oh que oui, il se sent vraiment bien.

– Izuku, restons ensemble.

Ce n'est ni une question ni une proposition, mais plutôt une affirmation. Sa voix est faible tandis que son souffle se fait plus court au rythme des caresses que lui procure le bicolore. Il aurait pu lui dire de se taire, mais sa voix l'envoute encore plus.

– Oui, restons ensemble.

Dans cette salle de repos tantôt silencieuse, seul le bruit de leur respiration et leurs mouvements se fait entendre. Tendrement, Shoto allonge Izuku en le surplombant. Puis encore une fois, leurs lèvres se retrouvent pour ne plus se quitter.

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